VII. — Périodicité
La périodicité exerce une notable influence sur les phénomènes météorologiques. L'atmosphère a des phast-s de jour et de nuit, de mois et de saison, lesquelles ont des rt;lations plus ou moins prononcées avec les vicissitudes fonctionnelles et dynamiques de l'organisme. 1° Par un ciel serein, l'état électrique des couches inférieures de l'atmosphère atteint chaque jour deux maxima et deux minima : le premier maximum a lieu de 7 à 9 heures du matin et le second de 7 à 9 heures du soir ; le premier minimum, vers k heures du matin et le second de 5 à 10 heures du soir : toutefois les variations de l'état hygrométrique de l'air produisent des variations correspondantes dans sa conductibilité; de là des anomalies et de là le désaccord des observations de de Saussure avec les lois générales de l'électricité. 2» Les intensités de lumière solaire ont chaque jour un maximum avant midi et deux minima qui correspondent aux crépuscules. Les effets chin)iques produits par l'effet de la lumière dans les procédés dagucrriens présentent les différences les plus tranchées à des heures également distantes de midi, a 10 heures du matin et à 2 heures du soir, à 8 heures du matin età /i heures du soir. Toutes ces modifications, dit M. deHumboldt (1), inlluent
(1) Voyage dans l'Asie ccnirale, t. III, p. 109,
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peut-être aussi sur les organes de l'homme, mais leur influence a étéjusqu'ici tout aussi peu reconnue que celle de l'intensité des forces magnétiques, variable selon les latitudes, selon le flux et le reflux de la chaleur diurne et pendant les perturbations des aurores boréales. Les phases de la lune ne paraissent point sans liaison avec un grand nombre de phénomènes météorologiques. 3° La température présente un maximum vers 2 heures après midi, un peu plus tôt en hiver, uu peu plus tard en été. Le minimum a lieu, suivant Kaemtz, environ une demi-heure avant le lever du soleil, cet astre se trouvant encore à 12° au-dessous de l'horizon; en automne et en hiver, le minimum coïncide avec un abaissement de 18° au-dessous de l'horizon, et de 6° seulement en été. M. Bou- .vard, en combinant les observations recueillies pendant seize ans à l'Observatoire, a trouvé en moyenne pour le maximum, 14%47, et pour le minimum, 7",! 3. La température moyenne du jour s'obtient en prenant la moyenne de ces deux degrés extrêmes et la température à une certaine heure du matin ou du soir qui varie avec le mois; en juillet, c'est à 7 heures du matin que la température est égale à la température moyenne de la journée, à 10 heures en janvier, et pour les autres mois à des heures intermédiaires. Les varia tions diurnes de température augmentent avec la température ■moyenne du jour. D'après Kaemtz, il faut observer à k heures et à 10 heures du matin, à k heures et a 10 heures du soir; le quart de la somme des températures trouvées donnera une valeur qui s'éloiignera très peu de celle de la moyenne, h- Pendant toute l'année Ic'est le matin, avant le lever du soleil, que l'humidité est à son [maximum, et la quantité absolue de vapeur à son minimum Plus Me soleil s'élève sur l'horizon, plus l'évaporation augmente; mais il'air, pluséchaulfé, s'éloigne en proportion de son point de saturation, et nous paraît de moins en moins humide jusqu'au moment jou la températurea atteint son maximum (Kaemtz). En hiver augn.entat.oii régulière de la vapeur jusque vers l'après-midi; mais Isous 1 influence du refroidissement atmosphérique, la proportion de vapeur décroît, et l'humidité relative de l'air se prononce En été |la quantité de vapeur absolue, plus forte le matin, atteintun maxi- ^ raum avant midi, diminue ensuite jusqu'au moment du maximum I thermométrique, sansdescendre cependant aussi basque le matin et après le deuxième minimum, elle augmente de nouveau jusqu'au - lendemam matin. La rosée se forme en général toute la nuit mais en iplus grande abondance de minuit au lever du soleil, parce que cette
seconde partie de la nuit est plus froide que la première. 5" Les périodes barométriques diurnes se dessinent moins nettement dans nos climats que vers l'équateur, à cause des variations accidentelles dont l'étendue augmente avecla latitude. Les moyennes de plusieurs mois d'observation ont fourni le résultat suivant : en été, le maximum a lieu avant 8 heures du matin, le minimum à U heures de l'après-midi, et le second maximum à 11 heures du soir. En hiver, le maximum s'observe à 9 heures du matin, le minimum à 3 heures de l'après-midi, et le second maximum à 9 heures du soir. En ( somme, le baromètre monte le matin , baisse dans le milieu du i jour, remonte le soir pour baisser la nuit. A minuit et à midi, par un ciel pur et par une atmosphère tranquille il se lève presque toujours un vent léger, ou celui qui règne change de direction; le matin, en hiver, il souffle un vent d'est; et le soir, en été, un vent > d'ouest. On peut dire d'une manière générale que les fluctuations météorologiques de chaque jour sont gouvernées par la position ; relative du globe et du soleil, et se déclarent presque constamment dans les quatre points cardinaux, le lever et le coucher du soleil, midi et minuit, comme elles font aussi dans les points du mouvement annuel qui sont les deux solstices et les deux équinoxes.
La périodicité mensuelle ou lunaire se dénote également par des mutations régulières dans l'atmosphère ; ce rapport, exagéré autrefois par les zélateurs des influences sidérales, nous paraît avoir été trop atténué par Burdach(l). D'après une longue série d'observations. M. Flaugergues a découvert que le baromètre monte, depuis l'époque où la lune est à 135" du méridien vers l'est jusqu'à 90° ouest, et que l'étendue de cette variation est de \"\US. Les observations de M. Flaugergues ont été confirmées par celles de M. Bouvard. Il résulte d'un journal de quarante-huit années, que les hauteurs moyennes du baromètre sont plus grandes lorsque la lune est apogée que quand elle est périgée (2). La table dressée par Toahlo i des changements survenus dans les points lunaires, prouve qu'il y a eu 950 changements de temps sur 1,106 nouvelles lunes ; 156 fois seulement le temps n'a point changé, = : : 6 : 1. Les pleines lunes donnent : : 5 : 1; le périgée : : 7 : 1. On a remarqué que les pluies et les inondations qui dévastèrent le midi delà France les iU, 15 et
(1) Traité de physiologie. Paris, 1839, t. V, p. .323.
(2) Tourterelle, t. I, p. 21 G.
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16 novembre ITtiô coïncidèrent avec le périgée, la pleine lune et le lunistice boréal.
La quantité de vapeur aqueuse qui varie dans l'air avec les heures de la journée par l'action seule de la température, varie également suivant les mois et les saisons ; le tableau suivant indique Thum dité absolue et relative de l'air à Halle pendant les différents mois de l'année (Kaemtz).
Tension
Mois. de la vapeur dVau. Humidité relative.
Janvier 4 509 (minimum). 0 850
Février 4 749 — 0 799
Alars 5107 — 0764
Avril 6 247 — 0714
Mai 7 836 — 0691
Juin 10843 — 0697
Juillet 11626 (maximum). 0 665
Août 10701 — 0661 (minimum).
Septembre 9 560 — 0 728
Octobre 7 868 — 0789
Novembre 5644 — 0 853
Décembre 5 599 — 0862 (maximum).
D'où l'on voit qu'en hiver la tension de la vapeur est moindre qu'en été; mais l'humidité est à son maximum, et vice versa.
M. de Gasparin (1) a calculé les quantités moyennes de pluie tombée en Europe dans les diverses saisons :