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REPEIITOIRE.
Départements jinr ordro alplialit tique.
Loire-Liférieure... . 19
Loiret 32
Lot. 58
Lot-et-Garouiie 50
Lozère 45
Maine-et-Loire 22
Manche 1h
Marne 20
Marne (Haute-) 29
Mayenne 24
Metirthe 44
Meuse 13
Morbihan 4
Moselle S2
Nièvre 55
Nord 10
Oise 73
Orne 7 5
Pas-de-Calais 3
Puy-de-Dùuie 40
Py rendes (Basses-). . 06 Pyrénées (Hautes-) . 40 Pyrénées-Orientales . 1 4
Rhin (Bas-) l
Rliin (Haut-) 28
Rhône 7
Saône (Haute-) 2
Saône-et- Loire 17
Sarthe 38
Savoie 78
Savoie (Haute-) .... 53
Seine 15
Seine-Inférieure.... 88 Seine-et-Manic .... 48
Seine-et-Oise 35
Sèvres (Deux-) 72
Soninie 34
Tarn 50
Tarn-cl-Garonne, . . . 30
Var il
Van cl use 8
Vendée 20
Vienne 02
Vienne (Haute-). .. . 86
Vosges 01
Yonne 71
04,2 de moyenne annuelle.
(1) Le contingent devrait être de 100 000 hommes, mais l'erreur de 12 hommes provient des fractions négligées en faisant les moyennes départementales.
De I8/4/1 à 1868, doaze déparlemcnts ont rareineiit pu parfaire la somme des conlingents alTecl6s à leurs divers cantons; ce sont :
L'Ille-et-Vilaiiie, L Ornc, 1 Les Ilaules-Alpes,
Le Finistère, La llaute-Vicmie, | Les Basses-Alpes,
La Manche, La Corrèze,
La Seine-Inférieure, i La Dordogne,
La Savoie,
La Haute-Savoie
et trois d'''partenients seuls ont toujours pu la fournir; ce sont : La Seine, | Le Rhône, | Le Yaucluse.
La nouvelle loi de 1872 est infiniment plus logique et plus équitable; les individus destines à faire un an, au lieu de cinq, seront pris h la gauclic de la liste des hommes appelés dans chaque canton, le traitement sera donc absolument lo même pour tous les cantons de France. Il ressort de tous ces faits, qu'avec l'ancienne loi de 1832, la Trance ne pouvait guère fournir des conlingents au-dessus de HO 000 liommes, et cela, en raison du mode vicieux de répartition que l'on y avait introduit.
Dans le tableau ci-joint (voy. p. 239), nous avons cherché à dresser, à l'aide des documenLs fournis parles comptes rendus du recrutement et les recherches du général Vinoy (I), un eiiscndjle des résultats du recrutement dans les différents départements de la France pendant les douze dernières années. Nous écartons les classes 1869 et 1870 levées pendant la guerre avec une précipitation qui ne permet peut-être pas de regarder les opérations connue parfaitement normales.
Les colonnes 1 et 2 classent les départements d'après leur aptitude militaire spéciale', cette donnée se trouve calculée en cherchant le rapport (|ui existe entre le continrent demandé au département, et le nombre d'exemptés à tonte espèce de titres, c'est-à-dire le nombre d'individus qu'il a fallu rejeter pour trouver le contingent. Aussi colonne 3 trouvc-t-on indiquée la moyenne annuelle des inscrits pour cette période duodécennalc, colonne h la moyenne du conlingent annuel demandé, colonne 5 la moyenne des exemptions à toute espèce de titres, et colonne 6 le rapport pour 100 de ces deux dernières valeurs, calculé ainsi qu'il suit : >î. Contingent 100
N. Exemptions x A la colonne 3, on trouve, à côté du nom!)re moven des inscrits, le rau"-
(1) Général Vinoy. Loc. cit., parlie.
MORACHE. — Hyg. milit. IG
"21x2 RECRUTEMKNÏ DES ARMÉF^S.
(jn'occuperail le département si tous les déparlements se trouvaient rangés d'après Toidre décroissant du nombre de leurs inscrits; enfin un répertoire alphabétique, porté colonne 7, permet de retrouver rapidement le rang de chaque déparlement à la colonne 1.
