‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 167 sur 196 · II. — éS · texte numérisé non relu

II. — éS

754 DES MODIEIGATEERS (’.ÉNÉUAUX. DES PUOI-’ESSIONS. [iiYGitNE

de ccrlaiiics parties et ü l’inertie des autres, donne aux professions un cachet d’extériorité bien connue : aux porteurs de la halle, les larges épaules; aux boulangers pétrisseurs, les bras volumineux; aux cordonniers, la dépression sternale^ etc. C’est dans l’enfance que les attitudes contribuent puissamment à déformer le stiuelette. Chez les enfants, les membres prennent la forme requise par les occupations de chaque jour; le défaut d’action des extenseuis du l'achis produit l’incurvation de cette tige, et par suite un changement de rapl)ort dans la situation des membres thoraciques. La conformation générale s’altère encore quand l’exercice forcé ne inet en jeu que certains muscles, et laisse dépérir les autres dans l’inertie : les cordonniers et les tailleurs ont presque tous le dos courbé. Ramazzini parle du plaisant spectacle de bossus, de courbés, de boiteux, que donnaient de son temps les processions de communautés de ces deux métiers. On n’a pas encore apprécié, à l’aide de la statistique, les effets réels de certaines attitudes vicieuses; on a bien dit que les métiers à station verticale donnent naissance aux varices, aux œdèmes, aux ulcères des jambes, à la faiblesse articulaire, aux douleurs néphrétiques communes, dit Ramazzini, chez les gentilshommes de la cour d’Espagne, où il n’y a aucun siège, etc. ; mais ce ne sont là qu’assertions d’auteurs d’ailleurs recommandables, sans preuves h l’appui. Ainsi Mérat affirme que les domestiques postés derrière les voitures sur la pointe des pieds sont sujets à l’anévrysme de l’artère poplitée; ainsi Stoll attribue aux cordonniers les hémorrhagies du poumon, Morgagni les anévrysmes du cœur, Corvisart les squirrhes du pylore et de l’estomac.

Des indications aussi vagues laissaient dans l’hygiène publique une lacune qui a été partiellement remplie par les recherches de A. Tardieu (1) et de Max. Vernois (2). Le travail de ce dernier est une revue de toutes les industries, de toutes les professions où « la main, acteur constant et obligé, se plie, se contourne, se façonne à toutes les exigences de l’action, de la pression, des directions qui lui sont imposées; de tous les cas où elle s’endurcit, s’écotxhc, s’ulcère, se colore, se déforme, où l’avant-bras se développe outre mesure, s’atrophie, se paralysé ». Il faudrait, pour en donner une idée exacte, transcrire ici le tableau tracé par Vernois de tous les signes, de tous les stigmates que la pratique des arts mécaniques et des industries diverses imprime à la main de l’artiste et de l’ouvrier, et tjui deviennent désormais le caractère de leur identité professionnelle ; ils se rapportent tous : 1® à des lésions isolées et toujours localisées dans un point œnnu à l’avance de l’épidcrmc et du derme (callosités, durillons) ; 2® à l’usure, à l’élongation spécialisée on h la coloration accidentelle ou permanente d’un, de plusieurs ou de tous les ongles; 3® à certaines coloralions ou à certaines odeurs de la main, des pieds ou de tout le corps ; A® à la présence de bourses séreuses accidentelles qui se

(1) A, Tardieu, d'hygiène, t. XLIl et XLIII (1849-1850).

(2l Max. Vernois, De la main des ouvriers et des artisans (Ibid. y 1862, l. XVII, 2® série, p. 104).

OESTA.

PlIliUQliE]

développent dans les points soumis à une pression plus ou moins constante ; 5” à la constatation chimique ou physique de certaines poussières organiques ou inorganiques, extraites des substances recueillies soit directement, soit à l’aide du lavage, dans les plis de la peau des mains, des pieds, sous les ongles, dans les cheveux, dans la barbe, à la surface des vêtements. A ces détails, Vernois ajoute l’indication sommaire d’autres lésions à la surface du corps, des attitudes et même des soulfrances qui sont le lot des professions, de manière h en donner un signalement pathognomonique, très-utile au médecin légiste, et résumant aux yeux de l’hygiéniste l’état actuel de ceux qui s’y livrent. Nous ne pouvons que renvoyer nos lecteurs au mémoire où sont consignés les résultats de ces patientes et judicieuses investigations. Celles de Tardieu, moins précises et étayées sur un nombre inférieur d’observations, l’ont conduit à partager en quatre groupes les modifications et déformations physiques que produit invariablement, dans certaines parties, l’exercice des diverses professions ; il les partage, quant à leur nature, en quatre groupes : 1“ épaississements partiels de l’épiderme ; effet direct du travail des mains chez les cardeurs de matelas, large surface oblongue, rugueuse, durcie, plus ou moins calleuse à la partie antérieure de l’avant-hras gauche, sur lequel appuie le peigne ; calus palmaire des b;itonnistes, des tambours, des ouvriei-s à marteau, des charrons, des serruriers, des cloutiers, etc ; durillons entre le pouce et l’index de la main droite chez les cochers ; double durillon en forme de cor sur la face dorsale de la deuxième phalange du doigt annulaire et au pouce, à la face palmaire et vers le bord interne de la première phalange chez les coiffeurs maniant le fer à papillottes, sans oublier l’élévation du thorax du côté actif par l’influence continuelle des muscles de l’épaule (Sœmmering); durillon en forme de cor sur le bord cubital du petit doigt de la main droite, au niveau de l’articulation de la phalangette, chez les écrivains, commis, etc., très-occupés; callosités en bourrelets plus ou moins saillants, plus ou moins ■ étendus, que portent en diverses parties, suivant le siège des pressions habituelles, les blanchisseurs, les menuisiers, les tourneurs, etc. — 2® Altérations 1 profondes de la peau; ramollissement; destruction du derme; crevasses comme chez les blanchisseurs de tissus, les débardeui’s, les polisseurs; destruction des ongles, comme chez les nacrières et les polisseuses de cuillers; formation de tumeurs et de kystes dermiques ou sous-dermiques, comme chez le tailleur d’habits, le vermicellier. — 3° Changement de coloration chez les ioüvriers qui blanchissent les tissus de laine à la vapeur du soufre; la peau des imains est ramollie par le contact de l’acide sulfureux, l’épiderme blanchi et ridé SC soulève et se détruit par place; chez les brunisseuses en cuivre, toute la face palmaire de la main droite est calleuse et noircie, excepté au niveau des plis de flexion ; la main des corroyeurs est colorée en brun par une espèce de tannage; la peau présente une coloration subictérique chez les cérusiers, rouge chez les ouvriers en minium; le liséré bleuâtre des gencives est un indice presciue positif de l’intoxication saturnine; chez les serruriers, chaque pi*

