‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 13 sur 114 · PREMIÈRE SÉRIE, DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SÉRIE, DEUXIÈME SÉRIE

Centim, Centim.

| moyenne. «10 17/50 41. 3712 Pur la digne axillaire., ., 2,2 ° minimum... 7 1/2 8 | maximum... 15 47 moyenne... 142: 13/35 413. 41725 Sur Ja ligne mammaire, .... minimum... 10 10 { maximum... 14 20 moyenne... 8 8/25 7 24/25 Sur la ligne médiane....... minimum... 6 5 . maximum... 11 11 , 4 . ” fo F 4 2,0 .6 7 n 25 1 Distance de l'extrémité g che | RPsERRe 1 14/25 8 1/10 s F.. si & Minimum... 4 4 du foic àJaligue médiai®, à RL cg Maximum... 11 12

EL: pr 5? #

9ù HYGIÈNE PRIVÉE.

le simple fait de l'érection déterminée mécaniquement , les effets si connus de la castration sur le moral et sur lintellect, ceux de la grossesse, etc., prouvent toute l'importance que mérite l’appareil générateur, considéré comme source de modifications cérébrales. Le principe de cette idiosyncrasie se trouve donc dans les sympathies nerveuses ; cependant elle peut dépendre aussi du résultat de la fonction, c’est-à-dire de l'abondance de la sécrétion spermatique. On sait les suites de la pléthore spermatique produite par une continence trop prolongée chez les sujets vigoureux : leur œil vif, leurs gestes prompts, leurs allures agressives, l'animation de leur extérieur, l'odeur pénétrante et presque spermatique de leur haleine et de leurs sécrétions, l'agitation morale qu’ils éprouvent, et parlois l'impatiente rêverie où ils tombent, tout ce cortége étrange de signes qui dénoncent une virilité mal combattue est-il dû exclusivement à la résorption du fluide séminal, ou plutôt ne dérivet-il pas en partie de l'organe cérébral? [ei encore l’innervation et l’état du sang sont étroitement liés; iei encore nous trouvons un foyer de réaction sur le cerveau, et, sans placer dans l'utérus ou dans les testicules un principe de manifestations morales , nous disons que ces organes sont, comme lecœur, les poumons, le foie,etc., des modificateurs internes pour l’instrument de la pensée.

L'origine comme la multiplicité des idiosyncrasies se trouve indiquée dans cette proposition de Bichat : « Une somme déterminée de force a été départie en général à cette vie : or cette somme doit rester toujours la même, soit que sa distribution ait lieu également, soit qu’elle se fasse avec inégalité; par conséquent. l'activité d’un organe suppose nécessairement l’inaction des autres (1). » L'existence congénitale ou le développement d’une ou de plusieurs idiosyncrasies, en même temps qu'ils témoignent du perfectionnement de certains organes, entraînent la détérioration d’autres organes qui perdent de leur vitalité; l'exercice continuel et violent du système musculaire, condition absolue d’un si grand nombre de professions mécaniques, finit par opprimer la pensée ; le cerveau s'affaisse, s'appesantit par l'effet des digestions trop considérables et trop souvent répétées ; les contentions énergiques et prolongées de l'esprit tournent au détriment de la contractilité musculaire. Toutefois la sphère d'influence des idiosyncrasies n’est pas également étendue ; elle a pour limites celles mêmes de la puis: sance sympathique de organes. Aussi ceux quLà l’état normal

(1) Recherches sur la vie et sur la mort,

agissent peu sur l'axe cérébro-spinal, ne l’influencent guère davantage par leurs idiosynerasies : tels sont le foie, le rein, les poumons. Que ces viscères fonctionnent avec une grande énergie, le cerveau n’en est affecté que médiocrement.

Les idiosyncrasies se combinent avec les tempéraments. Le même sujet peut offrir un tempérament mixte avec une ou plusieurs prédominances viscérales ; c’est pourquot il est souvent si difficile de démêler les éléments d’une individualité organique. Il existe une sorte d’affinité entre les tempéraments et les idiosyncrasies : la prédominance hépatique s'associe fréquemment au tempérament sanguin et au tempérament nerveux; la prédominance cardiaque est aussi l'ordinaire attribut de la première de ces formes générales de la santé. Nous verrons, dans le chapitre suivant, que les idiosyncrasies se lient à l’évolution successive des organes, et que l’âge, en dirigeant sur tel ou tel d’entre eux l’activité plastique et vitale, leur confère presque à tour de rôle une éphémère suprématie.

Le fait constant des idiosyncrasies démontre l'impossibilité de bien diriger à la fois toutes les opérations organiques; perfectionner les unes, c’est affaiblir les autres : l'inégalité est donc la loi des organes dans le même individu, comme elle est celle des organisations dans la même espèce.

La connaissance des idiosyncrasies est indispensable au praticien pour qu'il ne soit point exposé à les prendre pour des états morbides : la lenteur de la circulation est un phénomène de certaines maladies (congestion cérébrale, ictère); elle est naturelle chez beaucoup de personnes. Il est important d’écarter des organes qui sont doués d’une activité exubérante toute cause d'irritation. Ii m'est arrivé de produire une superpurgation avec une dose minime de crème de tartre chez une personne dont j'ignorais l’idiosyncrasie gastro -intestinale, tandis que je vois souvent des purgatifs pris à forte dose ne déterminer aucun résultat sur de jeunes soldats dont la disposition gastro-intestinale est contraire à la précédente : on pourrait appeler cette dernière disposition une idiosyncrasie passive. Les effets secondaires de la lésion d’un organe retentissent davantage dans les parties qui sont le siége d’une idiosynerasie : de là pour le praticien le problème journalier des concomitances et des complications morbides. Combien de fois la réaction sympathique, exagérée par l'existence d’une où de plusieurs idiosyncrasies, a-t-elle donné le change sur le siége réel de la maladie? Combien de fois, avant les travaux immortels de Broussais, a-t-on diagnostiqué une méhingite, une encéphalite, quand les phéno-

mènes cérébraux n'étaient, malgré leur intensité, que le reflet d’une phlegmasie du tube digestif! — Dans la période d’incubation des fièvres exanthémateuses, c’est vers les organes prédominants que convergent les mouvements morbides; ce sont les idiosyncrasies qui décident de la localisation des prodromes. Ainsi on verra J'éruption variolique précédée chez l’un par des accidents cérébraux, chez l’autre par des symptômes d’une gastro-entérite, suivant que le canal digestif ou le cerveau jouissent d’une énergie prépondérante. J'ai vu la rougeole se déclarer chez un militaire qui n'avait eu pour tout symptôme précurseur qu'une congestion cérébrale sans angine ; mais ilétait sujet aux maux de tête. Enfin, l'application des révulsifs est réglée par la notion des idiosyncrasies : les malades à prédominance encéphalique doivent redouter l'emploi des sinapismes et des vésicatoires ; les perceptions douloureuses que ces applications leur occasionnent neutralisent l’avantage que peut procurer l'hypérémie artificielle et fugitive d'une certaine étendue de la peau. Des inflammations viscérales ont cédé parfois à d’énergiques révulsions opérées autour des articulations d'individus doués de l’idiosyncrasie fibro-séreuse rhumatismale. En traitant de l’imminence morbide, nous déduirons des idiosyncrasies d’autres conséquences importantes pour la pratique,

Page 1