INFLUENCE DU MARIAGE SUR LA MORTALITÉ
Le mariage, à la condition de n’être pas prématuré, a chez les deux sexes une action salutaire sur la viabilité.
D’intéressantes recherches ont été faites en France par M. Legoyt, en Hollande par Baumhauer ; mais les conclusions les plus importantes sont à déduire des travaux de M. Bertillon, qui a basé ses calculs sur de longues périodes d’années. Sur 1000 hommes de 40 à 45 ans, il y a en France 9,55 décès d'hommes mariés, 16 chez les célibataires, et 18,89
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chez les veufs. A Paris, 15,7 décès pour les hommes mariés; 27 de célibataires et 52,1 de veufs.
Eu France, de 30 à55 ans, la mortalité des mariés étant 100, celle des célibataires est de 1G9, et celle des veufs 281. A 1 âge suivant, c est-àdire de 35 à 40, celle des célibataires est de 175, et celle des veufs 253 ; de 40 à 45 ans : célibataires 1 74, veufs 198 ; de 45 à 50, 171 et ■194. En poursuivant cette énumération, on verrait que l’influence désastreuse du veuvage s’amende régulièrement avec l’âge, mais en persistant néanmoins
Toutefois, conclu prématurément, le mariage devient à son tour une cause Je danger, et au-dessous de 20 ans, la mortalité, de 14 chez l’homme, s’élève à 100 chez l’homme marié.
L’ensemble de ces résultats s’appuie non-seulement sur les statistiques de la France, mais sur celles de la Belgique et de la Hollande.
M. Bertillon considère que l’heureuse influence du mariage, importante de 25 à 24 ans, manifeste de 24 à 23, sensible de 23 à 22, cessant de 22 à 21, serait remplacée par une augmentation dans la mortalité de 21 à 20 ans.
Les mêmes observations sont applicables à la femme ; ainsi, de 40 à 45 ans, le chiffre de 100 décès pour les femmes mariées correspondrait à 151 pour des filles du même âge.
Cependant au-dessous de 25 ans, le mariage devient pour la femme une cause de mortalité.
En France la mortalité étant de 100 chez les filles de 20 à 25 ans, s’élève à 119 pour les femmes ; chiffre très-modéré relativement à la Belgique où il est de 157 ; à la Hollande, 175. Celte mortalité, plus intense que dans notre pays, persiste jusqu’à 40 ans, tandis qu’en France elle s’arrête à 25.
A 15 ou 20 ans en France la mortalité des jeunes filles étant 100, celle des jeunes femmes est de 158, idem en Belgique ; en Hollande, 208. M. Bertillon se demande si, en tenant compte de ces résultats déplorables, il n’y aurait pas lieu de modifier la loi française, qui autorise le mariage de la jeune fille à 15 ans et celui de l’homme à 18.
Le veuvage est plus préjudiciable à l’homme qu’à la femme ; ce
* En 1872, la mortalité est aussi plus faible dans le mariage que dans le célibat, dans les rapports de 0,78 pour 100 mariés à 1 ,10 pour 100 célibataires (de 20 à 30 ans), de 0,88 à 1 ,41 de 30 à 40 ans et de 1 ,09 à 1,78 de 40 à 30 ans ; il n’y a qu’une exception, elle concerne les personnes qui se sont mariées au-dessous de 20 ans, la mortalité des mariés de moins de 20 ans étant de 1,05, celle des célibataires de 0,05. Ces mariages prématurés offrent, ]>our les garçons surtout, les plus graves inconvénients.
DliMOGUAPIllE.
résultat observable partout, est très-rernarqualjle en Belgique et à Paris.
Par le veuvage, la probabilité de la mort double ou triple chez l’homme ; en Belgique, et en France, le danger persiste jusque vers 40 ans, étant d’autant plus grand que le veul' est plus jeune. Avant 25 ans il triple et quadruple le danger de la mort. Cette aggravation s’atténue en France, après la quarautième ou cinquantième année, mais elle persiste en Belgique et à Paris. Il en est de même pour les veuves jusqu’à 55 ou 40 ans. Au-dessus de cet âge, le mouvement inverse se produit, du moins en France
Les tableaux suivants, extraits de la Statistique de la France, donnent des renseignements intéressants sur le degré d’instruction élémentaire, les mariages consanguins et les légitimations d’enfants, peudant l’année 1869.
DEGRÉ d'instruction ÉLÉMENTAIRE