‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 2)Chapitre 38 sur 114 · V. — Pression · texte numérisé non relu

V. — Pression

L'air quinous entoure pèse autant que 581,000 cubes de cuivre d’un kilomètre de côté (Dumas): il est retenu à la surface du globe par la pesanteur et est entrainé aveë lui dans ses révolutions ; les couches dont il se compose s'étendent à une hauteur évaluée à 10 lieues de 2288 toises (Péclet). Mais tout ce que l’on à dit sur la hauteur de l'atmosphère est encore sujet au doute ; les mesures barométriques et thermométriques sont insuffisantes, car nous ignorons les lois du décroissement de la température à une grande hauteur, et la nature des particules aériennes soumises à la fois à une faible pression et à un très grand froid ; nous savons seulement que déjà, entre 15 et 20 kilometres au-dessus de la surface de la terre, la densité de l'atmosphère est presque nulle (Kaemtz, loc. cét., p. 415). Les variations de pression sont indiquées par Île baromètre ; mais il faut se rappeler que la pression atmosphérique varie, non-seulement d’après la hauteur de la colonne d'air, mais encore suivant les quantités de vapeur d'eau qu'il contient et le calorique qui en écarte Les molécules. À la pression moyenne de 76 centimètres ou 28 pouces 7/10 de ligne d’élévation barométrique, chaque pied carré de la surface terrestre supporte un poids de 2216 livres 2/3. Ce poids diminue d'environ 6 1/10 pour chaque ligne d’élévation barométrique. Un homme de stature ordinaire est pressé sur tous les points de sa surface par un poids de 16 000 kilogrammes ou 33 600 livres; une différence d’une ligne dans le niveau du mercure correspondant à une dnninution de pression d'environ 140 livres. En général, les variations de la colonne barométrique proviennent des mouvements de l'air qui subit incessamment des alternatives de raréfaction et de condensation, qui s'élève, s’abaisse, se déverse latéralement par l'effet des températures opposées, par la vapeur d’eau qui s’y mêle en proportion variable, ete. Ces variations sont accidenteiles ou régulières : les premières, presque insensibles à

l'équateur, augmentent vers les pôles ; lesautres croissent des pôles à l'équateur, La moyenne arithmétique de trois observations faites à 10 heures, à 2 heures et à 10 heures, ou bien encore à 10 heures, à 2 heures et à 9 heures, est sensiblement égale à la pression barométrique moyenne, et l’on peut en déduire l'amplitude des oscillations. Kaemtz a fait connaître la direction des lignes isobarométriques déduites des faits connus; nous renvoyons à son ouvrage (1). Sous la pression de 0%,76, et à 0° de température, un litre d'air sec pèse 15,299 suivant Biot et Arago, et 15°,2995 d’après Dumas et Boussingault.

L'atmosphère est sans cesse ébranlée dans des directions différentes ; outre les fluctuations qu'imprime à ses couches inférieures tout ce qui se meut à la surface du globe, elle se déplace et s'agite dans la totalité de sa masse sous l'influence de causes nombreuses qui se réduisent éanmoins à des variations de pression.

La physique est encore réduite aux hypothèses pour expliquer la formation ces vents; les variations de température, et, par suite, de pression, ne sont probablement pas les seules causes des ruptures d'équilibre qui donvent lieu aux courants atmosphériques. Quoi qu'il en soit, l'hygiéniste étudie leurs caractères et leurs effets sur l'organisme, qui dépendent de leur vitesse, de leur direction, de leur température et de leur humidité; ces deux dernières qualités sont en rapport avec les surfaces qu'ils parcourent et auxquelles ils peuvent emprunter encore d’autres propriétés, des principes matériels plus ou moins nuisibles , car les vents jouent sans contredit un rôle considérable, comme agents de transport, dans la salubrité des pays et dans la pathogénie des affections populaires.

Les divers degrés de vitesse ou de force mécanique des vents sont appréciés empiriquement per les marins qui leur ont appliqué cette série progressive de dénominations : faible, où petite brise ; modéré, ou jolie brise ; assez fort, ou brise fraiche ; violent, ou grand frais, coup de vent, tempête, ouragan. L'anémomètre procure des évaluations plus exactes. Celui de Voltmann est une girouette munie de deux petites ailes de moulin qui, par le nombre de leurs tours dans l’espace d'une mibute, fournissent la mesure de la vitesse du vent. Combes, en y ajoutant un moulinet qui fait tourner une roue dentée, l'a rendu propre à déterminer avec précision les vitesses comprises entre 0",h0 et 5 mètres par seconde.

(1) Traité de météorologie, p. 85S,.

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Tableau des vitesses absolues et relatives des vents. Mètres par heure, 1 800... Vent à peine sensible.

3 600... Vent sensible.

7 200... Vent modéré.

19 200... Vent assez fort, brise tendant bien les voiles, 26 000... Vent fort (frais).

54 000... Grand frais.

72 000... Vent très fort (très grand frais), 81 000... Tempête.

97 200... Grande tempête.

129 600... Ouragan, 162 000... Ouragan renversant les édifices, déracinant les arbres.

On admet généralement qu’une vitesse de 1 mètre par seconde correspond à 0Ki1,125 par mètre carré, et par conséquent à un demikilogramme pour 4 mètres de superficie. Dans les ouragans à h0 mètres de vitesse par seconde, la pression va jusqu’à 200 kilogrammes par mètre carré.

