‹ Traite d'hygiene militaireChapitre 29 sur 241 · TAILLES · texte numérisé non relu

TAILLES

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Il suit de ces recherches que, dans la limite des tailles militaires, de 1"',50 à l'",60, dix centimètres de taille correspondraient à 5 kilogrammes environ d'augmentation dans le poids; de r",60à l'",70 ils ne correspondraient plus qu'à 2'''',5, de 1",70 à l'^.SO à 2 kilogrammes, et de l'°,80 à

CONDITIONS d'aptitude PHYSIOUE. — TAILLE ET POIDS. 111

1"',98 à 0^,5U. — Allaire (1) et Robert (2) sont arrivés à des résuilals très-voisins de ceux-ci; le premier, dans ses éludes sur le régiment des chasseurs à cheval delà garde, trouve que 10 centimètres de hauteur correspondent pour les faibles tailles à 3'', 7, et à 3'',8 pour les fortes tailles. Robert constate que, dans l'infanterie, 10 centimètres de taille correspondent à o^,l de poids. — Dans le bataillon des chasseurs à pied de la garde Bernard (H) fixe ce même rapport à 3'', 5.

Dans ses recherches sur l'armée russe, Seeland {h) a constaté que chez les soldats de cette nation, robustes du reste et bien constitués, les rapports de la taille au poids sont les suivants.

Rapports de la taille au'poids (année russe, — Seeland)

uiètr.

kil.

kil.

Le poids d'un soldat de la

taille de 1,600

varie entre

56,840 et

l,6Zi5

est d'environ

varie entre

En Amérique, Hammond (5) calcule qu'un homme de 1'", 650 doit peser au moins 5G^7 ; chaque centimètre d'augmentation dans la taille correspondrait à une augmentation de poids de 900 granmies. En Angleterre, Aitken (6) a trouvé 58'', comme poids moyen des jeunes soldats incorporés ; Parkes (7) refuse d'admettre ceux qui ne pèsent pas au moins 52'' à l'àge de dix-huit ans.

(1) Allaire. Études xur la taille et le poids de l'homme dans le régiment des <:hasseurs à cheval de la garde. {Recueil des Mém. de médec. et de chirurg. mil., 3" série, t. X, p. 161.)

(2) Robert. Études sur la taille et le poids du soldat d'infanteiHe. (Même volume, p. 171.)

(3) Bernard. Étude sur la taille et le poids du soldat dans le Ijataillon des chasseurs a pied delà garde. (Même recueil, t. XX, p. 371.)

(4) Seeland, Mémoire sur la mesure de la poitrine et le poids des recrues. {Revue militaire l'usse, 1871, traduit par Saniewski, in liulletin de la réunion des officiers. 1873,1 vol., p. 11.)

(5) Hammond. A Treatise on Hygiène with spécial références to the tnilitarij service. Philadelphia, 1863, p. 50.

(6) Aitken. On tlie Growth of the Recndt and yowig soldier. London, 1862, p 20.

(7) Parkes. A Manual of practical Hygiène prepared e.^pecially for use in the médical service of thearmy. 2® édit. London, 1866, p. 502.

Il est incontestable que la race influe singulièrement sur le poids, car l'élément le plus pesant du corps humain est sans contredit le squelette dont le développement est sensiblement diiïérent suivant les familles ethnologiques. En se rapportant aux travaux entrepris pour nos races et dans notre armée, on pourrait admettre que le poids d'un jeune homme de vingt ans mesurant l"',5Zi, minimum de la taille militaire, doit être d'environ 57 kilogrammes, chaque centimètre d'augmentation devant correspondre de 0'',370 à 0'%600 grammes. — Dans ces limites, on pourrait fixer ainsi qu'il suit une échelle approximative des minimums de poids.

Minimums de poids proposés pour le soldat en France

niètr. liil. kil.

Pour une taille de 1,54 le poids du soldat doit être de 57,000

» 1,55 )> doit varier entre 57,370 et 57,400

A partir de cette taille, le rapport entre la taille et le poids peut diminuer sensiblement, chaque centimètre n'entraînant plus qu'une augmentation de 0 kil. ,200.

et ainsi de suite.

