AGE
avec
avec la main
avec
avec la main
les deux
les deux
mauis .
droite.
gauche.
m îï i im .
droite.
gaiiciie.
ans.
kil.
kil.
kil.
kil.
kil.
kil.
2ii,7
ôO
Dans ce tableau on voit, comme dans le précédent, que le maximum de la force manuelle existe cbez l'iionmic vers vingt-cinq et trente ans, tandis que le jeune liomme de vingt ans est, à ce point de vue, inférieur même à l'homine de quarante.
La quantité de force que peut produire un homme ne se mesure pas seulement à l'énergie musculaire qu'il peut développer; cette force il doit la puiser ailleurs, car il ne la crée pas, mais seulement la transfornie. La force de l'homme, toutes choses égales d'ailleurs, est évidemment proportionnelle à la quantité de chaleur qu'il peut produire. Toute la chaleur MOHACUE. — llyg. milit. (i
développée par le travail ne se mesure pas uniquement à la quantité de carbone consonnné, mais cette donnée n'en reste pas moins de beaucoup la plus importante. MM. Andral et Gavarrel (1) ont démontré que l'intensité respiratoire de l'homme atteint son maximum vers l'âge de trente ans et diminue ensuite graduellement jusqu'à la vieillesse. Ils ont, à la suite de nombreuses expériences, pu établir le tableau suivant :
Quantité moyenne de carbone consommé en une heure par la respiration dans l'espèce humaine
Il importe de se rappeler que la combustion d'un gramme de carbone fournit So^ôG d'acide carbonique.
MM. Andral et Gavarret n'ont pas fait connaître le poids des individus soumis à leurs expériences ; celles de Scharling (2) permettent d'arriver à ce résultat, et l'on peut en déduire que chez les adultes la consommation du carbone est environ de 08%12 par kilogramme et par heure. En se reportant aux indications fournies par le tableau relatif aux rapports de l'âge et du poids il sera facile de s'assurer que l'homme de vingt ans pesant en moyenne 60'^'', 06 consomme par vingt-quatre heures 172 grammes de carbone, tandis que celui de vingt-cinq, pesant en moyenne 62' '',93, en consomme 181 grammes. Ces chiffres sont un peu plus que faibles que ceux obtenus par MM. Andral et Gavarret, mais la proportion entre les âges n'en est point influencée.
Nous verrons plus loin, en parlant des rapports qui unissent l'âge, la taille et le poids des individus, que l'on arrive toujours à démontrer le môme principe : à vingt ans l'honnue n'a point atteint le développement qu'il aura plus tard; trois ou quatre années de plus suffisent pour l'amener
(1) Andral et Gavarret, Recherches sur la quantité cV acide carbonique exhalée par le poumon dans l'espèce humaine [Ann. de chimie et de physique, 3* série, 1843, t. VIII, p. 129).
(2) Scharling, AnUi de chimie et de phrj Biologie ^ 3'= série, t. VIII, p. 86.
Age.
Sexe masculin. Sexe féminin.
De 15 à 20.
De 20 à 30.
De 30 à 40.
De 40 à 50.
De 50 à 60.
De 60 à 70.
De 8 à 15 ans,
CONDITIONS D'APTITL'Dt: PHYSIQUE. — AGE. 83
presque au maxinuiiii d'activilé fonclioniiclle, par suite à son maximum de résistance à la fatigue.
Si maintenant, (initiant le domaine des faits purement scientifiques, on consulte ceux que fournissent l'histoire des armées et l'expérience du passé, on ne tarde pas à voir que toutes les fois où les circonstances de guerre ont nécessité l'appel de contingents trop jeunes, on a pu constater line proportion inusitée de malades et de morts par épuisement. La grande armée qui fit la campagne d'Austerlitz, quitta le camp de Boulogne, dut fournir une route de plusieurs centaines de lieues et laissa h peine quelques malades sur son chemin, mais aussi les plus jeunes soldats qu'elle renfermait avaient de vingt-deux à vingt-trois ans et étaient depuis deux ans au service; au contraire, l'armée avec laquelle Napoléon entreprit la campagne de 1 809, eut, pour se rendre à Vienne, beaucoup moins de distance à franchir, puisqu'elle était depuis quelque temps déjà cantonnée en Allemagne, cependant elle sema les malades sur sa route et remplit les hôpitaux d'individus épuisés. Il est vrai que la majeure partie des soldats n'avaient pas vingt ans et provenaient des 2^i0 000 hommes levés en 1808, ou même des levées de 1809 (voy. la note p. 10).
