‹ Traité d'hygiène industrielleChapitre 99 sur 172 · SCIERIES MÉCANIQUES · texte numérisé non relu

SCIERIES MÉCANIQUES

Sommaire technique.— Les scieries mécaniques sont mises en mouvement soit par les machines à vapeur, soit par des chutes d’eau, soit même par le vent. Elles sont de deux espèces.

1° Les sceries à mouvements alternatifs qui se composent simplement d’une roue hydraulique faisant mouvoir un arbre coudé, lequel élève et abaisse alternativement le châssis d’une grande scie rectiligne. C’est un mouvement de va-et-vient vertical identique à celui qu'exécutent les scieurs de long. Quant à la pièce de bois, un charriot la fait avancer dans les conditions voulués ; 2° les sczeries 4 mouvement continu dans lesquelles les scies sont cérculaires et qui tendent de plus en plus à remplacer les précédentes. Lei c’est presque toujours la vapeur qui sert de moteur.

Hygiénologie. — Les scieries mécaniques compromettent la sécurité par le danger d'incendie, par le bruit et la fumée des machines à vapeur. Sous le premier rapport il

(1) Henke's, Zfschr. et Caustatts Jahrest 1863, t. VII, p. 31.

convient que l'établissement soit entièrement clos de mur: que les parois en bois s’élevant au-dessus de ce mur soient revèêtues extérieurement de plâtre; que les chaudières soient entièrement séparées de l'atelier et du dépôt des boïs, et disposées dans un bâtiment en maçonnerie ; que la cheminée soit munie à sa partie supérieure d’un grillage à mailles serrées pour arrêter les étincelles projetées, ainsi que d’échelles permettant de les ramoner facilement ; qu'il soit interdit de fumer ; que les becs ou lampes d'éclairage soient sous verre et à l’abri de tout choc, et même qu'on ait recours à l'éclairage électrique ; que les piles de bois et les amas de déchets soient placés à 2 mètres au moins de tout mur mitoyen ; que les copeaux et la sciure soient balayés soigneusement tous les soirs et emmagasinés dans un espace clos et en matériaux incombustibles; qu'il y ait des réservoirs d’eau et un jeu de tuyaux flexibles d'un grand développement.

Au point de vue du bruit et de l’ébranlement, il convient d'isoler des murs mitoyens les transmissions de mouvement, les machines, outils, et, d'autre part, de maintenir les bâtiments fermés en laissant seulement dans le haut des châssis mobiles pour la ventilation; de ne pas commencer le travail avant 4 heures en été, et avant 5 heures en hiver (1), et de le cesser à 9 heures du soir au plus tard, dans les établissements voisins des habitations.

Dans les grands établissements, on devrait, au point de vue des ouvriers, prescrire les dispositions adoptées dans les ateliers de construction de la marine, à Brest. Elles consistent : 1° à donner aux ateliers des proportions considérables ; 2° à placer toutes les cordes de transmission sous le plancher, afin de laisser plus d'espace libre et de diminuer les accidents ordinaires dus à ces engins mécaniques ; 3° à disposer verticalement les scies droites, se mouvant à travers le plancher à la fois dans le sous-solet dans l'atelier, les poussières tombant d’elles-mèmes au fur et àmesure dans

(1) Rapport du conseil d'hygiène à M. le préfet de police, avril 1883.

des vagons circulant sous le sol et servant à les transporter immédiatement dans un lieu de dépôt, les pièces à scier étant, enfin, présentées méthodiquement, à l’aide de chariots ; 4° d’enfermer les scies circulaires qui, par la force centrifuge, tendent à répandre beaucoup de poussières, dans des boîtes n'offrant que l'ouverture nécessaire au passage de la pièce à scier, celle-c1 étant en outre munie à l’autre extrémité d’une autre boîte lui servant d’enveloppe ; »° d'éclairer le trait, autrement dit de chasser la poussière qui couvre la ligne de repaire avec un chalumeau et non avec la bouche.

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