Bull, méd., 1905, p
Lemoine. — Traité (l’hyg. milit.
Le règlement sur le service intérieur de 1892 (20 novembre) fixe à un tous les quinze jours le nombre des bains-douches à administrer à chaque soldat; il serait désirable d’arriver à un par semaine, surtout dans certains corps.
C’est ainsi, par exemple, que les infirmiers employés dans les services de contagieux, en exécutant des opérations de désinfection, devraient pouvoir procéder au lavage du corps, même quotidiennement. Le médecin major Rouget a encore appelé l’attention sur l’insuflisance du linge. Une serviette supplémentaire pourrait être accordée en plus des deux réglementaires. Il est vrai que chaque homme possédera d’ici peu une sortie de bain. (Circulaire du 28 janvier 1909.)
La discussion qui a suivi le rapport du médecin major Drouineau au IIIe Congrès de l’assainissement de l’habitation (nov. 1909) s’est terminée par l’adoption des conclusions suivantes qui résument les desiderata formulés.
Le Congrès a émis les vœux :
1° Que l’installation des bains-douches à cabines individuelles, dont le principe a été posé par la circulaire ministérielle du 30 mai 1907, soit poursuivie le plus promptement possible, non seulement dans les casernes, mais encore dans les camps d’instruction, conformément aux dispositions de la circulaire ministérielle du 6 mai 1909.
2° Que la température de la salle de bains et du vestiaire soit maintenue entre 22° et 25°. Qu’à cet effet le service des bains-douches reçoive une allocation spéciale de chauffage distincte de celle attribuée à l’infirmerie.
3° Qu’on mette à la disposition des hommes, en plus de la sortie de bain dont ils sont dotés aujourd’hui, des serviettes en quantité suffisante.
4° Qu’un concours soit ouvert pour déterminer quel est l’appareil à chauffer l’eau qui est le plus pratique et le plus avantageux pour l’armée, par analogie avec ce qui a été fait pour les fourneaux de cuisine ou les appareils à simple ébullition.
IV. Bains froids. — En été, les bains-douches peuvent être remplacés à certains jours par les bains froids de mer ou de rivière qui agissent, non seulement comme moyens de propreté, mais encore comme toniques. Cependant, certaines circonstances peuvent en restreindre l’emploi, le trop grand éloignement, par exemple. Pour se rendre au bain, les hommes, en effet, se fatiguant, arriveront en sueur, au retour, ils seront couverts de poussière.
Le bénéfice retiré du bain dans de telles conditions est absolument
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nul. Lorsque la rivière n’est pas trop éloignée et que le bain froid peut être pris facilement, on devra prendre certaines précautions : les hommes seront avertis du danger qu’il y a de se mettre à l’eau après avoir mangé. Parmi les accidents à redouter, Tourraine, Granjüx ont signalé des érythèmes généralisés qui peuvent être suivis de perte de connaissance. Iis se produisent d’autant plus facilement que l’eau est plus froide. Les sujets qui sont pris de ces érythèmes généralisés peuvent se noyer, même s’ils sont dans un endroit où ils ont pied. Aussi doit-on, lorsqu’on voit un homme présenter cette coloration rouge du tégument le faire sortir de l’eau immédiatement et lui interdire ultérieurement la baignade.
Il semble que ces troubles doivent être imputés à une paralysie généralisée des vaso-moteurs, qui, entraînant une congestion périphérique, détermine l’anémie des viscères thoraciques et encéphaliques et produit la syncope.
Il arrive aussi souvent qu’un imprudent qui s’est aventuré trop loin est retiré de l’eau en état d’asphyxie.
Il faut alors, sans perdre de temps, coucher l’homme sur le côté droit, la tête inclinée en avant et soutenue par un aide. Par cette attitude on facilite l’écoulement de l’eau qui remplit les voies aériennes, puis on institue aussitôt la respiration artificielle au moyen de tractions rythmées de la langue exécutées simultanément avec les mouvements de la respiration. On ne devra renoncer à cette pratique qu’après des manœuvres prolongées, l’expérience ayant montré la possibilité de rappeler à la vie des sujets inanimés depuis une demi-heure à une heure. On emploiera en même temps tous les autres moyens connus : injections sous-cutanées d’éther ou d’huile camphrée, frictions, flagellations, etc., tels qu’ils sont décrits dans l’instruction à cet elïet qui fait partie du rouleau de secours emporté à la baignade.
