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L'EAU

dans les terrains déprimés, dans les fonds de vallée; les sources ainsi formées sont des sources émergence ou de thalweg (iig. 73).

De pareilles sources sont fournies par les nappes d'alluvion accompagnant les cours d'eau ; elles se déversent le plus souvent dans les cassures des berges. Elles sont également formées par les nappes qui proviennent des versants, mais dont la couche imperméable reste au-dessous de la surface du sol. Ces sources en rapport avec le niveau supérieur de la nappe souterraine en suivent les variations; les plus élevées tarissent les premières lorsque le niveau de celle-ci vient à baisser.

La plupart des sources, du moins celles dont le point d'émergence n'est pas réglé

Grand, versimt

Le même scMma, en tenant \mipte des é^oidis et desallnvjons

Fig. 72. — Sources de déversement [effet de l'inclinaison des couches.] (Imbeaux.)

par le hasard d'emplacement d'une fissure adductrice, occupent une topographie spéciale suivant des lignes ou lieux de sources.

Elles se rencontrent de préférence dans les dépressions des vallons, là où les pentes attirent les eaux de surface et là où les gouttières synclinales de la couche imperméable collectent les eaux souterraines. Le territoire dont les eaux convergent vers la source est dit bassin alimentaire de la source. Ce bassin a généralement des limites superposables à celles des cours d'eau superficiels de la même région. Nous empruntons la figure ci-jointe (fig. 74) à Belgrand. On y voit que les plus fortes sources se rencontrent dans l'enfoncement des vallons en A, A, A, car c'est là que les eaux de surface et de profondeur convergent le mieux. En revanche, à l'extrémité avancée des contreforts, là où aboutissent les lignes de partage des bassins, les sources font défaut.

Tout obstacle à l'issue naturelle de la nappe souterraine détermine une déviation des eaux. Celle-ci peut se faire en amont et le niveau des eaux se trouve élevé,

554 l'atmosphère, LE SOL ET L'EAU

lorsqu'une barrière imperméable forme barrage, qu'il s'agisse d'un placage fermant

Fig. 73. — Sources d'émergence. (Imbeaux.)

Fig. 14. — Configuration en plan d'une ligne de sources et de leurs bassins alimentaires.

(D'après Belgrand.)

l'issue d'une source (fig. 75) ou d'une faille ayant détruit la continuité de la couche perméable (fig. 76). Le plus souvent la déviation se fait vers l'aval à la

l'eau

faveur des éboulis et des alliivions qui recouvrent les affleurements des terrains et abaissent aussi le point de sortie des sources (voir la fig. 72). On peut alors dis-

Fig. 75. — Relôvemoût d'une source par rencontre à son émergence d'un placage imperméable. (Iml)eaux.

tinguer la source géologique, point où se fait l'affleurement de la couche imperméable et où théoriquement l'eau devrait jaillir, de la source réelle, point où les eaux se montrent au jour.

Ce trajet des sources sous les éboulis et sous les alluvions se fait en général à un

Fig. 76. — Relèvement des eaux par une faille [eaux minérales de la vallée de Saratoga.] (Imbeaux, d'après Ghandier.)

très faible éloignement de la surface. De là un danger permanent de contamination de ces eaux par les infiltrations superflcielles. Il sera donc toujours prudent de faire remonter le captage de ces sources ainsi déviées jusqu'au niveau des sources géologiques ou tout au moins de protéger convenablement leur trajet sous les éboulis et les alluvions (Imbeaux).

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