DliS MODlKlCATEUnS OÉNÉUAUX DES PROFESSIONS, [nvciKNE

de la peau est incrusté d’une matière noire, qui n’est autre chose que de la poudre de fer; le teinturier se dénonce de loin par ses mains parcheminées et teintes presque uniformément par une couleur qui, rebelle au lavage, cède à peine à l’action du chlore. — h° Déformations limitées à un organe, à une partie du corps, ou portant sur l’ensemble de la constitution : telles sont les variétés de doigts en spatule chez les cordonniers, les fleuristes, les repasseuses, les vitriers ; la déviation des doigts et l’ouverture de l’angle qu’ils forment entre eux ou avec le poignet chez le cloutier et chez l’ébéniste; la rétraction des tendons fléchisseurs chez le cloutier; la cambrure des doigts chez la repasseuse. Les cordonniers oO'rent une dépression profonde, circulaire, du sternum, immédiatement au-dessus de l’appendice xiphoïde sans déformation générale du thorax, et sur l’une des cuisses où s’applique un tampon de cuir, un aplatissement de la peau souvent glabre en ces points, par suite de l’oblitération des bulbes pileux. Les nacrières, occupées à mouvoir avec le pied droit une meule sur laquelle elles appuient fortement la petite pièce de nacre, ont une forte saillie de la hanche gauche et un abaissement de l’épaule du même côté. Les portefaix qui traînent une voilure à bras développent outre mesure les muscles de l’épaule, notamment la portion angulaire externe du trapèze, en même temps qu’à la base du cou, et sur chaque épaule la peau devient dure et calleuse par les frottements de la bretelle. Chez les tourneurs en cuivre, mécaniciens, ajusteurs d’instruments de précision, saillie sternocostale, comprenant le point de jonction des deux premières pièces du sternum et les deux secondes côtes qui proéminent fortement, à partir de leur tiers antérieur; au-dessous de cette crête, méplat large, formé par le sternum et l’extrémité antérieure des côtes, et représentant la surface d’appui de l’outil ; rétrécissement thoracique du côté droit, qui est projeté en avant avec l’épaule correspondante ; pieds très-larges à leur extrémité phalangienne, surtout le pied gauche, qui fait mouvoir la pédale ; son coussinet graisseux plantaire est plus épais et recouvert par un épiderme corné. Les tailleurs ont une dépression notable de la partie inférieure du thorax, par suite de leur attitude voûtée ; elle est placée plus bas que chez les cordonniers, au-dessous de l’appendice xiphoïde, et non limitée à un point du sternum ; elle jtrovient d’une déformation générale de la cage thoracique. Chez les mouleurs en cuivre, les : muscles des réglons sus-claviculaires, extraordinairement développés, for- • ment une saillie considérable à laquelle s’ajoute la dilatation des veines jugu- ■ laires; la poitrine olîre une voussure très-prononcée, tantôt générale, tantôt; bornée à la partie antérieure, plus souvent à la partie postérieure et à l’un des ; côtés de la poitrine ; ces vices de conformation coïncident avec des troubles • fonctionnels graves (voy. plus loin Charbon).

