Reynaud, Expédition de Madagascar , p
2. De Saint-Vincent de Parois, Arch. de méd. milit., avril 1909.
3. Legoïc, Note sur l’application d’un système de drainage aux camps permanents, Arch. et méd. milit., décembre 1909.
propres à en diminuer la quantité et à en faciliter l’évacuation. A cette question se rattache l’installation des latrines et des feuillées, ainsi que la provocation d’ordres destinés à maintenir la propreté du camp.
1° Latrines. — Les latrines devront être situées à 100 mètres au moins de toute habitation; mais si elles doivent être placées assez loin des bâtiments habités, ce serait une erreur hygiénique de les placer à une trop grande distance. 11 serait à craindre que le soldat n’y recourut guère. Ces latrines ne devront pas se trouver sous le vent des habitations. Elles sont en général du type Goux dans les camps actuels.
Les feuillées sont décrites au chapitre des latrines.
Actuellement elles sont souvent situées près des cuisines ! C’est là une disposition bizarre absolument anti-hygiénique. Elle doit être corrigée partout ou elle existe. Les mouches qui y foisonnent en été sont un danger permanent pour les aliments préparés à proximité.
2° Écuries et parcs à bestiaux. — Les écuries exigeront un nettoyage journalier du sol. Les parcs à bestiaux seront disposés en dehors du camp.
3° Cuisines. — Les cuisines seront situées dans des baraques spéciales. Parfois, dans les camps volants, il faudra se contenter de l’installation de fourneaux de fortune, qu’on improvise au moyen de briques ou de pierres disposées en deux rangées parallèles ou encore en rayons de roue avec une cheminée au milieu.
4° Boucheries, lavoirs, bains, etc. — Les boucheries, les lavoirs, les bains seront établis dans des locaux spéciaux comme dans les casernes.
Hygiène journalière. — L'observation stricte des règles d’hygiène est d’une grande importance : grâce à elle, un camp bivouaqué, même dans des conditions mauvaises pourra conserver un bon état sanitaire. La paille de couchage devra, comme nous l’avons vu, être changée très souvent et battue tous les jours.
La propreté devra être minutieuse à l’intérieur des tentes. Dès que le soleil paraîtra on devra abattre le côté qui regarde du côté des rayons solaires, de façon à permettre une large insolation. De temps en temps, les tentes seront abattues et transportées un peu plus loin sur un sol neuf.
Après l’enlèvement définitif des tentes, le sol dans nos pays devra être remué et, ce qui est préférable, mis en culture (comme au camp de Châlons depuis 1891). C’est là le meilleur moyen d’assainir le sol. Dans les pays paludéens, au contraire, le sol ne devra pas être touché.
Dans les camps enfin, les tentes devront être rangées avec ordre,
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et séparées les unes des autnes par des espaces d’au moins 2 mètres; Michel Lévy demande au moins 3 mètres.
Pour les camps permanents une circulaire du 8 décembre 1899 prescrit, comme pour les casernes, l’établissement d’un registre analogue au registre de casernement; il doit contenir les renseignements suivants :
1° Usage auquel le terrain se trouvait affecté avant l’installation du camp (terrain cultivé, indiquer le genre de cultures et de fumiers; terrain boisé, landes, marécages).
2° Topographie (description générale de l’emplacement du camp; mouvements du sol, cours d’eau, route, altitude *).
3° Climat : régime des vents et des pluies pendant la période d’occupation du camp; température.
4° Nature du sol sur lequel on a établi le camp (humus, sable, argile, roches). Perméabilité du sol; profondeur de la nappe d’eau souterraine.
5° Emplacement réservé spécialement pour l’installation des troupes, usage auquel ce terrain était affecté avant sa destination actuelle; situation et orientation de cet emplacement : au sommet d’une colline, sur un plateau, sur une pente, dans un bas-fond; sur un terrain dégagé ou entouré de bois, ou dominé à petite distance par des hauteurs, à proximité d’agglomération, près d’un cours d’eau, abrité des vents régnants; altitude.
