‹ Traité d'hygiène publique et privée (volume 5)Chapitre 20 sur 94 · RESPIR. VITALE · texte numérisé non relu

RESPIR. VITALE

Dlm iliires.

Le pokls exerce sur le pouvoir respiratoire uue » « ;

régulière et moins décisne ; il '"'f^' '-^ ^l'! J'" ' sensible lorsqu'il devient considérable ou excessif. LexanienUe 2 : individus a conduit Hutclnnson i. -t-e conclusion ,ne a que le poids moyen du corps n'excède pas 10 >;» ' ' ' " ^' . l„v,.n calculé pour chaque taille, il reste sans eiret sur la capacité :i';;t:ir:tl;n,aislp,e. cette llmiteune^^^ augmentation de 1 kilogramme tlans le poids .lu " P „„e.lin.inut,on d. 32",8 cubes dans la '-l-'";, ^ ne cer-

11 esflonc impossible de méconnaître la '^"'"'f . taiue élévation de la taille et du développement des lorces o, «a

niques. Une preuve de plus à l'appui de cette conclusion ressort du mouvement des hôpitaux militaires et de la mortalité dans l'armée. Les corps d'élite ou les armes spéciales, comme on les appelle, telles que l'artillerio, le génie, les pontonniers, les ouvriers d'état, etc., fournissent un moindre contingent de maladies et de décès que les troupes d'infanterie. Or, pour celles-ci, la taille légale est de 1"',56 = pieds 9 pouces; elle est de 1", 706 = 5 pieds 3 pouces pour les armes spéciales. Il suffit de jeter un coup d'œil sur un régiment d'artillerie et sur un régiment de ligne pour être frappé, au premier abord, de la différence des constitutions qui en peuplent I les rangs ; néanmoins la désignation des recrues pour les différentes armes n'a lieu que d'après les mesures de taille.

En considérant le développement de la taille comme un indice de force générale, nous avons en vue une forte moyenne, non les statures les plus élevées ; il est d'observation que ces dernières, sauf quelques exceptions athlétiques, n'ont souvent de la force que les apparences et le luxe extérieur ; nous ne reléguons pas non plus d'une manière générale, parmi les constitutions débiles, les individus de petite taille: lorsqu'ils sont bien conformés et bien pris dans leurs proportions, ils résistent mieux que les gens de stature élancée, mais grêles, à courte poitrine et à membres allongés. Les médecinsmilitairessaventqueles constitutions de moyenne et même de petite taille, mais carrées et fermes, qui se rencontrent parmi les voltigeurs et les chasseurs, offrent plus de ressource que les grenadiers, dont un grand nombre, originaires du Nord et de 1 Alsace, croulent promptement sous les atteintes de la maladie M. Louis (1) et M. Briquet (2) ont aussi constaté que les sujets de grande taille sont plus disposés à la phthisie pulmonaire.

Nous avons examiné dans quel rapport se trouve la force avec les différences individuelles de l'organisation, telles que tempérament, idiosyncrasies, âge, sexe, hérédité, habitude, taille et poids du corps ; il nous reste a la considérer, dans la totalité de l'orga- 'nisme. aux prises avec les mtluences du monde ambiant. C'est ici que la dislinct.on de la force habituelle et de la force virtuelle, ou iorce en reserve, s'applique avec vériié L homme ne conserve son équilibre qu'en réagissant incessamment

L/s^^getsui'v. '^"^''"^ ^«*3, I (2) Briquet, Revue médicale, février 1842.

