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CHAPITRE III

EXCRETA.

Les excrélions, véritables résidus du laboratoire humain, sont à la fols le résultat et la mesure des échanges entre l’organisme et le monde extérieur; c’est par elles que s’opère de l’un à l’autre et d’une manière visible la circulation de la matière; par elles se maintient l’équilibre entre la nutrition et la décomposition interstitielle; sous ce rapport, leur proportion avec les aliments indique les phases de l’ilge et l’état actuel de la vie, et elles constituent l’un des éléments essentiels de la statique hygiénique. Les excrétions représentent par leur ensemble comme un vaste appareil de dépuration du sang; intermittentes ou continues, elles le débarrassent des matériaux hétérogènes et assurent l’identité du fluide nourricier à toutes les époques de l’existence. Modératrices de la caloricité, leurs variations concourent à la stabilité de la température animale; quand celle-ci s’élève ou s’abaisse sous l’influence du climat, du régime, du mouvement ou du repos, la diminution ou l’augmenlalion des’peries cutanées traduit et corrige ces effets. Là ne se borne point le rôle des excrétions : elles versent sur les ressorts multiples de la machine le fluide qui en facilite le jeu; adjuvants de l’activité fonctionnelle des organes, elles les protègent dans la variété de leur destination, approprient toute surface vivante à la spécialité de son modificateur, établissent entre l’organisme M. LÉVY. Hygiène, 5“ édit. ii. — 1

2 DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [hygiène

tout entier et le milieu extérieur une couche intermédiaire de produits qui sont sans texiure et sans connexion avec la vie, quoiqu’ils dépendent de ses lois par leur origine et leur fin. Enfin, dans les troubles de la maladie, elles deviennent à juste titre l’objet d’une exploration particulière : elles réfléchissent, dans leur qualité et dans leur quantité, la marche du travail pathologique; tour à tour causes ou symptômes, elles sont une des bases les plus certaines du pronostic et des indications curatives ; souvent la maladie gît tout entière dans leurs oscillations, la guérison dans leur retour à l’équilibre; elles sont les agents de ces crises qui résolvent avec une efiicacité soudaine des états morbides que l’art harcèle en vain de ses bénévoles agressions.

La peau et la membrane muqueuse sont les deux voies d’entrée et de sortie par lesquelles l’économie reçoit et rejette la substance et le détritus de la vie. La quantité de la masse organique varie incessamment chez le même individu, ainsi qu’on peut le constater par des pesées; l’accroissement ni le décroissement ne suivent une progression uniforme; mais les fluctuations ont peu d’étendue et ramènent toujours l’organisme à une moyenne qui lui est propre (1). La proportion des gaz et des liquides excrétés par un homme eu vingt-quatre heures a été évaluée comme suit :

Onces.

Vapeur aqueuse à la peau 28,70

Vapeur aqueuse pulmonaire 18,30

Gaz acide carbonique dans les poumons 48,28

Gaz acide carbonique à la peau. . . 0,72

Urine 40

Onces.

Suc gastrique et intestinal 31

Bile 10

Salive 10

Suc pancréatique 2

Sérosité vésiculaire 2

Larmes et mucus nasal 1

Total, 12 livres par vingt-quatre heures, 69 grains par minute, environ un grain pendant chaque pulsation. Voici, d’après des observations rassemblées par Haller (2), l’évaluation moyenne, et par onces, des substances ingérées et évacuées :

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