6° Plan général du camp1 2; types de constructions, baraques ou tentes, orientation; baraques à parois doubles où simples, avec ou sans couvre-j oints; à plancher surélevé, imperméabilité; avec ou sans plafond; toiture; ancienneté des constructions; modifications successives; routes et chemins empierrés à l’intérieur du camp.
7° Chambres; cubage des chambres, aires et cube moyens attribués à chaque habitant, d’après le nombre habituel d’occupants; revêtements des murs; fenêtres opposées; moyens de ventilation, de chauffage, d’éclairage.
Logement des officiers et des sous-officiers.
8° Locaux accessoires : cuisines, réfectoires, cantines, locaux disciplinaires; lavabos, bains par aspersion; lavoirs; locaux et appareils de désinfection ; écuries, fumiers, dépôts d’immondices; latrines, urinoirs; vidange.
1. On joindra à celte élude une carte (carte au 1/80 000e de l’État-major) sur laquelle on aura délimité, en traits rouges, l’emplacement du camp. Celte carte sera achetée aux frais du service de santé.
2. Un exemplaire du plan du camp est fourni, lorsqu’il existe, par le chef du génie, ou par l’établissement d’artillerie intéressé, sur la demande que lui adresse M. le médecin chef par l’intermédiaire du chef de corps.
9° Infirmerie régimentaire : situation, isolement; nombre, disposition et alîectation des locaux; distance de l’infirmerie à l’hôpital; moyens de communication.
10° Eau d’alimentation (source, puits, rivière), moyens de protection; quantité, qualité, moyens d’épuration; distribution des prises d’eau; l’eau d’alimentation est-elle la même que celle employée pour les usages domestiques et pour les animaux1?
11° Drainage du sol, égouts (nature des conduites), étanchéité, pente, regards, obturateurs, siphon, chasse d’eau... aboutissement. (Sur le plan général du camp, on reproduira, en traits de différentescouleurs, les réseaux des eaux et des égouts).
12° Valeur générale et salubrité du camp, desiderata.
13° Conditions de voisinage (bois, marécages, cours d’eau, agglomérations de population, industries insalubres).
14° Relation sommaire des épidémies observées sur les troupes qui ont occupé le camp.
A la suite de ces renseignements, inscrits une fois pour toutes, seront consignées annuellement : (a) toutes les améliorations et réfections importantes intéressant l’hygiène du camp ; ( b ) les manifestations épidémiques qu’auront subies les troupes pendant leur séjour au camp.
III. Cantonnements. — On entend, par cantonnement, le logement des troupes chez l’habitant. En principe, les troupes ne doivent bivouaquer que lorsqu’on est obligé de les concentrer sur des positions où il est impossible de les cantonner, ou lorsque, l’armée étant à proximité de l’ennemi, elles doivent occuper leurs positions défensives ou s’établir pour un temps relativement court en des lieux favorables pour l’attaque des lignes ennemies. Le cantonnement est donc aujourd’hui l’habitation temporaire normale des troupes en campagne et pendant les manœuvres. (Règlement sur le service en campagne du 28 mai 1893 et décret du 7 août 1903.)
Le plus détestable cantonnement protège les hommes contre les intempéries, mieux que le meilleur bivouac. Il y a toute la différence entre passer la nuit dans un local couvert ou à la belle étoile.
Mais le cantonnement offre ses dangers, l'insalubrité de certains locaux est notoire. Les églises, par exemple, présentent à cet égard les plus mauvaises conditions, par l’absence de lumière et d’aération,
1. Ce paragraphe (10) doit résumer brièvement le dossier qui a dû être établi ou qui sera établi, s’il ne l’est déjà, conformément aux prescriptions delà notice n° 35 du règle- ! ment sur le service de santé à l’intérieur.