256 HYCIÈNE PRIVÉE.

contre les influences extérieures. Celles-ci ne sont constantes ni dans leur intensité, ni dans leur durée, ni dans la vitesse de leur succession ; mais quelles que soient leurs variatious, elles ont une latitude comprise entre deux extrêmes lixes, ce qui permet d'en calculer la moyenne, et par suite celle de la résistance que l'homme est obligé de leur opposer. Soit, par exemple, la température du climat: elle oscille entre un maximum et un minimum, elle oll're une moyenne annuelle, et dès lors il est aisé de prévoir jusqu'à quel point le pouvoir calorifique de l'homme devra s'exercer pour maintenir la température animale dans une limite à peu près invariable. Tant que les influences extérieures n'excèdent point l'échelle ordinaire de leurs vicissitudes, la résistance que l'homme leur oppose n'exige que le développement de sa force habituelle; mais si elles acquièrent une intensité insolite, si elles dépassent leur latiiude ordinaire de variations, l'organisme doit réagir avec une énergie proportionnelle, il doit développer une force de plus en plus grande, et il vient un moment où, près de s'épuiser, incapable de prolonger sans détriment la lutte, il appelle à lui le secours de tous les moyens propres à la garantir contre l'agression ruineuse des influences du dehors. Dans cette progression de réactions qui a pour termes extrêmes la santé facile et l'imminence morbide, l'homme débute par la dépense de sa force habituelle, se soutient en développant sa force virtuelle, et si l'influence à laquelle il résiste n'est surmontée ou ne disparaît, la nature devient insuffisante. Or, ni la force que l'organisme développe habituellement, ni celle qu'il peut développer en raison de sa virtualité, ne sont départies à toutes les constitutions dans une mesure égale : c'est ce qu'il est aisé de vérifier en observant plusieurs individus soumis à l'action perturbatrice d une mAme cause. Les cas suivants st /)résenteront : 1' Perturbation fugace, retour presque immédiat à l'équilibre fonctionnel par la réaction efficace et instantanée de l'organisme. 2° Oscillation de quelque durée et rétablissement dans la plus courte période de temps 3° Maladie, mais qui, à l'aide du simple régime, se termine spontanément par le retour complet à la santé. W Maladie, laquelle, abandonnée à elle-même, est suivie d'un rétablissement incomplet, d'une convalescence longue et incertaine. 5" La maladie est plus grave les soins de l'art sont indispensables; la guenson qu >ls amènent laisse à sa suite faiblesse et langueur. La force revient cependant, mais non plus dans la mesure qui existait avaiU l accident 6" Un dernier cas est celui où la guérison ne peut être com-

t)E LA CONSTITUf ION. 257

plétée, même avec le concours de moyens les mieux dirigés et des soins les plus persévérants. Nous avons supposé six individus, impressionnés par la même cause, et se comportant chacun suivant sa nuance de constitution ; mais notre supposition est singulièrement outre-passée par la variété des types organiques, et par conséquent, des manifestations réaclionnelles. Pour apprécier les conditions individuelles de l'équilibre qui fait la santé, il y aurait à considérer l'intensité comparée des forces organiques et des influences qu'elles ont à surmonter, la persévérance des unes et des autres dans une même mesure d'action, la promptitude avec laquelle les unes et les autres se développent et parviennent au maximum relatif de leur intensité ; ne pouvant entrer dans ces détails, nous résumons notre opinion sur la force envisagée dans la totalité de l'organisme par cette citation d'Hippocrate : « Selon moi, les constitutions qui se ressentent proiiiptement et fortement de leurs écarts sont plus faibles que les autres ; le faible est celui qui se rapproche le plus du malade; et le malade est encore plus faible : aussi doit-il souffrir plus que tout autre des fautes du régime (1). »

La constitution se traduit par la force ; la force se révèle dans certaines conditions d'organisation et de fonctionnalité; elle s'épuise graduellement ou violemment dans les réactions incessantes de l'organisme contre les influences extérieures. La série de ces réactions compose la vie : la durée de la vie mesure donc en définitive la vertu des constitutions, et la question de force constitutionnelle se résout dans les chiffres comparés de la mortalité. Des lacunes se font sentir ici dans la statistique : on n'a pas encore recherché les proportions de la mortalité suivant la taille, l'hérédité, les tempéraments et les idiosyncrasies ; mais elle a fourni des données péremptoires sur les rapports de la mortalité avec l'âge, le sexe et les professions; celles-ci expriment en partie l'induence des habitudes Ces résultats numériques trouveront place dans la seconde partie de ce livre , d'autant mieux que la macrobie, suivant l'expression de P. Lucas (2), a son origine première dans l'espèce et se rapporte a 1 espèce.

(1) Hippocrale, trad. Littré, Traité de l'ancienne médecine, 1. 1, p. 597.

(2) Traité physiologique de l'hérédité naturelle dans les états 'de sauté et de maladie. Paris, 1850, 2 vol. in-8.

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