RAPPORT DE LA NATALITÉ ET DE LA MORTALITÉ
En 1869, l’excédant des naissances est supérieur à celui qu’on avait constaté en 1868, et, quoique assez faible, 80,206, ou 0,25 d’accroissement pour 100 habitants, il restait dans les conditions ordinaires. On sait, en effet, que depuis longtemps la population de la France ne s’accroît qu’avec une grande lenteur.
En 1870 cet accroissement fait place à une diminution de 0,28 pour 100. En 1871, la situation s’est aggravée encore; l’année 1872 au contraire donne les résultats suivants : naissances, 967,000 ; décès, 793,064; excédant de naissances, 172,956, ou 0,48 pour 100 habitants.
L’excédant exceptionnel des naissances (0,48 pour 100) de 1872, le plus considérable qui ait été signalé en France depuis 1830, est cependant de beaucoup plus faible que l’excédant ordinairement observé dans la plupart des États européens, plus de deux fois et demi inférieur à celui de l’Angleterre en particulier. Conséquence presque forcée des désastres précédents, cet accroissement de la natalité n’a pas été assez général pour faire disparaître dans plusieurs de nos départements de la Normandie l’excédant inverse de la mortalité. Le Calvados, l’Eure, la .Manche et l’Orne ont encore présenté en 1872 un excédant de 3298 décès ; cette persistance de la mortalité dans une annee d’accroissement exceptionnel ne laisse pas d’être inquiétante. En 1874 l’excédant des décès sur les naissances n’est considérable que dans un seul département, le Calvados. Les décès y dépassent de 2053 les naissances
Le tableau suivant de la Statistique de la France de 1855 à 1864 montre que le plus grand nombre de survivants à 20 ans et la plus longue vie moyenne appartiennent aux départements qui ont la moindre fécondité :
NOMBRE