‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 38 sur 107 · Maladies du foie } indigènes · texte numérisé non relu

Maladies du foie } indigènes

4° Maladies mentales, épilepsie, apo- ( Européens. . . 17 1,5

plexie. ) Indigènes ... 4 0,5

ô** Fièvres éphémères, intermittentes ( Européens... 216 3

rémittentes et continues j Indigènes . . . 222 3,1

•. wx -ux • j Européens. . . 8 2

6* Anastrque, ascite, bénbéri j indigènes ... 8 1,3

L'égalité du tribut payé par les deux races aux fièvres endémiques est un résolut imprévu, mais bien consUté. C'est dans les stations de Masulipatam et de Chicacola qu'elles ont sévi avec le plus d'intensité sur les Cipayes comme

(1) Lekhiungen in der metUcinùchen Géographie von Heusinger ; dans Jahresbencht ûtter die ForUchUte der gesammtm Medicin, herausgegeben, von D' CansUlt und D' Eisenniann, t. Il, 1848.

902 DES RACES. [iTClta

sur les Anglais; la première esl cernée de foyers d*eftluves paludiquei. Re* marquons que ces derniers comptent, sous le ciel des Indes, trois fois plus d'affections cérébrales qn*en Angleterre. Enfin, le béribéri, hydropisie aigné à début bnl^ue et sans fièvre, à marche rapide, se compliquant en vingt-quatre heures de dyspnée suffocante et de vomissements, pour finir, à moins d'ooe marche régressive, dans une syncope, dans un accès convulsif ou dans ooe sorte de coma, cette maladie dont l'aspect symptomatique rappelle les effets de l'urémie, et sur laquelle nous n'avons pas le dernier mot, malgré les re* cherches de Fonssagrives. Le Roy de Méricourl et Rochard (1), est une des plus originales manifestations de la race indienne et de la race nègre, en mênae temps que pour les Européens l'exemple d'une franche immunité; elle atteint les Indiens en grand nombre et cause chez eux une forte proportion de décès, &6 sur 399 cas.

Magitot (3) établit qu'en général les races caucasiques sont plus disposées à la carie dentaire que les races arabe et nègre, douées d'une dentition belle et résistante, que les races noongoliques de l'extrême Orient et de TAùe occopent un rang intermédiaire, et que les métisses sont plus sujettes à la carie; les créoles y deviennent plus scyets à la suite de leurs transplantations hors de leur pays d'origine. Les anciennes populations autochthones de TEurope paraissent en avoir souffert au moins autant que nos populations actuelles; de toutes les collections de crânes que Magitot a pu étudier, aucune ne lui a pré« sente autant d'exemples de carie et d'usure des dents que celle des 80 crânes basques que possède la Société d'anthropologie, alors qu'il n'en a pas rencontré un seul parmi les crânesdes indigènes du continent américain, Mexique, Pérou, Patagonie, etc., dans les collections du Muséum, ni parmi ceux qui provien* nent de l'Australie, de Madagascar, de la Néo«Calédonie, etc. Dans TEurope actuelle, il n'y a que les Islandais qui jouissent d'une immunité complète contre ce mal (3). Mais voici une confirmation du rapport entre les races et l'étal de la dentition : les recherches de Broca sur la taille [ti), et celles de Magitot sur la répartition géographique des caries dentaires, nous montrent la population de la France se divisant eu deux groupes qui per|K'iuenl sous nos yeux les caractères de leurs souches ethniques : d'une |>arl, le groupe celtique à individus petits, trapus et à dentition robuste (Bretagne) ; d'autre part, la famille kimrique qui a envahi la Gaule vers le vu' siècle de notre ère, à individus

(1) Fonsssagrives et Le Roy de Méricourl, Archives yén^raln de mêflecinCy septembre 1831, et J/v/i. fie vu'il. nmote, Paris. 1864, t. f. p. 562. — J. Rochard, S'pnv^au DktinHunirf de rnéd, et dé» rhir, prat. Parij, 1866, t. IV, — Dutroulau, Traité des

maifuiifs det Européen* dnm /^* pfiy^ chaude, e/(., 2* édit. Paris, 1868, p. 161.

Le Roy deMéricourt, Didionnuirr nu yrhj^diqur dfs sr. mêii, Paris, 1868, art. Rêribcu,

(2) Magitot, Truite dr h carif tit'ntnirp. Paris, 1807, p, 60.

(3) Le Bret, Examen anthropologique de* CfA/ectiont recueifhes dam le voyage du Prince Snpoimn {Archives générales de médecine, Paris, 1857).