Pour déterminer la direction des vents, on divise l'horizon en quatre parties égales, et l’on a d’abord les vents correspondant aux quatre points cardinaux : avec quatre divisions Intermédiaires de plus, on obtient les directions suivantes : N.-N.-E., E.-S.-E., S.-S.-0., 0.-N.-0. Les marins en ont adopté seize : ainsi quand le vent souffle entre le nord et le nord-est, ils l’appellent N.-N.-E. On désigne sous le nom de rose des vents une circonférence divisée en trente-deux partes égales dont chacune s'appelle un rumb ; le vent change-t-1l, on dit qu'il a sauté un ou plusieurs rumbs. Pour plus de précision encore, on a partagé la circonférence en degrés, et quand le vent fait un angle de 30° entre le nord et l’est, à partir du nord, on dit qu'il est N. 30° E. Les nuages, les girouettes, indicateurs de la marche des vents, nous avertissent souvent de l’existence de courants opposés dans les couches supérieures et dans les couches inférieures de latmosphère, Ce fait, Kaem!z l'a traduit en loi météorologique : « Si deux régions voisines sont inégalement chauffées, il se produira dans les couches supérieures un vent allant de la région chaude à la région froide, et à la surface du sol un courant en sens contraire. »

On distingue : 1° Les vents alizés, constants ou généraux (voy. Climats chauds), soufflant pendant toute l’année dans la même direction, réguliers seulement en pleine mer, influencés par les côtes et dus à la progression décroissante de la température de l'équateur aux pôles. On les observe sur le grand Océan, sur l'océan Atlantique et dans les régions équatoriales. La bande équatoriale entre 2° de latitude nord et 2° de latiiude sud, est calme, et il n’y survient

que des coups de vent (éornados). Dans le grand Océan, de 2° à 25° de latitude nord, les vents alizés soufflent du N.-E. au S.-0 ; et, de 2° à 25° de latitude sud, ils soufflent du S.-E. au N.-0. Dans l’Atlantique, l’alizé N.-E. se fait sentir du 8° au 30° degré de latitude nord, et l’alizé S.-E. du 3° degré de latitude nord au 30° degré de latitude sud. La région des calmes est donc limitée entre le 8° et le 30° degré de latitude nord. C’est à la configuration du bassin de l'océan Atlantique que paraît due la propagation de l’alizé S.-E., au delà de l'équateur, dans l'hémisphère nord (Humboldt). — 2° Les vents périodiques, où moussons (voy. Climats chauds), généralement dirigés en été vers les continents, et pendant l'hiver en sens opposé. Dans l’océan Indien, souffle d'avril en octobre un mousson S.-0., et, d'octobre en avril, un mousson N.-E. Au Brésil, le mousson du printemps est N.-E. et celui d'automne S.-0. Les brises de terre (nocturne) et de mer (diurne) se lient à la périodicité nychthémère, et ont pour causes les variations thermométriques de l’atmosphère ; régulières entre les tropiques, elles se coordonnent aux saisons dans nos climats, et leur durée suit la longueur des jours et des nuits. Dans les montagnes règnent des brises analogues que Fournet a décrites sous le nom de flux et reflux atmosphériques; elles consistent en un courant ascendant diurne et un courant descendant nocturne (thalwind, aloup de vent, etc). Ces courants se forment dans les concavités des vallées et le long des rampes ; leur alternance concourt à un phénomène bien connu de ceux qui ont voyagé dans les montagnes, la condensation des fuméeS ou des vapeurs autour des sommets élevés pendant le jour , et leur concentration pendant la nuit dans la profondeur des vallées. — 3° Les vents variables, alternant entre eux ou variant suivant les saisons, dominants dans quelques localités, momentanés dans d’autres ; ce sont ceux de nos climats tempérés. Fournet a partagé la France en trois zones anémographiques : égion atlantique, le centre, le nord-est, le nord et l’ouest de la France; vent prédominant, S.-0.; — Bassin du Rhône, le vent du nord y prédomine ; — /égion méditerranéenne, subdivisée en partie occidentale où prédominent les vents d’ouest à l’est, et en partie orientale où le vent N.-0. l'emporte sur les autres. Les différences de température des saisons influent sur la direction des vents : pendant l'été ils soufflent du côté des mers, et pendant lhiver, du côté des continents. Schouw a noté que les vents ont en moyenne une direction plus australe en hiver que dans le cours de l’année, et le maximum de cette direction s’observe en janvier. Les vents d'est prédominent suivant lui en mars et en avril; l’ouest en été,

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surtout en juillet, et la direction moyenne de cette saison est N.-0.; en automne, les vents du sud l’emportent. On consultera avéc imtérêt letableau dressé par Kaemtz pour indiquer la fréquence relative des différents vents dans un certain nombre de contrées importantes :

Angleterre... 1. 82 France et Pays-Bas.. 126 Allemagne. :....1. 84 Dinemanls ils où 5 RL «. . 102 Russie et Hongrie... 99 Amérique du Nord.. 96

411 ,.225 ELT 192

OMLUN:-07 411: 120 109 +70 195 434 161 156 159 106 166 192 101 210

La température des vents dépend de celles des régions qu'ils ont parcourues avant de nous atteindre : ont-ils passé sur des sommets neigeux , sur des glaciers ou sur une vaste étendue de sables brülants, ils roulent des masses d'air refroidies ou échaulffées par ces contacts. On connaît les vents chauds appelés samoun, semoun, sitmoun, samiel, en Arabie, en Perse, dans presque tout l'Orient ; khamsin en Égypte, harmattan dans le Sahara, so/ano en Espagne, sirocco en Italie. Dans le sud de l'Europe, les vents du nord sont très froids. Les chiffres suivants précisent l’inflaence des vents sur

la température moyenne de l'air :

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