Lorsque, en 1813, l'Kmpereur voulut se refaire une armée, il écrivait au ministre de la guerre : « Je demande une levée de 300 000 hommes, mais je veux des hommes faits, les enfants que l'on m'envoie ne servent qu'à encombrer les hôpitaux. » Souvenons-nous des levées anticipées de 1813, de ces héroïques enfants de dix-sept ans, de ces brillants gardes d'honneur qui remplissaient les ambulances et tombaient par milliers sur le bord môme des routes. A eux aussi le courage et l'énergie ne manquaient pas, « c'est dans le sang », disait d'eux le maréchal Ney à Mayence; sans doute notre sang gaulois coulait encore dans leurs veines et leur cœur battait toujours pour la patrie, mais la force de résistance manquait à ces juvéniles constitutions, et, épuisés de fatigues, ces enfants succombaient sous le poids.
Plus récemment encore, pendant la guerre de Criniée, le duc de Newcaslle informait lord Raglan qu'il avait 2000 recrues à lui envoyer, et ce général répondait : c Je préfère attendre; ceux que j'ai reçus étaient si jeunes et si peu développés qu'ils ont tous été saisis par les maladies ; ils ont été fauchés comme des épis (1 ). »
(1^ Générai lord Haglan, Fifth report on thn arrtiy before Sebastopol [Parliamentanj documents, 185^4-1855).
Nous pourrions trouver dans la dernière guerre une confirmation à ces exemples cl montrer que ce sont les plus jeunes soldats, ceux de la classe 1869 et de la classe 1870 qui souffrirent le plus de la misère et du froid, soit à l'armée de iUetz, soit surtout aux armées de la Loire et de l'Est.
On peut donc admettre qu'au point de vue physique l'âge de vingt ans est réellement un minimum que l'on ne devrait pas atteindre; parle fait, dans l'armée française, comme l'incorporation du contingent n'aura vraisemblablement jamais lieu avant le 1" octobre et souvent plus tard, le plus jeune incorporé n'aura pas moins de vingt ans et huit mois, d'autres, par contre, pourront avoir vingt et un ans et six ou sept mois.
Nous verrons ultérieurement, en traitant de la mortalité dans les armées, combien plus forte est la proportion des décès pendant les trois premières années de service; il y a évidemment dans ce fait un résultat complexe; l'acclimatement à la vie militaire, la sélection naturelle, contribuent à le produire, mais précisément l'âge des recrues ajoute aux dangers de cet acclimatement en ne leur fournissant pas la somme de résistance nécessaire pour résister aux influences morbides.
D'autre part, il est évident que les populations s'acconmiodcraient mal d'une incorporation trop tardive dans l'armée; à vingt ans les carrières ne sont en général pas dessinées, l'ouvrier vient à peine de finir son apprentissage, le paysan ne se trouve pas encore à la tète de son bien, en sorte que les uns et les autres perdent beaucoup moins en servant de vingt et un à vingt-cinq ans que s'ils devaient, au contraire, être incorporés entre vingt-trois et vingt-sept ans. La population, si vivement intéressée à ce que l'époque du mariage ne soit pas reculée trop loin, serait certainement frappée dans son développement et perdrait le bénéfice du service relativement court que lui impose la nouvelle loi de 1872.
Le législateur s'est donc trouvé en face d'intérêts complexes qu'il a fallu accorder néanmoins ; aussi n'y a-t-il pas lieu de regretter trop amèrement l'incorporation des recrues telle qu'elle est actuellement exécutée, entre vingt et vingt et un ans, souvent, généralement même, après cet âge.
L'hygiéniste militaire, le commandement, doivent tenir grand compte de tous les faits que nous venons d'apprécier en multipliant autour des jeunes recrues les soins hygiéniques, afin de leur faire traverser sans trop d'encombre cette période d'acclimatement à la vie militaire pendant laciuelle leur croissance et leur développement général ont à suivre leur cours.
CONDITIONS d'aptitude PHYSTOUE. — AGE.
