DE LA TAILLE DANS LES DACES
La taille moyenne de l’homme est d’environ 5 pieds, =1“,62 (2); de 1
Quatrefages {loc. cit., p. 280) la ramène à 1“,60, et en fixe les extrêmes en 1
moyenne à 1“,73 (Patagons, d’Orbigny) et à 1“,31 (Boschismans, Barrow). Le i maximum et le minimum que ces deux races ont présentés sont l'",915 (Paiagons) et i“’,18, différence = ü“, 735 qui est le maximum d’écart observé, étant omis les cas tératologiques. Chez les peuples de moyenne stature, les femmes sont d’environ 1/16“ moins grandes que les hommes. Cette différence diminue chez les peuples très-petits et augmente chez ceux qui se font remarquer parla hauteur verticale du corps. Quelles sont les causes qui déterminent les variations de la taille moyenne? Les recherches les plus récentes conduisent à reléguer parmi les causes secondaires celles que Afillermé et Quetelet ont placées en première ligne, et qui se résument dans les circonstances favorables ou défavorables résultant de la nature du climat, de la qualité et de la quantité des
(1) N, Périer, Ensai sur les croisements ethniques {Mim, delà Société d'anthro]>ol.,
(2) Lélul, An», d'hyq. et do méd, légale. Paris, 18ÛA, t. XXXI, p. 315.
PüBLIOOe] DK I-A TAILLE DANS LES RALES. 281
aliments, etc. Que la population des villes ait en moyenne une stature plus élevée que celle des campagnes, condamnée à de si rudes labeurs, la question porte ici moins sur la taille typique que sur la croissance normale des individus; personne ne conteste que celle-ci s’achève d’autant plus vite que le pays est plus salubre, plus aisé, et que les privations pendant la jeunesse ont été moins grandes; c’est aller trop loin, toutefois, que de décerner aux classes riches et aisées une supériorité constante de taille sur les classes ignorantes et pauvres. On a expliqué par l’altitude la taille plus haute des montagnards ; mais, sur la carte dressée par Broca d’après les exemptions pour insuffisance de taille, si les Vosges, le Jura et le Doubs, en partie montagneux, restent blancs, la haute Auvergne et nos deux départements des Alpes forment deux taches noires (109 exemptions pour 1000 appelés); l’air des Pyrénées a laissé les Basques petits, trapus, agiles, avec un beau teint blanc, des cheveux et des yeux très-foncés ou noirs, tandis que les Catalans, leurs voisins, sont grands, secs, bruns, et joignent à ces contrastes de l’extérieur ceux du moral et de l’intellect. Le climat surtout a été invoqué pour l’explication des différences de stature. En partageant la France, avec P. A. Dufau, en 17 groupes composés chacun de 5 départements, on obtient pour taille moyenne 1“,6.57 — 5 pieds 1 pouce 3 lignes, que Lélut considère comme étant celle de l’age adulte des classes de Français peu éclairées et peu aisées, c’est-à-dire de l’immense majorité de la nation; parmi les 8 groupes du Nord, 6 atteignent ou dépassent cette moyenne; des 9 autres formant la France méridionale, 8 restent au-dessous de cette moyenne; le 8® groupe (Lorraine-Alsace) est celui des groupes septentrionaux où la taille est le plus élevée (1“,667 en moyenne). En apparence, rien de plus significatif pour l’hypothèse de l’influence climatérique ; mais vient Broca (1) qui, remontant à l’origine de nos populations et éclairant, à l’aide (les recherches historiques et anthropologiques modernes, le gisement et les tpélanges de leurs éléments ethniques, démontre l’action prépondérante des races et la coïncidence persévérante de la taille avec d’autres traits du type primordial de chaque groupe ethnique. Des faits connus l’appelaient dans cette direction d’études. Dans la Patagonie, à côté des peuplades de haute stature, on en a rcnconlré de taille médiocre, et h peu de distance, dans la Terre de feu, des peuplades au-dessous de la taille moyenne. Si les Francs-Comtois actuels, dit Lélut, ont une stature élevée, c’est d’abord que leurs ancêtres, les Séquanais, étaient de grande race et de grande taille; c’est ensuite que cette race s’est mélangée avec les Burgondes, qui ont envahi la Séquanie au commencement du V' siècle. Or, ces derniers, d’origine germaine, étaient aussi une nation fort grande; ainsi l’attestent Procope, Orose, Ammien Marcellin, etc., dont Lélut évoque doctement l’autorité. En Angleterre, la taille pour l’infanterie est celle (|ue nous exigeons pour le génie, et le recrutement s’y fait sans peine, quoique ce pays soit le foyer le plus actif de l’industrie européenne, c’esl-
(I) Lroca, l'ethnoloiiiP (h; lu Franre [Mi'uii. de lu Su‘. d'u/il/ii opol., l. 1).
282 des races, [hygièkrs
à-dire de la cause qui passe pour abâtardir le plus l’espèce humaine. La Bre-' lagiie est plus au nord que la Franclie-C.omlé, et ses h départements, sur lal carte tracée par Broca, sont noirs, fournissant en moyenne par an 109,6 cas de réforme pour défaut de taille sur 1000 hommes examinés. Voici, d’ailleurs, les résultats généraux auxquels les statistiques du recrutement en France ont con- : duit cet ingénieux observateur, par leur rapprochement avec les données ethnologiques :
Moyenne générale des exemptions pour défaut de taille ;
Sur 1000 conscrits.
Dans les 86 départements de la France 76,9