C’est à ce quatrième ordre de lésions professionnelles que l’hygiéniste ac- • cordera le plus d’importance; car, bornées à une partie du corps ou entraînant i une altération générale des formes, elles constituent les traits permanents de l’économie, et déterminent une altération parallèle dans ses fonctions. Beau- -i

publique] GESTA.

coup (le ces effets d’exercices professionnels se résolvent en infirmités incurables et restreignent fatalement les chances de la vie. Ainsi, l’attitude courbée exerce une influence certaine sur la production de la phthisie pulmonaire. Stoll, en signalant la pléthore locale des poumons et du cœur chez les tailleurs, l’expliquait, soit parce que le sang se distribue difficilement aux viscères de l’abdomen comprimé par la flexion du tronc en avant, soit parce qu’en raison des courtes inspirations que font ces hommes sédentaires, le sang qui est entré dans les poumons n’en sort pas assez promptement. La statistique, maniée par Benoiston de Châteauneuf et par Lombard, a justifié cette opinion en montrant que les ouvriers constamment courbés deviennent plus fréquemment phthisiques(l). Toutefois l’exercice musculaire, s’ajoutant à la position courbée, en corrige le maléfice. Ainsi, les jardiniers, les tanneurs, les blanchisseuses et les lavandières comptent très-peu de phthisiques, tandis que les professions qui, en arquant le corps, le laissent dans un repos presque complet (tailleurs, cordonniers, graveurs, vanniers, horlogers, etc.), dépassent la moyenne générale des phthisies par 100 décès (13 A sur 1000).

L’introduction des machines dans les fabriques donne lieu à de graves questions de sécurité pour les ouvriers et pour les habitations voisines qu’elles menacent de leurs feux ou de leurs éclats en cas d’explosion ; elle épargne à l’ouvrier les travaux les plus rudes et les plus fatigants, mais lui impose une prudence, une attention de tous les instants. La rapidité des rouages et des courroies de transmission, la vitesse de rotation des arbres en fer, sont des causes fréquentes de blessures, de mutilations et de mort. Le docteur Thouvenin, de Lille (2), estime qu’à Rouen et à Lille 2 ou 3 ouvriers périssent annuellement par cette cause, que 5 ou 6 sont forcés de subir des opérations graves, et que plus de 150 éprouvent des accidents moins funestes, tels que perte de doigts ou phalanges, plaies, arrachements, fractures, etc. Du

janvier 18A7 au 12 mai 1852, 120 établissements industriels ont envoyé à l’hôpital de Lille 390 blessés dont 12 sont morts, 339 ont guéri ou étaient encore à cette dernière date en voie de traitement, et 39 ont été amputés ou (îstropiés. L’habitude des ateliers ne préserve point les contre-maîtres, les ouvriers les plus anciens; l’étourderie ne fait donc pas seule tant de victimes. Outre la surveillance que nécessite un danger continu, il faut que l’ouvrier ait des habits courts, des manches étroites; que les arbres en fer, les courroies de transmission, les roues d’engrenage les plus puissantes, soient enveloppés de caisses de bois ou de cuir.

La Société industrielle de Mulhouse a institué une enquête sur les moyens de prémunir contre les accidents occasionnés par les machines. Audiganne,

(1) Benoiston de Châteauneuf et Lombard, Annales d'hygiène publique, t. VI, p. 5 ; t. XI, p. 5; t. XIV, p. 107.

(2) Thouvenin (de Lille), Influence de l’industrie sur la santé des populidtaas, etc. {Aiiiiides d'Iiijqièue, t. XXXVI, XXXVll et XLII, ji. 201),

758 DES MODIFICATEURS GÉNÉRAUX DES PROFESSIONS. [hygiène

dans la noie cfiie nous avons citée de lui plus haut, reconnaît ([ue l’on ne s’est pas encore assez préoccupé des conditions de sûreté à l’intérieur des usines : les accidents résultent des appareils mécaniques, des roues, des engrenages, des communications de mouvement, etc. Fussent-ils dus aussi souvent qu’on le prétend à la négligence de l’ouvrier, encore les patrons auraient-ils le devoir d’y obvier, de garantir l’ouvrier contre sa propre incurie. Une commission, nommée en 18û8 par le préfet du Nord, et présidée par le maire de Lille, a procédé par elle-même à des informations qui l’ont amenée à dire, dans son excellent rapport auquel nous ferons d’autres emprunts : « Nous entendons dire tous les jours que les accidents ou les blessures observés dans les fabriques sont toujours le résultat d’une imprudence de la part des ouvriers. Cela n’est pas exact, et c’est établir une fâcheuse prévention. » Avant de mentionner les dangers et les améliorations qui sont consignés dans cet important document, rappelons ce qui a été prévu et stipulé par les dispositions relatives aux machines à vapeurs; ces dispositions ont été refondues et coordonnées dans le décret du 25 janvier 1865. Aucune chaudière ne peut être mise en service avant d’avoir été soumise à froid, au moyeu de la pompe à pression, à une tension effective double de celle qui ne doit pas être dépassée dans le service. Chaque chaudière est munie de deux soupapes de sûreté, chargées de manière à laisser la vapeur s’écouler avant que la pression ail atteint la limite maximum. La tension de vapeur doit se dénoter d’une manière constante par un manomètre en bon état. Deux indicateurs du niveau de l’eau, dont un en verre, sont en outre prescrits, et mettent en garde contre les dangers qui pourraient résulter de l’insuffisance de l’alimentation. Les chaudières sont distinguées en trois catégories, basées sur leur capacité et sur la tension de la vapeur : on exprime eu mètres cubes la capacité, et l’on multiplie ce nombre par le numéro du timbre (pression maximum en kilogrammes par centimètre carré) augmenté d’une unité. Si le produit dépasse 15, les chaudières sont de la première catégorie ; au-dessous de 5, elles sont de la troisième. Les chaudières de la première catégorie ne peuvent être établies dans l’intérieur des ateliers et des habitations ; le préfet pourra toutefois les autoriser dans l’intérieur des ateliers qui ne font point partie des maisons habitées; il y aura au moins 3 mètres de distance entre les chaudières de la première catégorie et les maisons d’habitation ou la voie publique. Si cette distance est moins de 1ü mètres, l’axe du générateur prolongé doit rencontrer le mur de la maison voisine sous un angle plus petit que le sixième d’un angle droit. Sinon un mur de défense de l’épaisseur d’un mètre sera construit en bonne et solide maçonnerie à 50 centimètres d’intervalle au moins du massif de maçonnerie des fourneaux et des maisons voisines. Quand une chaudière de la première catégorie est autorisée dans un local fermé, celui-ci ne sera point voûté et sera couvert d’une toiture légère, disposée sur une charpente particulière et sans liaison avec les hàtimenls contigus. Les chaudières de la deuxième catégorie peuvent être élablicis dans l'inlérieiir d’un alelier rpii ne fait point parlio

