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IV. Versant du S. ou /1 bassin de OU

$ 5.,— Des différentes espères d'eaux et de leur atmosphère, L — Eaux pluviales.

Les pluies, soit qu’elles proviennent des combustions électriques qui s’opèrent par les temps d'orage dans les régions élevées de l'air, soit que, par un simple effet de condensation, elles précipitent les quantités de vapeur aqueuse qui excèdent la mesure de saturation de l'atmosphère, agissent directement sur la salubrité des climats, sur l’état du sol, sur la marche de la végétation, etc. Cette influence dépend à la fois et de leur quantité et de leur mode de dispénsation. Quant à la quantité des eaux pluviales, elle est proportionnelle à la latitude et à Ia hauteur; elle augmente des pôles à l'équateur, parce que la capacité de l'air pour l’eau est en raison directe de Ia température moyenne des climats : c’est ce qui ressort du tableau suivant, où l’on a indiqué les quantités moyennes de pluie que reçoivent annuellement différentes parties du globe.

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hh°? HYGIÈNE PRIVÉE.

La hauteur semble agir comme la latitude, car il tombe plus d’eau sur les montagnes que dans les plaines, et cette différence s'explique par l'attraction qu’exercent les lieux élevés sur les nuages, par la température basse qui y règne et y favorise la formation de la pluie; néanmoins, dans une même localité, la quantité de pluie diminue suivant l'élévation : ainsi l’udomètre placé dans la cour de l'Observatoire de Paris a recueilli plus d’eau pluviale que l’udomètre établi sur la terrasse ; le même fait a été vérifié par Boussingault en Amérique, et par Heverden et Philips en Angleterre. Ce dernier, par une série d'observations, est arrivé aux conclusions suivantes : 4° Le volume des gouttes de pluie augmente dans leur chute par la condensation des vapeurs qu’elles rencontrent; 2° l’augmentation suit une progression plus rapide que la distance entre le sol et le point d'où part chaque goutte; 3° la proportion de cette augmentation varie suivant les saisons. Plus un continent s’élance au-dessus du niveau des mers, plus il s'éloigne de la sphère d’évaporation des mers; aussi les sommets des montagnes très élevées sont-ils le siége d’une sécheresse extrême, et les nuages qui roulent sur leurs flancs, les vapeurs promenées par les vents dans les couches inférieures de l'atmosphère, ne troublent point la sérénité des hauteurs où surgissent les pics chargés de neiges éternelles.

Les autres circonstances qui déterminent l’état hygrométrique des localités sont le voisinage ou l'éloignement des forêts et des grandes masses d’eau, la direction des vents et les espaces intermédiaires qu'ils parcourent : c’est ainsi qu'il tombe plus d’eau météorique sur les côtes que dans l’intérieur des continents; c'est ainsi que le département de l'Ain, côtoyé par le Rhône et la Saône, reçoit par an 45 pouces de pluie, tandis que Paris n’en reçoit que 22. Les vents du sud et d’ouest entraînent sur l’Europe les vapeurs de l'Océan et de la Méditerranée. La Norvége, les côtes orientales et occidentales de l’Afrique doivent à la double proximité des forêts et des montagnes leur ceinture de brouillards et l'abondance de leurs pluies. Madrid, assis sur un plateau élevé et loin de la mer, se fait remarquer par sa sécheresse.

Le mode d’après lequel les pluies sont dispensées aux différentes contrées du globe permet de les distinguer en pluies climatériques ou régulières, et en pluies accidentelles ou irrégulières; ces dernières appartiennent plus particulièrement aux zones tempérées, et dépendent en grande partie de la versatilité des saisons et de l’action des conditions locales. En général, il tombe une plus grande quantité d’eau dans les saisons chaudes que dans les saisons