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elles constituent des logements absolument dangereux pour peu que le séjour des hommes s’y prolonge.
S’il existait dans l’agglomération au milieu de laquelle on doit cantonner quelque maladie épidémique transmissible, il vaudrait mieux bivouaquer que d’exposer les hommes à contracter les germes d’une affection qu’ils pourraient ensuite disséminer dans le reste de l’armée.
La préparation du cantonnement est par conséquent une opération très importante.
On distingue plusieurs sortes de cantonnements, le cantonnement ordinaire , dans lequel on doit réserver en général 12 mètres cubes par homme et où on répartit ceux-ci en groupes de trois à six par feu, et le cantonnement resserré ou cantonnement d'alerte , lorsque la troupe se trouve près de l'ennemi; dans celui-ci, on utilise de préférence les rez-de-chaussée et on réunit les différentes unités dans de grands locaux : hangars, remises, maisons d’école, et autres locaux collectifs en évitant autant que possible les églises. On calcule en général qu’il faut réserver 2- mètres carrés par homme.
Les troupes sont cantonnées soit, en temps de paix, au cours des marches et manœuvres, soit en temps de guerre; on conçoit facilement que les règles de l’hygiène prophylactique pourront être plus facilement suivies dans le premier cas que dans le second. Pour ce dernier, disons de suite qu’on devra faire pour le mieux. Ces conditions d’hygiène étant subordonnées aux aléas des opérations militaires. On devra se rapprocher le plus possible des mesures prises pour les cantonnements en temps de paix.
Chaque année, dans la prévision de manœuvres ou de marches de concentration, les cantonnements prévus pour la troupe sont arrêtés par l’État-major et sont l’objet d’enquêtes poursuivies par les médecins militaires de différentes garnisons.
Le médecin major Champeaux1 a, dans un mémoire récent, attiré l’attention sur cette expertise délicate, et il a fait voir quel avantage on retirerait de la constitution d’archives hygiéniques pour chaque commune de France. Elles comprendraient :
L’étude des facteurs fixes de la région, tels que : situation géographique, constitution générale du sol, régime naturel des eaux, puis l’exposition des mesures prises par la municipalité pour assurer à l’agglomération urbaine ou rurale une garantie sanitaire effective telle que : amenées d’eau, canalisations, drainages constructions d’égouts, établissements de nouvelles habitations, etc. Cette assise
J. Champeaux, Expertise des cantonnements, Revue d'hygiène , 1908, p. 838.
hygiénique pourrait être dressée par la commission sanitaire de chaque arrondissement composée de médecins, de géologues, d’ingénieurs, dans des conditions offrant toute garantie. D’autre part l’histoire épidémiologique de chaque commune serait mise à jour.
De cette façon l’enquête faite chaque année par les médecins militaires en vue de l’habitation éventuelle des soldats dans des cantonnements se poursuivrait par simple correspondance. En tout cas, s’il devenait nécessaire d’éclairer certains points, le rôle de l’expert serait singulièrement facilité par les documents rassemblés à la mairie, où se trouvent déjà les documents administratifs qui guident les intendants pour les réquisitions et les approvisionnements.
Une circulaire du 7 mai 1909 1 prévoit pour chaque mairie l’établissement de ce carnet sanitaire, « sur lequel seraient consignées I toutes les indications relatives à la qualité des eaux de la commune, aux puits malsains, à l’historique des épidémies, à la salubrité des logements, aux observations faites pendant leur séjour par les corps qui y auraient séjourné ». Il pourra être consulté avantageusement par les corps passant par la localité.
En outre de cette enquête préventive et en attendant que, ces carnets sanitaires soient mis à jour, des précautions sont prises par l’officier de campement conformément aux prescriptions de l’instruction du 30 mars 1895 relatives aux manœuvres et aux règlements sur le service des armées en campagne de 1895 et de 1905.