publique] GESTA. ''T'*

(Vune maison liabitée par des tiers. Les chaudières de la troisième catégorie sont tolérées dans rintérieur des ateliers même attenant aux maisons habitées.

Là s’arrêtent les prévisions de l’autorité. La commission de Lille se demande si la vérification préalable, bornée jiar l’ordonnance de 1 8^i3 aux générateurs, no devrait pas s’étendre aux autres pièces qui constituent une machine à vapeur, et à leur ajustement^ le moindre défaut dans ces machines pouvant donner lieu à de grands désastres. Cette vérification, seulement initiale, ne devrait-elle pas se répéter périodiquement ? Les roues de volée ne devraient-elles pas être solidement recouvertes, garanties avec soin? I.a surveillance de la force motrice est-elle confiée partout à des hommes intelligents, capables d’une attention soutenue pour en régler le jeu selon les lois du mouvement? Pour activer le travail, on peut imprimer une vitesse trop grande aux arbres de transmission du mouvement, en raison de leur calibre ou de leur force de résistance, comme en raison de la disposition ou de la capacité relative des métiers à mouvoir. La disproportion du uoînbro des mécaniques avec l’étendue des locaux augmente les dangers pour les ouvriers chargés du replacement des courroies. Los arbres de transmission devraient être recouverts, isolés dans des enveloppes comme les roues de volée. Le nettoyage des métiers, l’onction des rouages lïe devraient jamais se faire pendant que la machine à vapeur est en mouvement. Un règlement ne pourrait-il fixer, dans toutes les fabriques, l’ordre du travail, la conduite dans l’atelier, la manière de se vêtir, prévenir la confusion des emplois et le tumulte si favorable à la multiplicité des accidents? Des vêtements trop larges, les bouts de manche d’un sarreau, d’une chemise, des lambeaux, se laissent attirer, enrouler dans les cylindres tournants; les mains, les doigts suivent ce terrible mouvement d’attraction, et s’ils ne sont arrachés ou coupés, l’avant-bras, le bras sont broyés. A l’hôpital Saint-Sauveur de Lille, les blessures les plus graves sont présentées par les ouvriers chargés du replacement diiïicile des courroies qui viennent à se dévier de leur poulie, replacement (jui paraît ne pouvoir s’elfectuer que par la main de l’ouvrier, sans le secours d’une tige à crochet ni d’aucun autre instrument. La tendance actuelle du gouvernement est de supprimer les règlements préventifs en aggravant le système répressif. Le bon côté de cette méthode administrative est de fortifier, d’encourager l’initiative individuelle, de dégager l’esprit d’entreprise d’entraves et de formalités initiales; mais il faut craindre de la pousser h l’extrême : toutes les fois que les industriels auront à choisir entre les chances d’un accident, chances toujours minimes même en cas d’imprudence, et les bénéfices résultant d’une exploitation dangereuse, ils tireront à cette loterie, et choisiront le bénéfice. Et cela pour une raison simple : la loterie est avantageuse pour eux; le bénéfice assuré, multiplié par la chance heureuse, donne un produit beaucoup plus grand que les frais résultant d’un accident possible, multipliés par la chance que cet accident a do se produire.

7(J0 MOYKNS D’AMftLlOUATlUN DKS CI.ASSKS PUOFESSIONNELLES. [hyoiknk

§ a. — Moyeus «l’amélioration «le» clasHeti prorcHNionuelICM.