Jusqu'à présent, il n'a été tenu dans l'armée française aucun compte de l'évaluation du poids, en comparaison de la taille, pour l'acceptation des recrues. — Il serait facile de le faire sans augmenter notablement le travail du conseil de révision ; il suffirait pour cela de placer la toise sur une balance romaine, ou sur tout autre système de balance indiquant, au moyen d'une aiguille se mouvant sur un cadran, le poids du jeune homme pendant l'instant môme où l'on mesurerait sa taille.

Pour apprécier la quantité de chaleur transformable en force dans une unité de temps, c'est-à-dire, pour rechercher la deuxième valeur qui concourt à former la résultante force, il faudrait pouvoir apprécier l'énergie

CO-NDiriONS D'APrniiDL l'IlVSIQLt. — ClRCO.NFÉlUiNCli TIlOlUCIQUt:. 1 13'

do l'Iiéinalose. — Nous avons déjà vu plus haut que la consoinnialion de carbone est en raison directe de l'énergie musculaire (voy. p. 82); celle consommation de carl)one est naturellement proporlionnelle à la capacité respiratoire des poumons, non pas à leur capacité absolue, mais au volume d'air introduit à chaque inspiration, à la capacité vitale; de là surgit la nécessité d'ai)précicr cette nouvelle domiée.

Le procédé le plus exact pour y arriver consisterait évidemment à plonger l'individu dans un grand vase gradué plein d'eau, en ayant pris la précaution de lui faire faire au préalable une profonde inspiration ; en notant ensuite la différence de niveau après une expiration complèle, ii serait facile de déduire du volume d'eau celui de l'air que contenait le poumon. Malheureusement, ce procédé n'est en aucune façon applicable devant les conseils de révision, à peine l'est-ildans un cabinet de physiologie.

C'est pour le remplacer que l'on a inventé les spiromètres, instruments assez compliqués, dont nous n'avons pas à faire ici la description. Qu'ils soient basés comme celui de Ilutchinson ou celui de ^Yeir Mitchell sur la mesure absolue du volume d'air expiré, ou comme celui de Boudin sur l'expansion proporlionnelle d'une sphère creuse en caoutchouc, ils sont à peu près impossibles à employer pour l'examen des jeunes soldats, car ils nécessitent une véritable habitude de l'instrument, une sorle d'éducation spéciale de la part de l'exanilné- — La mensuration du périmètre thoracique peut les remplacer avantageusement.

Ilutchinson (I), Hccht (2), prétendent qu'il n'y a aucun rapport entre la circonférence du thorax et la ca|)acite pulmonaire, mais d'autre part Arnold ^o) démontre que chaque centimètre d'augmcnlalion dans la circonférence thoracique entraîne un accroissement de 60 centimètres cubes de la capacité inspiratrice.

L'expérience clinique semble domier raison à cette opinion. — Hirlz(^i) el AVoilIcz (5), après eux Gintrac ((3), et de nombreux cliniciens ont

(1) Hulcliinson. C>/clopc(lia of anntoimj and phijsiolugjj, art. Thorax, analysé par LasogiU!, iii A)i:hives de médecine, 185G.

(2; Hcclit. De la spiromélrie, thèse de Strasbourg, 1869. (;5) Arnold. L'eU'r die Athmunrj<grosse des Menschen. lleidelbcrg^ 1855. 'i) Ilirtz. T/ièae de Strasboia-r/, 1826.

(5) Woilicz. liedicrches prcdiques sur V inspection et la mensuration de la poitrine. Paris, 1838.

(G) Giulrac. liechei chcs sur les dimensions de la poitrine dans leurs rapports avec !u tuU'rculisaliun pulmonaire, {liullelin del'Acud. de médecine, t. W\ 11^ p. 1240.) Moii\cinù — Ilyg. iiiilit. ^

ll.'l RECRUTRMENT DES ARMÉES.

montré le rapport constant qui unit la capacité piilnionaire avec les dimensions de la cage tlioraciqne, tout en tenant compte de l'amaigrissement des couches musculaires et cellulo-graisseuses qui séparent la cage elle-même de la surface cutanée, sur laquelle l'observateur fait porter ses recherches.

Tout d'abord pour procéder à cette mensuration faut-il choisir une section qui soit toujours la mèinc dans toutes les observations. — On est généralement d'accord pour accepter celle qui passe par les deux mamelons; elle a l'avantage de présenter des points de repaire bien précis et de se trouver à distance moyenne du périmètre supérieur et du périmètre inférieur ; le premier, dans tous les cas, devrait être rejeté, car il embrasse la saillie des omoplates, dont le développement n'a aucun rapport avec le volume des organes ihoraciques.

