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EXTRACTION DES HUILES ANIMALES

Sommaire technique. — Elles sont de deux ordres, les unes proviennent des abatis d'animaux terrestres et prennent le nom générique d'huiles de pied de bœuf. Les autres sont retirées des poissons et FACE PAT le nom générique d'huiles de poisson.

Les huiles du premier ordre s’extrayent en faisant bouillir dans de l’eau les abatis jusqu'à ce qu'ils soient parfaitement cuits. On enlève l'huile qui nage sur l’eau; on la jette à part dans l’eau bouillante; on laisse reposer pendant vingt-quatre heures pour que les substances étrangères les plus grossières se déposent d’elles-mêmes. On soutire l'huile et on la soumet deux ou trois fois au mème traitement.

L'huile de poisson s’extrait du lard épais qui existe sous la peau de certains poissons, particulièrement des cétacés et des phoques. On coupe ce lard en morceaux et on le jette dans des chaudières contenant seulement un peu d’eau pour empècher l'huile d’être brülée. Par la chaleur, l'huile se sépare des lardons; on la recueille et on la coule sur un châssis à treillage. On la fait passer dans plusieurs bains d’eau pour la purilier.

Sur les côtes de la Baltique, on fabrique de l'huile animale avec les harengs. On fait bouillir ces animaux dans de l’eau, pendant cinq à six heures, en agitant constamment. Quand les poissons sont réduits-en bouillie, on laisse refroidir, on retire l'huile qui vient surnager et on la filtre.

L'huile de foie de morue et de squale, qui appartient au commerce pharmaceutique, s'obtient par la putréfaction préalable des foies entassés dans des tonneaux. On les fait ensuite bouillir dans de l’eau.

Hygiénologie. — Le poisson, mème quand il est relativement frais, exhale une odeur nauséabonde. Du reste, par le fait même du changement de milieu et par la nature des tissus des poissons, il entre rapidement en putréfaction.

De là des odeurs malsaines qui se dégagent à torrents au moment de la cuisson. C’est donc avec raison que la fabrication de l'huile de poisson est toujours rangée dans la première classe. Une pareille industrie doit être constamment maintenue aussi loin que possible des lieux habités. Mais l'administration s’est montrée moins bien inspirée en établissant une distinction pour l'huile de pied de bœuf. Elle : accorde la deuxième classe quand les abatis sont employés frais. Mais ce n’est guère que dans les abattoirs qu’on pourrait prétendre opérer dans de pareilles conditions, et encore il est bien reconnu que là mème on accumule les matériaux, pour ne les traiter qu'à certains jours. D'ailleurs il est difficile de fixer le moment de la putréfaction mème apparente et, au fond, elle commence immédiatement après la mort. En outre, l'extraction donne lieu à des émanations àcres et écœurantes, souvent même à un dégagement d’acroléine. Aussi les réclamations du public font que bientôt ces industries sont obligées de s'éloigner. [vaudrait mieux que l'éloignement füt d'emblée obligatoire. La réglementation présente en outre une autre lacune. Elle est muette sur le travail des enfants. Il est évident que ce genre d’industrie peut leur nuire à plusieurs titres.

Mème avec l'éloignement, 1l faut veiller à ce que les dépôts de débris d'animaux soient utilisés autant que possible par un roulement actif. — On se contente de les mettre sous des hangars qui par leur large ventilation atténuent les inconvénients des odeurs putrides et. des miasmes dans l'intérieur de l'usine, mais au détriment de l’atmosphère générale. Il est certains vents qui colportent ces miasmes à une grande distance. Mieux vaudrait exiger des magasins clos avec cheminée d’appel conduisant les émanations sous les foyers.

On se contente d'exiger de larges hottes au-dessus des chaudières; mais pourquoi ne pas exiger les appareils de coction dont 1l a été question pour les fonderies de suif? Quant aux eaux résiduaires, on ne doit jamais les faire écouler autrement que par des canaux souterrains et étan-

ches. Pour éviter l’imprégnation du sol, les atehers et les cours doivent être dallés. Pour la fabrication de l'huile de foie de morue, 1l semble qu'il serait facile de désagréger les tissus autrement que par la putréfaction à l’aide d'agents chimiques.

F Pour la mise en dépôt comme pour la consommation des huiles de poisson, il serait utile de trouver un moyen d’épuration capable de leur enlever l'odeur infecte qu'elles conservent toujours. Malheureusement tous les essais des chimistes sont restés sans résultat, et quand on voit dans le commerce des huiles soi-disant épurées, il y a fraude, car on s’est contenté de diminuer l'odeur en les coupant avec des huiles végétales. [ya sous ce rapport bien des progrès à réaliser. Les huiles sont assez combustibles et par conséquent augmentent les chances d'incendie. Il ne faut pas oublier surtout qu'elles sont susceptibles d’une inflammation spontanée par suite d’une absorption lente mais considérable d'oxygène. Il y a donc lieu d'imposer les mesures applicables aux substances inflammables.

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