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HOPITAUX SOUS TEINTES

avec prise (l'air exlérieure; la veiililalion était assurée par la présence de la feule longitudinale et du reiterdach.

J)ans chaque salle, lonf>;ue de 30 mètres (fig. 16^i), 20 lils se trouvaient disposés en deux rangées, alternantes comme les trumeaux; aux extrémités du pavillon, sont établis des cabinets où se trouvent, entre autres, les water-closets avec siège à l'anglaise, système diviseur et tinettes mobiles.

V hôpital baraqué de Lunijclaunps, construit à Paris par l'administration de la guerre et mis, en janvier 1871, à la disposition de la société des ambulances de la Presse, présentait toutes les qualités des baraques du Luxembourg, et n'en dilîérail sensiblement que par une disposition plus méthodique des pavillons sur le terrain et par un aménagement très-régulier des eaux. En revanche, le sous-sol était clos de toute part, ce qui, favorable au chauffage, l'est moins en ce qui concerne la ventilation.

§ II. — Oôpitaux «tous tentes.

L'idée première des hôpitaux sous tentes, régulièrement organisés, appar tient, sans conteste, à Michel Lévy, qui en ht un large usage, lorsque, comme directeur du service de sauté, il dut chercher à combattre les progrès des épidémies de choléra et de typhus à l'armée d'Orient. Ce n'est pas que d'autres avant lui n'aient été amenés à soigm r des blessés sous la tente, mais conduit à la fois par l'induction théorique et par la nécessité, il eut l'honneur d'ériger le fait en système.

Le traitement des malades sous les tentes es. actuellement jugé; l'expérience des faits observés pendant les dernières campagnes met hors de doute la possibilité de leur utilisation, même pondant une saison rigoureuse; leur heureuse iniluence sur la guérison des malades ne faisait déjà plus doute pour personne.

Nous nous sommes assez longuenjent étendu (p. klQ et suiv.) sur la question des tentes pour n'avoir pas à la reprendre ici dans son ensemble, et nous devons nous borner à envisager leur application au service des malades.

La tente n'agit, sur ceux qui y résident, qu'en les soustrayant à l'inlluence de l'agglomération, en les approchant presque des conditions qu'ils trouveraient s'ils étaient traités en plein air ; elle a l'inconvénient de mettre rapidement l'atmosphère ambiante qu'elle renferme en équilibre de température avec l'air extérieur, de s'échauller outre mesure en été de se le- MOKACUE. — Hyg. milit. n^.

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floidir \nv les temps froids. On combat cette diflicullé en doiiblani les parois de la lente, de telle sorte qu'il existe entre elles une distance de 10 centimètres environ; cet intervalle doit être ouvert, en haut comme en bas, afin que la circulation de l'air soit possible. Lorsque le soleil donne sur la paroi extérieure, la conclie d'air intermédiaire s'échauffe, remonte et se trouve remplacée par de l'air pris au niveau du sol; de la sorte, réchauffement de l'intérieur de la tente est moins excessif, quoique trèssensible cependant. Lorsqu'il fait froid, au contraire, on ferme les orifices d'évacuation, car alors on a au contraire intérêt à ce qu'il ne s'établisse pas une circulation d'air froid. L'expérience du siège de Paris a montré que ces tentes peuvent se chauffer très-suffisamment, surtout lorsqu'elles sont à double paroi; telles étaient celles de l'ambulance américaine qui, par les froids les plus rigoureux, donnèrent cependant d'excellents résultats chirurgicaux.

Les tentes, spécialement destinées au campement des troupes, ne conviennent guère pour y placer des malades; elles sont on général trop petites, à simple paroi oblique, insuffisamment ventilées. Il faut construire des tentes spéciales destinées à recevoir de deux à vingt malades, au delà on atteint des dimensions excessives ; le cubage d'air dévolu à chaque malade n'a pas besoin d'être aussi large que dans les hôpitaux ou les baraques, parce qu'il se fait, au travers des parois, un filtrage d'air permanent.

La paroi extérieure de la tente, verticale autant que possible, doit, suivant le judicieux conseil de L. Le Fort, pouvoir être entièrement relevée pour former une sorte de vérandah, tandis que la paroi intérieure, glissant sur une corde tendue comme une tringle, peut s'écarter h la manière d'un rideau et laisser l'intérieur delà tente entièrement accessible à l'air; en outre, il est bon de disposer à son faîte un reitcrdach analogue à celui des baraques. Les figures 165 et 166 montrent l'ensemble de ces dispositions.

