I.A PKDIOMÉTRIH
\'oioi un tableau où Quételet a enregistré à tort un excédent de la taille des garçons sur les filles à 11 et à 12 ans :
Table de r anthropométrie de Quételet. (Croissance de 1 à 16 ans.)
1 rcntimètiv^
Poids en kilos
Femriins.
Ages.
(Hommes).
Naissance.
' 3 kg. 1
1 an
9 kg. 0
11 kg. 0
12 kg. 5
15 kg. 9
17 kg. 8
19 kg. 9
21 kg. 6
23 kg. 5
25 kg. 2
29 kg. 0
33 kg. 1
37 kg. 1
41 kg. 2
.\gcs. Hommes.
Naissance 0,500
1 an 0,698
Quételet mesurait ses sujets à date fixe, après une année entière révolue; il ne dit pas d'ailleurs exactement sur combien d'enfants portaient ses mensurations; en général, il prenait dix ou vingt sujets types. Mais ce que nous savons, c'est qu'il a mesuré des enfants belges à Bruxelles et que les chiiïres qu'il a notés ne sont pas rigoureusement applicables à des enfants parisiens, ni à des Français.
C'est ce qui m'a déterminé à entreprendre un travail de revision des tables de croissance en France, avec l'un de mes élèves, le D^" Chaumet. Ces tables, uniques jusqu'à présent pour notre pays, ont été dressées en nous plaçant dans les conditions d'observation les plus rigoureuses possibles (1).
Toutes nos mensurations ont été faites à Paris avec le même instrument (le pédiomètre) par la même personne; elles n'ont une valeur réelle que pour les enfants parisiens en 1905; mais elles pourront servir de type de comparaison pour d'autres mensurations du même genre, pratiquées ultérieurement dans les diverses parties de la France.
D'ailleurs, la plupart des enfants que l'on rencontre dans les écoles de la Ville de Paris ne sont pas de vrais Parisiens; ils sont nés de parents provinciaux qui ont immigré dans la capitale. Nous avons soigneusement éliminé de nos moyennes les étrangers et les très rares enfants difformes ou anormaux.
Nous nous sommes astreints à mesurer les enfants dans des milieux variés, autant que possible.
(1) Communication à la Société de Pédiatrie, séance du 20 février 1906. Ce travail a été présenté à l'Académie des Sciences de Paris en janvier 1906, par M. Armand Gautier : Tables de croissance des Enfants parisiens de 1 an à i6 ans, dressée par MM. Variot et Chaumet.
TRAITÉ D'HYGIÉKE INFANTILE. 'iO
M. de Selves, préfet de la Seine, et M. Bédorez nous ont autorisés à pénétrer librement dans les écoles municipales du IX^ arrondissement {Opéra, population aisée) et dans celles du XX^ {Belleville, population ouvrière); nous avons utilisé les écoles maternelles, les consultations des dispensaires et des hôpitaux, les crèches, pour les enfants les plus jeunes; nous avons eu la facihté de mesurer les enfants assistés, les enfants de quelques orphelinats et aussi les enfants des écoles primaires supérieures et professionnelles de la Ville de Paris {Edgar- Quinet, Sophie-Germain, filles); {Diderot, garçons). La plupart de nos mesures de 13 à 16 ans ont été prises dans ce dernier milieu, peut-être un peu' différent du milieu des faubourgs; les enfants reçus dans ces écoles après concours appartiennent à la classe moyenne de la population.
Tous les enfants, avant de passer sous la toise, quittaient leurs chaussures, et il a été tenu compte, aussi exactement que possible, du poids de leurs vêtements, qui a été défalqué du poids total enregistré.