Les résultats consignés sur ce tableau sont assez intéressants. En laissant de côté le Bas-Rhin, qui occupe de beaucoup le premier rang, on voit que les diiïérentes régions géographiques de la France se trouvent mélangées, sans pouvoir cependant dégager de celte disposition une loi bien régulière.
Malgré l'opinion, d'ordinaire très-justifiée, sur l'action défavorable des grandes agglomérations industrielles, les déparlements de la Seine et du Nord se trouvent dans les cinq premiers rangs, tandis que d'autres départements industriels, la Haute-Vienne, la Seine-Inférieure, sont dans les derniers.
On peut cependant remarquer , comme |iarliculièrcment favorisé, le groupe des départements de Bretagne ; déjà nous avons plus d'une fois signalé celte situation heureuse, surtout à propos de certaines catégories d'inlirmilés. Le Morbihan, les Côles-du-Nord, la Loire-Inférieure sont classés dans les vingt premiers rangs; seule l'Ille-ct-Vilaine occupe un rang reculé, le Finistère tient à peu près le milieu.
Ainsi que nous l'avions aussi signalé, la Normandie, province riche et fertile cependant, fournit un résultat inverse. Trois de ses départements, l'Orne, l'Eure et la Seine-Inférieure, sont dans les quinze derniers rangs, le Calvados est mieux favorisé, mais le département de la Manche a seul une population vigoureuse.
Les déparlements du Nord de la France, qui, sous le rapport des conditions climatologiques et industrielles, se trouvent dans des conditions à peu près analogues, offrent un résultat inverse; le Pas-de-Calais a le n° 3,. le Nord le n" 10, la Somme le n" h. Ne peut-on pas voir dans ces résultats une nouvelle preuve des influences qu'exerce le mélange des races sur la validité de la population ? La Bretagne, essentiellement celtique, le Nord, essentiellement kymrique, donnent de bien plus vigoureuses populations que la Normandie avec sa race kymro-celtique germanisée.
Avec la nouvelle loi, contrairement à ce qui se passait sous la loi de 1832,. les départements dans lesquels la population est la plus vigoureuse porteront une charge beaucoup plus lourde que ceux dont les populations sont de qualité médiocre, ce qui n'est que justice.
Dans le tableau précédent, la colonne 5 ne donne du reste que le nombre
RÉSULTATS GÉNÉRAUX DU RF CUUTl-MliNT EN FRANGE. 2/|3
moyen des exeniplioiis pour toutes causes. Déjà, en traitant de la taille, nous avons donné le classement des déparlemcnis d'après le nombre des exemptions prononcées pour défaut de taille. Le tableau porté page 90 donne également le nombre moyen des exemptions pour infirmités, calculé pour la période de 1850-185S. Ce tableau peut servir à dresser une carte indiquant la répartition de ces exemptions dans les différentes régions (lig. 32), les départements blancs élant ceux où l'on trouve 171 à 2^i8
l'ig. ;î2. — Kt'partiiion des infirmités entraînant l'inaptitude au service militaire, et indcation pour chaque département de la rnnveiine des exemptions prononcées à ce titre sur 1000 hommes examinés (période de 1850-1858).
exemptions sur 1000 examinés, les déparlements gris ceux qui en présentent de 250 à 380.
On peut, sur cette carte, constater à nouveau un fait sus-énoncé, celui de
^^li RECnUTEMEJNT DES ARMÉES.
la situation remarquablcinent favorable des départements bretons comparés aux normands. D'une part, les cinq départements du Morbihan, des Côtesdu-jNord, de la Loire-Inférieure, du Finistère et de la Mayenne ne donnent qu'une proportion de 218 exemptions pour infirmités sur 1000 hommes examinés, de l'autre les départements du Calvados, de la Manche, de la Seine-Inférieure, de l'Eure et de l'Orne en donnent 327, soit exactement la moitié en plus. De prime abord, on pouri ait trouver une anomalie apparente entre le fait de l'aptitude militaire satisfaisante du département du Finistère, et la présence de ce département parmi les douze signalés plus haut comme ayant rarement pu parfaire les conting ents qui lui ont été assignés. Mais il faut bien remarquer que, dans ce dernier cas, il suffit d'un canton particulièrement défavorisé pour arriver à ce résultat, puisque la répartition du contingent se faisait par cantons et non par départements. Celte observation serait encore applicable à l'Ille-el-Vilaine, qui est précisément l'un des départemenis où l'on rencontre le plus de variations entre les résultats du recrutement dans les différents cantons. Trois départements n irmands, la Manche, la Seine-Inférieure et l'Orne, figurent du reste dans les douze signalés.
