DE POTASSE, DE FULMINATE DE MERCURE ET DE POUDRE A CANON
Sommaire technique. — Fabrication des dynamites. — Dans l’industrie et le commerce, le mot de dynamite est appliqué à divers mélanges de nitro-glycérine avec des substances solides et poreuses qui ont pour but de fixer physiquement ce liquide et d’en faciliter ainsi le” transport, la conservation et l'emploi. Comme on peut varier la composition de cette matière fixante, il en résulte qu'il y a diverses dynamites. Au point de vue des dangers et par conséquent de hygiène, on peut les diviser en deux catégories : 4° les dynamites où la matière liante est par
elle-mème complètement inerte ; 2° les dynamites où cette matière joue elle-mème un rôle actif dans l'explosion.
Il résulte de là que la préparation de la dynamite présente toujours deux opérations capitales : la fabrication de la netroglycérine el sa transformation en val ae proprement dite.
1° FABRICATION DE LA NITROGLYCÉRINE. — On mélange d’abord un volume d'acide azotique concentré (à 50° B.) et deux volumes d'acide sulfurique (à 66° B.). On laisse refroidir le mélange, puis on v verse goutte à goutte de la glycérine du commerce pré een concentrée à 32°. Pendant cette addition, il faut agiter la masse. Après nouveau refroidissement, on jette le tout dans un vase plein d'eau. La nitroglycérine se pr écipite sous forme d’une huile blanchâtre.
Les appareils employés pour cette doit varient dans leur disposition, suivant les usines. La disposition la plus employée consiste en des cuves cylindriques contenant une certaine quantité d’eau froide, dans lesquelles plonge un vase de même forme en grès d’un diamètre plus petit. C’est dans ce dernier qu'on place les substances ch1miques et que s’opèrent les réactions. Un agitateur à palettes se meut dans son intérieur. Il est parcouru aussi par un serpentin où circule de l’eau froide. Le refroidissement nécessaire est donc obtenu à la fois au moyen de ce dernier et de l’eau placée dans l’espace qui sépare les deux cylindres emboîtés l’un dans l'autre. |
Comme la nitroglycérine ainsi obtenue retient une certaine quantité d'acides libres, il faut la purifier en la laissant un certain temps en contact avec du bicarbonate de soude, de la craie ou du carbonate de barvte.
2° TRANSFORMATION DE LA NITROGLYCÉRINE EN DYNAMITE. — Pour faire de la dynamite à base inerte, on la mélange le plus généralement avec une terre siliceuse. Cette terre est d'abord réduite en poudre extrèmement fine, puis étalée sur une plaque en plomb munie de rebords un peu élevés. On verse ensuite sur elle la quantité de nitroglycérine né-
cessaire à la consistance voulue, et on agite avec une spatule en bois ou en verre.
Pour faire de la dynamite à base active, on ajoute à la nitroglycérine une substance très combustible, comme Île charbon, et une substance très comburante, c'es-à-dire cédant facilement une grande quantité d'oxygène, comme le chlorate de potasse. En un mot, on ajoute aux propriétés de la nitroglycérine les propriétés de la poudre ordinaire. Comme il existe beaucoup de substances dans ces deux espèces de conditions, il en résulte qu'il peut exister dans le commerce de nombreuses espèces de dynamites à base active. Il v a, entre autres, la dynamiüte noire, dont le sable est additionné de coke, qui fournit une explosion moins instantanée, mais qui engendre plus de calorique. Le //hofracteur, qui renferme probablement du salpètre, du souîre et du charbon: les dynamites grises, qui sont moins explosibles, la dualine, qui consiste en un mélange de nitroglycérine et de sciure de bois traitée par l'acide azotique et transformée en paroxyline; enfin la dynamite au coton-poudre, qui peut être conservée sous l'eau sans s’altérer.
Fabrication des picrates. — Elle suppose tout d’abord la préparation de Pacide picrique, qui s'obtient en faisant réagir à chaud de l'acide azotique sur de l'acide phénique. Par le refroidissement, l'acide picrique se prend sous iorme d'une pâte d’un jaune foncé. On le purifie par cristallisation. |
Le picrate de potasse S'obtient en mélangeant du carbonate de potasse chaud avec une dissolution bouillante d'acide picrique.