Ce qui doit encore faire préférer cette section transversale, c'est que de toutes les dimensions du thorax, c'est celle qui paraît avoir le plus de rapport avec la force constitutionnelle. M. Laveran (1) a mesuré sur 236 sujets sains la hauteur verticale du thorax, en avant et en arrière delà circonférence mammaire, et conclut de ses recherches que la paroi du throax suit la proportion exacte de l'accroissement de la taille; la paroi antérieure paraîtrait plus en rapport avec la taille qu'avec la force, la circonférence serait plutôt déterminée par la valeur de ce dernier élément.

Il est important, lorsqu'on veut mesurer la circonférence thoracique d'un sujet, de lui enlever tout moyen d'inlluer sur la grandeur à obtenir en lui fciisant élever les mains au-dessus de la tèle et lui prescrivant de compter lentement et à haute voix. I! est ainsi forcé de respirer méthodiquement, ne peut se maintenir en état d'inspiration ou d'expiration forcée, ne peut non plus faire saillir ses muscles pectoraux comme il le tenterait peut-être en rejetant les épaules en arrière.

La mensuraiion du thorax pourrait être opérée au moyen des cyrtomètres, en particulier celui de Woillez, mais comme il s'agit, non pas de prendre la forme des parois pectorales, mais simplement de mesurer la circonférence, le simple ruban métricjuc convient parfaitement. Le docteur ^ Quain a inventé un petit instrument auquel il donne le nom de stétliomèlre (lig. 3) et qui permet de prendre très-exactement la circonférence du thorax, tout en mesurant l'amplitude des mouvements respiratoires.

(1) Laveran. Gazette médicale, 1845, p. 82.

CONDITIONS d'aptitude PHYSIQUE. — CIRCONFÉRENCE THORACIQUE. 115

Le siéthotnètre de Qiiain consiste en un cadran gradué, à l'intérieur duquel viennent aboutir les deux extrémités d'un (il ou mieux d'un ruban; on les lixe, le sujet étant dans l'expii ation forcée, puis on le fait respirer, soit normalement, soit enfin d'une façon exagérée.

Un petit ressort placé à l'intérieur du cadran maintient le ruban en tension continuelle en sorte que 1 on peut prolonger l'examen aussi longtemps qu'on le désire. Cet instrument, trop peu connu en France, mérite d'être

l'ig. 3. — Stélliomètrc du docteur Quain. Aiiplication a la mesure de l'amplitude respiratoire.

utilisé tant pour l'examen des recrues que pour les recherches cliniques.

En opérant suivant les règles précitées, des observateurs placés dans des conditions dissemblables, porlaiit leur investigation sur des races différentes, sont néanmoins arrivés à des conclusions à peu près identiques. — Dans l'armée française, Vincent (1) opérant sur les troupes de la garnison de Dellys, pour une moyenne de taille exprimée par 1"\66, trouve que la circonférence thoracique est représentée par 0"\89, soit 0",06 de plus

(1) Vincent. Du choix du soldat. {Recueil de Mém. de médec. et de c/iirurg. miL 3'-' série, t. VI, p. 273, 1861.)

116 r.LCRUTEMENT DES ARMÉES.

(fue la (lenii-laille; Capcleviolle (1) clioisit 180 sujets parmi les médecins stagiaires du Val-de-Gràce ou des soldats eu traitement pour des aiïections chirurgicales légères, et constate que, chez tous, la circonférence thoracique excède la demi-taille d'au moins 2 centimètres.

Ces deux médecins français, aussi bien que Seeland, Hammond, Neudiirfor et liernstein (2) arrivent à conclure que chez les individus bien constitués la circonférence thoracique excède toujours la demi-taille de 25 à ùO et même UU milhmèlres. — Plus la taille augmente, moins il y a de dilTérence entre la demi-taille et la circoiiférence thoracique. Seeland mesure en effet Zi930 soldats russes, sains et robustes, et trouve les valeurs suivantes :

Rapport entre la taille, le poids et le périmètre thoracique

(armée russe)

NOMBRE di's iKiiiHiie-^ iiic.-iiifO^.

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