En dehors de ces deux grands groupes, la carte représentée fig. 32 ne fournit pas des indications bien précises, mais en la comparant à la carte portée à la page 97, où nous avons donné la répartition des exemptions pour défaut de taille, on constatera de nouveau le peu de corrélation qui existe entre la répartition de la taille et celle des infirmités dans les diverses régions de la France.
Les opérations du recrutement peuvent, on le voit, fournir des données les plus précieuses pour l'élude ethnologique et pathologique de la population française. Elles ont déjà servi de point de départ à de nombreux travaux : nous avons constaté l'importance de quelques-uns d'entre eux, mais on ne doit les considérer que comme des jalons posés dans une voie que l'avenir permettra d'élargir encore.
Grâce aux dispositions de la loi du 27 juillet 1872, toute la population masculine de la France subira de vingt à vingt-un ans l'enquête physique autrefois bornée à la moitié d'entre elles tout au plus. C'est là une occasion «nique pour réunir les matériaux qui serviront un jour, soit à de grands travaux d'ensemble, soit à des travaux portant sur un point spécial d'ethnologie, de pathologie, etc.. .; il ne faut pour cela que vouloir, et nous sommes convaincus que le ministère de la guerre prêtera son con-
RÉSULTATS GÉNÉRAUX DU RECRUTLMEINT EN FRANCE. 2i|5
cours à une œuvre aussi palriolique que favonible au (lévcloppemenl de la science.
Il serait donc à désirer que, profilant du passage des jeunes gens devant les conseils de révision, on établisse pour chacun d'eux une liclie spéciale renfermant des réponses neites et précises sur quelques points déterminés à l'avance. En l'absence d'autres modèles, nous proposons le modèle cijoinl (voy. p. 2^6).
On remarquera qu'il est divisé eu trois parties distinctes. La première comprend les indications qui peuvent être inscrites par les bureaux des municipalités, en procédant à la formation des tableaux du rccrulcment. — La seconde devrait être remplie pendant la visite devant le conseil de révision ; un ou deux sous-ofïicicrs, adjoints au médecin, inscriraient rapidement les indications à mesure qu'il les leur dicterait ; avec un peu d'habitude et de précision, la durée de l'examen n'en serait pas sensiblement augmentée. La troisième partie serait complétée par les soins des bureaux de recrutement.
En conséquence, les fiches, déposées dans les mairies, seraient apportées devant le conseil déjà préparées; mises au courant sous la dictée du médecin, elles seraient immédiatement remises à l'officier du recrutement qui les conserverait momentanément pour les faire compléter et enfin les adresserait au ministère de la guerre. — Dans le cas d'un ajournement, la fiche de l'intéressé resterait au bureau du recrutement pour être de nouveau fournie au conseil de révision lors du prochain examen. On ne les adresserait au ministère de la guerre que lorsqu'une solution définitive aurait pu être prise. Au bout de la troisième année, on posséderait ainsi toutes les fiches relatives à une même classe, au nond)re de plus de 300 000 par conséquent. La disposition en fiches les rendrait plus mobiles, plus maniables et permettrait de les classer à divers points de vue. — Comme les feuilles de santé dont nous avons déjà proposé la création, les fiches de recrutement constitueraient, au bout d'un certain temps, une collection unique en son genre et dont l'armée pourrait être fière ajuste titre.
En terminant ici l'étude des questions afférentes au recrutement de l'armée, étude qui, tout en occupant dans cet ouvrage un espace considérable, est cependant loin d'avoir été épuisée, nous regrettons de ne pouvoir la compléter par celle du mouvement général de la population française, qui lui est intimement liée. Si nous n'avions craint de nous écarter du cadre d'une Hygiène militaire, nous aurions pu rechercher quelle est la
r.ECRUTEME.NT DES ARMÉES.