FABRIQUES DE COULEURS D'ANILINE
Sommaire technique. — Les produits tinctoriaux de cet ordre n’ont de commun que leur provenance initiale, car on peut en produire avecles divers principes résultant de la distillation du goudron, c'est-à-dire la benzine, l'acide phénique, la naphtaline et l’anthracène. La benzine traitée par l'acide nitrique donne la nitro-benzine qui sert à préparer l’aniline. Dans ce but on met en présence 100 parties de nitro-benzine, 60 d'acide acétique et 159 de tournure de
1#0 ARAITÉ D'HYGIÈNE INDUSTRIELLE,
fer, Cost 1 l'opération dite véduution qui doit durer de trentesix h quarante-huit heures, 1 en résulle une malivre phtouse qu'on soumet h une distillation fournissant un mélange d'aniline ot d'ouu, Ni l'on ajoute un peu de chlorure de sodium, l'aniline vient surnager ot 1 est facile de ln décnnter,
Avec colle aniline on peut obtenir!
1e Dos snulitres volorantes rouges dont Vos principales sont: La fuchoine, qui s'obtient en traitant laniline par de l'aide arsénique ot qui est encore désignée par les noms de magenta, de solftrine, d'usuldine, de postine, o\ de rose niline se ponceuu de Lijon, a violaniline, Va mauvaniline, la chrysotoluidine qu'on votre du résidu de Ja préparation de la fuchaine; Ve fannate de rosaniline qui ost d'un rouge corroin , Pacdlote où lo plorate de vosaniline qui ont des nuances spéciales, ln loucaniline qui ost le produit de lu réduction de ln roanilines Va chrysaniline qui avoe l'acide nique donne un azote d'une voulour rouge rubis ; lu cpisu qui provient aussi dos résidus de Ja fueshine; la 0 palline qui v6sute do action de l'ammontaque sur l'acide rosohque ; bn granosine, Véourtate d'aniline e1 Va wa franint }
2 Los ppatires olorantes bleues dont los principales sont le bleu de Ljon, où bou de vosaniline phényle, lo bou de Partequi s'obüent on faisant réagir Le biehlorure d'étalin sur l'aniline, le bou à l'atdéhyde, V'asurine qui s'emploie pour l'impression dus tissus, ot l'asuline ;
hp 12e pnaliéres volorantes violettes qui se divisent on matières plhénijlées cornpronant Ve violot imptrial rouge ot le toto tnpériol bleu, 0 onmatiéres mdthyldes, vompronant le viole d'Hoffmann, lo violet lumière 6 lo otolet de Paris, ot le volet d'aniline ohunu par dos agonts oxydants ;
4 1,08 matières volorantos vertes, qui vompronnent on. tre autres le vert à l'uldéhyde vos ormployé dans la teinture dos 4isous, Lo vert d'Hoffmann, lo vert diode, le vert de Paris qui s'obtient on traitant Los conposés aniliques honnés où toluidés par un agent oxyidlant !
d° Les matières colorantes notres, qui pour le moment ne comprennent encore qu'une seule nuance, le nor d'aniline ;
6° Les matières colorantes brunes, dont les nuances principales sont le run d’aniline, obtenu par l’action d'un corps réducteur sur la rosaniline, et l'intervention ultime de l'aniline, le ürun de phénylène qui a l'avantage de pouvoir teindre sans le concours d’un mordant:
1° Les matières colorantes jaunes, qui ne comprennent que le yaune d’aniline. |
Hygiénologie.— Il était impossible pour le sommaire technique d'entrer dans le détail des préparations de ces couleurs dont le nombre augmente de jour en jour, d'autant plus que les ingénieurs attachés à ces fabriques tiennent le secret absolu, et d’une manière excessivement jalouse, sur les procédés suivis par eux. Tout ce que nous devons savoir, nous hygiénistes, c’est que les ouvriers sont contimuellement à manipuler un grand nombre de substances organiques et minérales, ainsi qu'on peut en juger par l'examen du tableau suivant où se trouvent indiquées les matières figurant dans la préparation des principales couleurs commerciales de cet ordre.
Noms des couleurs. Substances intervenant dans la préparation.