La charpente de la tente peut être de fer comme le sont celles des lentes prussiennes, ou de bois comme le conseille L. Le Fort; ce chirurgien, auquel nous sommes redevables de travaux du plus haut mérite relativement à l'hospitalisation temporaire des malades, a fait construire un modèle de tente où l'on remarque, entre autres heureuses dispositions, des parois tendues par des liges partant elles-mêmes des mâts qui soutiennent le faîte ; ces tiges, formant par leur accouplement une sorte de compas, sont articulées au centre sur un cylindre méiallique, qui glisse librement et peut

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êlro fixé le long des supports verticaux, eu sorte que l'on peut tendre plus ou moins les parois de toile, suivant leur état hygrométri(|ue (1).

La toile de la tente peut être iu)perméabilisée par son inunersioii dans

Fig. 105. — Tente d'Iiôpilal {modèle L. Le Fort).

une solution de sulfate de cuivre, d'après le procédé dit des bâches. — Le sol de la tente qui, pour un court séjour, peut être constitué par le

l'ig. J6G. — Tente Je l'hôpital Gocliln (inodclc L. Le Fort).

sul lui-niénie préalablement ballu et desséché ainsi qu'il a été dit page devrait être formé d'un plancher double, dans le cas d'une occupation de longue durée.

L'armée prussienne a fait usage, pendant la guerre de 1866, de tentes-

(l) Léon Le Fort, l.a cliirtirrjic viililairc et les Sociétés rie secours en France et à i'étrantjcr. Paris 1872, p. IGG.

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baraques (lig, 167 el 168), dont la caraclérisliquc consiste à ce que les parois de la baraque sont eu toiles el peuvent, par conséquent, être rele-

Fig. 167. — Tente-baraque prussienne.

vées ; ces établissements joignent les avantages de la lenlc aux inconvénients des baraques, c'est-à-dire que la ventilation y ci-t facile, niais (ju'elles

HOPITAUX SOUS TENTES. * lOl.'i

un liôpilal sous tonte-baraque, qui excita singulièrement la curiosité du public, mais il eut beaucoup moins l'approbation des hygiénistes. Chaque tente-baraque se composait d'une sorte de hangar, dont l'un des côtés était formé de rideaux de toile, qui glissaient sur des tringles horizontales. De jour, ces baraques étaient aérées, mais excessivement chaudes, car elles étaient à simple paroi ; de nuit, comme il fallait fermer les rideaux, elles étaient privées de toute ventilation.

En résumé, si l'on vent établir un parallèle entre la baraque et la tente, pour réiablissement d'hôpitaux provisoires aux armées, nous donnons la préférence aux tentes : 1" parce qu'elles sont plus faciles à ventiler, beaucoup moins chaudes en été et cependant chaniïables en hiver ; 2° parce qu'elles se prêtent parfaitement au transport et que, en conséquence, une armée peut avoir en magasins un matériel complet d'hôpitaux provisoires, qui seront immédiatement prêts au moment de la guerre, seront rapidement transportés au point où leur présence est nécessaire, et cependant pourront rentrer en magasin après la guerre. ï-es tentes sont donc beaucoup plus économiques que les baraques, de plus, elles sont préférables pour les malades ou les blessés; ceci nous indique suffisamment leur incontestable utilité.

§ III. — Hôpitaux roulants.

Les hôpitaux roulants ou traim sanitaires constituent aujourd'hui l'un des services hospitaliers les plus importants des armées en campagne, et, depuis la guerre de la Sécession, où îes Américains les employèrent pour la pren)ière fois, la plupart des gouvernements ont mis celte question à l'étude; la guerre 1870-71 a fourni l'occasion de les utiliser largement et d'en constater une fois de plus les avantages. Ainsi qu'on le voit fig. 169, p. 101 /i, ces grands wagons américains contenaient 32 lits ou brancards, suspendus, par des anneaux de caoutchouc, à des liges fixées dans des luontants de bois. La ventilation du wagon était assurée par les portes des extrémités, les fenêtres latérales et les fenêtres existant de chaque côté du double toit. Dans les wagons que le gouvernement prussien lit disposer, dès 1868, on no peut loger que 12 malades (fig. 170); ils sont conforlablement couchés sur des brancards, dont l'extrémité se relève en forme de coussin; lu suspension a également lieu au moyen d'anneaux de caoutchouc, mais mieux disposés que dans les brancards américains, où ils se coupaient très-

fréquemment (fig. 171). La ventilation de ces wagons est assurée par la

l'ig. 1G9. — Wagon-liôpilal américain^ vue perspective de la moitié de l iulérieur.

présence des ventilateurs, percés dans la paroi du wagon sous forme de

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