Le picrate et chlorate de potasse s'obtient en mélangeant à parties égales ces deux sels. C'est une combinaison explosive excessivement violente. Le picrate et azotate de potasse renferme en outre du charbon. Ses effets sont bien moins puissants. Le prcrate d'ammoniaque s'obtient en saturant directement l'acide picrique par de l'ammoniaque ‘et ne détonne ni au contact d’une flamme ni sous l'influence d'un choc.
“La poudre dite picrique est un mélange de picrate d’ammoniaque et d'azotate de potasse qui ne détonne que sous l'influence d’un choc très violent etquisne le fait que dans lé point directemert touché. |
Fabrication du fulminate de mercure. — On dissout une partie de mercure dans dix parties d'acide azotique. On chauffe à 54e, puis on verse un filet d'alcool et on continue à chauffer dans une cornue en verre. Au bout d’un quart d'heure, il se forme une mousse d’où s'échappe une vapeur rouge, qui se condense en grande partie en traversant un mélange réfrigérant et dont le surplus s'échappe ensuite à l'air libre. Pendant ce temps, il se forme au fond de la masse Hiquide restée dans la cornue un dépôt de poudre cristalline qui n’est autre que du fulminaté de mercure, qu'il suffit ensuite de laver à plusieurs reprises.
Cette substance est particulièrement employée à la fabrication des capsules, Toutefois, comme son explosion est excessivement rapide, au point qu'elle fait éclater l'arme sans lancer le projectile et qu’elle se termine avant d’avoir eu le temps d’enflammer la poudre mise en contact avec elle, il est indispensable de mélanger le fulminate de mercure avec des substances capables de ralentir l'explosion. On emploie généralement, soit du salpêtre, soit du salpêtre et du soufre, soit de la poudre ordinaire. Le mélange opéré, on le fait sécher et on le grène avec un tamis en crin. On lintroduit dans des capsules faites avec la meilleure tôle de cuivre, on couvre la petite masse introduite avec une petite feuille de cuivre, ou bien on la fixe gvec un vernis composé de gomme et d'huile de terébenthine., Nous devons encore, dans le mème ordre de substances, signaler la panclastite de Turpin, qui est un mélange d'acide hypoazotique, de sulfure de carbone, de pétrole léger, ete.
Fabrication de la poudre de querre. — La poudre de guerre est un mélange de salpêôtre, de soufre et de charbon. Ces trois matières ont besoin d’être dans un grand état de pureté, La fabrication et le raffinage du salpèôtre constituent une industrie distincte, appartenant à la
Poincaré. — Hyg. industr. 7
troisième classe. Mais c’est dans les poudreries mèmes, qu'on prépare le soufre et le charbon. Pour le soufre, on l’achète distillé en grande masse et, en fait d'opérations préliminaires, on se contente de le soumettre à la puvérisation et au blutage. Mais, pour le charbon, on le fabrique complètement sur place avec des bois légers, tels que le bourdaïine, le peuplier, le saule, l’aune, le tilleul. Ces bois sont carbonisés, soit par combustion libre dans des fosses à parois de briques, soit par distillation dans des cornues, soit enfin par l’action de la vapeur d’eau. Viennent ensuite les opérations de confection. C’est d’abord le mélange par malaxation, dans des mortiers, des trois substances qu’on humecte de temps en temps. Il en résulte des gâteaux 1rréguliers appelés galettes. On les sèche par essorage. On procède ensuite au grenage, quis’effectue à l’aide de cribles animés d’un mouvement de va-et-vient. Les galettes se pulvérisent mutuellement, et la poudre produite sort par les trous. La poudre de chasse subit une opération supplémentaire : c’est Le 2ssage, qui s'effectue dans des tonneaux en rotation par frottement des grains entre eux et contre les parois.
Hygiénologie. — Les dangers extérieurs dépendent presque exclusivement desexplosions dontles effets peuvent se faire senlir jusque dans le voisinage de l'usine. De toutes les substances explosives, la plus dangereuse est certainement la nitro-glycérine, ce qui tient à ce qu’elle renferme elle-même beaucoup plus d'oxygène qu'il n’en faut pour brûler tous les autres éléments. Dès les premières applications, elle détermina des accidents si nombreux et si graves, qu’on renonça pendant bien des années à l’employer. Kopp ayant montré que les accidents se produisaient rarement pendant son emploi dans les mines, mais le plus souvent pendant son emmagasinement et son transport, conseilla de la fabriquer sur place dans les exploitations minières elles-mêmes, et en très’ petite quantité dans une série de pettes cabanes distantes. On procéda ainsi avec un certain succès pour les carrières. de Saverne. Mais il y eut
peu d’imitateurs jusqu’au jour où on découvrit que la nitroglycérine mêlée à une poudre inerte devenait beaucoup moins dangereuse, sans perdre de sa puissance mécanique, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on ait découvert la dynamite.