Bleus d'aniline. — Bleu de Chiorure de chaux sur chlorhydrate d’aniline. Runge.
AIRNESS RL ENT Chlore sur l’aniline.
Bleu à l’aldéhyde :........ Aldéhyde sur rosaniline.
Bleu de Mulhouse...,..... Carbonate de soude, gomme laque et rouge
d’aniline avec alcool.
Bleu de Ménier........:... Inaline provenant de la nitrobenzine sur l'aniline. ;
bleu de Colemann......... Perchlorure d’antimoine sur aniline.
Blen.de VO... set Nitrate de mercure sur chlorhydrate d'aniline.
Bleu.de Schad 53, uesiu s$ Aniline, rosaniline, sulfate de quinine.
Bleu de rosaniline, ou bleu Acide benzoïque sur rosaniline, puis bain de Lyon. d'acide chlorhydrique.
Bleus des sulfo-congugueés En traitant les bleus de rosaniline par l'acide ou solubles. sulfurique pur.
Bleu Couper. 5 hsasses En traitant par l'acide sulfurique la violani-
line, obtenue elle-mème avec l’aniline, la nitro-benzine, le fer et l'acide chlorhydrique.
Bleu de toluidine ....,.,,. Avec toluidine et acétate de rosaniline,
Noms des couleurs. Substances intervenant dans la préparation. Bleus de diphénylamine... Aniline, chlorhydrate d’aniline, acide chlorhydrique, acide sulfurique, acide oxalique, nitrate de cuivre, sulfate de cuivre, carbonate de baryte, sesquichlorure de carbone, l'acide formique.
Bleus azoïques...... anse Chlorhydrate d’aniline, amide-azo-benzoïque, puis acide sulfurique.
Bleus de méthylène. ...... Chlorhydrate de diméthylaniline, nitrite de
soude, hydrogène sulfuré, perchlorure de fer, chlorure de zinc.
Azuline ou bleu de phénol. Aniline et acide rosolique obtenu avec acide phénique, acide sulfurique.
Bleus d'anthracène. 2,7, Acide sulfurique, glycérine et nitro-alizarine.
Brun de phényle......... . Phénol et atide azoto-sulfurique.
Puce de naphthylamine.... Nitro-naphtaline, sulfure ammonique, bichromate de potasse.
Alizarine brune... 0... . Nitro-alizarine et hyposulfate de soude.
Carmin de naphtaline..... Naphtaline, acide acétique cristallisable, acide
chromique et soude caustique.
Induline. ss SE Re A Aniline, nitro-benzine, fer, acide chlorhydrique.
NigroSinene FM AE EAN Chlorhydrate d’aniline, acide arsénique, soude caustique, acide chlorhydrique.
SAITORERE rare .... Aniline, orthotoluidine, acide acétique, poussière de zinc.
Matin he ie Aniline, acide sulfurique, bichromate de potasse, soude caustique.
Noir Uaniline LAINE OR Chlorhydrate d’aniline, sulfate de cuivre, sel ammoniac, eau.
Jaune d'aniline...... ..... Aniline, acide chlorhydrique, nitrite de soude, acide sulfurique.
RouGP AmeELe SRE. Acide nitreux, acide amido-naphthylsulfureux.
Urangé is SERRES Acide sulfanilique, soude caustique, nitrite de
| soude.
Chrysoïdine..... ue . Aniline, acide chlorhydrique, nitrite de soude.
En résumé, les ouvriers sont appelés à manipuler journellement, en fait de substances inorganiques:
L'acide chlorhydrique, L'hydrogène sulfuré, — nitrique, Le sulfure ammonique, — * ‘nitreux, L'hyposulfate de soude, — sulfurique, Le sulfate de cuivre, — oxalique, Le carbonate de soude, —. chromique, — de baryte, — acétique cristallisable, Le nitrate de mercure, — . arsénique — de cuivre, Le chlore, — de soude; Le chlorure de chaux, Le bichromate de potasse, —. dezinc, Le sel ammoniac, - Le perchlorure de fer, Le fer, — d'anlimoine, La poussière de zinc.