(A) Broca, Uém. de la Société nnthropol., t. I, p. 144.

POBUaUB] TYPE PÀTHOUKÎIQUK DES RACES. 308

grands, blonds, et à dentition défectueuse. N'est-îl pas curieux de voir la sutistique contemporaine des conseils de révision jalonner de ses chiffres révélateurs ritinéraire de l*invasion des Kimris, le centre territorial des Celtes, el nous nuHitrcr la carie dentaire dans les proportions suivantes pour 10 000 exa* minés :

( Cdtes du Nord iS7

Bretagne . . . | Morbiban 110

(Finiitèro 60

(Orne 1637

NA^^n^u ) Calvadot 1 738

Normandie, j selne-Inférieure .... '3140

^Eure 5014

Dan^ rftc de Malle, la mortalité des troupes anglaises est à celle des troupes maltaises, toutes conditions égales moins la race et Tappropriation primordiale au climat, comme 15,3 à 9^5, en chiffres ronds comme 3 à 2. Les maladies, causes de décès, ont offert (de 1837 à 18/!i5) la moyenne annuelle suivante sur 1000 hommes de chaque groupe :

Anglais. Maltais.

Fièvres 1,79 0,6

Maladies des organes resptraleires ... 7,93 3,8

— dulbie 0,76 0,0

— gastro-intestinales 5,00 0,9

— du système nréthro-spinal... 0,61 0,5

Hydropisie 0,38 0,5

Autres maladies 1,46 O/J

Mort violente, suicide 1,42 i»

C'est la race nègre qui contraste le plus avec la nôtre. Dans Tcnsemble des colonies anglaises placées sous le commandement des Antilles, la mortalité déterminée |)ar les fièvres palustres a été de 1 pour les nègres et de 8 pour les Anglais; à Gibraltar, cette pro|X)rtion se renverse pour les maladies de poitrine, les premiers comptant 8 décès et les autres 1 . Dès que le nègre s*éloigne de son cantonnement originaire, soit h Test, soit à Touest, sa prédisposition à la tuberculose se révèle et s*exalte; dans une période de 19 à 20 ans (1), elle a tué :

Côte occidentale d*Afriqne ? 4,0

Honduras ? 6,6

Bahama ? 7,0

Jamaïque 7,4 7,5

Maurice 3,9 9,8

Antilles 6,4 »

Gibraltar 6,1 33,5

Rien de pareil chez les Hindous, chez les Hottentots, chez les Maltais; ceux-ci (trnu|)es) |>erdent par phlhisie 2,6 sur 1000 habitants; les Anglais /i,3/i; au cap de Ikmne- Espérance, le soldat hottentot comme le soldat anglais 2/i. A Madras, sur le littoral, ce dernier 1,6 el le Cipaye0,9; dans la plaine, TAnglais 0,7, et le GipayeO,0 ; sur les plateaux 0,9 el 0,6.

(1) Boudin, Annales (fhyg, et de méd, fég.^ 2« série, t. XVI, 1861, p. 22.

t$k MS «AGES. [mmim

Llmomiiilé des Mgr» o^est pas rwrtiiaf ai géaénAe amin les âèrres d'impilad^ioB ai mêaie oMilre b fièvre jmml SUs suât ■hhbs sovfcal aiteiats de fièrre an Aalilles que b pupalrtai JailMte, ik fe soat à pea près aotaatqoe les Européeas créoles, ei DaliaÉlw a ca à traiter boaaoariirede fièires peroideoses chez les habitaats de difcnes laoes ei de dircrses omiairB(i;. Sortis de leandÎBUlsd'or^iBe, les aègrescoaMae les ladieos salassent les effets de ilmpalndatioa; les aas et les aalres, iaponfisde Flade et de la cdte orientale d'Afrique k Mayotte, poor y être enyioyés an travan dlastallatioB, oia offiert k Lebeaa aataat si ce B*ctt plas de fièvres peraideases de looles formes que les Eoropéens; ipdqaes aaaées de s^oor lear coaièreat le prinlège de Tasmétode, c'est >dha de rWiHnrr an nûasBes* pri- Tilége doot la race bbache a*cst pas eaciae(l). A la Gafaae, J. Laae a bk les oiêmes remarqacs. Aa Gaboa, Griflba da Idhj (3) coosiMe reneasioa de la fièfre paruiî les noirs. Thèreaot, au Sén^, les ▼ traave aasn exposés que les blaaciL Sigiud,au Brésil, sigaale les nègres Tenaat de la côte d'Afrique af ec de grosses rateiL fiichaud, en Corhiarhiae, na^e les fièrres panai les maladies les plus oommnaes des iadigèaet Nous reprodaisons ici ua docameot qui dispense de tonte autre dtacion :

Hûtoire médicale de rexpédùkm dm Siger pntdami tamitée 1811-1842

(Lomfm, 1813).

