BACILLE DE LA DIPHTÉRIE
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16. — Bacille de la diphtérie dans les cultures, forme petite, 1000/1 (Macé).
pure de bacille de Lœffler très virulent, on constate que celui-ci se conserve dans l'eau distillée pendant un mois au moins sans perdre ses propriétés germinatives.
Si l'on prolonge la durée du séjour dans l'eau, on remarque, d'une part que le bacille s'y multiplie ; d'autre part qu'il subit des modifications morphologiques importan tes, tendant de plus en plus vers les formes filamenteuses. Au bout de quatre mois, par ensemencement sur sérum de cette « culture en eau distillée », on obtient de superbes cultures de bacille de la diphtérie type.
La virulence a subi une notable atténuation, mais n'a cependant pas disparu.
Ces constatations intéressantes ne permettent pas de trancher la question de la transmission de la diphtérie par Feau,
Le bacille de la diphtérie est aérobie et anaérobie facultatif. Il cultive bien entre 30° et 36°.
En bouillon ou peplone, il donne à la surface de la culture et sur les parois des vases des grumeaux qui tombent ensuite au fond et forment une couche blanchâtre épaisse, le bouillon restant limpide; sur gélose, petites colonies blanches ; sur sérum gélalinisé, petites colonies grisâtres, saillantes; il cultive mal sur gélatine, et ne cultive pas sur pomme de terre. Le bacille de la diphtérie se colore bien par les colorants usuels et prend le Gram. Il a la forme d'un bâtonnet à extrémités effilées et arrondies, quelquefois 1 enchevêtrés (fig. 46 et 47).
Fig. 47. — Bacille de la diphtérie dans les cultures, forme moyenne, 1000/1 (Macé).
■Mil.
quelquefois en paquets
L'expérimentation physiologique sur le cobaye donne des résultats significatifs :
Par injection sous-cutanée, l'animal meurt généralement; par injection intrapéritonéale, il succombe plus lentement.
A l'autopsie, on constate de l'œdème gélatiniforme et un enduit grisâtre dans la région de l'inoculation ; les capsules surrénales sont 1res congestionnées; sérosité dans les plèvres; splénisation pulmonaire.
Dans le cas où l'animal résiste, on observe un œdème et une escarre dans la région inoculée. Le germe ne se retrouve pas dans le sang, mais bien dans la sérosité intrapéritonéale.
VIBRION SEPTIQUE
Le vibrion septique se rencontre quelquefois dans l'eau ; on peut en constater la présence par l'expérimentation physiologique. — Pasteur a montré qu'il existe fréquemment dans le sol et qu'en inoculant l'eau de lavage de certaines terres à des séries de cobayes, on observe plusieurs morts par vibrion septique (1).
Il existe normalement dans le tube digestif des animaux et envahit l'organisme après la mort, ou accidentellement (œdème malin, gangrène foudroyante, septicémie gangreneuse).
Sa virulence pour le cobaye est extrême. Par inoculation souscutanée ou injection intrapéritonéale, l'animal succombe régulièrement en douze à trente-six heures.
A l'autopsie on constate une vive inflammation de l'abdomen pouvant s'étendre sur tout le corps ; des vésicules de gaz disséminées de tous côtés ; une odeur intense de putréfaction : quelques heures après la mort, le poil s'arrache de la peau, la paroi abdominale et les intestins sont verdâtres; les organes : foie, poumons, sont décolorés. Il y a généralement une grande quantité de sérosité intrapéritonéale.
On voit directement au microscope, en examinant le sang ou des frottis de la surface du foie, les éléments caractéristiques du vibrion septique.
Ce microorganisme est un anaérobic vrai. Il se colore facilement et prend très bien le Gram; il possède des cils. Il s'assemble en longs filaments segmentés inégalement, droits, flexueux, traversant parfois tout le champ du microscope ou formant des paquets enchevêtrés ; plus rarement on le voit isolé en court article ou réuni par deux ou trois éléments, bout à bout ou parallèlement.
Dans les préparations fraîches non colorées, il est mobile, rampant.
(1) Voir Ed. Bonjean, Le Sol.
PRINCIPAUX MICROBES DES EAUX. «—283