TERRAINS AGRICOLES
stitue la terre arable, c'est-à-dire le sol actif, dont l'épaisseur et la répartition sur le globe sont variables suivant la nature géologique, les conditions atmosphériques des régions et l'entretien artificiel de la surface du sol.
L'homme et les animaux restituent au sol la matière organique qu'ils ont empruntée au règne végétal pour leur alimentation, sous forme de résidus de toute espèce de leur existence (excréments, urines, eaux résiduaires, cadavres, détritus, ordures ménagères, fumiers, etc.); en réalité, cette matière organique animale provient des végétaux : les cellules végétales (plantes, moisissures, bactéries) sont en effet seules capables de créer la matière organique ; les cellules animales ne peuvent que l'utiliser et la transformer.
TERRAINS AGRICOLES. — Les terrains ainsi constitués au point de vue minéral et organique sont propres à la végétation et, suivant leur composition chimique, sont plus ou moins appropriés à la culture de certaines familles de plantes. Thaer, Schwerz, Gasparin, Masure ont donné des classifications de sols agricoles auxquels on ne doit attacher qu'une médiocre importance, parce qu'elles n'envisagent pas assez la composition chimique qui, en réalité, donne encore les meilleurs renseignements. En effet, il est bien établi en physiologie végétale que, dans la culture de chaque espèce végétale, il y a un élément qui joue le rôle de « dominante » ; en principe, c'est celui qui existe le plus abondamment dans la plante même : par exemple, les légumineuses absorbent beaucoup de potasse, les graminées beaucoup de silice, d'autres beaucoup de nitrates, etc. Les principaux éléments minéraux utiles aux plantes sont l'acide silicique, la potasse, la chaux, la magnésie, l'acide sulfurique, l'acide phosphorique, l'oxyde de fer, puis viennent l'acide chlorhydrique, la soude, le manganèse.
L'excès de certains éléments minéralisateurs peut être nuisible à la végétation, et le tableau ci-dessous donnera des exemples de ce fait ; néanmoins quelques plantes s'accommodent de terrains extrêmement chargés de sels solubles, par exemple de chlorures alcalins, la composition de la plante s'en ressent généralement : c'est ainsi que nous (1) avons vu des vignes actives sur les bords des lacs salés de la province d'Oran donnant du jus de raisin renfermant jusqu'à 7B',40 de chlorures alcalins par litre.
C'est en utilisant les végétaux pour leur nourriture que les hommes et les animaux introduisent dans leur organisme la plus grande partie des éléments minéralisateurs que ces plantes auront puisés dans le sol.
(1) Ed. Bonjean, C. R. Acad. des Se, 2 mai 1898.
EDMOND BONJEAN