CHAUDRONNERIE
Sommaire technique. — Cette industrie, qui à pris un très grand développement aujourd’hui, à pour but de fabriquer avec divers produits métallurgiques des objets d'usages variés ainsi que des pièces d'appareils mdustriels et de construction. La matière première est tantôt-de la tôle, tantôt de l'acier fondu et tantôt du cuivre.
Le travail de la tôle comprend, comme opérations : le traçage, qui consiste à tracer sur la feuille le dessin de chaque pièce de l’objet à fabriquer; le découpage, qui a pour but de couper la feuille en suivant le trait tracé ; le poinconnage, quiest un autre mode de sectionnement applicable à certains cas et dans lequel le ciseau est remplacé par un poinçon; le percage, qui a pour but de pratiquer les trous destinés à recevoir les rivets ou clous par lesquels on rattache les pièces entre elles; le chanfreinage, qui consiste à tailler en biseau les bords des objets; le chauffage, qui a pour but de rendre la tôle propre aux opérations suivantes : le céntrage, destiné à communiquer une forme curviligne à certaines pièces ; l’emboutissage, qui a pour but de mouler la tôle en la frappant avec des maillets sur une matière en fonte présentant les reliefs et les dépressions voulues ; le montage et l'assemblage, qui agencent ces différentes pièces nécessaires à l’ensemble de l'objet; le r2vetage, qui les fixe entre elles par des rivets ; le mafage, qui co nsisteà marteler les sutures en les soutenant sur la face opposée par un instrument résistant appelé matoir, et jouant le rôle d’une enclume. Cette opération a pour but de prévenir les fuites.
Hygiénologie. — Les inconvénients sont de quatre ordres : ceux qui résultent du bruit; ceux quisont dus au tra-
vail musculaire ; ceux qui proviennent des Dr enfin ceux qui r ésultent de l’action toxique du cuivre
Autrefois, la chaudronnerie faisait partiè dé mé pétite industrie, et s’en tenait presque exelusivément à la Confection
des ustensiles de ménage. Dans chaque établissement, un ou deux ouvriers frappaient sur le métal pendant quelques heures. Un pareil voisinage, quoique déjà désagréable, pouvait être toléré au Lie ses habitations ; mais aujourd'hui que toutes les industries demandent à la chaudronnerie des appareils volumineux et nombreux, aujourd’hui qu'elle occupe un grand nombre d'ouvriers, le bruit dont ces établissements sont le siège porte une atteinte très sérieuse à la salubrité publique. Il trouble le repos et les occupations des voisins ; illes tient dans un véritable état d’agacement qui peut contribuer au développement des névroses. L’ébranlement moléculaire subi par le cerveau le fatigue et lui impose un rendement plus laborieux et moins Ar L'éloignement des grandes ARE onneries hors des centres- Da hitée me paraît être devenu une nécessité.
L'ouvrier qui vit dans le foyer même de cette tempête d'ondes sonores acquiert bien vite un caractère d’hébétude parfois très marqué, en même temps qu'il est sujet à des perturbations des plus variées et des plus bizarres de l'organe de l’ouie, telles que : .bourdonnements, sensations subjectives, et avant tout une surdité qui tantôt porte sur tous les sons, tantôt uniquement sur les sons aigus ou sur les sons graves. Il arrive souvent qu'il ne peut entendre assez pour soutenir une conversation, que dans le cas où il se fait autour de lui un tapage analogue, comme nature et comme intensité, à celui au milieu duquel il vit. Il n’y a là, du reste, rien de spécial à cette surdité professionnelle. Il en est de même pour tous les sourds. Leur nerf acoustique à besoin d’un fond d’ébranlement qui sert pour ainsi dire de base au chant des sons de la voix. Les faibles vibrations de ceux-ci ne suffisent plus pour le mettre en oscillations moléculaires. Un moyen banal est le seul palliatif à opposer à ce-danger : c’est l'introduction de tampons de coton dans le conduit auditif. :
Il est peu d'industries où le travail soit aussi pénible. Non seulement louvrier est obligé de frapper le métal avec force.e el avec de, lourds marteaux, mais, ce travail épuisant,
il doit l’exécuter la plupart du temps dans les positions les plus contournées et les plus fatigantes à soutenir. Aussi n'est-ce pas seulement la menue monnaie des effets du martelage qu'il présente, tels que: ampoules, durillons, phlegmons, rétraction de laponévrose palmaire, synovite du poignet, lumbago, efforts et ruptures musculaires, contusions et plaies parécrasement, particulièrement des doigts. Chez eux l’atrophie musculaire progressive est assez: fréquente. Ils sont sujets à des palpitations, à l’hypertrophie du cœur, à des hémoptysies ; 1ls acquièrent à la longue des déformations des épaules, du thorax, du rachis, des genoux et des jambes.