1« Amélioration physique. — L’enquêle de 183/i a prouvé que la durée journalière du travail est trop longue; avant la dernière loi, on faisait un abus homicide des enfants : c’est le terme employé par Villermé, dont la modération est empreinte sur chaque page de son livre. Le législateur doit étendre aux adultes, hommes et femmes, sa tutelle sanitaire, et stipuler un maximum de durée de travail quotidien. La stabilité du salaire sauverait l’ouvrier de bien des maux; mais peut-on l’assurer? Les chômages et les mortes-saisons ne peuvent être atténués dans leurs désastreuses conséquences que par l’établissement de sociétés mutuelles de secours, les dépôts réguliers dans des caisses d’épargne, les prêts gratuits de monts-de-piété, la création d’ateliers de travaux publics dans les temps de crise, l’exécution opportune de travaux tenus en réserve par le gouvernement. Parmi ces moyens, le plus efficace est l’esprit d’association et de charité fraternelle ; les sociétés de secours mutuels que les ouvriers fondent entre eux ont le double avantage de garantir leurs vieux jours du besoin et de développer eu eux des habitudes d’ordre, d’économie et de bonnes mœurs. Paris seul en compte plus de deux cents, et elles se sont étendues à toute l’Europe. L’État aura peut-être à intervenir un jour plus activement dans l’organisation du travail, dans les rapports entre ouvriers et maîtres; mais les problèmes qui se rattachent à ce difficile sujet sont encore à l’étude de l’opinion publique. Aux mesures (jue l’on pourrait réaliser immédiatement, nous ajoutons l’avis des médecins sur le choix d’une profession, l’établissement de bains à l’usage des ouvriers, l’adoption d’un système d’exercice musculaire propre à contre -balancer le résultat des attitudes vicieuses et des mouvements spéciaux, l’élévation de l’impôt sur les spiritueux, la diminution de l’octroi qui frappe la viande (1).

2“ Amélioration morale. — Elle s’obtiendra par la propagation des salles d’asile et écoles primaires, par l’encouragement à l’épargne et à l’économie (2),

(1) Cette page est reproduite ici telle qu’elle a été imprimée en48A5 dans la première édition de cet ouvrage. Si nous faisons cette remarque qui nous a été reprochée {Annales d’hygiène. Analyse bibliographique, par A. Tardieu, Paris, 1850), c’est uniquement pour établir que nous n’avons obéi, en écrivant, à aucune considération de circonstance.

(2) En 18A1, il existait 35 A922 livrets, sur lesquels 91 770 appartenaient aux ouvriers (1/A). La population totale des ouvriers en France est de A à 5 millions; c’est donc 1 sur AO à 50 qui avisait au lendemain. Au 31 décembre 1858, on comptait en France A21 caisses d’épargne ; le nombre des livrets existants au

Nombre moyen par caisse.

31 décembre 1856 était de 936 188 2530 = 1 sur 38 habitants.

— 1857 — de 978 802 2583 = 1 sur 36 —

— 1858 — de 1 0A2 365 2599 = 1 sur 35 —

Sur 100 livrets, il y en avait, en 1858, 75,75 de 500 francs et au-dessous, 12,25 de 501 à 800 francs. Les déposants se classent ainsi pour les professions en 1858 ;

Ouvriers S6,A5

Doinesliqnes 17,87

Employés 5, 6 A

Militaires et maiins 3, 1 (I

Professions diverses 21,20

Mineurs 15,82

Sociétés de secours mutuels 0,12

PUBLiOUE] AMÉLIORATION PHYSIQUE ET MORALE. 761

par la mulualité des secours (1), par l’assistance des malades et des convalescents à domicile, par la proscription impitoyable de l’ivrognerie, déjà tentée avec succès dans plusieurs fabriques, par la séparation des sexes, par la surveillance morale des ateliers, par la stipulation légale des devoirs des chefe de fabrique envers les ouvriers, qu’ils exploitent trop souvent comme des machines, les renvoyant quand ils peuvent les remplacer avantageusement par d’autres, les abandonnant quand ils les ont usés par le travail. Des pensions, des secours sont dus aux travailleurs estropiés, mutilés dans les ateliers. Que les fabricants cessent de faire retomber indûment sur les ouvriers les charges

(1) Le principe de la mutualité se traduit par l’action collective procédant de l’individu pour revenir à l’individu. La première consécration légale qu’ait reçue ce principe se trouve dans le décret du 9 avril 1 850 qui autorise l’établissement de la caisse de secours des ouvriers en soie de la fabrique lyonnaise ; la loi du 15 juillet de la même année et le décret du 25 mars 1852 ont généralisé cette application en organisant les sociétés de secours mutuels sur des bases définitives. On distingue aujourd’hui trois espèces de sociétés de secours : 1“ les sociétés libres ou privées, qui ont besoin de l’autorisation du préfet quand elles dépassent un etfectif de 20 membres; 2® les sociétés autorisées ou reconnues établissements d’utilité publique, habiles à recevoir par donation ou autrement, sous l’approbation du gouvernement, des biens mobiliers et immobiliers, et placées sous la surveillance de l’administration municipale ; 3® les sociétés approuvées, sur la proposition de la commission supérieure spéciale des sociétés de secours mutuels, à Paris par le ministre de l’intérieur, dans les départements par les préfets ; leur président est nommé par l’Empereur. Au 31 décembre 1867, le nombre des sociétés s’élevait à 5829, dont 4127 approuvées et 1702 autorisées. 215 sociétés s’étaient fondées pendant cette année 1867 : 211 approuvées et 4 autorisées. Durant le même laps de temps, le nombre des membres, tant honoraires que participants, des sociétés approuvées s’était accru de 31 630, ce qui l’avait porté au chiffre total de 626 420. Le personnel total des sociétés autorisées était représenté par 236,375 individus. L’avoir général des deux catégories de sociétés s’élevait, à la fin de 1867, à la somme de 46 310 791 fr. 76 c.; pendant cette année, il s’était accru de 3 247 537 fr. 80 c. Dans la majeure partie des sociétés, les cotisations sont de 1 franc par mois, 12 francs par an, et la moyenne des dépenses par tête s’établit comme il suit :

Indemnité de 1 franc pour 4 jours 9 centièmes,

moyenne des jours de maladie par an 4 fr. 90 c.