On appelle campement la réunion du personnel chargé de reconnaître et de préparer un cantonnement ou un bivouac. Ce personnel comprend, dans chaque corps de troupe ou chaque service, un officier assisté de sous-officiers ou de soldats; lorsqu’il s’agit du cantonnement d’une ambulance, l’officier commandant le détachement est un médecin monté assisté d'un sous-officier, d’un caporal et de deux soldats pour le détachement d’infirmiers, d’un sous-officier, d’un brigadier et de deux cavaliers pour le détachement du train. Actuellement, même, le campement des corps de troupe comporte un médecin; cette disposition est consacrée par l’instruction du 30 mars 1895 : « 11 sera bon, est-il écrit dans cette instruction, surtout lorsque le pays dans lequel on opère laisse à désirer au point de vue sanitaire, d’adjoindre au campement l’un des médecins du corps; il pourra ainsi préparer toutes les propositions que paraîtra comporter la situation ». Cette disposition a été étendue à toutes les situations et, actuellement, l’habitude est prise d’adjoindre un
1. Mesures d’hygiène à prendre dans les cantonnements et camps d’instruction occupés par les hommes des réserves appelés à accomplir leur période d’instruction, B. O. P. B-,
1er semestre, p. 764.
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médecin aide-major ou un médecin auxiliaire à l’officier du campement. La chose est absolument nécessaire, étant donné que l’enquête que doit faire l’officier commandant le détachement est en partie d’ordre sanitaire . L’instruction précitée s’exprime en effet ainsi : « En arrivant dans la localité où le corps dont il fait partie doit cantonner, l’officier commandant le campement s’informera auprès de la municipalité ou, à défaut, aupxès des habitants que leur situation met le mieux en mesure de le renseigner, si des épidémies ou épizooties sévissent ou ont sévi récemment dans la commune. Il s’enquerra de leur nature et de leur degré d’intensité; il se fera indiquer d’une manière précise les maisons et locaux contaminés et vérifiera, ou fera vérifier par les sous-officiers qui lui sont adjoints, l’exactitude des renseignements recueillis. Il n’hésitera pas à distraire complètement de la répartition du cantonnement les locaux reconnus infectés ou même suspects, et fera apposer aussitôt à toutes leurs issues des inscriptions bien apparentes portant défense d’y laisser pénétrer, suivant les cas, les hommes ou les animaux appartenant à l’armée. » Il est évident qu’une pareille enquête ne peut être faite que par un médecin. Il sera bon de consulter les médecins de la localité ou le personnel des hospices qui se trouve sur le territoire. L’enquête à faire par le cantonnement doit viser :
1° L'état sanitaire de la commune principalement au point de vue du règne de maladies contagieuses sous forme épidémique ou sous forme isolée; il y a lieu de distinguer, parmi ces maladies, celles qui sont surtout contagieuses par contact interhumain comme les fièvres éruptives, la diphtérie, et celles qui se propagent plus communément par les eaux d’alimentation comme la fièvre typhoïde, la dysenterie, le choléra.
Lorsqu’il existe seulement des cas isolés, on devra s’enquérir de leur origine; souvent il s’agit de cas d’importation; dans ces conditions, les maisons dans lesquelles habitent les malades devront être sévèrement consignées à la troupe; on devra y apposer une pancarte bien évidente indiquant cette interdiction. S'il existe une épidémie de fièvres éruptives ou de diphtérie, étant donnée la difficulté de s’assurer de l’isolement des cas frustes ou des convalescents, la meilleure mesure à prendre est de supprimer le cantonnement. Pour les cas de fièvre typhoïde, dysenterie ou choléra, il y aura lieu de tenir en suspicion les eaux de boisson, puis le lait et les aliments végétaux crus, les viandes travaillées, etc. Ces affections étant peu contagieuses d’homme à homme, s’il n’existe que quelque cas proportionnellement au chiffre de la population civile, il suffira d interdire les maisons abritant les malades. S’il y a épidémie sévère on interdira le
cantonnement. D’autre part, on devra consigner les maisons où, de notoriété publique, se trouvent des malades atteints d’affection tuberculeuse ou cancéreuse.