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froides. Sous la zone torride, les pluies commencent lorsque le soleil passe par le zénith en s’avançant vers le solstice d'été ; elles se terminent quand il repasse par la même verticale; modérées encore en Juillet, elles redoublent en août et en septembre pour se ralentir eu octobre, qui est le dernier mois pluvieux. Généralement c'est en automne que les pluies se montrent le plus abondantes : en Égypte, elles tombent depuis le mois d'octobre jusqu’au mois de décembre. Du 33° au 45° degré de latitude (Grèce, Italie, Espagne, Provence), c'est encore en automne qu’il pleut le plus; mais les chaleurs intenses du printemps et de l’été sont tempérées par de copieuses rosées. Du 45° au 50° (France, Autriche, Hongrie), le printemps amène les pluies les plus fortes; mais du 50° au 55° (Belgique, Allemagne septentrionale), c’est encore l’automne qui est la saison des pluies et des brouillards. Du 55° au 68° (Danemark, Suède, Norvége, etc.), la plus grande quantité tombe au printemps, dont la durée est d’ailleurs très courte. Enfin, du 60° au 70° (Laponie, Spitzberg, Kamtchatka), les pluies et Les brouillards surviennent pendant l'été. En Europe, il tombe plus d’eau le jour que la nuit; le contraire a lieu dans les régions équinoxiales. Nous appelons ces pluies climatériques, parce qu’elles caractérisent par leur apparition et par leur durée l'ordre des saisons suivant les latitudes ; mais on observe encore des pluies accidentelles, c’est-àdire survenant hors de la saison pluvieuse : très rares sous le tropique, elles sont beaucoup plus communes dans les zones tempérées ; c'est pourquoi celles-ci comptent annuellement un nombre plus considérable de jours de pluie que les régions intertropicales, encore qu'elles reçoivent une moindre quantité moyenne d’eau par an. Or, les pluies ménagées, quoique moins abondantes, impriment à la constitution atmosphérique un cachet d'humidité durable et pénétrante, tandis que les pluies torrentielles de la zone torride, accumulées sur un petit nombre de jours, constituent une phase passagère de l’année. Toutelois l'influence décisive des localités se fait sentir encore ici. Les observations faites au Sénégal pendant deux ans par Thévenot (1), prouvent qu’il y pleut beaucoup moins que dans des pays plus éloignés de la ligne ; d’un autre côté, il pleut huit à neuf mois de l’année à Cayenne, qui reçoit par an 108 pouces d'eau; à Bourbon, qui en reçoit 39; aux Antilles, qui en reçoivent 78. Mais la plus grande masse d’eau tombe dans la plus courte portion de l’année; aussi les pluies de la bonne saison, ou pluies

(1) Loc. cit., p. 76,

ht HYGIÈNE PRIVÉE.

accidentelles, ne sauraient se comparer aux averses diluviales de l’hivernage.

Voici comment les quantités moyennes d'eau qui tombent à Paris se distribuent sur les différents mois de l’année :

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L'eau de pluie est douce, limpide, légère; elle contient en dissolution, à + 10 degrés centigrades et à 76 centimètres de pression, environ la 25° partie de son volume d’un mélange d'azote et d’oxygene (azote, 60; oxygène, 40) ; l’eau distillée et qu’on agite à l'air, ne contient que 33 oxygène; l’eau de Seine n’en a que 31,9. Péligot (1), dans de l’eau de pluie qu’il a recueillie directement dans un jardin, au mois de mai 1856, a trouvé, par litre, 23 centi-. mètres cubes de gaz ; 100 volumes de ce gaz ont donné 32 d'oxygène et 68 d'azote, après déduction de 2,4 d'acide carbonique. Par l'élévation de la température, ou, ce qui revient au même, par la diminution de la pression, ce mélange gazeux va diminuant; d’où il résulte que les eaux pluviales, comme les eaux courantes, en retiendront des proportions variables suivant la hauteur des lieux qu’elles sillonnent. Boussingault a constaté qu’au niveau des mers l’eau renferme 35 d'azote et d'oxygène méêlés dans la proportion mentionnée ci-dessus; à Santa-Fé de Bogota, situé à 2640 mètres au-dessus du niveau des mers, l’eau n’en offrait plus que 14; au torrent de Basa (3000 mètres), la proportion se trouvait réduite à 41. Le gaz acide carbonique varie de même suivant les hauteurs dans les eaux pluviales; elles fournissent des traces de chlorure de sodium dans le voisinage des lacs salés et des mers. Quand elles sont précipitées sur un sol desséché par des chaleurs de longue durée, elles entraînent des matières pulvérulentes, des larves d’insectes, des animalcules, des débris végétaux qui nuisent à leur conservalion : aussi peut-on garder plus longtemps l’eau de pluie recueillie en pleine mer. Smith {2), qui a recueilli et analysé de grandes quantités de pluie, est convaineu qu’il tombe avec les eaux

(1) Annales de physique et de chimie, 3° série, 1857, t. LI, p. 369. (2) L'Institut, n° 779, p. 378.