La question de l'âge de l'incorporalion touche à celle des engagements volontaires dont il nous reste à dire quelques mots.
Engagement!^ volontaires. — D'après la loi de 1832, l'armée acceptait désengagements volontaires à partir de l'âge de dix-huit ans; en I8/18, le minimum d'âge fut même abaissé à dix-sept ans; la loi de 1868 avait rétabli les dispositions premières; elles sont reproduites dans la loi de 1872, art. /i6, en y ajoutant la condition de savoir lire et écrire et en posant comme limite d'âge extrême vingt-quatre ans (art. 2 du décret du 30 novembre 1872). Au point de vue des intérêts de l'armée, les engagements volontaires ont été jusqu'à présent une ressource précieuse; on y trouvait des candidats nombreux pour les grades de sous-onîcier et même d'officier; aussi, à chaque souille de guerre, leur nombre augmentait-il sensiblement, mais en se tenant cependant dans des limites assez restreintes.
Nombre des engagés volontaires dans l'armée de terre depuis vingt-cinq ans
iMô 6,759
La durée de l'engagement volontaire a varié entre deux et sept ans: elle est de cinq ans d'après la loi de 1872, et ces cinq années compteront dans celles exigées de chaque citoyen, en sorte que, si un jeune honune s'engage à dix-huit ans, il aura donc accompli prôsde trois ans de service au moment où sa classe sera versée dans l'armée. Nous espérons, pour la solidité matérielle de notre armée, que l'application du service obligatoire fera disparaître presque absolument les engagements à di.x-huit ans, sauf pour les engagés conditionnels. Même pour ces derniers, qui cependant se trouvent au régiment dans une situation un peu meilleure que celle des autres soldats et peuvent ajouter quelques adoucissements au régime ordinaire de la caserne,
mieux vaudrait attendre tout au moins l'âge de vingt ans ou celui de vingt et un pour venir passer une année dans ces agglomérations antihygiéniques que constituent trop souvent les casernes.
La morbidité des engagés volonlaires a toujours été supérieure à celle des hommes du contingent; l'élément moral entre certainement pour une bonne part dans ce fâcheux résultat. Hormis ceux qui s'engagent, poussés par le désir de faire de l'armée une carrière ou ceux qui, au moment de la guerre, y sont attirés par l'amour de la patrie, combien étaient nombreux ces jeunes gens déclassés venant, par un coup de têle, se jeter dans les régiments sans vocation sérieuse et ne tardaient pas à remplir nos lits d'hôpitaux. Atteints de nostalgie, désolés de se voir liés irrévocablement, dégoûtés d'une profession dont ils sont incapables de sentir la vraie grandeur, ils fournissent une forte proportion à la phthisie pulmonaire, cette haute expression de la déchéance organique.
La loi de 1872 admet les réengagements, mais stipule, art. 51, que l'on ne saurait dépasser dans l'armée l'âge de vingt-neuf ans comme simple soldat, celui de trente-cinq comme sous-ofTicier. C'est là une excellente mesure à laquelle l'hygiène applaudit, car à partir de trente ans le soldat commence à vieillir et ne présente plus la somme de résistance organique nécessaire pour supporter toutes les fatigues.
IL Taille. — De tous temps, les législateurs se sont occupés de la question de la taille dans ses rapports avec l'aptitude physique au métier des armes; en fixant un minimum de taille, ils cherchaient à rejeter les individus trop faiblement constitués pour supporter les fatigues de la vie militaire. Les Romains, qui, en fait d'organisation militaire, semblent avoir abordé en principe nombre de questions dont nous cherchons encore les solutions, avaient établi les minima suivants :
Taille minimum du temps de Marius l^jGTl
Taille minimum prescrite par la loi valentinienne du 25 août 367. 1"",705 Taille minimum du temps de Végèce en 390 l'",646
Mais, tout en prescrivant ce minimum de taille, Végèce ne recommandait pas moins de se relâcher de la condition de stature en faveur des autres signes indiqués par lui, savoir : les yeux vifs, la taille élevée, la poitrine large, les épaules fournies, la main forte, les bras longs, le ventre petit, la taille dégagée, la jambe et les pieds moins charnus que nerveux.
CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — TAILLIS. 87
On se souvient de l'engouement pour les hautes tailles qui fut remis à la mode par les grenadiers du grand Frédéric; les souverains tinrent à iionneur de composer, sinon toute leur armée, du moins certains corps spéciaux, des hommes les plus grands de leur empire, afin de donner à ces troupes un aspect plus martial, de les rendre plus présentables un jour de revue, plus terrifiants peut-être sur les champs de bataille ; c'est aussi de cette époque que datent les bonnets à poil et autres coiffures plus ou moins fantastiques destinées à augmenter les dimensions verticales du soldat, mode à laquelle nous sacrifiions encore, il y a quelques années, et qui, nous l'espérons bien, ne reparaîtra jamais. Quoi qu'il en soit, nous pouvons, en jetant un coup d'œil sur les diOérents minimums de taille exigés dans l'armée française, retrouver les raisons de changements généralement imposés par la nécessité.
Minimums de taille exigés dans l'armée française depuis 1691
( temps de paix . 1"',705
2 décembre 1G91, minimum de V infanterie. . . < , , -.^q ' ' ( temps de guerre. l"',()/o
27 novembre 1765, minimum des milices l'",624
25 mars 1776, minimum de Vinfnnterie I'",651
22 juillet 1792 1"»,624
8 fructidor an VIII 4°',541
Il mars 1818 l'»,570
11 décembre 183 J 1"\540
11 mars 1832 l'n,560
l"»- février 1868 4 -",550
27 juillet 1872 4"^,540
Sous Louis XIV et Louis XV, les armées permanentes, relativement peu nombreuses en proportion de la population, peuvent encore se recruter parmi les hommes de grande taille; mais, déjà en 1776, époque de la reconstitution très-sérieuse de l'armée, le législateur est obligé de descendre au minimum de 1'",6d1 ; en 1792, aux époques de grandes levées, on doit admettre les soldais jusqu'à l'",624 ; puis tout disparaît avec la tourmente révolutionnaire et les levées en masses qui deviennent nécessaires; on prend alors tous les gens valides, grands ou petits, et lorsque, en l'an Y1I[, le général Jourdan fait régulariser le rccrutcmenl, il est obligé de porter le minimum à l^jO^Zi, preuve évidente qu'il avait été bien souvent dépassé pendant les années précédentes. Pendant les guerres de l'Empire, ce mini-
mum reste en vigueur; puis, lorsque les besoins augmentent et qu'il devient nécessaire de faire un appel désespéré aux forces vives du pays, c'est jusqu'à 1"", 520 qu'on arrive à descendre, taille presque illusoire, car avec l'ancien armement avec le lourd fusil se chargeant par le canon, bien peu d'hommes aussi petits pouvaient rendre des services bien réels. La loi de 1818 est promulguée à une époque où la paix semble assurée pour longtemps ; les contingents ne sont plus que de kO 000 hommes, on peut donc élever la taille, elle remonte à l'",570. En 1830, au lendemain de la révolution de Juillet, on semble craindre d'avoir de nouveau à soutenir la lutte contre l'Europe entière, il faudra des soldats en grand nombre, la taille redescend à 1"',5'40, comme en l'an VIII; puis tout se calme, l'Europe accepte le nouvel état de choses, et la loi de 1832 fixe le minimum de l'",560, qui reste celui de toute cette période de trente années dont la fin fut cependant marquée par deux grandes guerres et de lointaines expéditions. En 1868, le maréchal Niel reconnaît la nécessité de transformer complètement notre état militaire, et ne parvient malheureusement pas à en convaincre le pays ; néanmoins la taille minimum se trouve ramenée à l^^SSO; il est vrai que celte prescription ne fut introduite dans la nouvelle loi que par un amendement qui avait pour but de faire descendre le minimum jusqu'à l™,5^i0, chiiïre enfin fixé par la loi du 27 juillet 1872, et dont l'opportunité n'échappe à personne.
Ainsi donc, toutes les fois que la France a voulu augmenter son étal militaire, il est devenu nécessaire de baisser le minimum de la taille. Est-ce à dire que la stature de notre population soit en décroissance? Loin de là, mais il est certain que nous ne pouvons pas fournir un nombre considérable de gens de grande taille.