Les dangers de propagation de la fièvre aphteuse par des mouvements de troupe ont été signalés par la circulaire du 18 mai 1909 qui i interdit tout périmètre déclaré infecté par l’autorité préfectorale aux militaires même isolés; les troupes éviteront d’employer, pour leur usage, les denrées telles que pailles, fourrages, etc., susceptibles de propager la maladie et provenant de ce périmètre. Lorsque les troupes seront en marche, avant ou après les manœuvres, il conviendra de détourner leurs itinéraires pour éviter le voisinage même des localités atteintes. Pendant les manœuvres, on laissera, si possible, en dehors de la zone des opérations, le territoire entier d’un canton qui présenterait plusieurs centres d’infection. Dans le cas où des nécessités de service obligeraient une troupe à occuper des cantonnements dans une région infectée, cette troupe ne pourra en sortir qu’après avoir subi une désinfection à laquelle on procédera par l’emploi d’aires désinfectantes.
2° Eau de boisson. — L’enquête devra rechercher les différentes conditions d’approvisonnement de la population civile : eaux de source, protégées ou non protégées; puits, profondeur, protection, causes de souillures existant dans le voisinage telles que latrines, fumier, fosses à purin, distance à laquelle se trouvent les dépôts de matières usées. Mode de construction des puits, citernes, cours d’eau, causes de souillures en amont et à proximité de celles-ci. Existe-t-il dans la ville, le village, des sources d’eau offrant des garanties spéciales? Leur débit est- il suffisant? A-t-il été pratiqué des analyses de cette eau? Souvent, au cours de manœuvres, on rencontre un ou deux puits de cette nature connus de tous les habitants et auxquels ceuxci vont s’approvisionner. Ces puits se trouvent en général dans les mairies, maisons d’école, hospices.
3° Infection du sol. — On devra relever la nature de l’épandage pratiqué dans les champs ou jardins environnants, se rendre compte des modes d’évacuation des matières usées et principalement des matières fécales; enfin de l’état des latrines particulières afin de voir si elles i seront suffisantes et s’il n’y aurait pas lieu d’établir des feuillées.
4° Protection contre les agents météoriques. — Il s’agit ici de se rendre compte de la capacité du cantonnement et d’une judicieuse répartition de ses ressources. Enfin, surtout lorsqu’il s’agit d’un cantonnement d’ambulance ou d’hôpital de campagne, on devra penser aux facilités ou aux difficultés des approvisionnements et des évacuations. Toutes les fois que la chose est possible, les formations sani-
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taires devront être placées à proximité de voies ferrées ou voies fluviales ou au moins de routes carrossables. Les locaux scolaires ne devront en aucun cas être utilisés pour le traitement des malades pas plus que les églises. Si des cas de maladies contagieuses se manifestent dans la troupe, il ne faut pas, en attendant l’évacuation du malade sur l’hôpital, le loger chez l’habitant, mais dans un local isolé qui sera désinfecté aussitôt après le départ du malade. Un local spécial autant que possible isolé devra aussi être affecté à l’infirmerie.
5° L* alimentation dans les cantonnements devra être surveillée de très près. L’exécution des prescriptions sur la surveillance des denrées, la répression impitoyable de toute fraude à cet égard, feront l’objet de mesures spéciales dans le détail desquelles il est inutile d’entrer, chaque cantonnement devant faire l’objet de mesures en rapport pour ainsi dire avec sa constitution.
Après l’occupation du cantonnement toutes les mesures devront être prises pour opérer les désinfections nécessaires , notamment celle des feuillets et pour faire connaître aux corps qui viendront l’occuper ultérieurement les différentes remarques dont il a été l’objet de la part du service sanitaire.
