ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
L'influence de Yélectricité atmosphérique normale sur l'organisme est peu connue et offre peu d'intérêt pratique. Nous ne nous arrêterons que quelques instants sur cette étude.
L'atmosphère, même complètement dégagée de nuages, renferme toujours de l'électricité. Le Monnier fit à Saint-Germain, dès la fin de septembre 1752, une série de recherches intéressantes à ce sujet, en employant la barre de Frankhn. De Saussure se servit, dans ses excursions sur les montagnes, d'un petit électroscope à balle de sureau.
Quel que soit l'instrument employé, on ne trouve d'ordinaire aucun signe d'électricité dans les lieux bas, dominés par des arbres ou par des édifices et dans les rues des villes. En rase campagne, et même sur les hauts plateaux, c'est seulement à quelques mètres du sol que les électroscopes commencent à donner des signes sensibles et que le galvanomètre accuse l'existence de courants appréciables; mais les nombreuses expériences faites par de Saussure lui ont montré la tension électrique de l'atmosphère d'autant plus grande, qu'il la mesurait plus haut sur les flanc des montagnes. D'un autre côté. Becquerel et Breschet sont arrivés aux mêmes conclusions sur les plateaux du mont Saint-Bernard.
On ignore les variations que peut éprouver dans sa quantité l'électricité totale de notre atmosphère. Aucune expérience n'a pu être établie d'une manière permanente à de très grandes hauteurs; mais on sait que, dans les couches inférieures, elle subit une double oscillation annuelle et diurne, et, de plus, des oscillations accidentelles acquièrent quelquefois une grande ampKtude.
De Saussure et Schliiber ont démontré que les signes électriques passent chaque jour par un premier maximum de 6 à 7 heures du matin en été et de 10 heures à midi en hiver, qu'ils faiblissent ensuite pour atteindre un premier minimum entre 5 et 6 heures du soir en été et vers 3 heures en hiver; qu'ils repassent par un second maximum au coucher du soleil, pour décroître de nouveau pendant la nuit jusqu'au lever du jour, où la proportion de l'électricité redevient ascendante; cette double oscillation est fiée aux variations de l'état hygrométrique de l'air.
L'électricité atmosphérique subit également des variations annuelles. Un maximum très marqué a eu lieu en hiver et un minimum dans la saison chaude ; c'est surtout lorsque le ciel se couvre de nuages, que les phénomènes électriques acquièrent le
plus de mobilité. Toutes ces variations agissent puissamment sur nous; l'anxiété et l'agitation nerveuse que l'on éprouve souvent, à l'approche d'un orage ou pendant sa durée, n'ont pas d'autre origine. Les personnes d'un tempérament nerveux, les rhumatisants, ceux qui ont été affaiblis par la maladie, y sont particulièrement exposés.
L'orage éclate lorsque des nuages parvenus à un certain degré d'électrisation se trouvent à proximité d'autres nuages ou des objets terrestres sur lesquels ils peuvent se décharger de leur fluide en excès. La hauteur des nuées orageuses est très variable. Bouguer, dans les Gordillières ; de Saussure, dans les Alpes; Peytier et Hossard, dans les Pyrénées, ont observé des orages développés à 4868, 4500 et 3 200 mètres au-dessus du niveau de la mer; dans les steppes de la Sibérie, l'abbé Chappe a constaté que des nuées orageuses atteignaient à une hauteur de 3 470 mètres; il décrit d'autres orages dans lesquels les nuages n'étaient pas à plus de 214 mètres au-dessus du niveau de la mer.
La foudre agit sur nôtre corps de différentes façons ; si le fluide parcourt les parties externes du corps, il y creuse un sillon et y produit des brûlures profondes et douloureuses. S'il pénètre à l'intérieur, il désorganise le système nerveux, provoque des paralysies, et quelquefois la commotion amène instantanément la mort. Le choc direct n'est pas indispensable, il suffit du choc en retour.
Les orages sont très fréquents sous la zone toride, et, nulle part ailleurs, ils ne montrent une aussi formidable énergie. Dans la région dite des calmes, sous l'immense anneau formé par les nuages épais qui signalent au loin la nappe équatoriale ascendante, le roulement du tonnerre est presque continuel. Ses éclats se répercutent de nuage en nuage, en échos prolongés, comme au milieu de nos grandes chaînes de montagnes. A mesure qu'on s'éloigne des régions tropicales, l'électricité atmosphérique devient moins abondante et ses manifestations bruyantes sont plus rares. En Europe, les orages exigent, pour se produire, des circonstances particuhères qui ne s'y réaHsent que d'une manière accidentelle.
On admettait autrefois que les orages étaient des phénomènes locaux, éclatant aux lieux mêmes où ils s'étaient formés, ou à peu de distance de ces lieux; mais depuis la publication des cartes météorologiques, depuis l'institution des commissions cantonales et départementales chargées de discuter les documents recueiUis dans leur circonscription, il paraît nettement étabh que les orages ne sont point des phénomènes locaUsés; ils s'étendent toujours sur une région plus ou moins vaste, et quelquefois la traversent, dans toute son étendue, sur une ligne plus ou moins large, mais dépassant 2 ou 300 heues en longueur.
La formation des orages exige une préparation de l'atmosphère qui permet de prévoir leur arrivée ; ils accompagnent constamment les mouvements tournants de l'air. Ces mouvements ont d'autant moins besoin d'être fortement caractérisés pour déterminer l'orage, que la température est plus élevée et l'air plus chargé de vapeurs.
Les ondulations du sol ont une influence très marquée sur la répartition des orages en France, mais la nature du sol et du sous-sol, leur degré d'humidité, la nature des végétaux qui les recouvrent ont une action non moins grande, probablement sur les chutes de grêle et de foudre; c'est là, d'ailleurs, un point très obscur de la science (Marié-Davy) .
CLIMATS TORRIDES