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de pluie les plus pures une poussière variable dans sa composition suivant les localités; en Angleterre, elle consiste en cendres de houille. On s'explique ainsi la quantité de sulfites et de chlorures que contient l’eau de pluie; celle-ci est souvent alcaline, probablement à cause de l’'ammoniaque de la houille brülée, et qui neutralise l'acide sulfurique que l’on y rencontre si fréquemment : à Manchester l’eau de pluie est environ de 2 { moins pure que celle qui provient des collines environnantes, différence qui résulte des corps étrangers qu’elle emprunte à l'atmosphère de la ville.

Boussingault a constaté, par une série d'expériences, la présence du carbonate et du nitrate d’ammoniaque dans les eaux des pluies. La quantité moyenne d’iämmoniaque dans la pluie mesurée au Liebfrauenberg, depuis le 26 mai jusqu’au 8 novembre 1853 (77 pluies) a été de Omilligr. 52 pour un litre d’eau météorique, quantité minime, mais supérieure à celle qu’il a dosée dans les eaux de rivières et de sources. Le carbonate d’ammoniaque, soluble et volatil, émane du sol dans l'atmosphère et lui est restitué par les pluies : c’est une alternative continue d'émissions à l’état de vapeur et de retours à l’état de dissolution. Quant au nitrate, les expériences de Cavendish expliquent sa présence dans les pluies d'orage : il se forme au sein des nuages orageux par l'excitation de l’étincelle électrique; mais Henri Ben Jones, en Angleterre, et Barral, en France, l'ont signalé dans les pluies recueillies à toutes les époques de l’année; et comme il est un sel fixe, Boussingault admet qu’il doit avoir fait partie des poussières tenues en suspension dans l'air, comme les iodures, comme le sel marin, et généralement toutes les matières solubles et non volatiles qu’on décèle dans les eaux météoriques. Aussi la pluie en contient-elle plus à son début que vers sa fin.

Il. — Mer.

La mer occupe plus des deux tiers de la surface du globe; dans l'hémisphère boréal, elle est à la terre comme 1000 à 419, et dans l'hémisphère austral comme 1000 à 129 ; ses profondeurs constatées varient entre 3000 et 10 000 mètres. Limpide et légèrement verdâtre près des rivages et sur les bas-fonds, elle prend un aspect bleu noir là où elle offre le plus de profondeur; elle n’a point d’odeur; celle que l’on perçoit sur les rivages provient des varechs. L'eau de mer à une saveur à la fois salée, amère et nauséeuse ; sa pesanteur moyenne, plus forte que celle de l’eau douce, est, d’après Gay-Lussac, de 1,0286; selon de Humboldt, sa densité

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augmente depuis les côtes de la Galicie jusqu'aux îles Canaries, puis elle diminue du 22° au 18° degré de latitude; l’évaporation augmentant avec la température, on admet généralement que la pesanteur spécifique de la mer va croissant du pôle à l'équateur. Voici, d'après Marcé, les chiffres qui en expriment les variations :

Mer Glaciale...... 1,00057 Mer de Marmara... 41,01915 Mer Baltique..... 1,01523 Mer Jaune....... 1,02291 Mer Blanche. ..... 1,01901 Méditerranée..... 1,02930 MereNoire.. ....., ‘1,01418

