ALLAITEMENT MIXTE
90 En cas d'insuffisance du lait de la mère, ou de fatigue, ou de maladie de celle-ci, on peut, après les deux ou trois premiers mois d'allaitement, et même plus tôt dans certaines lirconstances, alterner les tétées, deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, avec l'allaitt^ment artificiel, selon les règles indiquées ci-dessous.
IQo Si la mère ne peut allaiter, et si l'on ne peut se procurer une nourrice, il faut nourrir l'enfant avec du lait d'un animal (ânesse, vache ou chèvre).
Dès le deuxième jour de la naissance, on donne soit du lait d'ânesse pur, soit, à son défaut, du lait de vache ou de chèvre, additionné d'eau. Ce lait sera pris, s'il est possible, au commencement de la traite, et sur un animal ayant récemment mis bas.
11° Le coupage du lait de vache ou de chèvre doit être opéré avec de l'eau pure bouillie, et non avec des infusions ou des décoctions. Sauf dans les cas d' indisposition (voyez plus loin), ce coupage doit se faire et être donné dans les proportions suivantes :
120 Pendantles huit premiers jours, moitié lait pur et moitié eau; en donner deux à trois cuillerées à bouche toutes les deux heures.
Pendant les jours suivants, jusqu'à la fin du premier mois, deux tiers de lait pur et un tiers d'eau; quatre à cinq cuillerées à bouche toutes les deux heures, selon la tolérance de l'estomac.
Dès le commencement du deuxième mois, le coupage du lait pourra être réduit au quart (trois quarts de lait pur, un quart d'eau), et la dose du liquide portée à un demi- verre environ toutes les deux heures.
Au troisième mois et les mois suivants, cette dose sera d'un verre toutes les trois heures. Ce n'est qu'à partir du troisième mois que le lait sera donné pur.
130 La quantité de lait coupé ou pur varie d'ailleurs suivant l'appétit, les aptitudes digestives et l'état de santé ou de maladie de l'enfant, selon aussi la force et la pureté du lait.
14° La quantité de lait de vache ou de chèvre nécessaire dans l'alimentation de l'enfant, pendant vingt-quatre heures, devra être stérilisée chaque jour après coupage effectué. Cette stérilisation sera de préférence pratiquée régulièrement par la personne chargée des soins à donner à l'enfant.
150 Quel que soit le vase dont on se sert pour faire boire du lait (cuillère, petit pot, verre ou biberon), il ne faut pas que ce vase soit en étain ou en plomb; et s'il s'agit d'un biberon, il faut que l'embout soit fait de la substance du vase, ou en caoutchouc naturel, et non en caoutchouc vulcanisé.
Le biberon à tube est funeste et doit être absolument proscrit.
Un même biberon ne doit jamais servir à plusieurs enfants.
16° Ces divers vases ne doivent contenir que la quantité de lait nécessaire pour chaque repas, et il faut jeter le lait restant au fond du vase, parce qu'il pourrait s'aigrir.
17° Il faut aussi que ces vases soient nettoyés avec soin chaque fois que l'on s'en est servi, et tenus dans un état d'extrême propreté. Dans l'intervalle des repas, le biberon restera plongé dans de l'eau que l'on aura purifiée par l'ébuUition. Si l'on ne prenait ces précautions indispensables, le nouveau lait déposé dans les vases à boire s'altérerait, et déterminerait bientôt des accidents (coliques, diarrhée) qui sont la principale cause de la mortalité des enfants.
18° C'est pour ce même motif qu'il faut éviter l'usage des suçons, de quelque nature qu'ils soient, et que l'on a trop souvent l'habitude de laisser entre les lèvres des enfants pour les calmer.
76i INSTRUCTIONS DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
19° Il faut se rappeler que l'allaitement artificiel exclusif augmente considérablement les chances de maladie ou de mort, lorsqu'il n'est pas pratiqué au milieu de la famille, avec des soins minutieux, ou par des personnes expérimentées.
20° L'allaitement artificiel, déjà dangereux par lui-même, peut le devenir davantage encore par suite de l'encombrement, lorsqu'il est appliqué dans un même local à un grand nombre d'enfants.
210 Vers le septième mois, on peut ajouter au lait stérilisé, soit des jaunes d'oeufs, de la farine de froment séchée au four, soit de la farine de riz, d'avoine, du tapioca, de l'arrowroot, etc., dont on fera des potages d'abord clairs et toujours bien cuits. Plus tard, ',on pourra dans cette préparation, remplacer le lait par du bouillon de bœuf léger pour préparer l'enfant au sevrage.
22° En général, on devra s'abstenir des compositions diverses que le commerce recommande pour remplacer le lait ou les aliments sus-indiqués.