FABRIQUES DE CARTON
Sommaire technique. — La première opération consiste dans le triage des bouts de papier et de vieux cartons que les marchands de chiffons livrent mélangés à toutes sortes de débris. Les ouvrières sont placées devant un cadre à fond grillagé et secouent chaque morceau au-dessus, de façon à faire tomber à travers le grillage tous les détritus étrangers. Vient ensuite le trempage pour lequel on fait macérer les matières pendant 48 heures, dans des cuves d’eau ; puis la mise en pulpe qui s’effectue dans d’autres cuves munies d’agitateurs ; enfin la confection qui s’opère de deux manières : 1° à la forme, c’est-à-dire que la pulpe est coulée dans des formes de grandes dimensions, puis égouttée et pressée avec une planche sur laquelle l’ouvrier appuie énergiquement avec un levier ; 2° à la machine , c’est-à-dire que la pâte est étalée et serrée par des rouleaux. Dans l’un et l’autre cas, les feuilles sont ensuite portées à l’étendoir pour la dessiccation.
On se sert beaucoup aujourd’hui, pour former des appliques d’ornementation, de carton-pierre . On le forme avec de la pâte à papier additionnée de craie et d’argile, détrempée avec une solution de. gélatine. On coule le mélange dans des moules de bronze huilés.
Enfin, on emploie beaucoup, depuis une vingtaine d'an-
(I) Montpellier médical, 1376; novembre, p. 400.
nées, des toits de papier. On emploie de préférence du papier de laine : on le trempe, feuille à feuille, dans un mélange bouillant de poix et de bitume minéral fondus ensemble. On fait sécber, puis on trempe une deuxière fois.
Hygiénologie. — La fatigue musculaire est considérable, surtout dans le travail à la forme. Non seulement la pression exige des efforts considérables, mais les ouvriers ont à porter continuellement des formes qui pèsent jusqu’à 60 kilog ranunes. Ils se meuvent dans un milieu toujours humide. Enfin la pâte dégage ordinairement des miasmes variés.
Les mêmes inconvénients se présentent pour les ouvriers en carton-pierre. Mais la fabrication du carton de toiture devient très désagréable pour le voisinage à cause des vapeurs de goudron. Aussi Bücliner (1) demande-t-il un éloignement constant d’au moins 100 mètres.