L'Albert. U WiOerfmnt. Lr Stm.dm».

eu nxiere. m nrirrp. «-b nricnv.

(SS «11/127 4êMt/ISS S7otI/I

Atto^iM* àe b Sêvre émtltSiçtr, . .

aorts

Alla^Mt et k fièvre.

Sain imMwHéê mt la

tUe i'.KÎnqt. , .

AU»q«n de b fime.

3Sdeil«<ft I l/6de«ibie«.

6Mf/2S0 3 m 1/2 5 S M 1 I 5

Llmmoniié, Uni Tantée, de U race noire contre la fièrre jaune, appartient plutôt ï riiidigénat qu*à la race: indigènes européens, africains, asiatiques, % sont rebelles ï peu près dans une égale mesure, ï moios qu'ils ne s*y eipo- MMii (il dehors des limites de leurs climats. Dutroulao rapporte quVn 1830, pcodant U première épidémie du Sénégal, les noirs et leurs inétb furent atteints, comme les Européens même acclimatés; mais dans les épidémies ultérieures, ils furent presque entièrement épaigoés. En 1850, à la Guyane, la

1; DoirooUs, Maladwti deà Europcpfts dam tes pays chamds^ 2* édit. Paris, 1868,

2 F. C. Maillot, Trcitr de* fiêrret. Paris, 1836. — f^anieU et Blair, cités par Lai^nn, art. A>i4G0Siami. Dic/. fnryhp, df-ê »c. mfd., t. V. Paris, 1866. (3) Gri«i»fi du BelUy. Arrh. d^ ift^i, iwr.. 186*, t i, p. 13.

PimLiQOE] TYPE PATHOLOGIQUE DES RAGES. 305

fièvre jaune, qui n*avait point paru depuis la fin du dernier siècle, sévit avec une égale intensité sur les classes de couleur et les Européens créoles. Cinq ans après, répidémie, se renouvelant, ne frappa' que la population flottante ou non acclimatée. An reste; l'Européen lui-même en est préservé par une première atteinte; mais le blanc, comme le noir, perdent le bénéfice de Timmunité par le retour ou le séjour prolongé dans un climat tempéré. Nott (cité par Laveran) raconte que dans le cours de cinq épidémies observées à Mobile, les nègres récemment arrivés de la côte d'Afrique sont restés indemnes de leurs atteintes, tandis que les noirs acclimatés de la Virginie, du Maryland, de Delaware, de Philadelphie, leur ont payé tribut Pendant quatre ans de séjour i la Vera-Cruz et malgré un service pénible, pas un cas de fièvre jaune ne s'est montré dans le bataillon de U5Z nègres du Darfour et de Kordofan que le viceroi d'Egypte a prêté à la France pour l'expédition du Mexique. Les compagnies de génie coloniales, recrutées à la Martinique et à la Guadeloupe parmi les créoles et parmi les hommes de couleur ayant du sang nègre, n'ont donné, pendant leur séjour au Mexique, aucun décès par fièvre jaune. Les Turcos, au contraire (tirailleurs indigènes de l'Algérie) lui ont payé un lourd tribut (1). Compensation fatale! ceux que respectait la fièvre jaune ont livré force victimes à la phthisie, qui, d'après Fuzier, décime la population indigène de la Vera-Cruz.

Dans la zone tropicale, le choléra épidémique fait éclater sa terrible prédilection pour les races de couleur; dans les grandes villes de l'Inde comme en Cochinchine, aux Antilles comme à l'ile de la Réunion, c'est sur les nègres, les mulâtres, sur les indigènes qu'il sévit plus que sur les Européens.

Un document tout récent (2), retraçant les épidémies du choléra et de fièvre jaune qui ont sévi parmi les troupes des États-Unis en 1867, fait ressortir la gravité et la fréquence plus grandes de la première maladie chez les nègres et de la seconde chez les blancs. Ceux-ci ont perdu UU sur 100 cholériques, ceux-là 69. Pour 1000 hommes d'eiïectif, les troupes blanches ont compté 256 décès par fièvre jaune, les troupes noires 73, soit 32 et 15 décès pour 100 cas de fièvre jaune. Le choléra n'a jamais pénétré au Sénégal, à la Guyane ni dans les iles de l'Océanie. Dans l'armée cipaye des Indes, entre cipayes et Anglais, la proportion est inverse :

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