V. Lavabos. — Pédiluves. — A coté du bain-douche, le soldat doit avoir à sa disposition des lavabos pour procéder à sa toilette quotidienne. Actuellement, dans la plupart des casernes, ils sont situés au rez-de-chaussée au niveau de couloirs toujours ouverts, exposant les hommes à des refroidissements. Ils sont constitués par des auges en pierre ou en ciment s’élevant à 43 centimètres du sol et alimentés par des robinets séparés par un espace de 30 centimètres environ. Assurément, ces dispositions marquent un progrès sur la pompe de la cour, mais elles sont susceptibles d’améliorations faciles à réaliser et dont la principale consiste dans l’établissement d’un plus grand nombre de locaux affectés à cet usage et dans leur
aménagement aux étages à proximité des chambres à coucher. Certains voudraient voir les cuvettes se substituer, à l’auge; ce serait une disposition regrettable, les récipients de cette nature, quels qu’ils soient, étant difficiles à tenir propres, comme nous avons pu le constater de visu dans certaines casernes. En Belgique chaque homme dispose d’une cuvette métallique, ce n’est pas là un exemple à
suivre. 11 serait désirable, en outre, que les lavabos fussent chauffés en hiver.
Dans ces dernières années, certaines casernes du Sud-Ouest ont été dotées d’installations automatiques comprenant un lavabo, un pédiluve et un bidet1. Le lavabo (fîg. 6) est démontable et entièrement métallique, sauf toutefois la cuvette, qu’il est plus avantageux de faire en béton armé. Les châssis sont en fonte d’une seule pièce,
1. Devalland, Notes sur une installation automatique pour soins de propreté, Revue du Génie, 1904, p. 309-320, et Caducée, 1904, p. 274-276.
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les entretoises en fer, la tuyauterie en cuivre rouge étiré et étamé, les vis et les boulons également en cuivre.
La robustesse de tous les organes permet de les laisser apparents, ce qui facilite leur visite et leur entretien.
Aucune dépense inutile d’eau, chacun des distributeurs ne fonctionne que lorsque la pédale correspondante est actionnée. Cette pédale se trouve placée à l’endroit même que vient occuper naturellement le pied de l’homme quand il se sert du lavabo, son maniement ne constitue donc pas une gêne ; il laisse libres les deux mains et, par suite, le soldat ne peut avoir l’idée de paralyser l’automatisme de l’appareil en chargeant la pédale avec un poids quelconque.
Chacun des distributeurs se termine par une petite pomme d’aspersion divisant le jet en sept ou huit filets très peu divergents, le débit des filets et leur divergence sont calculés de telle sorte qu’on évite tous les rejaillissements d’eau en dehors des cuvettes et les éclaboussures qui seraient gênantes pour l’homme dont elles mouilleraient les vêtements.
Le pédiluve. — L’homme lave ses pieds dans l’auge du lavabo. La maison Devalland installe aussi des pédiluves dont la construction est basée sur le principe du lavage à eau courante sans récipient.
Il suffît qu’on puisse assurer d’une façon convenable l’écoulement de ces eaux ; mais son emplacement le plus favorable semble devoir être, lorsque fa salle s’y prête, sur le prolongement du lavabo.
Le bidet. — Repose sur les mêmes principes que les précédents.
De composition fort simple, il consiste en une pomme d’arrosoir, dirigée verticalement de bas en haut, au-dessus de laquelle l’homme accroupi présente son siège.
De part et d’autre de cette pomme et en avant d’elle, deux pas identiques à ceux des latrines à la turque. A la pomme d’arrosoir aboutit une conduite d’eau qui descend le long de la muraille en face de l’homme et à portée de sa main. A hauteur de celle-ci un robinet cà poussoir et sur lequel agit un système de leviers pour permettre l’écoulement.
Les locaux destinés aux ablutions journalières, outre les appareils de lavage, doivent encore posséder un sol imperméable et en pente dont la partie déclive aboutirait dans un caniveau couvert. Les murs doivent également être imperméables et posséder des porte-manteaux.
Le médecin principal Descours 1 a décrit un appareil à jet dirigeable tangentiel qui paraît assez pratique.
VI. Hygiène de la bouche. — L’hygiène de la bouche était pour