Le sesquichlorure de carbone,
Et en fait de substances organiques :
L’aniline, L’acide phénique,
Le chlorhydrate d'aniline, — formique, La rosaniline, — benzoïque, La nitro-benzine, Le sulfate de quinine, La toluidine, La glycérine, Les phénols, L'alcool,
L'aldéhyde.
À côté de ces substances qui interviennent comme réactifs courants, il faut aussi tenir compte de la manipulation incessante des couleurs obtenues et d’un certain nombre de produits qui ne figurent pas dans les diverses énumérations précédentes, mais qu’on prépare aussi dans ces usines, soit pour servir à la fabrication des couleurs proprement dites, soit pour être livrées directement au commerce ; tels sont la paratoluidine, l’acétanilide, l'acide phtalique, la diphénylamine, l’orthotoluidine, la naphtylamine, la binitrobenzine, la diméthylaniline, l'acide sulfonilique, l’éosine, etc. |
De toutes ces substances, celle qui joue le plus grand rôle, c’est l’arsenic, quiest presque pour toutes les couleurs d’aniline une véritable tache originelle, en raison du mode de fabrication du principe mère et qui, du reste, entre de nouveau en scène dans la dernière phase de la préparation de quelques-unes. C’est à elle, incontestablement, qu'on doit attribuer les diverses altérations cutanées observées dans ces usines, telles que: prurigo, eczéma, ecthyma, acné, furoncles, herpès, pemphygus avec ædème, et ulcérations siégeant particulièrement aux mains, aux pieds et aux bourses. Elle a aussi tout au moins une‘part à réclamer dans l'apparition de certaines dyspepsies, de vomissements, de coliques, de diarrhée, d’un grand affaiblissement musculaire, de vertiges, de céphalalgies sourdes et fréquentes.
Sans doute, il est possible d'arriver à obtenir des produits colorants complètement purs et dépouillés d’arsenic. Mais le bénéfice hygiénique ne profite qu'à ceux qui s’en servent dans les diverses applications industrielles et aux
consommateurs des objets de ces applications. Les ouvriers qui sont chargés de les fabriquer et de les épurern’en restent pas moins forcément dans un milieu arsenical.
En dehors de l'intervention accidentelle ou inévitable de l’arsenic, un certain nombre de ces substances sont toxiques par elles-mêmes, telles sont d’abord la benzine et l'acide phénique qui sont des produits directs de la distillation du goudron et dont nous avons déjà indiqué les effets ; mais dans les fabriques d’aniline on commence par rectifier la benzine reçue, et dans cette rectification 1l se dégage des matières plus volatiles que la benzine, qui sont connues sous les noms de fes ou de léger de benzine, ct qui comprennent une certaine quantité de benzine, du sulfure de carbone, du crotonylène, de l’amylène, de l’hexylène, de l’alcool éthylique, du cyanure de méthyle, de l’isocyanure. Noelting (1) rapporte le fait d’un ouvrier de- Thann qui fut tué par cette rectification, et qui présenta à l’autopsie des pétéchies sous-pleurales et un sang couleur cerise. Un lapin soumis à des inhalations de léger mourut subitement à la suite de-violentes convulsions et offrit le même état des poumons et du sang.
La nitro-benzine qui s'obtient en traitant la benzine par l'acide azotique. Elle expose déjà par le fait même de sa préparation aux vapeurs nitreuses dont nous avons indiqué les effets (p. 78). Mais en outre, par elle-même, elle détermine, par simple inhalation, de l’irritation de la gorge et des bronches, de la céphalalgie, des vertiges, du coma avec cyanose et dilatation des pupilles. Les animaux morts dans un milieu chargé de’ces vapeurs ont un sang violacé, une congestion très intense des centres nerveux, des pans mons, du foie et des reins (2).
D'après MM. Carl Haeussermann et Wilhelm (3) Schmidt, dans la fabrication de la nitro-benzine, les ouvriers ressen-
(1) Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, octobre 1884.
(2) Recherches sur les effets de la nitro- bénzine, par Poincaré (Revue d'hygiène, 1879, p. 711).
