II. — Population recensée
l"déc. 1871. .
1 549 738 (garnison
comprise), à savoir.
32 244 hommes.
1800. Manque le pays de Gex. En trop, le pays de Philippeville (Belgique) et une partie de l'ancien arrondissement de Wissembourg. Nous ne mentionnons pas le prétendu recensement de 1826 qui n'est qu'une évaluation.
1841-1846. Les chifTres que nous donnons résultent de diverses rectifications officielles : Ordonn. roy. du 20 déc. i84^, SI Juin 1843 {Statist. de la Finance; territoire et population, tome II, p. 86 et 96). Les différences sont peu importantes.
1856. Non compris les militaires encore en Grimée (165 428 hommes, chilTre qu'ultérieurement on a arbitrairement évalué à 100 000). Les chiffres totaux que nous publions sont ceux qui figurent au décret du 20 déc. 1856; ils l'emportent de 26 695 (12 728 masc. et 13 967 fém.) sur ceux de la Statistique de France; les différences concernent les départements de l'Aude et de la Vienne.
1861. Y compris Savoie et Nice. — Non compris les militaires hors de France (Algérie, Rome, Syrie, Chine, etc.).
1866. Non compris les militaires au dehors (Algérie, Rome, Mexique, stations navales, au total, environ 125 000 h.).
On voit que le développement de la population française est extrêmement lent. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.
Population spécifique. — Le nombre moyen des habitants de la France, qui n'était en 1872 que de 68,30 par kilomètre carré, a été en 1896 de 71,3. La Belgique, notre industrieuse voisine, en a 205,2, soit près du triple. Le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et de l'Irlande en compte 121,5, soit presque le double; un troisième voisin, l'Allemagne, a plus de 96,7 habitants par kilomètre carré, soit 14 p. 100 de plus que la France, et les parties de l'Allemagne qui nous a voisinent ont une population spécifique notablement supérieure à celle de la moyenne de l'empire allemand : elle est, par exemple, de 110 habitants par kilomètre carré dans le duché de Bade, soit 45 p. 100 de plus que la population spécifique française. Il en est
de même pour l'Ilalie : la population de cette péninsule est beaucoup plus dense que la nôtre, elle dépasse 99 habitants par kilomètre carré; la Suisse est exactement dans les mêmes conditions que la France, soit 71 habitants par kilomètre carré, mais, si Ton déduisait les montagnes et les parties inhabitables de THelvétie, on verrait que, partout ailleurs dans les cantons suisses, la population est plus dense qu'en France. De tous nos voisins, un seul, celui du Sud-Ouest, l'Espagne, nous est inférieur pour la densité de la population; il compte à peine pour chaque kilomètre carré 36 habitants, soit la moitié de ce que nous avons. Ainsi sur toutes nos frontières, sauf celle du Sud-Ouest, nous sommes environnés de peuples qui sont beaucoup plus pressés sur leur territoire que nous ne le sommes sur le nôtre.
Population urbaine et r\irale. — En statistique, on est convenu de considérer comme urbaine la population totale de toutes les communes qui ont plus de 2 000 habitants agglomérés, distraction faite des populations flottantes; on donne le nom de rurale à la population totale des autres communes ; d'après le recensement de 1896, la population urbaine est de 15 025 812 habitants, et la population rurale de 23 492163. En dehors de l'augmentation produite par l'excédent des naissances sur les décès, la population urbaine peut s'accroître de deux manières :
1° Par l'émigration effective des populations rurales vers les villes;
2° Par le passage dans la catégorie des villes d'un certain nombre de communes rurales dont la population s'est accrue.
Cette dernière cause de l'accroissement de l'élément urbain ne permet pas de distinguer très nettement dans quelle mesure les agglomérations urbaines s'accroissent réellement aux dépens de l'élément rural. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'on exagère beaucoup l'importance de l'immigration des campagnes vers les villes. La population rurale est aujourd'hui à très peu de chose près ce qu'elle était il y a cinquante ans :