ANNE ANT ANNEE AN VE
D représente la partie inférieure d'une des tours ; ee les grilles sur lesquelles repose le coke ; C un espace où se rend l’eau ayant dissous de l'acide chlorhydrique. Celle-ci s'écoule par le tube à dans deux grandes auges en grès ab. Les vapeurs des fours à sulfate traversent en sens inverse ces mêmes auges avant de gagner la tour.
Les bonbonnes et les tours fournissent donc aimsi de l'eau saturée d'acide chlorhydrique ; et, par le fait, celuici, au lieu d’obéir à la force d'expansion qu'il possède à l'état gazeux, se trouve emprisonné dans de l’eau. Mais si l'on supprime ainsi des émanations dangereuses, 1l fut un temps où l’on se trouvait créer une masse encombrante d'un liquide acide qu'on ne pouvait pas abandonner aux rivières. Car on ne trouvait pas à livrer au commerce tout l'acide chlorhydrique ainsi condensé. Il a donc fallu chercher à neutraliser ou à utiliser d’une autre manière le surplus. Après l'avoir neutralisé par du calcaire, on peut, en
effet, le déverser sans grands inconvénients dans les cours d’eau voisins. Mais c’est coûteux, et 1l est plus facile d’obtenir des industriels une utilisation quelconque. Presque toutes les usines fabriquent du chlorure de chaux à l’aide du peroxyde de manganèse et de la chaux. On peut aussi - se servir de l'acide chlorhydrique, pour décomposer le carbonate de chaux et utiliser l'acide carbonique produit pour fabriquer les carbonates alcalins,.
2 Le chlorure acide de manganèse peut être utilisé sur place, aussi de différente manières. Il peut servir à saturer les eaux ammoniacales du gaz d'éclairage, et fournir ainsi un murjate d'ammoniaque susceptible d'être employé comme engrais. En le faisant couler sur des lits de craie, on obtient du chlorure de calcium qui peut être livré en grande partie au commerce, après purification et servir, d'autre part, pour transformer du sulfate de baryte en chlorure de barium. Il peut, d'autre part, rentrer dans la fabrication. Dans ce but, on régénère le bioxyde en traitant le chlorure par de la chaux et insufflant de l'air dans la masse. Il peut être employé encore à l'extraction de la gélatine des os; à la saturation des eaux de lavage de laines brutes, à la désinfection des matières de vidanges, dont il aurait l'avantage d'augmenter les qualités comme engrais.
Enfin, neutralisé préalablement par un excès de calcaire, il fournit de l’oxyde de manganèse dont l'addition peut améliorer le fer puddlé. Mais, au point de vue exclusif de l'hygiène, il vaut encore mieux lemployer à rendre les mares de soude inoffensifs, ainsi qu'il va êt'e indiqué cidessus, à propos du traitement des marcs de soude.
Disons, toutefois, que tous ces procédés ingénieux ont perdu aujourd’hui presque tout leur intérêt, parce que le procédé Leblanc est de plus en plus abandonné, de sorte que l'acide chlorhydrique fourni par les fabriques de soude ne suffit plus aux besoins commerciaux, et qu'on sera bientôt obligé de le préparer exprès.
3° Il ne faut plus permettre de se débarrasser des mares de soude en les enfouissant dans le sol, ou en les accumu-
lant en remblais, lors même que l'industriel s'engage à les pilonner fortement, au fur et à mesure de l’entassement, et à les recouvrir d'une couche d’argile bien battue. Quoique ces précautions ralentissent l'oxydation et réduisent l’'égouttage, en interceptant beaucoup l'accès de l’air et de la pluie, les amas de marcs n’en donnent pas moins lieu à de fortes odeurs sulfureuses, et à des suintements d'eaux infectes. L'emploi des marcs pour engrais ne fait qu'atténuer l'inconvénient en l’étalant. D'ailleurs, il n’est applicable qu'à certaines terres. Désormais, il faut imposer les procédés de dénaturation découverts par MM. Kopp, Buquet et Hoffmann de Dieuze, d'autant plus qu'ils se trouvent conjurer du mème coup les inconvénients des mares et ceux du chlorure acide de manganèse. Ils consistent, en effet, à neutraliser ces deux espèces de résidus l'un par l’autre. Les sulfures métalliques de l’un activent considérablement l'oxydation de l’autre, et cette oxydation, qui doit rendre ces détritus innocents, s'effectue sans dégagement d'acide sulfhydrique et d'acide sulfureux, à la condition toutefois de fractionner l'opération avec intelligence.
Il faut reconnaître que ces données générales sous-entendent des réactions chimiques nombreuses et complexes qui ne sont même pas bien connues, ainsi que des détails opératoires qui exigent des soins minutieux et une bonne direction. Donner une description détaillée de ceux-ci serait dépasser les bornes de cet ouvrage. D'ailleurs, le rôle des conseils et des médecins est d'indiquer la direction qu'il faut prendre, et non d'apprendre aux industriels à exécuter les choses. C’est à eux de faire leur instruction industrielle par la lecture de mémoires spéciaux et des études pratiques dans les usines dont le perfectionnement répond aux desiderata de l'hygiène.
Ajoutons toutefois que cette méthode de dénaturation a, à côté de l'avantage hygiénique, un avantage industriel. Car elle donne du soufre à peu près pur et du sulfure de manganèse qui servent à la fabrication de l’acide sulfu-
rique. Le dernier produit peut, en outre, être vendu aux verrerles.
La condensation de l'acide chlorhydrique par les tours est déjà une condition capitale pour l'hygiène intérieure. D'autre part, pour éviter aux ouvriers pendant le grillage du sulfate de soude, la fatigue due au maniement des sables, et le danger des jets gazeux, il faut conseiller l’emploi de fours tournants, ce qui se fait déjà, du reste, dans plusieurs usines. Voir Généralités, p. 49.