Il y aurait lieu, comme le rappelle le médecin principal Berthier1, d’organiser dès le temps de paix des sections d' assainissement dont les différentes unités seraient réparties dans toutes les zones du théâtre de la guerre et qui, notamment dans les camps et cantonnements, seraient chargées de procéder à toutes les opérations d’hygiène préventive et de désinfection nécessaires. Elles posséderaient des chefs spécialement instruits à cet effet et un matériel bien déterminé dans lequel toute prophylaxie est impossible. Une organisation spéciale et spécialisée est absolument indispensable.
Ce service est actuellement exécuté par des hommes pris dans les régiments, n’ayant reçu aucune instruction à cet effet. Cette manière de faire a l’inconvénient de distraire des combattants du rang, et le service qu’ils fournissent est insuffisant. Le personnel nécessaire pourrait être pris dans celui des services auxiliaires. Il comprendrait surtout des ouvriers, tels que menuisiers, serruriers, mécaniciens, terrassiers, susceptibles, par leurs professions, de remplir les différentes fonctions de la tâche qui leur incombe.
Un semblable service d’assainissement a été organisé en 1876-77 à l’armée russe, lors de la guerre des Balkans. 11 avait d’abord été laissé à l’initiative privée, à la Société de la Croix-Bouge. Cette
t. Berthier, Hygiène des années en campagne , Chapelot, 1900.
mesure ayant été reconnue insuffisante, on créa une commission d’assainissement dirigée par le général Foullon, auquel le D1’ Erismann fut adjoint comme délégué. Des ressources considérables et un personnel civil furent mis à sa disposition. Cette commission d’assainissement rendit de grands services et l’on ne regretta qu’une chose, c’est de n’en avoir pas prévu plus tôt la création.
Dans la discussion qui suivit le rapport de M. Antony1, M. de Raptchevsky, membre du comité de santé de l’armée russe, appuya l’idée d’avoir des détachements spéciaux pour la désinfection des camps, les médecins des corps ne pouvant assurer la désinfection en grand. La Russie a déjà, dit-il, expérimenté ce système et obtenu des résultats si remarquables qu’elle va probablement établir d’une façon permanente ces détachements spéciaux.
Plus récemment, au Congrès international de l’habitation de 1904, M. le médecin inspecteur Renech 2 réclamait la formation d’équipes sanitaires qui seraient plus particulièrement employées à l’entretien de la salubrité des casernements.
L’effort nécessaire escompté par M. de Raptchevsky n’a pas été fait et, cette fois encore, la guerre a surpris l’armée russe sans organisation sanitaire prophylactique. Il a fallu y suppléer. Le général Kouropatkine a organisé des colonnes sanitaires volantes, pourvues de matériel de bactériologie et d’appareils à désinfection et ayant pour mission d’exécuter toutes les mesures prophylactiques. Grâce à ces efforts, l’état sanitaire de l’armée russe serait resté bon au moins au début de la campagne, malgré qu’elle ait opéré dans une région très insalubre.
Nous savons d’autre part quels services ces équipes sanitaires ont rendus à l’armée japonaise dans la guerre de Mandchourie.
Le règlement sur le service en campagne du 7 août 1905 distingue encore le cantonnement-bivouac. Ici les troupes n’ont pas de logement, elles vivent et couchent en plein air, sans protection, parfois cependant avec la tente. Le bivouac est hors l’hygiène; pour le rendre salubre, autant que possible, on n’aura qu’à prendre les mesures se rapprochant le plus possible de celles indiquées pour l’établissement et le fonctionnement des camps.
L. Antony, Prophylaxie de la dysenterie dans les armées en campagne, Arch. de méd. et de pharm. milil ., août 1900.
2. Benech, Rôle des équipes sanitaires dans les régiments, Congrès international d'assainissement et d’hygiène de l’habitation, novembre 1904.