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DÉFINITION DU CLIMAT

L'influence des climats paraît avoir présidé de tout temps à la marche de la civilisation. Celle-ci apparaît, en etîet, d'abord dans les contrées tropicales ou subtropicales; rÉgypte et l'Inde sont ses berceaux dans l'ancien monde; dans le nouveau, elle naît au Pérou et au Mexique. Elle se propage en Babylonie, en Phénicie, pour arriver enfin en Grèce et en Italie, puis, poursuivant sa marche constante vers le nord, elle gagnera la France, les Pays-Bas, l'Angleterre, l'Allemagne.

Nous pouvons accepter encore aujourd'hui la définition du cUmat, telle que la donnait Hippocrate : Le climat est Vensemble des circonstances physiques attachées à chaque localité^ envisagé dans son rapport avec les êtres organisés.

Les anciens géographes désignaient sous ce nom une bande de terre, renfermée entre deux cercles, parallèles à l'Equateur, et ils avaient divisé l'espace compris entre l'équateur et le pôle en 30 climats, appelés astronomiques ou mathématiques; 24 étant compris entre l'équateur et le cercle polaire, et les 6 autres entre le cercle et le pôle. Les premiers portaient le nom de climats de demi-heure; les seconds étaient appelés cUmats de mois, parce que, pour les uns, la durée du jour était plus longue d'une demi-heure, pour les autres, elle dépassait d'un mois celle du climat précédent. Cet accroissement se poursuivait graduellement jusqu'au pôle, où le jour et la nuit ont une durée égale de 6 mois.

Les géographes modernes partagent l'espace compris entre le pôle et l'équateur en 90°, et déterminent par l'altitude, la latitude et la longitude, la position géographique de chacun des points du globe.

Cependant ces notions, même celle de l'altitude, ne sont pas absolument suffisantes pour préciser le climat d'un point quelconque; il faut réserver ce nom de climat à une étendue de pays dont les divers points sont placés dans des conditions

météorologiques similaires surtout sous le rapport de la température. De Humboldt a rendu, en 1817, un service important à la climatologie, en traçant ses lignes isothermes^ isothères et isoc/iimènes. De Humboldt avait défini le climat : « l'ensemble des variations atmosphériques qui affectent les organes d'une manière sensible. » Fonssagrives a repris cette définition. Pour lui le climat est la manière d'être habituelle de l'atmosphère d'un pays, sa formule météorologique. Cet auteur conçoit le cUmat non pas d'abord dans sa généralisation, mais au contraire dans son expression la plus minime. Il part du climat d'habitat et en fait une espèce climatique. Il rapproche les climats d'habitat et dont les caractères fondamentaux sont communs, et il en forme le genre chmatique ou climat de localité. Groupés de la même manière, les climats de locaUté deviennent des ordres cUmaliques ou climats de région, et ceux-ci des climats de contrée ou classes climatiques, dont l'étude donnera ensuite lieu à des climats de zones.

Pour les botanistes, c'est la flore, c'est-à-dire la présence de certains végétaux propres à une zone spéciale, qui établit la distinction des climats. Les agriculteurs prennent surtout en considération les végétaux cultivés. Les zoologistes se basent sur la faune, c'est-à-dire la distribution géographique des animaux.

Pour nous, qui avons spécialement en vue l'étude de l'homme, nos recherches doivent consister surtout à déterminer quels sont les points du globe qui, soumis à des influences plus ou moins identiques, exercent sur les êtres organisés une action semblable ou à peu près semblable; la climatologie est ainsi ce que l'avait définie Hippocrate : l'étude simultanée de l'air, des eaux et des lieux.

En résumé, il faut entendre par climat la constitution générale de l'atmosphère d'un lieu.

L'état de l'atmosphère peut être modifié :

Par la latitude ;

Par l'altitude ;

Par l'état hygrométrique ;

Par la température;

Par les vents régnants ;

Par le voisinage ou l'éloignement de la mer ;

Par la sécheresse ou l'humidité du sol (marais) ;

Par le degré de culture et de population ;

Sans parler d'autres causes accessoires.

Cette étude touche aux plus grands intérêts des nations. Elle peut indiquer à chaque race quel est le pays qui convient à son développement, diriger les peuples dans leurs mouvements migratoires; enfin, c'est d'après ces lois que doit être accomphe toute entreprise de colonisation.

Les Romains méconnurent ces règles, lorsque, pendant sept siècles, ils travaillèrent à asseoir dans l'Afrique carthaginoise une domination dont il ne reste rien aujourd'hui.

En un siècle, les V^andales disparurent d'Afrique. Il fallut à peine ce temps pour qu'il n'existât plus un Goth en Italie.

Les Hébreux, les Perses, les Romains, les Arabes, les Français, les Anglais, les Turcs, ont successivement occupé l'Égypte et y ont assis leur conquête, et, cependant, à travers ces invasions, ces dominations séculaires, la race primitive a seule

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