De Sinety, Thèse de Paris
l'hygiène suivant les AGES 1039
et de toutes les femelles d'animaux, la chèvre est celle qui se prête le mieux à cette manière d'élever les jeunes enfants. La chèvre est une nourrice qui réunit presque toutes les qualités qu'on exige d'une femme. On doit donner la préférence aux espèces sans cornes, dont le lait n'a pas une odeur aussi forte.
Quantité de lait nécessaire au nourrisson pour s'accroître pendant les neuf premiers mois. — Le premier jour, l'enfant n'avale guère plus de 3 grammes de colostrum par repas, par suite de la difficulté de la succion et du peu d'abondance du colostrum.
Le deuxième jour, il en avale 15 grammes par repas.
Le troisième jour, davantage, mais pas plus de 40 grammes.
Le quatrième jour, 50 grammes.
Gomme il y a, en général, 10 letées dans les vingt-quatre heures, cela ne fait guère que :
30 grammes pour le 1" jour.
150 — — 2e jour.
400 — — 3« jour.
550 — — ¥ jour.
Le premier mois, la tetée est de 70 grammes à chaque repas, ce qui fait, pour 9 tetées en vingt-quatre heures, environ 650 grammes de lait.
A deux mois, la tetée est de 100 grammes à chaque repas, soit, pour 7 tetées dans les vingt-quatre heures, 700 grammes.
A trois mois, la tetée est de 120 grammes, soit, pour 7 tetées dans les vingt-quatre heures, 850 grammes.
A quatre mois, la tetée est de 150 grammes à chaque repas, soit, pour 6 tetées dans les vingt-quatre heures, 950 grammes.
Cette quantité persiste jusqu'à neuf mois, et diminue à mesure que l'enfant prend davantage d'aliments qui plus tard devront lui suffire seuls.
10 TETÉES
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Poids de la tetée
Quantité de lait dans
les 24 heures
Des pesées régulières comme moyen de constater la loi d'accroissement des nouveau-nés. — « Le seul et unique moyen de s'assurer d'une manière certaine de la prospérité d'un nouveau-né, est de le peser régulièrement tous les jours, afin de voir s'il y a augmentation de son poids initial (Odier). » Aujourd'hui, on
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peut l'affirmer, l'utilité de ce système est universellement reconnue. Chaussier est, d'après Quételet, le premier auteur qui ait pesé les nouveau-nés et constaté qu'ils perdaient de leur poids initial pendant les quelques jours qui suivaient leur naissance. Quételet, d'après cent dix-neuf observations, arrive aux conclusions suivantes : 1° Dès la naissance il existe une inégalité pour le poids entre les enfants des deux sexes.
Le poids moyen des garçons est de 3 kilogr. 250 grammes. Le poids moyen des filles est de 2 kilogr. 950 grammes.
2*^ Le poids moyen de l'enfant diminue un peu jusque vers le deuxième jour après la naissance, et il ne commence à croître sensiblement qu'après la première semaine.
Mon regretté maître Natalis Guillot faisait peser journellement les enfants de son service, avant et après cbaque tetée, afin de déterminer la quantité de lait nécessaire à un enfant, et il terminait ainsi une de ses leçons : « Les observations que je possède me conduisent déjà à affirmer que parmi les moyens d'appréciation de l'état de santé ou de maladie de l'enfant, de la valeur de la nourrice, de la quantité de lait fournie, des pertes ou de l'accroissement de l'individu, nul n'est aussi strictement exact que celui que je vous soumets. »
En 1864, Bouchaud expose le développement des enfants pendant la première année de leur existence et détermine d'une façon précise, à l'aide de pesées régulières, la loi d'accroissement de l'enfant et la quantité de lait qui lui est nécessaire pendant la première année.
Enfin, un travail de Blacbe et Odier, en 1866, établit que la pesée régulière et préventive est le seul moyen d'obtenir une surveillance vraie des nourrices auxquelles on a confié des nourrissons. En effet, il arrive souvent que des enfants bien portants en apparence sont déjà gravement atteints. Il n'y a pour ainsi dire pas de symptôme externe et si la nourrisse ou la garde (ce qui arrive souvent) dissimule les traces qui pourraient mettre sur la voie, l'enfant succombera parce qu'on interviendra trop tard. Le professeur Parrot, dans ses remarquables leçons sur l'athrepsie, a parfaitement démontré qu'à un moment donné l'assimilation n'était plus possible. L'enfant se jette encore avec avidité sur le biberon, mais pour le quitter bientôt, et la petite quantité de lait absorbée, ou bien est rejetée immédiatement, ou traverse le tube digestif sans être digérée.
Le véritable réactif du nouveau-né au point de vue hygiénique, c'est la balance.
D'après les travaux qui ont été publiés sur ce sujet, on peut dire d'une façon générale que le nouveau-né perd de son poids pendant les deux premiers jours. Cette perte peut être évaluée de 0 à 150 grammes, d'après Pinard, chiffres plus considérables que ceux indiqués par Bouchaud. Les enfants qui ne perdent pas sont ceux qui presque toujours ont rendu leur méconium au moment de la naissance ou même avant. Le nombre des enfants qui ne perdent pas de poids est de
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Du quatrième au sixième jour, les enfants ont repris et dépassé leur poids de naissance. Dès le début, les enfants rendent peu d'urine; ce n'est que lorsque l'alimentation est bien établie que la quantité d'urine rendue devient relativement énorme. Le nouveau-né urine quatre fois plus qu'un adulte par kilogramme de son poids ^