(3) Viertel. f. gerichl med. u. oeff. Sanit. Nouvelle série, XXVII, p. 307, fasc. supplémentaire de juillet 1876.
tent assez tardivement les effets de cet empoisonnement. Le plus souvent 1ls se bornent à quelques vertiges et un peu de cyanose. Chez quelques-uns 1l s’y joint des vomissements qui facilitent, du reste, la guérison. On n’observe du coma que chez ceux qui conservent trop longtemps des vêtements complètement imprégnés de nitro-benzine.
Il y a aussi à tenir compte de l’état de pureté de la nitrobenzine. Plus elle est pure, plus elle est aredouter non seulement à cause de sa plus grande volatilité, mais encore en vertu d'une plus grande puissance toxique.
Dans les usines, 1l est souvent difficile de faire la part de la nitro-benzine, puisque les ouvriers se trouvent en même temps soumis à d’autres substances. Mais ce qu’on observe, dans le cas d'empoisonnement accidentel par ingestion directe de la nitro-benzine dans l’estomac, aus la nature
des accidents, à la production desquels elle peut être accusée de concourir. Ce sont : après une faible dose, du malaise général, de l’ardeur buccale, des picotements de la langue, des nausées et des vertiges; à haute dose, du coma, de la somnolence, fourmillements du cuir chevelu, bourdonnements d'oreilles, céphalalgie, titubation, bégayement, ténesmes, opisthotonos, crampes, convulsions, dilatation pupillaire, rotation convulsive des globes oculaires, dyspnée, accélération, puis ralentissement du cœur; cyanose, haleine d'odeur d'amande amère. Dans les autopsies humaines faites jusqu'à présent on n’a pas trouvé de lésions caractéristiques, mais une congestion veineuse générale, ecchymoses stomacales, duodénales et æsophagiennes.
L'aniline, qui sert pour ainsi dire d’interniédiaire entre les matières premières et la plupart des couleurs industrielles de cet ordre et qui, par conséquent, est une des substances les plus courantes dans ces industries, est regardée par beaucoup d'auteurs comme étant innocente par elle-même et comme ne pouvant nuire que par entachement d’arsenic, mais Bolley et Kopp (1) la re-
(1) Traité des matières colorantes artificielles dérivées du goudron de houille.
gardent au contraire comme excessivement vénéneuse.
Suivant Layet (1), il n’est pas un seul ouvrier qui, au début, n’éprouve au moins des douleurs sus-orbitaires avec nausées ou vomissements. Chez la plupart l’accoutumance s'établit au bout d’un certain temps et les mèmes faits ne se montrent plus qu’à la suite d’un travail plus prolongé que d'habitude, surtout pendant les grandes chaleurs de l'été. Il en est d’autres plus impressionnables qui tombent dans un coma ne se dissipant qu'après exposition au grand air et laissant après lui une certaine hébétude pour plusieurs jours, Ou qui sont pris de spasmes tétaniques siégeant particulièrement dans la région cervicale et alternant avec un tremblement général accompagné de délre, enfin qui ont de véritables accès épileptiformes. Dans toutes ces formes d’empoisonnement aigu, la respiration est anxieuse et même stertoreuse, les battements du cœur sont irréguliers et tumultueux, les pupilles sont dilatées, les extrémités sont cyanosées et la face d’une pâleur livide. En général ces symptômes effrayants se dissipent à l'air après un temps plus ou moins long et il ne reste plus que de la courbature avec titubation, de l’hébétude et de la tendance au sommeil. |
En dehors de ces accidents passagers, tous les anciens ouvriers finissent par avoir le sang altéré. Pendant que le chiffre des hématies diminue, celui des leucocytes va en augmentant. En outre, il y a tendance à la constipation et un allanguissement des fonctions génitales.
La fuchsine, qui est un des dérivés les plus immédiats de l'aniline, puisqu'elle résulte de la réaction de l'acide arsénique sur cette substance, et qui se trouve aussi fabriquée sur une large échelle, est innocentée par la plupart des expérimentateurs qui n’accusent des quelques méfaits accidentels qu’on a pu lui attribuer que l’aniline et l’acide arsénique restés sans réaction réciproque. Grandhomme (2) dit que des animaux alimentés avec la fuchsine n’ont pré-
(1) Hygiène des professions.