Honoraires des médecins et frais de médicaments. ... 3 85

Frais funéraires 0 50

Secours à la veuve et aux orphelins 0 25

9 fr. 50 c.

On évalue à 1 franc par tête les frais d’administration et les dépenses générales; il reste disponible pour la réserve 1 franc 50 c. sur les cotisations des membres participants, indépendamment du produit des droits d’entrée, des cotisations des membres honoraires et des subventions. Le nombre des malades a été, en 1867, de 25,64 pour 100 sociétaires, la moyenne étant de 25,57 pour les hommes et de 26,01 pour les femmes. Les décès survenus durant cette année n’ont pas dépassé 1,56 sur 100 sociétaires. [Rapport à l’Empereur sur la situation des sociétés de secours "mutuels en 1867 {Journal officiel de l'Empire français, 26 janvier 1869].)

762 NOMENCLATURE DES ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES, [hygiène

qui leur reviennent; qu’une augmentation d’impôts ne se traduise point par une réduction de salaire des ouvriers ; qu’ils traitent ceux-ci avec aménité, avec intérêt, surtout avec justice ; qu’ils sacrifient, quelque chose à leur santé, à leur instruction ; qu’ils proscrivent sévèrement le libertinage et le punissent dans leurs commis et contre-maîtres ; qu’ils repoussent de leurs ateliers l’ivrognerie ; que tout travailleur trouvé ivre ou manquant à l’atelier le lundi subisse une amende, et, en cas de récidive, l’exclusion temporaire ou définitive. Cette combinaison de bienveillance et de sévérité, de discipline et de libéral appui, crée aux chefs d’établissements une inlluence que rien ne remplace, influence morale, active, tutélaire, que l’ouvrier accepte et bénit.

Nous terminons cette revue générale des professions, au point de vue de l’hygiène, par la nomenclature complète des établissements industriels qui intéressent la salubrité publique ; ils ont été partagés en trois classes, suivant le degré de leurs inconvénients. La liste suivante comprend tous les établissements classés depuis 1810 jusqu’à 1866.

IVoiuenclatiirc «les établissements insalubres, alan^ereii\ ou incommodes.

Annexée au décret du 3M décembre 18G6.

DÉSIGNATION DES INDUSTRIES

INCONVÉNIENTS

CLASSES

Abattoir public.

Absinthe. (Voy. Distillerie.)

Acide arsénique (Fabrication de 1’) au moyen de l’acide arsénieux et de l’acide azotique :

Odeur el altération des eaux.

1“ Quand les produits nitreux ne sont pas absorbés.

Vapeurs nuisibles.

2“ Quand ils sont absorbés.

Acide chlorhydrique (Production de 1’) par décomposition des chlorures de magnésium, d’aluminium et autres :

Idem.

Oe

1» Quand l’acide n’est pas condensé.

Emanations nuisibles.

2” Quand l’acide est condensé.

Acide muriatique. (Voy. Acide chlorhydrique.)

Emanations accidenlelles.

Acide nitrique.

Acide oxalique (Fabrication de 1’) : 1* Par l’acide nitrique :

Emanations nuisibles.

a. Sans destruction des gaz nuisibles.

Fumée.

|re

b. Avec destruction des gaz nuisibles.

Fumée accidentelle.

2" Par la sciure de bois et la potasse. Acide picrique :

Fumée.

I" Quand les gaz nuisibles ne sont pas brfilés.

Vapeurs iiui.sibles.

2” Avec destruction des gaz nuisibles.

Acide pyroligneux (Fabrication de 1’) ••

Idem.

|o Quand les produits gazeux ne sont pas brûlés.

Fumée et odeur.

2“ Quand les produits gazeux sont brûlés.

Idem.

Acide pyroligneux (Purification de 1’). Acide stéarique (Fabrication de 1’) : 1

Odeur.

1“ Par distillation.

Odeur et danger d’ineendie.

2“ Par saponification.

Acide sulfurique (Fabrication de 1’; :

Idem-

Par combustion du soufre et des pyrites.

2» Ile Nordhausen par la décomposition du sulfate de fer •

Emanations nuisibles.

Idem.

PüBLieOE]

DANGEREUX OU INCOMMODES

DÉSIGNATION DES INDUSTRIES

Acide iiriiiue. (Voy. Murexide.)

Acier (Fiibrication de 1’).

Alliiiiige de l’or el de l’argent par les acides.

Alllnagc des métaux au fourneau. (Voy. Grillage (les minerais.)

Alliuinine .(Fabrication de 1’) au moyen du sérum frais du sang.

Alcali volatil. (Voy. Ammoniariue.)

Alcools autres que de vin, sans travail de rectification.

Alcools. (Distillerie agricole.)

Alcool (Rectification de 1’).

Agglomérés ou briquettes de houille (Fabrication des) :

I" Au brai gras.

2" Au brai sec.

Aldéhyde (Fabrication de 1’).

Allumeltes (Fabrication des) avec matières détonantes et fulminantes.

