VARIATIONS ANNUELLES DE TEMPÉRATURE
dans la zone glaciale. La terre de Boothia-Félix est située dans le nord de TAmérique septentrionale, au delà du 72® degré. Malotschkin est encore un peu plus rapproché du pôle, mais dans la Nouvelle-Zemble, aux extrémités nord de la Russie d'Europe. A ces hautes latitudes, le jour se prolonge pendant des mois entiers, et
Matotschkin,
Boothia..
Fig. 104. — Variations mensuelles de la température moyenne à Matotschkin et à Boothia. — Félix.
pendant des mois également la nuit n est interrompue que par de longs crépuscules ou par Téclat phosphorescent des aurores boréales. La température moyenne des mois de juillet ou d'août est encore d'environ dans la terre de Boothia et à Matotschkin ; mais à Matotschkin, situé dans les eaux de l'Atlantique nord, la température moyenne du mois de février descend à 22° de froid, et dans la terre de Boothia, loin des mers ouvertes, à 36° au-dessous de 0. Sur mer, en effet, comme nous l'avons déjà vu, les conditions de température ne sont plus les mêmes que sur les continents; à grande distance des côtes^ les amphtudes journahères de la tempé-
rature des eaux de la mer sont bien moins fortes que les amplitudes sur les continents de même latitude.
Sous l'Equateur, la différence entre le maximum et le minimum du jour atteint rarement 1 ou S'*, et dans les régions tempérées 3 ou 4*^. Sous la zone torride, la surface des mers a une température moyenne de 27 à 28°, très rarement 30 ou 32.
La température décroît avec la profondeur, et, quoique troublée par les courants
Paris,
Gôttingue.
Berlin.
Moscou.
Fig. 105. — Variations mensuelles de la température à Paris, Gôttingue, Berlin et Moscou.
d'eau chaude et froide qui vont au pôle et en réviennent, elle atteint en général, vers 2 000 mètres, la température de 4*^. Dans les bassins des mers qui environnent les deux pôles, la série est renversée. La surface de la mer a une température de — 2^, de — 1°, et de 0, et les couches plus profondes se réchauffent jusqu'à 4°. Scoresby, Parry, Frankhn, John Ross, Martins et Bravais dans les mers du nord, James Ross dans les mers du sud, ont constaté ce résultat général.
Le voisinage des mers exerce sur les continents, et surtout sur les îles qu'elles enveloppent, une action puissante de réchauffement pendant l'hiver et de rafraîchissement pendant l'été. Aussi les côtes baignées par les mers participent à la modéra-
VARIATIONS DIURNES 641 tion plus grande des températures maritimes, et le pôle sud présente, en raison de cette cause, des températures bien moins extrêmes que le pôle nord.
La figure ci-contre montre les courbes des températures de quatre villes, situées à des latitudes peu différentes, mais à des distances très inégales des mers : ce sont Moscou, Berlin, Gœttingue et Paris. L'amplitude de l'oscillation annuelle dépasse 30« à Moscou; à Paris, elle est inférieure à 17°, et cependant les mois d'été sont également chauds dans ces deux villes.
Nous donnons (fig. 106) une figure qui montre la courbe d'une année prise en particulier ; elle indique, à côté de l'année moyenne à Paris, l'année 1816, qui a été
moyenne.
Fig. 106.
j t ma mj. j. asona
Variations mensuelles de la température, déduites en 20 années, à Paris, comparées aux variations de l'année 1816.
des plus défavorables à l'agriculture; pendant presque toute sa durée, la température mensuelle a été inférieure à sa valeur moyenne, et la différence a été sensible, surtout pendant la saison chaude.