Ils subissent à un haut degré les effets mécaniques des poussières, car chaque coup de marteau en soulève de toutes natures, déposées ou formées sur place par l’action de l'air. Mais les effets traumatiques des éclats métalliques sont de beaucoup plus sérieux encore; parce que ce sont les yeux qui sont le plus exposés à les recevoir, et qu'il en résulte des kératites et des ophthalmies entraînant souvent la perte de la vision.
Les chaudronniers sont certainement moins exposés à l’'empoisonnement par le cuivre que les fondeurs de ce métal. Mais ils sont loin d’en être à l'abri. La poussière d'oxyde et de carbonate de cuivre qu'ils font voltiger autour d’eux pénètre dans la bouche et les voies pulmonaires, où elle finit par trouver des agents de dissolution, ainsi que dans les glandes sébacées du tégument où elle se trouve transformée en sels gras de cuivre. Il est une ,opération qui devient aussi dangereuse que la fonte et le moulage, c’est celle du brasage des vieux tuyaux, qui est destinée à les nettoyer par le feu.
En matière de chaudronnerie, le problème est des plus simples pour l'hygiène des ouvriers. Son but principal, sinon unique, doit être de chercher à remplacer le plus possible la main-d'œuvre par des machines. Du même coup, elle diminue non seulement la dépense musculaire, mais encore les actions mécanique et toxique des poussières,
puisqu'il y a moins d'ouvriers exposés, et que ceux qui le sont les subissent d’une manière moins directe.
Le traçage est un travail de géomètre et presque d’artiste, qui ne peut être exécuté qu'à main d'homme. Mais 1l n’est ni fatigant ni dangereux. Il développe peu de poussière, et avec de la propreté l’ouvrier peut éviter l’inconvénient de la manipulation du cuivre. Le découpage peut être, et doit être, dans toutes les grandes usines, exécuté mécaniquement par des machines dites césailles, qui sont mises en action soit par la vapeur, ou par une presse hydraulique. L'ouvrier n’a plus qu'à présenter la feuille en suivant le trait. Mais même dans les petites chaudronneries, il conviendrait de se servir de machines d’un plus petit modèle, et misesen mouvement par une manivelle à la main dont la puissance serait multipliée par des rouages. Il y aurait encore une grande économie hygiénique pour la main-d'œuvre. Le chanfreinage des grosses tôles doit être exécuté par une machine à raboter. Le cintrage sera obtenu à l’aide d’un laminoir composé de trois cylindres dont deux sont placés parallèllement sur un même plan inférieur, et dont le troisième évolue au-dessus entre les précédents. La feuille se cintre forcément en passant entre les deux plans de cylindres.
Pour l’emboutissage 1l faut recourir à une machine formée de plusieurs pistons, mus par une presse hydraulique ou par la vapeur, et venant frapper sur la feuille reposant sur la matrice ou forme de l’objet à réaliser. Dans beaucoup d'usines le rivetage est encore exécuté à la main. Le rivet porté au rouge blanc et posé dans le trou y est maintenu par un ouvrier qui le soutient à l’aide d’un tas, tandis que deux autres ouvriers frappent rapidementavec un marteau sur l’autre extrémité du rivet pour refouler le métal et former une nouvelle tête. Il faut rappeler aux industriels qu'il existe des machines riveuses à air comprimé, dans le détail desquelles:nous n'avons pas à entrer. Il serait bon, d'autre part, de remplacer le brasage ordinaire par un chauffage dans unifour-dont:la cheminée entrainerait toutes les va
peurs. Les ouvriers doivent aussi prendre des précautions personnelles, telles que : lavages fréquents avec savon, vêtements d'atelier, emploi de lunettes, etc.
Il est une dernière remarque qui mérite d’être faite, c’est que l empoisonnement par le cuivre ne menace pas ue. ment les ouvriers comme on. le croit. Tout atelier donne naissance à des eaux de lavage qui, au cas particulier, étant chargées de parcelles cuivreuses, peuvent par imbibition du sol aller contaminer les puits.