Mais il n’en reste pas moins nécessaire de fabriquer de la nitro-glycérine pour préparer la dynamite, et si on a diminué les dangers d’emmagasinement, de transport et d'exploitation, les fabriques de dynamite n'en restent pas moins dangereuses pour les ouvriers et le voisinage.
Après à nitro- -glycérine, c'est le fulminate de mercure qui expose le plus les usines à sauter. Ce sel se décompose avec une violente explosion et en dégageant de l'azote et de l'acide carbonique, lorsqu'on le soumet à un choc ou qu’on le porte à 186°. Il faut toutefois que le choc soit produit par un corps d’une certaine dureté. Aïnsi le bois frappant sur le bois ne détermine pas l'explosion. Mais un simple frottement entre deux baguettes de bois la produit. Cela n’a pas lieu, au contraire, par le frottement entre deux baguettes de marbre. L'étincelle électrique, l'acide sulfurique la produit instantanément (1).
Le picrate de potasse détone aussi sous l'influence d’un choc, mais sous l'influence de la chaleur il ne le fait qu'à 300°. Toutefois sa fabrication crée des dangers considérables, parce qu'elle doit être précédée de celle de l'acide picrique, qui détone aussi avec une extrème violence. D'autre part, le mélange de picrate de potasse etde chlorate de potasse fait explosion, en dégageant une grande quanuté de calorique et une forte pression gazeuse. Aussi ses effets mécaniques sont-ils considérables. Le mélange de picrate et d’azotate est encore plus dangereux. Mais heureusement on a renoncé à son emploi das la confection des torpilles. Par contre, le picrate d'ammoniaque détone difficilement et on est obligé de le mêler à un corps oxydant; en dosant celui-ci d'une manière convenable, on est maitre de donner àla force explosible une puissance déter-
(1) Knapp, Chimie industrielle, 11, pe M6.
minée. La poudre picrique où mélange de picrate d’ammoniaque ét d'azotate de potasse est d'un maniement peu dangereux, car il ui faut un: choc très violent pour détoner etil n'y a que la partie directement touchée qui le fait.
La dynamite, grâce à la poudre inerte qui corrige la nitro-glycérine, n'éclate jamais sous l'influence de la chaleur n1 indirecte ni directe. On’peut jeter dans le feu une cartouche de dynamite pure, on peut la faire brûler lentement sur sa main, sans qu'il se produise d’explosion. Mais c'est à condition qu'elle ne soit pas fortement tassée dans un contenant à parois très résistantes. La lumière ne produit rien non plus. On peut concentrer sur elle Îles rayons solaires avec une lentille, sans inconvénients. Toutefois, à la longue, le soleil peut décomposer une partie, d'où production de %gaz qui, s'ils sont enfermés, peuvent faire éclater le contenant. La dynamite enfermée détone sous l'influence d’un choc notable. A l'air libre elle ne le fait qu'à la condition d’être pressée entre deux corps très durs. Le choc du fer sur le fer produit toujours l'explosion; celui du fer sur la pierre la détermine quelquefois. Jamais elle n’a Heu sous le choc du fer sur le bois. Malheureusement la dynamite peut, comme la nitro-glycérine, se décomposer spontanément, du moins sans cause appréciable, et éclate au moment où on s'y attend le moins. Mais ce qui est fréquent pour la nitro-glycérine est très rare pour la dynamite, parce que la silice lui donne de la fixité ; quant aux dynamites à base active, elles sont incontestablement beaucoup plus dangereuses. La dualine l’est aussi, à cause de la combustibilité de la sciure de bois et de son faible pouvoir absorbant. La dynamite au fulmi-coton est moins dangereuse que la nitro-glycérine tout en ayant une puissance presque aussi grande ; mais elle nécessite la formaüon préalable du fulmi-coton ou pvroxyle qui est sujet à de fréquentes explosions spontanées. |
La salubrité publique peut aussi être compromise, mais à un faible degré, par le dégagement de vapeurs nitreuses, et l'écoulement des résidus liquides.
