‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 82 sur 326 · TEIGNES · texte numérisé non relu

TEIGNES

la plaque de teigne des cheveux gris, cassants, montrant à la loupe une sorte de gaine squameuse.

Au microscope, après action de la potasse, on reconnaît que cette gaine est formée par une mosaïque de spores de 1 à 4 a, rondes ou polyédriques, ne se disposant jamais en chaînes.

2° Les teignes tondantes à grosses spores son dues au Tricophyton. Tantôt le parasite se développe seulement dans Tintérieur du cheveu, il est endothrix; tantôt il se développe à la fois en dehors et dans l'intérieur du cheveu, il est ectothrgx.

Dans la teigne due d^vi tricophyton endothrix^ on choisira pour l'examen microscopique des cheveux cassés courts et si bien enchâssés dans Tépiderme, qu'ils

Fig. 45. Fig. 46.

Teigne tondante à petites spores. Teigne tondante trichophytique (endothrix).

prennent l'aspect d'un comédon. Ces fragments de cheveux sont sillonnés à l'intérieur de chaînes de spores sphériques ou quadrangulaires ; ces chaînes ne se divisent jamais que dichotomiquement.

Dans la variété rare de teigne (Kérion de Celse) produite par le tricophyton ectothryx ^, on choisira à la périphérie de la lésion des cheveux follets cassés, paraissant à la loupe entourés d'une gaine squameuse. Cette gaine ne s'étend que sur la portion radiculaire du cheveu et n'est visible qu'après épilation, contrairement à ce qu'on observe pour la gaine des cheveux malades de la teigne à petites spores. On voit au microscope, autour du cheveu et dans son intérieur, des chaînes de spores ayant les caractères morphologiques du tricophyton endothrix.

Parfois la disposition en chaîne des spores n"est pas très marquée sur plusieurs points de la préparation, aussi faut-il examiner soigneusement toute l'étendue du fragment de cheveu, pour ne pas faire de confusion avec la teigne à petites spores. Si l'on ne trouvait rien au niveau des cheveux, il faudrait encore faire une préparation avec le contenu d'une des pustules de la plaque de teigne.

1. Ce tricophyton se développe aussi sur les téguments où il produit l'herpès circiné.

2. Il produit aussi chez l'adulte le sycosis des poils et la tricophytie des ongles.

3° La teigne faveuse est due à VAchorion Scliônleinii. On recherchera un cheveu décoloré jusqu'à 1 centimètre environ de son émergence et sortant d'un godet favique jaune soufre. La racine du cheveu est enveloppée d'une gaine graisseuse.

L'examen miscroscopique montre que ce cheveu est rempli de filaments mycéliens, les uns sporulés, les autres non sporulés. Ces filaments ont des diamètres très différents et se divisent fréquemment en deux, trois ou quatre filaments secondaires'.

Prophylaxie des teignes. — D'après Sabouraud la prophylaxie générale des teignes dans les grandes villes devrait comprendre les mesures suivantes :

1° La déclaration obligatoire de tous les cas de teigne avec recherche des cas qui peuvent exister dans la même agglomération d'enfants.

2^^ La création d'un hôpital spécial de teigneux, analogue à celui qui existe à l'hôpital Saint-Louis. Là les médecins apprendront à connaître les teignes et à en préserver les écoles.

3° L'établissement de dispensaires-écoles spéciaux où les enfants recevront à la fois le traitement et l'instruction auxquels ils ont droit. Le soir ils retourneraient dans leurs familles, la tête recouverte d'un pansement occlusif.

4° L'institution de services hospitaliers mixtes où on pourrait soigner les teigneux pour une affection médicale ou chirurgicale, sans courir le risque de conlaminer une salle entière d'enfants dont le cuir chevelu était sain auparavant.

5° Avant de permettre à un teigneux, qui paraît guéri, le retour à l'école, on le tiendra d'abord en observation pendant quatre semaines. Si, pendant ce temps, on ne lui a pas trouvé un seul cheveu malade, on l'isolera des autres teigneux et on le maintiendra en observation encore six semaines. Lorsque la guérison semblera s'être bien maintenue, on lui donnera un certificat de guérison provisoire, lui permettant de rentrer à l'école, à la condition qu'il se représentera à l'examen médical un mois plus tard. Ce n'est qu'alors que pourra être délivré le certificat de guérison définitif.

A l'école, tout nouvel élève ne devrait être admis qu'avec un certificat médical attestant qu'il n'a pas la teigne. Les élèves devraient subir une inspection médicale mensuelle afin d'éUminer immédiatement les cas de teigne reconnus.

Les instituteurs et les institutrices s'appliqueraient à rechercher les enfanis suspects de teigne, pour les signaler immédiatement au médecin inspecteur de l'école. La coupe des cheveux en commun, les changements de coiffures seraient rigoureusement interdits.

Dans la famille chaque enfant doit avoir ses instruments de coiffure distincts. Le cuir chevelu sera nettoyé par des savonnages fréquents. On ne laissera couper les cheveux des enfants qu'au moyen des ciseaux, les tondeuses étant difficiles à bien désinfecter. Les coiffeurs devront veiller à l'asepsie rigoureuse de leurs instrumenls.

La désinfection des locaux, des vêtements et surtout des coiffures sera uncom])lément utile des mesures prophylactiques que nous venons d'indiquer.

1. La pelade parait être rarement contagieuse. Plusieurs auteurs nient même qu'elle le soit jamais. Cependant la simultanéité de plusieurs cas dans la même caserne, dans le même atelier, dans le même bureau, dans la même famille, semble favorable à Thypothèse de la transmissibilité de la maladie dans certaines circonstances. La transmission se ferait surtout par l'intermédiaire des coilTures, des peignes, des brosses, des tondeuses. D'après les recherches de Sabouraud le bacille de la séborrhée grasse jouerait probablement un rôle dans l'étiologie de la pelade.

La tuberculose est une maladie infectieuse due à la pénétration et à la mulliplicatioD du bacille de Koch dans Torganisme. Suivant que les tubercules se localisent à uit seul organe, ou à un seul appareil, ou qu'ils envahissent l'économie entière, la maladie prend des aspects cliniques et anatomiques bien différents, mais sa cause première reste toujours la même, son origine demeure identique; le développement des tubercules est constamment provoqué par le même agent de contagion, le bacille spécifique.

Fréquence de la tuhercidose. — Depuis longtemps la tuberculose est une maladie très répandue ; car une statistique des causes de décès, qui a été établie à Genève au milieu duxvin® siècle, montre bien qu'à cette époque déjà cette maladie déterminait à elle seule le quart des décès.

Lagneau a dressé un tableau indiquant la proportion des décès par tuberculose dans les villes de France en 1891, en ne tenant pas compte des enfants au-dessousde deux ans :

DÉCÈS

DÉCÈS

TOTALITÉ

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