Alun. Voy. ISulfale d'alumine.)

Amidonneries ;

|o Par fermentation.

2“ Par séparation du gluten et sans fermentation.

Ammoniaque (Fabrication en grand de 1’) par la décomposition des sels ammoniacaux.

Amorces fulminantes (Fabrication des).

Appareils de réfrigération :

I" A ammoniaque.

2» A éther ou autres liquides relatifs et combustibles.

Arcansons ou résines de pin. (Voy. Résines, “Àe.)

Argenture sur métaux. (Voy. Dorure et argenture.)

.Arséniate de potasse (Fabrication de 1’) au moyen du salpSIre.-

I” Quand les vapeurs ne sont pas absorbées.

2“ (Juand les vapeurs sont absorbées.

Artifices (Fabrication des pièces d’).

Asphaltes, biliimes, brais et matières bitumineuses solides (Dépôts d’).

Asphaltes et bitumes (.Travail des) à feu nu.

Ateliers de construction de machines et wagons. (Voy. Machines et Wagons.)

Bâches imperméables (Fabrication des) :

10 Avec cuisson des huiles.

2® Sans cuisson des huiles.

Baleine (Travail des fanons do). (Voy. Fanons de baleine.)

Baryte (Décoloration du sulfate de) au moyen de l’acide chlorhydrique à vases ouverts.

Battage, cardage et épuration des laines, crins et plumes de literie.

Battage des cuirs (Marteaux pour le).

Battage et lavage (Ateliers spéciaux pour les) des fils de laine, bourres et déchets de filature de laine et de soie dans les villes.

Battage des tapis en grand.

Batteurs d’or et d’argent.

Battoir à écorces dans les villes.

Bem.ine (Fabrication et dépôts de). (Voy. Huile de pétrole, de schiste, etc.)

Bitumes et asphaltes (Fabrication et dépôts de). (Voy. Asphaltes, bitumes, etc.)

Blanc de plomb. (Voy. Céruse.)

Blanc, de zinc (Fabrication de) par la combustion du métal.

BlanchîmenI :

INCONVÉNIENTS

Fumée.

Emanations nuisibles.

Odeur.

Altération des eaux.

Altération des eaux.

Danger d’incendie.

Odeur, danger d’incendie.

Odeur.

Danger d’incendie.

Danger d’explosion et d’incendie.

Odeur, émanations nuisibles et altération des eaux.

Altération des eaux.

Odeur.

Danger d’explosion.

Odeur.

Danger d’explosion et d’incendie.

Emanations nuisibles.

Emanations accidentelles.

Danger d’incendie et d’explosion.

Odeur, danger d’ineendie.

Idem.

Danger d’incendie.

Idem.

Emanations nuisibles.

Odeur et poussière.

Bruit et ébranlement.

Bruit et poussière.

Idem.

Bruit.

Bruit et poussière.

Fumées métalliques.

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CLASSES

NOMENCLATURE DES ÉTABLISSEMENTS INSALUBRES, [hygiène

DÉSIGNATION DES INDUSTRIES

|o Des üls, des toiles et de la pâte à papier par le chlore.

20 Des fils et tissus de lin, de chanvre et de coton, par les chlorures ^hypochloriles) alcalins.

30 Des fils et tissus de laine et de soie par l’acide sulfureux.

Bleu de Prusse (Fabricalion de). (Voy. Cyanure de potassium.)

Boues et immondices (Dépôts de) et voiries.

Boui^ies de paratDne et autres d’origine minérale (Moulage des).

Bougies et autres objets en cire et en acide stéarique. Bouillon de bière (Distillation de). (Voy. Distilleries.) Bourre. (Voy. Battage.)

Boutonniers et autres emboutisseurs de métaux par moyens mécaniques.

Boyauderies. (Travail des boyaux frais pour tous usages.)

Boyaux et pieds d’animaux abattus (Dépôts de).

(Voy. Chairs et débris.)

Brasseries.

Briqueteries avec fours non fumivores.'

Briqiieites ou agglomérés de houille. (Voy. Agglomérés.)

Brûleries des galons et tissus d’or ou d’argent. (Voy.

Galons.)

Buanderies.

Café (Torréfaction en grand du).

Caillettes et caillonspour la confection des fromages.

(Voy. Chairs et débris, etc.)

Cailloux (Fours pour la calcination des).

Calcination des cailloux. (Voy. Cailloux.) Carbonisation du bois .-

1° A l’air libre dans des élablissements permanents et autre part qu’en forêt.

avec dégagement dans l’air des produits gazeux de la distillation.

avec combusiion des produils gazeux de la distillalion.

Carbonisation des matières animales en général. Caoutchouc (Travail du) avec emploi d’huiles essentielles ou de sulfure de carbone.

Caoutchouc (Application des enduits du).

Cartunniers.

Cendres d’orfèvre (Traitement des) par le plomb. Cendres gravelées ;

V Avec dégagement de la fumée au dehors.

2“ Avec combustion ou condensation des fumées. Céruse ou blanc de plomb (Fabrication de la). Chairs, débris et issues (Dépôts de) provenant de l’aballage des animaux.

Chamoiseries.

Chandelies (Fabrication des).

Chantiers de bois à brûler dans les villes.

