‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 4 sur 196 · I. — Excrétions vaporeuses · texte numérisé non relu

I. — Excrétions vaporeuses

Qu’un homme reste assis tranquillement sur une balance très-sensible, on verra son poids diminuer à chaque minute sans évacuation apparente : cela tient à la vaporisation qui s’opère à la surface tégunientaire, et qui, échappant au sens de la vue, a été appelée transpiration insensible ; elle a été évaluée quantitativement par banctorius, Rye, Gorter, Keil, Séguin, Dumas, etc. (voy. tome I, jiage 358). Chez les individus doués d’une bonne santé, qui ne sont pas dans un état de croissance, qui digèrent bien, évitent les excès et n engraissent point, les oscillations du poids du corps, qui résultent du régime et de la transpiration insensible, sont compensées par la révolution d’une période nychthémère, quelles que soient la quantité des aliments ingérés et les variations de l’atmosphère; après avoir augmenté en poids de toute la proportion de la nourriture qu’ils ont prise, ils reviennent, au bout de vingt-quatre heures, au même poids à peu près qu’ils avaient la veille. Chez un homme tiavailliuu modérément, Lavoisier et Séguin estiment que la respiration, la tianspiration |)ulmonaire et la transpiration cutanée déterminent un déchet de

DES MODIFICATEURS. — EXCRETA.

[hygiène

poids de 11 à 32 grains, = 0b%583 à Is'-.GfJü par minule; soit, par heure, 3^8'', 980 à 1018'’, 760; ils imputent ii la transpiration culanéeun peu plus des deux tiers de cette perte, à la respiration et à la transpiration pulmonaire un peu moins d’un tiers. Dalton par le calcul, Valentin (l)par la méthode de Haies perfectionnée, sont arrivés à des évaluations approximatives de celles qui précèdent : le premier s’est basé sur le volume de l’air inspiré dans un temps donné et sur la proportion de vapeur que cet air peut contenir en le supposant saturé d’humidité dans l’expiration; il fixe à 560 grammes par jour le poids de l’eau excrétée par les voies pulmonaires; le second, à 5ZiO grammes. Immédiatement après le dîner la transpiration atteint son maximum, et durant la digestion elle tombe à son minimum. L’évaporation de la surface cutanée est deux fois plus active que celle qui s’opère dans les cavités pulmonaires; la dernière est en raison directe de l’activité de la respiration, et comme elle enlève aux parois des voies aériennes une quantité considérable de chaleur, « les anciens n’avaient pas tout à fait tort lorsqu’ils disaient que la respiration sert à rafraîchir le sang : cela est vrai. Seulement, tout en agissant de la sorte, l’air inspiré détermine un résultat contraire, plus considérable que le premier. Ce qui se passe dans l’organisme ressemble donc à ce qui a lieu dans un foyer où l’on brûlerait du bois vert : une partie de la chaleur développée par la combustion est employée à vaporiser l’eau dont le combustible est imprégné, et c’est autant de perdu ; mais le foyer ne sera pas moins une source de chaleur, car il en dégagera plus que la vaporisation de l’eau n’en emploiera (2). »

Le défaut d’une bonne digestion est une des causes les plus directes de la diminution de la transpiration. Celle-ci est de cinq à six fois plus forte dans l’air sec que dans l’air humide; elle est activée par le mouvement de l’air, réduite au minimum, mais non supprimée par l’air saturé d’humidité; sa quantité est en rapport inverse avec la densité du milieu; l’exercice la favorise; la malpropreté l’entrave mécaniquement. Enfin, la faculté pcrspiratoire est proportionnelle à la mollesse de la peau. De ces données découle l’indication d’assurer la régularité des fonctions de la peau par l’usage approprié des aliments, du vêtement, des exeicices, etc., d éviter 1 impression vive et subite du froid humide pendant et après le sommeil, pendant l’acte de la digestion ; de favoriser le dessèchement et la circulation de l’air, etc.

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