Jusqu'à ces dernières années, on demeurait convaincu que la taille d'une population est toujours en proportion directe de sa santé, de son bien-être, de sa force générale, des localités où elle réside; la monlagne fournirait des gens de plus haute stature que la plaine, la population des villes serait de plus grande taille que celle de la campagne. Tels sont du moins les principes que cherchent à établir Quetelet (1) et Villermé (2). — Dans ses recherches sur la croissance de l'homme, Villermé a voulu démontrer
(1) Quetelet, Sur la taille de l'homme dans les villes et les campagnes, in Annales d" hygiène et de médecine légale, t. III. p. 2li, 1830.
(2) Villermé, Recherches sur la loi de la croissance de l'homme, in Annales d'hygiène et de médecine légale, t. VI, p. 91, 1831.
CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — TAILLE. 89
que le degré d'aplilude militaire est en proportion directe de la taille. Là où la taille est élevée, dit-il, il y a très-peu de réformes, même pour cause de maladie; là au contraire où il y en a beaucoup, elle est très-basse, même pour cette dernière cause, de sorte que tous les avantages sont pour les hommes de haute stature. D'autre part, Quetelet veut prouver que les populations vivant au milieu de conditions hygiéniques défectueuses présentent une moyenne de taille moins élevée que les groupes d'individus jouissant d'un bien-être plus grand et habitant des contrées trèssalubrcs.
Une réaction très- prononcée s'est manifestée contre ces assertions; tout en admettant que, dans une certaine limite, la taille est très-sérieusement influencée par les milieux au contact desquels l'individu se développe, qu'un groupe de population condannié à la misère, comme il s'en trouve aussi bien dans les campagnes que dans les villes, fournira un grand nombre de jeunes gens à développement incomplet, affaiblis par l'insuftisance de la nutrition, il s'en faut de beaucoup que l'on regarde la taille comme le critérium unique de la force et de la résistance. On sait que le développement de la taille s'arrête de bonne heure dans les pays très-chauds et les pays très-froids, que la moyenne de la taille s'abaisse dans les contrées montagneuses et les contrées marécageuses. Lorsque étudiant la distribution de la taille chez les habitants d'un même département, on trouve deux cantons voisins, tous les deux peuplés par la même race, dont l'un présenie au conseil de révision un grand nombre d'individus à petite taille et l'auire fort peu au contraire, si du reste le premier est insalubre, rebelle à la culture, on est bien forcé d'admettre l'influence du sol et des milieux. C'est ainsi que Bertrand (1) nous montre dans le département de l'Indre deux cantons remarquables à ce point de vue : celui de Levroux, fertile, salubre, aisé, donnant 50 exemptions de taille sur 1000 examinés, celui de Mézières situé au milieu des marais, des landes de la Brenne, à sol improductif, à population misérable, donnant 1/i5 défauts de taille sur 1000; c'est ainsi que des observations analogues ont été faites par Péruy (2) dans
(1) Bertrand, Etudes statistiques sur le recrutement dans le département de rindre de 1838 à 1864, in Recueil de mém. de médec. et de chirurg. mil., S" série t. XIV, p. 289, 1865.
(2) Péruy, Etudes statistiques sur le département de l'Aude^ in Recueil de mém. de médec. et de chir. mil., 3« série, t. XVIII, p. 81, 1867.
90 RECKUTEMENT DES ARMÉES.
le département de l'Aude, par Mouillié (i) dans la Haute-Loire, par Lèques (2), dans la Vendée.
Dans tous les cantons insalubres, on peut remarquer que les exemptions pour défaut de taille sont en nombre assez considérable, mais aussi celles pour infirmités; si la petite taille était toujours un critérium de la misère, il est évident que la proportion des défauts de taille et celle des infirmités suivrait à peu près la même progression; or, il n'en est rien, ainsi que l'on peut s'en assurer par la con)paraison des données inscrites dans le tableau suivant où sont mis en regard pour les mêmes départements et la même période de temps (1850 à 1858) les exemptions pour défaut de taille et les exemptions pour infirmités. Les chiffres sont extraits d'un travail remarquable de notre collègue, M. Sistach {'6), qui se trouve en parfaite conformité avec nos vues personnelles.
Exemptions pour défaut de taille et»exemptions pour infirmités comparées dans les 86 départements