À l’embouchure des fleuves, l’eau douce, plus légère, surnage et la salure de la mer se prononce moins. Les eaux de la mer s’échauffent moins à leur surface que le sol, parce que les rayons solaires qui la frappent avant de s'étendre entièrement, pénètrent à une plus grande profondeur. L'eau possède un pouvoir rayonnant très considérable, et la surface de la mer se refroidirait à la fois par rayonnement et par évaporation, si, en raison de leurs molécules, les couches d’eau ne tendaient sans cesse à se diriger vers le fond de la mer, à mesure que leur densité augmente par le refroidissement. La température de l’eau de mer est plus élevée que celle de l’eau ordinaire; elle varie suivant ses latitudes; et là où il n'existe ni courants ni bas-fonds, elle indique à peu près la température movenne de la latitude où l’on se trouve. L'océan équinoxial atteint très rarement le maximum de 28 degrés: on ne l’a pas vu jusqu'ici au-dessus de 36°,6. Dans de larges bandes de la zone équinoxiale, la surface de la mer perd une partie de sa température à cause des courants qui amènent de l’eau froide de latitudes plus élevées : cette perte est telle que dans l'océan Atlantique, à l’ouest et au sud-ouest des côte de Guinée, l'eau de la surface s’abaisse jusqu’à 20°,6 et 22 degrés, et le long des côtes péruviennes, jusqu'a 15°,4, et 19 (Humboldt). Sur les bas-fonds, la mer est plus froide qu’au large. La température de la mer, prise à la surface, est plus faible à midi que celle de l'atmosphère observée à l'ombre ; elle est plus élevée à midi: le matin et le soir, l’une et l’autre sont à peu près égales (Davy). Vers le 50° degré de latitude, les eaux de la mer se congèlent près des rivages; vers le 60°, la glace se présente au large, de plus en plus abondante ; enfin les glaces fixes apparaissent vers le 80°. La température de l'Océan décroit de la surface au fond; des sondages thermométriques ont signalé, à 3000 et à A000 mètres de profondeur, des températures voisines de 2° centigr. pour des points équatoriaux où les eaux superficielles marquaient 26° et 27° au thermomètre. A bord de la Bonite, à une

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profondeur de 1600 brasses, la température de l'air étant de + 26°, le thermométrographe rapporta un minimum de + 6°,7 (1). Les expériences faites à bord de la Zélée et de l'Asérolabe ont établi que jusqu’à une petite profondeur, la température de la mer augmente, mais qu’au delà, elle baisse, sans que cette décroissance soit en rapport régulier avec le degré de profondeur. Dans l'une de ces séries d’explorations, la mer, donnant + 19°,5 à sa surface, a révélé par les sondes :

A 53 brasses..... 20°,6 4153" brasses..... 155 SEUL es ar sous. s« 200,9 DD —. hui 15°,0

L'analyse des eaux de mer, faite par un grand nombre de chimistes, offre quelques différences suivant la latitude, la profondeur, etc., dans l'Océan et dans la Méditerranée; celle de Marcet a donné le résultat suivant : chlorure de sodium, 26,600 ; chlorure de calcium, 1,232; chlorure de magnésium, 5,154; sulfate de soude, 4,660 : total, 37,646 de sels desséchés obtenus sur 1 kilogramme d’eau qui avait été recueilli au milieu de l'océan Atlantique nord. Outre ces principes, on a signalé dans l’eau de mer la présence du brome (Balard), le chlorhydrate de potasse, d’alumine et d’ammoniaque (Gay-Lussac, Ch. Gmelin), le chlorure de potassium (Wollaston), et autres substances admises par les uns, niées par les autres.

L'’iode, qu'aucune recherche n’a pu encore démontrer dans l’eau de la mer, doit certainement y exister, puisque tous les corps organisés de la terre en contiennent (2); l’analyse la plus récente, faite par J. Usiglio (3), a donné, pour un litre d’eau de mer de la Méditerranée (à 3500 mètres de la côte de Cette et à un mètre de profondeur) :

Gram.

PAT TIM oo me sa oies nat: de en es 0,003 Carbonate calcique ..........:. sen 1e 0,118 Sulate-caléiquerssranis dure ie tn ns . 1,392 SHIFAle ARE SU... ,.. 0. se si ose 2,541 Chlorgre MAgNÉSIQUE.:.., ee e + ses re « à 3,302 Chlorure potassique....... Nip 0,518 DOME SO UIQUe.. Su de ne de ciel %- 0,570 COOPER POTIQUE: - nuisances à se dr sé . 30.182 LEE, RS er EL de NE CARRE LA ET RARE 987,175 Poids total du litre..... . 1025,800

(1) Fonssagrives, Hygiène navale, Paris, 1856, p. 328. (2) Annales de physique el de chimie, septembre 1849, p. 107. (3) Loc. cit.

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Les plus récentes analyses des eaux de l'Océan ont été faites par Fauré (1) :

EAU DE MER RECUEILLIE OCT OMR QUI EE Frrepes |

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