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PROTECTION DES EAUX

(le terrain tro}) mince i)Our assurer une filtration suffisante des eaux de surface ou encore de nappes plus profondes recevant les eaux de ruissellement par des fissures traversant toutes les couciies de terrain sujierposées. Un exemple bien conuu de celte dernière disposiliou est fourni par les najtpes des calcaires épais, traversés de grandes crevasses, ({ui aliuientent les sources vauclusicnnes. Ces nappes sont exposées à des contaminations iucessantes })ar suite de la facilité avec laquelle les impuretés de la surface s'y écoulent à travers les gouffres, les hétoires ou les mardelles qui perforent les couches de terrain recouvrant ces eaux.

Pour ce qui concerne la protection des nappes d'eau su})erficielles, nous avons déjà vu comment il faut établir un ])uits pour (|u'il ne devienne i)as la cause même de la souillure des eaux (pi'il ])uise. Mais les nappes trop su[)erlicielles, insuffisamment protégées par la croûte de terrain qui les recouvre, restent constamment exposées aux contaminations. Tout germe pathogène déposé siu* le sol au-dessus de la nappe peut aller souiller ces eaux, entraîné [)ar les infiltrations. C'est de cette façon que se trouvent coidaminées les eaux des puits dans la plupart des agglomérations, ainsi que celles des drainages et de nombre de sources. Chaque fois donc qu'on sera obligé d'avoir recours aux eaux d'une de ces nappes exposées, il faudra la protéger, c'est-à-dire empêcher le dépôt de toute matière dangereuse à la surface du terrain dont les eaux peuvent s'infiltrer dans cette nappe. On y parviendra en faisant établir dans chaque habitation de cette zone de protection des fosses d'aisance, des fosses à fumier ou à purin complètement étanches, des conduites étanches pour l'évacuation des eaux sales; en interdisant l'épandage et le dépôt sur le sol des matières fécales, des engrais d'origine animale, des ordures, des eaux ménagères, etc. 11 est important aussi de pratiquer une sorte de protection médicale, comme celle que préconise Duclaux \ et d'établir une surveillance spéciale sur tous les cas de fièvre typhoïde, de dysenterie ou de choléra de la région, afin de détruire immédiatement par la désinfection les germes de ces maladies avant qu'ils aient pénétré le sol.

La délimitation d'un périmètre de protection est un travail délicat, car il s'agit de déterminer tout le bassin, souvent fort étendu, de la nappe souterraine. « Pour les sources d'affleurement les limites du périmètre sont fréquemment déterminées par les plis synclinaux et anticlinaux de la couche imperméable qui supporte la nappe; pour les sources de thalweg, elles résultent principalement de la position et de la cote des vallées. » (Janet.)

Lorsqu'il s'agit de la contamination des nappes profondes, comme dans le cas des sources vauclusiennes, il faudra recourir aux mêmes modes de protection. On conçoit à quelles étendues il peut alors devenir nécessaire d'étendre le périmètre de protection. De plus on devra, quand cela sera possible, capter les eaux souterraines en amont des points où se déversent les eaux de surface. Si cette mesure radicale ne peut être prise, on s'efforcera d'oblitérer toutes les crevasses qui laissent pénétrer les eaux de surface, ou dans toute la traversée delà zone dangereuse on maintiendra les eaux de ruissellement dans des caniveaux étanches. Toutes ces mesures ont le grave inconvénient de diminuer considérablement le débit de la nappe aquifère.

1. Duclaux, Rapport général sur les enquêtes concernant les eaux de source distribuées à Paris, 1900.

Parmi les recherches qu'exige l'étude de Torigine et du trajet des eaux souterraines, il en est quelques-unes dont nous devons parler ici.

On s'est efforcé d'étahlir par l'expérimentation directe les communications souterraines de certaines eaux. On a eu recours pour cela au mélange à l'eau, qu'on suppose devoir rejoindre certaine nappe, de corps dissous ou tenus en suspension. S'il y a communication, ceux-ci peuvent être itipidement décelés dans la nappe suspectée.

On s'est servi du chlorure de sodium facile à reconnaître par sa réaction avec le nitrate d'argent; mais on a surtout employé les matières colorantes. Les travaux de Trillat' ont montré que les meilleurs résultats étaient obtenus avec la fuchsine acide ou avec la fluorescéine. C'est cette dernière substance qui a été le plus souvent utilisée; on la dissout dans de l'alcool additionné d'environ 5 p. 100 d'ammoniaque. La dose de 100 grammes est suffisante dans un bon nombre de cas; un kilogramme peut être décelé par le fluorescope ^ dans deux millions de mètres cubes d'eau.

Lorsqu'on a eu recours à des corps microscopiques tenus en suspension dans l'eau, on a employé soit de la levure de bière, soit des bactéries, comme le bacillus violaceus ou le micrococcus prodigiosus. Il faut s'assurer avant l'expérience que ces germes n'existent pas déjà dans l'eau ou le sol. On les reconnaît dans l'eau par un simple examen microscopique, ou par le procédé des cultures.

Il n'est pas toujours possible de fournir aux agglomérations humaines une eau naturellement assez pure pour satisfaire à toutes les exigences de l'hygiène. Dans ces conditions on ne doit utiliser pour l'alimentation les eaux impures dont on peut disposer qu'à la condition de leur faire subir un assainissement préalable et d'avoir modifié suffisamment leurs caractères physiques, chimiques ou biologiques de façon qu'elles ne puissent plus offrir de danger pour la santé publique. Toutefois on ne devra se résoudre à adopter pour la consommation une eau suspecte, alors même qu'on est en mesure de lui appliquer les procédés de purification les plus parfaits, que lorsqu'il y aura impossibilité absolue de se procurer une eau naturellement pure, même au prix des sacrifices les plus considérables. Car l'apphcation des procédés d'assainissement artificiel des eaux exige des soins et une surveillance tels, qu'on n'est pas assuré d'éviter toujours les mécomptes, même en suivant rigoureusement les règles établies.

Nous étudierons à part les procédés d'assainissement central des eaux destinées à l'alimentation des agglomérations et les méthodes d'assainissement de l'eau à domicile.

1. Trillat, Essai sur l'emploi des matières colorantes pour les recherches des eaux d'infiltration, Ann. de Vlmt. Pasteur, 1899.

2. Le fluorescope comprend 2 tubes en verre verticaux et placés côte à côte, de 1 m. 20 de long et de 0 m. 02 de diamètre. Jls sont fermés à l'orifice inférieur par des bouchons noircis. On verse dans l'un de l'eau pure, dans l'autre l'eau qu'on soupçonne contenir de la fluorescéine. On regarde dans les tubes de haut en bas. L'eau pure a une couleur bleu sombre, l'eau contenant de la fluorescéine a une teinte vert clair. Quand l'eau à vérifier n'est pas parfaitement limpide, il faut toujours la filtrer préalablement.

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