= Les ouvriers sont naturellement les premières victimes des explosions, les plus fréquemment et les plus gravement atteints. En outre ils sont particulièrement exposés à des influences toxiques. Dans la fabrication du fulminate de mercure, ils sont soumis à des vapeurs mercurielles qui peuvent produire de la salivation, à l’éthér cyanhydrique qui peut engendrer des syncopes et des troubles pulmonaires et cérébraux. La préparation du fulmi-coton expose les ouvriers à des vapeurs nitreuses quiirritentles conjonctives, la pituitaire, la gorge, les bronches et engendrent mème des crachements de sang. (Voir Généralités, p. T8.) .
Les lois, ordonnances et:décrets visent la fabrication, la
conservation, le transport et les, modes d'emploi des matières explosihles.… :
Pour la fabrication ‘on exige que l'usine soit complètement isolée de toute habitation et mème éloignée des routes et des chemins; que les divers ateliers soient isolés les uns des autres ; que le sol en soit recouvert d’une lame de plomb. ou dé plâtre; que la pierre siliceuse soit exclue des matériaux de construction ; qu'on ne fasse jamais de feu dans les ateliers ; qu'on n'y travaille jamais à la lumière artificielle; que les murs des séchoirs soient garnis de tablettes en bois blanc qu'on puisse toujours atteindre sans être obligé de monter sur une chaise ou sur un banc; que les tamis ne soient point en fils métalliques et qu'ils soient munis à leurs bords inférieurs d’une lame de plomb: qu'on n'apporte à la fois dans l'atelier de charge que la dixième partie au plus de la matière qui doit être manipulée dans la journée; que le directeur ait seul la clef de l'atelier où s’opèrent les transvasements; que la matière préparée soit enfermée dans des bouteilles à chemise de paille et dans des caisses tapissées de cuir, de laine ou de crin; qu'il soit rigoureusement interdit de fumer dans tous les points de l'usine; que l'atelier spécialement affecté à la fabrication du fulminate soit très éloigné de la poudrerie et du dépôt des esprits (Ordonnance du 30 octobre 1836).
Pour l’emmagasinement, on exige que les boîtes ou paquets de matières fulminantes ne soient pas indistinctement placés dans les diverses parties d’un magasin, mais qu'elles soient réunies dans une caisse bien assemblée, garnie de roulettes et de poignées, afin de pouvoir les transporter facilement dehors en cas d'incendie; que le couvercle de la caisse soit fixé avec des lanières en cuir et fermé par le moyen d’une courroie ; que la caisse soit garnie par une peau de basane, non fixée afin qu'on puisse facilement l'enlever pour retirer la poudre qui pourrait y être tombée (Ordonnance 21 mai 1838).
Pour le transport, l'emploi des chemins de fer est complètement interdit pour la nitro-glycérine, mème en train de marchandises. La dynamite, les picrates, le cotonpoudre, les fulminates, peuvent être admis dans les trains de marchandises, mais jamais dans les trains de voyageurs. Les wagons contenant ces matières doivent être séparés de la locomotive par deux ou trois wagons chargés de marchandises non inflammables (Arrèté ministériel, 1% décembre 1874). |
Les bateaux chargés de matières explosibles doivent arborer un pavillon rouge très en évidence. Les chargements et déchargements ne doivent s'effectuer que sur des quais désignés par l'autorité après autorisation écrite par un agent de la navigation, et avec la plus grande célérité, de facon à ce qu'aucun ballot dangereux ne reste sur le quai pendant la nuit. Les marchandises dangereuses doivent être arrimées dans des compartiments isolés du reste de la cargaison, à l’abri du soleil et recouvertes d’une couche de sable humide de 20 centimètres. Dans les ports, les bateaux doivent se tenir à une distance de 50 mètres de tous les autres bateaux (Décret du 31 juillet 1875).
Tout en prenant pour base indispensable cette règlementation officielle, les conseils d'hygiène doivent s’efforcer d'introduire certaines améliorations en rapport avec les connaissances plus modernes.
