IV. — Constitution, hérédité
Les constitutions robustes ne s'accommodent point delà nourriture qui réussit à l'homme faible et valétudinaire; les aliments légers, peu nutritifs, les feraient dépérir; elles ont besoin desub^ stances consistantes, tenaces, capables d'exercer fortement les organes digestifs, et de fournir aux besoins d'une large assimilation. Le genre dévie intervient ici dans le règlement de la diète : ainsi, les organisations vigoureuses ne sollicitent ce mode d'alimentation qu'autant qu'elles dépensent, par l'exercice ou par le travail, l'excédant (les matériaux qu'il leur procure; sinon elles tomberaient dans la condition des athlètes dont parle Hippocrate [Aphor. 3, sect. i), et pour qui le péril était dans l'exubérance de leur santé: « Il faut dissiper cet état sans retardement, afin que le corps recommence sur nouveaux frais la réparation. » Les mets qui couvrent la table du citadin efféminé seraient un poison de sensualité pour les robustes enfants de l'atelier ou de la campagne; il leur faut des aliments compactes et durs. Les personnes délicates, frappées de débilité originaire, ont besoin d'une nourriture substantielle, mais prise en petite quantité, mais répétée plusieurs fois dans la journéela seconde règle de leur régime, c'est une certaine uniformité : elles n'imiteraient pas impunément les constitutions fortes dans la variété de leur régime et l'inconstance de leurs habitudes. C'est par un régime très nutritif, mais égal et persévérarit, qu'il est donné de remédier à la faiblesse primitive de l'organisation et d'améliorer la race de nos populations déchues, le développement de l'homme étant le produit de sa nutrition autant que des agents de l'hérédité organique. L'économie se modifie profondément sous l'influence d'un genre de diète longtemps continué : l'usage ou la privation de certains aliments peut donc devenir entre les mains du médecin un correctif des dispositions transmises avec le sang. Sans qu'elles atteignent aucune constitution dans ses racines, les diverses diètes employées rationnellement peuvent concourir avec efficacité à l'extirpation des maladies de famille, et quoique cette partie si importante de l'hygiène soit peu avancée, ceux qui ont reçu le germe d'une affection héréditaire agiront avec prudence en suivant un régime alimentaire opposé à celui de leurs parents. De ce que nous
^'^ HYGIÈNE IMUVÉE.
avons dit [Constitution) de la maigreur et de l'obésité, le lecteur déduira aisément les règles diéléliques qui conviennent à ces deux états.