I. — Excrétions vaporeuses
Qu'un homme reste assis tranquillement sur une balance très-«ensjble, on verra son poids diminuer à chaque minute sans évacuation apparente : ce|a tient à la vaporisation qui s'opère à la surface tégumentaire, et qui, échappant au sens de la vue^ a été ap|K'lée transpiration insensible \ e|le a été éyaln^ quantitativement par Sanctorius, Rye, Gorter, Keil, Séguin, Dumas, e^c (voy. tome I, })age 358). Chez les individifs doués d'une bonne saplé, qui ne sont pas dans un état de croissance, qui digèrent bien, évitent les excès et n'engraissent point, les oscillations du poids du corps, qui résultent du régime et de la transpiration insensible, sont compensées par la révolution d'une période nychthéinère, quelles que soient la quantité des aliments ingérés et les variations de l'atmosphère; aprèb avoir augmenté en poids de toute la proportion de la nourriture qu'ils ont prise, ils reviennent, au bout de ving^-quatre heures, au même |)oids à peu près qu'ils avaient la veille. Ches un liomme travaillant modérément, Lavoisier et Séguin estiment que la respiration, la transjiiration pulmonaire et la transpiration cutanée déterminent un 4C'chc( de
à DES MODIFICATEURS. — EXCRETA. [htgièRC
poids de 11 à 32 grains, = 0^%583 à 1>',696 par minute; soit, par heure, 3^'', 980 à 101K%760; ils imputent à la transpiration cutanée un peu plus des deux tiers de cette perte, à la respiration et à la transpiration pulmonaire un peu moins d'un tiers. Dalton par le calcul, Valentin (l]par la méthode de Haies perfectionnée, sont arrivés à des évaluations approximatives de celles qui préd^denl : le premier s'est basé sur le volume de l'air inspiré dans un temps donné et sur la proportion de vapeur que cet air peut contenir en le supposant saturé d'humidité dans l'expiration; il fixe à 560 grammes par jour le poids de l'eau excrétée par les voies pulmonaires; le second, à 540 grammes. Immédiatement après le diner la transpiration atteint son maximum, et durant la digestion elle tombe à son minimum. L'évaporation de la surface cutanée est deux fois plus active que celle qui s'opère dans les cavités pulmonaires ; la dernière est en raison directe de l'activité de la respiration, et comme elle enlève aux parois des voies aériennes une quantité considérable de chaleur, « les anciens n'avaient pas tout à fait tort lorsqu'ils disaient que la respiration sert à rafraîchir le sang : cela est vrai. Seulement, tout en agissant de la sorte, l'air inspiré détermine un résultat contraire, plus considérable que le premier. Ce qui se passe dans l'organisme ressemble donc à ce qui a lieu dans un foyer où l'on brûlerait du bois vert : une partie de la chaleur développée par la combustion est employée à vaporiser Teau dont le combustible est imprégné, et c'est autant de perdu ; mais le foyer ne sera pas moins une source de chaleur, car il en dégagera plus que la vaporisation de l'eau n'en emploiera (2). »
Le défaut d'une bonne digestion est une des causes les plus directes de la diminution de la transpiration. Celle-ci est de cinq à six fois plus forte dans l'air sec que dans l'air humide; clic est activée par le mouvement de l'air, ré • duitc au minimum, mais non supprimée par l'air saturé d'humidité; sa quantité est en ra|)2K)rt inverse avec la densité du milieu; l'exercice la favorise; la nialproprclé l'entrave mécaniquement. Enfîn, la faculté perspiratoire est pro- |K)rtionnel!e k la mollesse de la peau. De ces données découle l'indication d'assurer la régularité des fonctions de la peau par l'usage approprié des aliments, du vêtement, des exercices, etc., d'éviter l'impression vive et subite du froid humide pendant et après le sommeil, pendant l'acte de la digestion ; de favoriser le dessèchement et la circulation de l'air, etc.