Chanvre (Teillage et rouissage du) en grand. (Voy.

aux mots Teillage et Rouissage.)

Chanvre imperméable. (Voy. Feutre goudronné.) Chapeaux de feutre (Fabrication de).

Chapeaux de soie ou autres préparés au moyen d’un vernis (Fabricalion de).

Charbons agglomérés (Voy, Agglomérés.)

Charbon animal (Fabricalion ou révivillcalion du).

(Voy. Carbonisation des matières animâtes.) Charbon de bois dans les villes (Dépôts ou magasins de).

Charbons de terre. (Voy. Houille et Coke.) Chaudronnerie. (Voy. Forges de grosses œuvres.)

20 En vases clos

INCONVÉNIENTS

Odeur, émanations nuisibles.

Odeur, altération des eaux.

Emanations nuisibles.

Odeur.

Odeur, danger d’incendie.

Danger d’incendie.

Bruit.

Odeur, émanations nuisibles.

Odeur.

Fumée.

Altération des eaux.

Odeur et fumée.

Fumée.

Odeur et fumée.

Idem.

Idem.

Odeur.

Odeur, danger d’incendie.

Danger d’incendie.

Fumées métalliques.

Fumée et odeur.

Idem.

Emanations nuisibles.

Odeur.

Idem.

Odeur, danger d’incendie.

Emanations nuisibles, danger d’incendie.

Odeur et poussière.

Danger d’incendie.

Danger d’incendie.

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HANGEREUX OU INCOMMODES.

DÉSIGNATION DES INDUSTRIES

INCONVÉNIENTS

Chaux (Fours à) :

I” Permanents.

Fumée, poussière.

2* Ne travaillant pas plus d’un mois par an.

Idem.

Chiens (Infirmeries de).

Odeur et bruit.

Chiffons (Dépôts de).

Odeur.

Chlore (Fabrication du).

Idem.

Chlorure de chaux (Fabrication du) :

10 En grand.

Idem.

2» Dans des ateliers fabricant au plus 300 kilo-

Idem.

grammes par jour.

Chlorures alcalins, eau de javelle (Fabrication des). Chromate de potasse (Fabrication du).

Idem.

Idem.

Chrysalides (Ateliers pour l’extraction des parlies

Idem.

soyeuses des).

Cire à cacheter (Fabrication de la).

Danger d’incendie.

Cochenille ammoniacale (Fabi icallon de la).

Odeur.

Cocons ;

t“ Traitement des frisons de cocons.

Altération des eaux.

2» Filature de cocons. (Voy. Filature)- Coke (Fabrication du) :

lo En plein air ou en fours non fumivores.

Fumée et poussière-

20 En lours fumivores.

Poussière.

Colle forte (Fabrication de la).

Odeur, altération des eaux

Combustion des plantes marines dans les établisse-

Odeur et fumée.

menls permanents.

Construction (Ateliers de). (Voy. Machines et warjons.)

Cordes à instruments en boyaux (Fabrication de).

(Voy. Boyauderies.)

Corroieries.

Odeur.

Coton et coton gras (Blanchisserie des déchets de).

Altération des eaux.

Créions (Fabrication de).

Odeur et danger d’incen-

Crins (Teinture des;.(Voy. Teintureries.)

Crin.A et soies de porc (Préparation des) sans fermen-

die.

Odeur et poussière.

talion. (\oy. aussi Soies de porc par fermentation.)

Cristaux (Fabrication de). (Voy. Verreries, etc.) Cuirs vernis (Fabrication de).

Odeur et danger d’incen-

Cuirs verls et peaux fraîches (Dépôts de).

die-

Odeur.

Cuivre (Dérochage du) par les acides.

Odeur, émanations ntiisi-

Cuivre (Fonte du). (Voy. Fonderies, etc.).

Cyanure de potassium et bleu de Prusse (Fabrication de) :

r Par la calcination directe des matières ani-

blés-

Odeur.

males avec la potasse.

2” Par l’emploi de matières préalablement car-

Idem,

boniséès en vase clos.

Cyanure rouge de pota.ssium ou prussiale rouge de

Emanations nuisibles.

potasse.

Détiris d’animaux (Dépôts de). (Voy. Chairs, etc.) Déchets de matières filamenteuses (Dépôts de) en

Danger d’incendie.

grand dans les villes.

Dégras ou huile épaisse à l’usage des chamoiseurs et

Odeur, danger d’incendie.

corroyeurs (Fabrication de^.

Dégraissage des tissus et dechels de laine par les

Danger d’incendie.

huiles de pétrole et autres hydrocarbures. Dérochage du cuivre. (Voy- Cuivre.)

Distilleries en général, eaux-de-vie, genièvre, kirsch, absinihe et autres liqueurs alcooliques.

Dorure et argenture sur métaux.

Idem.

Emanations nuisibles.

Eau de .lavelle (Fabrication d’). (Voy. Chlorures alcalins )

Eau-de-vie. (Voy. Distilleries.)

Eau-forie. (Voy. Acide nitrique.)

Eaux grasses (Exiraclion pour la fabrication du savon et autres usages, des huiles contenues dans les) :

En vases ouverls.

Odeur, danger d’incendie

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CLASSES

INOMENC.LA'niUK DES ETAItLlSSEMENTS INSALUHHES

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