Ainsi, là où les bois et les planches auront besoin d’être
réunis par des clous ou des crampons, il faudra employer le cuivre au lieu du fer. En tout cas 1l faudra toujours noyer la tète des clous dans le bois et les recouvrir de mastic, ou bien coller dessus plusieurs bandes de papier. Les planchers doivent être arrosés etbalayés fréquemment, surtout en été. Pendant cette saison, on doit aussi rafraichir les bâtiments à l'extérieur par un large arrosage. Il faut des rideaux à toutes les fenêtres ; on doit multiplier les bâtiments autant que possible, en leur donnant à tous de très petites proportions et les formant avec des matériaux très lécers ; les séparer entre eux non seulement par un espace suffisant, mais par des fortifications en terre gazonnée, de plusieurs mètres d'épaisseur et assez élevées pour masquer les autres bâtiments. Dans chaque bâtiment, 1l faut même diviser la matière par fractions très petites, afin que l'explosion accidentelle soit au moins successive, au lieu d’être instantanée.
Toutes les fois que la chose est possible, on doit travailler la matière à l’état de pâte ou mème sous l’eau. Les ouvriers seront forcés de mettre des sandales avant d'entrer dans les ateliers. On leur recommandera de marcher sans trainer les pieds et sans Les frapper sur le sol; de prendre et de déposer les objets sans les faire rouler ni glisser. Il leur sera interdit de porter des allumettes, des couteaux et des boucles en acier.
Dans la préparation de l’acide picrique, pour que la réaction entre l'acide azotique et l’acide phénique ne soit pas trop violente etne détermine pas d'accidents, ainsi que pour éviter les effets des torrents d'acide carbonique et de bioxyde d'azote qui se dégagent pendant la réaction, on doit adopter l'appareil ci-dessous (fig. 44).
L’acide azotique est réparti dans huit grands ballons de verre B, plongés dans le bain de sable À A et disposés sur le fourneau FF; sur une tablette supérieure, sont placés des réservoirs en bois H H qui contiennent l'acide phénique. Cet acide arrive goutte à goutte dans les ballons par l’entonnoir € et le large tube t. D’autres tubes amènent l'acide carbonique et le bioxyde d'azote dans un réservoir d’eau
éommun G qüiest soutenu par le support en métal D. Ge qui échappe à la condensation peut s'échapper par une cheminée qui n’a pas été
reproduite dans la figure.
© Dans la fabrication du fulminate de mercure, on peut déjà, pour le traitement du mereure par l’aeide nitrique, dinrinuer les vapeurs nitreuses, en abauchant les cols des cornues où: s'opère la réaction’:dans la cheminée. Mais il faut toujours désemmancher les cornues après l'opération el, à ce moment, l’ouvrier est encore très exposé: Aussi vaut-1l mieux faire adopter la disposition indiquée par M: Chandelou, parce, qu’elle rend lesopérations continues. Deux ‘ballons en verre, à:épaissés parois (1),:reçoivent les matières premières. Le col de chacun: d’eux porte à sa partie, supérieure un. coHier en bois, recouvert d’une feuille:de, plomb. Dans ce collier s’adapte à frottement un tuyau conduisant lés vapeurs 'au condensateur: Celui-ci se éompose d’une série‘ de touries en grès dont les’ colliers des joints sont munis d’une’ rainure faisant fermeture hy-
(1) Freycinet, Traité d'assainissement industriel. Paris, 1370, p. 101.
draulique. On verse dans ‘ette rainure de l’eau froide à mesure que celle-ci s'égoutté dans l'intérieur des touries. La dernière donne naissance: à un tuyau qui eonduit les vapeurs non condensées dans la cheminée; chacune des touries porte à sa partie inférieure un robinet permettant de déverser les liquides de gondensation dans un canal souterrain aboutissant au bac à saturer en; plein air. Un seul des ballons fonctionne à la fois, puis quand l'epération est terminée, on désarticule le: tuyau d'amenée au condensateur, on bouché hermétiquement le premier ballon et on adapte le tuyau au second ballon qui va entrer en fonction
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Fig. 45. — Appareil pour la préparation du fulminate de mercure. ©
à son tour. Ce changement peut se faire très rapidement sans que les vapeurs se répandent dans l'atelier.
Dans la confection des amorces ordinaires : le chargement peut et devrait être fait d’une manière mécanique, à l'aide d'un appareil consistant en’une boîte à trois fonds percés de trous. Les trous du premier et du troisième fond correspondent ‘mathématiquement entre eux; les trous du fond moyen alternent au contraire avec les trous des deux autres? mais comme cette plaque est à glissement, on peut, à ‘volonté, ramener les ouverturés au parallélisme avec les autres. Les capsules vides sont disposées dans les trous du fond inférieur ; on met de la poudre sur le fond
supérieur, puis, par une légère secousse, on fait à la fois glisser le fond moyen et tomber la poudre dans les capsules. On retire à l’aide d’une poignée le fond inférieur avec les capsules chargées, et on tasse Ta poudre dans toutes à la fois à l’aide d’une presse portant des dents correspondant exactement à l'agencement des capsules. Pendant tout ce temps, l’ouvrier reste abrité derrière un bouclier en tôle qui le sépare de l’appareil.
