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ADDUCTION DES EAUX

Conduites. — Pour satisfaire aux règles de l'iiygiène, les conduites d'adduction doivent êlre construites et établies de façon à ce que les eaux restent à couvert sur tout leur trajet, que les canaux soient parfaitement éLanches et ne puissent recueillir d autres eaux que celles qu'ils ont mission de recevoir; qu'enfin ils ne puissent abandonner à l'eau des composés toxiques solubles.

Les conduites d'adduction sont en maçonnerie, en ciment ou en béton. Les conduites de distribution sont le plus souvent en fonte; les tuyaux desservant les habitations sont généralement en plomb.

Les tuyaux en fonte, bien qu'un peu cassants, sont très résistants et restent inoxydables. Leur fabrication présente des difficultés lorsqu'il s'agit do conduites à grands diamètres, destinées à supporter de très fortes pressions. En pareil cas, on s'est parfois bien trouvé de les renforcer au moyen de frettes en acier.

Les tuyaux de fonte doivent être assemblés à l'aide de joints hermétiques, pour éviter les infiltrations des eaux venant du dehors et les pertes des eaux captées. Ces joints se font en plomb ou en caoutchouc. Les premiers sont peu pratiques à cause des difficultés que présente leur confection et leur pose.

Quant aux joints en caoutchouc , les uns , comme le joint universel Gibaull, s'adaptent à des

conduites entièrement Fig. 84. - Joint dit universel (système Gibault).

cylindriques, tandis que

les autres comme le joint Lavril et le joint Somzée, nécessitent l'emploi de tuyaux de forme spéciale. Le joint du système Gibault est à la fois d'une étanchéité parfaite et d'une grande flexibilité.

Les conduites de fonte sont sujettes à des obstructions de diverses sortes, qui peuvent adhérer assez solidement aux parois pour porter un obstacle sérieux à la circulation de l'eau. Les eaux calcaires forment des incrustations de carbonate de chaux et de sesquioxyde de fer, qui ne dépassent pas, en général, les limites d'une mince gaine protectrice. Au contraire, les eaux très peu minérahsées, grâce à l'acide carbonique libre qu'elles tiennent en dissolution, attaquent le fer et forment par places des tubercules de sesquioxyde de fer, qui ont tendance à s'accroître constamment. De plus ces eaux contenant du fer favorisent la pullulation de quelques espèces d'algues {ferro -bactéries) dont les masses filamenteuses obstruent aussi le calibre des tuyaux.

Pour éviter les dépôts chimiques on a recours à des enduits isolants (goudron, coaltar, asphalte, ciment) dont on rêvet la paroi intérieure des conduites de fonte. Quant aux ferro-bactéries on ne peut guère s'en débarrasser qu'en dépouillant préalablement les eaux des^sels de fer qu'elles contiennent par l'un des procédés que nous indiquerons à propos de l'épuration des eaux.

Dans les grands centres, où le sol est sillonné de câbles transmettant des courants électriques, les tuyaux métalliques sont exposés à des altérations sérieuses dues à

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Félectrolyse. Il est nécessaire, pour éviter cet inconvénient, que les câbles souter rains soient convenablement isolés.

Les tuyaux de fer et d'acier sont employés pour les conduites de très grands diamètres. A Paris l'adduction des eaux de la Vigne sè fait au moyen de conduites en tôle d'acier.

Les Américains construisent pour l'adduction des eaux des tuyaux en bois de grands diamètres formés de douves en bois poli, encerclées d'acier. La paroi intérieure parfaitement lisse donne lieu à des frottements moindres et par suite fournit des débits plus forts que ceux qu'on obtient avec les tuyaux métalliques ; de plus on n'a pas à redouter, comme avec ceux-ci, la détérioration et les incrustations.

Les tuyaux en ciment armé sont très couramment employés actuellement chez nous, bien qu'ils aient été à peu près abandonnés par les Américains. Ils sont composés d'une carcasse métallique dont la résistance doit être assez considérable pour pouvoir supporter à elle seule l'effort maximum de pression et d'une gaine de ciment, qui enrobe la partie métallique et la protège contre les agents extérieurs.

Les conduites de béton sont sujettes aux fissures et ne supportent pas les pressions élevées.

La résistance des tuyaux de poterie est beaucoup plus forte. Mais il faut qu'ils soient vernissés pour rester imperméables et le vernis qu'on applique à leur surface contient parfois des sels toxiques.

On emploie aussi des tuyaux en grès fin, qui sont imperméables, mais cassent aisément lorsqu'ils sont soumis à de trop fortes pressions.

Malgré le vœu formulé en 1887 par le Congrès d'hygiène de Vienne, aucune loi n'interdit encore l'emploi des tuyaux de plomb pour la distribution des eaux potables. Leur emploi reste très répandu pour les branchements particuliers destinés aux habitations. C'est qu'en effet leur malléabilité et leur bas prix les rendent très pratiques et très commodes et que d'autre part les accidents relevant de l'introduction de sels de plomb dans les eaux du fait de leur contact avec ce genre de conduites restent réellement très rares. Il n'en est pas moins constant que dans certaines conditions, qui ont été bien établies par Wolffhûgel à propos des intoxications nombreuses observées à Dessau en 1886, des accidents de saturnisme ont été parfois provoqués par Feau d'alimentation qui a séjourné dans des conduites de plomb.

Pour que les tuyaux de plomb soient attaqués par l'eau et forment des sels solubles dangereux il faut que certaines conditions soient réunies. Tout dépend d'abord de la constitution chimique de l'eau. L'expérience a démontré d'une façon générale que les eaux riches en sel terreux, principalement en sels de chaux (sulfates, carbonates et phosphates), forment sur les parois des tuyaux une couche protectrice, qui ne se produit pas avec les eaux qui contiennent une très faible proportion de matières solides dissoutes. L'eau distillée, les eaux de pluies exposent donc tout particulièrement à l'intoxication saturnine lorsqu'elles ont séjourné dans des tuyaux de plomb. On a noté aussi que la présence dans l'eau des chlorures, des nitrates, de sels ammoniacaux, de matières organiques végétales, d'acide carbonique en excès, favorisent la dissolution du plomb. Le mélange de l'air et de l'eau dans ces conduites a également une influence très grande, car il se forme alors un hydrate d'oxyde de plomb soluble. Les tuyaux neufs, ceux qui sont faits d'un alliage de plomb et d'étain, les points de soudure, sont plus aisément attaqués.

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