(2?) Hygiène, juillet 1881.
senté, pas plus que les ouvriers, ni albuminurie, ni perturbation d'aucune nature dans la sécrétion urinaire, ni diarrhée, n1 la moindre diminution de poids. Bergeron et Clouet (1) affirment qu'un homme peut prendre 8 grammes de fuchsine en seize jours sans être incommodé et qu'un chien reste aussi complètement indifférent à une dose quotidienne de 50 centigrammes. A la dose massive de 20 grammes, on observe toutefois de la salivation, des vomissements, de l’accélération de la respiration, des battements de cœur, du tremblement des membres, de la diarrhée avec odeur de nitro-benzine. Il est vrai que l'animal se rétablit très vite, même quand il prend plusieurs fois cette dose dans une seule semaine. Toutefois les expériences de Feltz et de Ritter tendent à prouver que le poison laisse des traces qui détériorent l’économié d’une manière insidieuse et peuvent même déterminer la mort. Par suite, sans doute, de l'élimination de la fuchsine, le rein éprouve la dégénérescence graisseuse etil se produit une albuminurie avec anasarque. Mais on a objecté que ce résultat pouvait ètre dû à ce que ces expérimentateurs ont procédé par injections intra-veineuses.
Grâce à MM. Neumann et Bapst (2), l’action toxique de la résorcine et de l'éosine est démontrée aujourd'hui.
La première produit chez l'homme des picotements dans les mains et les pieds, se mèlant à un léger tremblement convulsif de ces extrémités, une espèce d'ivresse avec délire et lenteur dans la parole, des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, du ralentissement du pouls avec augmentation de la tension sanguine, une émission d'urine brune, et enfin des sueurs abondantes qui jugent la crise. Des symptômes analogues ont été déterminés expérimentalement chez les animaux. Mais on n’a pu produire la mort qu'à l’aide de doses considérables, et à l’autopsie on a constaté une hypérémie considérable des centres nerveux, des
(1) Annales d'hygiène, 2e série, t. XLVII, p. 452. (2) Revue d'hygiène.
poumons, du foie et des reins, ainsi qu’un ramollissement de la muqueuse stomacale.
La seconde détermine chez les ouvriers de lhyperesthésie accentuée surtout dans les doigts, des contractions, des gercures et une hyperhydrose des mains. Ce dernier phénomène est si marqué que la sueur tombe goutte à goutte.
La puissance toxique de l'acide picrique est connue, Il coagule le sang d’une manière presque instantanée. Il irrite et détruit rapidement tous les tissus. Il suffit de toucher avec les lèvres ou la langue les objets dans la coloration desquels il intervient pour être atteint d’une stomatite que Delpech appelle pécrique (1). Les lèvres sont chaudes, la langue douloureuse et volumineuse ; toute la muqueuse buccale se tuméfie, se,ramollit et s’ulcère. Il en résulte une grande difficulté pour avaler et parler ; la douleur est assez vive pour produire de l’insomnie.
Les effets de la plupart des autres substances organiques sont encore mal déterminés. Le tableau de la page 189, dont j emprunte les éléments au mémoire que j'ai eu l’honneur de lire au Congrès de la Haye, montre qu’elles sont loin d'être toutes innocentes, même quand elles ont été débarrassées de toute trace arsenicale.
Ces mêmes expériences m'ont en outre permis d'établir que les substances nocives déterminent en général des” effets du même ordre, qui consistent particulièrement en une grande lenteur des mouvements, devenant ensuite de la parésie et mème de la paralysie complète, exceptionnellement en tremblements convulsifs, plus rarement encore en anesthésie, en dyspnée presque constante et en un coma terminal; que toutes semblent agir en altérant la composiion du sang et en provoquant des troubles de la vascularisation, particulièrement dans les poumons, le cerveau, les reins, le foie et le cœur.
Il convient, avant tout, de chercher à atténuer les effets fâcheux des opérations par l'emploi de bons oppareils.
(1) Annales d'hygiène, ?e série, t, XLVI, p. 265, 1876.