Une autre méthode due au mème auteur, M. Gaupillat, est applicable à la confection des capsules au fulminate de plomb, qui sont encore plus dangereuses que les capsules au fulminate de mercure, mais qui sont beaucoup plus économiques. Il est indispensable de manier cette substance toujours à l’état de pate et de l'appliquer dans un état d'humidité rendant son explosion impossible, IF faut
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Fig. 46. — Chargement des capsules,
aussi partager la masse générale en une foule de petites masses, Pour obtenir une pâte, il suffit de délayer la malière dans une solution de gomme adragante. Ce liant permet aussi de ne pas recourir à la presse pour tasser le contenu des capsules. Il suffit de recouvrir d’un vernis et de faire sécher. Enfin en se servant de plaques de cuivre percées de trous et de chariots servant les uns à distribuer la pâte, les autres à transporter les plaques dans le séchoir, l’ouvrier se trouve dispensé de toucher aucune capsule, 11 n'a qu'à manier les plaques à l’aide de la poignée dont chacune d'elles est munie. De plus, chaque plaque doit être séparée de sa voisine par une cloison en tôle. De cette façon l'explosion accidentelle de l’une n’entraine pas celle des autres, et l’ouvrier qui tient la poignée n'est même pas blessé (1). Il va sans dire que cette mé-
(1) Freycinet, loco cilato, p. 104.
INDUSTRIES" APPARTENANT A LA PREMIÈRE CLASSE, 107 thode pourra désormais être appliquée aussi à la fabricalion des capsules de fulminate de mercure.
Depuis un certain nombre d'années, on fabrique en outre des capsules proprement dites dont le contenant consiste en de petits godets en cuivre, des amorces sur paprier. Gest un mélange de gomme de phosphore et de chlorate de potasse qu'on dépose par petites gouttes sur du papier. Après dessiccalion, on coupe autour des gouttes et on obtient ainsi des petites plaques de la grosseur d'une lentille, Chevalier (4) fait observer que le danger est dans le découpage de ces feuilles; qu'il devrait toujours se faire sur les feuilles encore humides, sur une seule feuille à la fois, à l’aide d’une machine découpeuse et non avec des ciseaux à la main. |
La poudre à canon expose aussi incontestablement aux explosions, aux brûlures et aux incendies, mais à un moindre degré que les autres substances explosives d’origine plus moderne, d'autant plus qu'ici un choc ou un simple frottement ne suffisent plus pour provoquer la conflagration qui nécessite l'intervention d'un corps en ignilion, Cependant, par une anomalie que le point de vue fiscal peut seul expliquer, c’est la seule fabrication du genre dont PÉtat se soit réservé le monopole. En dehors de ces dangers accidentels, cette fabrication a l'inconvénient d’exposer les ouvriers aux poussières de soufre, de charbon el de salpôtre, ainsi qu'aux produits de la combustion du bois.
Toutes les précautions indiquées plus haut pour prévenir les dangers d’explosion et d’ince ndie restent applicables à la poudre. Mais 11 y a lieu de tenir compte des appareils el machines employés qui, eux, peuvent atténuer à la fois la fatigue musculaire et les effets des poussières el des produits de combustion.
Pour la pulvérisation du soufre, il faut se servir de l'appareil représenté par la figure 4T.
(1) Annales d'hygiène, 29 série, t. XLVIT, 1875, p. 330.
Ce sont des tonnes en bois À mises en mouvement par l'axe en fer BB, garnies intérieurement de tasseaux demi-cylindriques f{t et munies d’une porte a bed pour l’introduetion des matières. Quand la pul-
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d Fig, 41.
vérisation parait être suffisante; on enlève la porte et on la remplace par, un cadre en bois muni d’une, toile métallique. On fait tourner plus lentament, et la poussière fine tombe dans une maie C, |
Pour la carbonisation il ne faut plus tolérer les fosses, qui répandent de la fumée, il faut tout au moins l’appareil de distillation représenté par la figure 48. |
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