Sauf pour les petits enfants des crèches qui ont été étendus sur le plateau mobile du pédiomètre et mesurés dans le décubitus dorsal, tous les autres enfants ont été toisés debout. Pour les filles, on faisait glisser le curseur du pédiomètre sous les cheveux, afin d'affleurer le vertex. On nous a objecté qu'il eût été plus rigoureux de mesurer la taille de tous les enfants couchés. Mais il paraît bien difficile d'atteindre une précision absolue dans les opérations de ce genre; d'ailleurs, les mesures prises dans la station debout sont toutes comparables entre elles, ce qui est l'essentiel ; de plus, elles peuvent être mises en parallèle avec celles dressées par les auteurs des tables de croissance à l'étranger, qui ont aussi toisé les enfants debout.
A Pans, tout au moins, pour des raisons de convenance, sur lesquelles il est superflu d'insister, il serait assez malaisé de faire accepter la mensuration dans k décubitus dorsal par les jeunes filles.
C'est un travail plus long et plus difficile qu'on no pourrait le supposer, d'enregistrer le poids et la taille de plusieurs milliers d'enfants, même avec un instrument aussi commode et aussi précis que le pédiomètre. II faut compter avec les obligations administratives, les exercices scolaires; mais la bonne volonté des directeurs et directrices dans les écoles municipales nous a facilité notre tâche.
Nous eussions désiré mesurer les jeunes filles dans un lycée, mais le recteur de l'Université de Paris, M. Liard, pour des raisons qu'il ne nous a pas fait connaître, s'y est opposé.
Par contre, sur la recommandation de M. Ambroise Rendu, Mme la supérieure générale des filles de la Charité nous a autorisés à pénétrer dans les orphelinats de Saint- Vincent de Paul, pour poursuivre nos recherches.
Sur les conseils de M. Manouvrier, professeur à l'Ëcole d'anthropologie, dont la compétence est grande dans ces questions, nous avons adopté le chiffre minimum de 100 pour chaque année d'âge, et pour chaque sexe, afin d'arriver à une moyenne à peu près stable. Très généralement, ce (hilïre di^ 100 a été dépassé et nos calculs de moyenne, pour une année, ont porté, le plus souvent, gur 150 et même IHO sujets.
Les chiffres (pic nous donnons d'une aiméeà l'aiitn'.dc 1 à 2, de 2 à3 ans, etc.,
LA PÉDIOMETRIE
pour la taille aussi bien que pour le poids, n'ont aucune prétention à la précision mathématique; ils expriment simplement la moyenne de la taille et du poids des enfants nés dans le courant d'une même année.
Leur approximation la plus grande se rapporte à la demi-année, puisque
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FiG. 104. — Graphiques de l'accroissement pondéral et statnral de 1 an à 16 ans pour les enfants
des deux sexes. (Variot et Chaumet.)
nos mensurations ont porté sur des sujets nés à tous les mois, sans distinction. Mais cette approximation n'est pas d'une exactitude stricte, puisque nous n'avons pas absolument le même nombre d'enfants pour chaque mois. A supposer qu'il soit utile de dresser des tables de croissance aussi précises, il faudrait,
pour établir une moyenne, toiser et peser au moins 100 enfants de chaque sexe par mois, soit au moins 2.400 par année d'âge, soit plus de 30 000 de 1 à 15 ans. On a commencé à l'étranger des recherches de ce genre, mais nous nous demandons si leur intérêt égalera l'énorme somme de travail matériel qu'elles exigeront.
Quoi qu'il en soit, nous pouvons affirmer qu'il n'existe pas en France de tables de croissance d'ensemble pour les enfants des deux sexes dressées, suivant une méthode scientifique rigoureuse, comparable à celle que nous avons adoptée et nous croyons que nos tables sont celles qui s'approchent le plus de la réalité.
Tables de croissance des enfants des deux sexes de i à iQ ans dressées par MM. Variât et Chaiimet (1).
Moyennes du poids et de la taille de la première à la seizième année, d'après 4.400 mensurations dans les Ecoles de la Ville de Paris et dans les crèches, dispensaires et consultations externes, etc.
Ces moyennes sont calculées sur des séries de 100 à 190 individus pour chaque année d'âge et pour chaque sexe.
Tableau A.
AGES