‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2 (volume 2)Chapitre 74 sur 107 · B APPORT DES CAUSES MORALES AYEC LA POPULATION · texte numérisé non relu

B APPORT DES CAUSES MORALES AYEC LA POPULATION

{1. — Fée«B«lté.

Nous avons vu que les unions contraires à la morale produisent plus de nouveau-nés qui subissent une mortalité plus forte; les rapprochements trop précoces donnent lieu aux mêmes résuluis. Tontes les habitudes

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J t. — lf«rtoll(é.

Que la mortalité diffère entre dent peuples, dont Tan est lodostriem et prévoyant, et Tanire plongé dans Tabrutissement et Toisiveté, c'est ce que les faits démontrent en foule. Quetelet a calculé qu'elle est trois fois plus forte dans la république de Guanaxato qu'en Angleterre. Sî elle est bien plus faible dans les classes supérieures de la société que dans les casses infimes, la cause n'eu gît pas seulement dans l'aisance des uns et dans les privations des autres; elle se trouve aussi dans les habitudes de propreté, de tempérance, dans la nature des passions les plus fréquemment excitées, dans les variations plus on moins brusques du mode d'existence. L'influence léthale des passions ne ressort-elle pas de l'excès de mortalité qui pèse sur l'bomme entre vingt et trente ans, alorsqu*ila terminé son évolution et se trouve muni de toute l'énergie nécessaire pour lutter contre les causes de destruction ? L'intempérance désigne d'avance aux coups de toutes les épidémies meurtrières ; la terreur multiplie leurs victimes ; mais l'exemple le plus frappant de ce que peuvent tes causes morales sur la mortalité, c'est la proportion des décès des enfants légitimes et des enfants illégitimes (voy. p. tiZ6) : non-seulement ces derniers fournissent le maximum de mort-nés, mais le funeste héritage du vice les poursuit au delà de leur naissance, et d'après Baumann, un dixième d'entre eux seulement parvient à la maturité. Les recherches de Benoiston de Château neuf assignent la plus forte proportion d'enfants trouvés à Saint-Pétersbourg (45 sur 100 naissances), à Moscou (27,94) à Rome (27,90), à Lisbonne (26,28), à Madrid (25,58); Vienne, Paris, Bruxelles en ont moins. Les conclusions que l'on pourrait tirer de ces données, au point de vue de la civilisation, seraient peut-être hasardées ; mais l'influence de la misère et de la démoralisation des grandes villes se montre encore ici ; tandis que Paris compte annuellement 21 enfants trouvés pour 100 naissances, le reste de la France n*en produit que 5,52, disproportion qui se maintient forte même après toutes les déductions dont le chiffre 21 est passible. L'abaissement du chiffre proportionnel des décès et la prolongation de la vie moyenne, démontrés par tous les statiNticiens de l'Europe (voy. page 321), mettent en évidence l'efiBcacilé de la civilisation : assainissement des habitations privées et publiques, dessèchement des marais, extensions et améliorations de l'agriculture, subsistances mieux assurées et plus variées, rareté des famines, développement de l'industrie, échî^nge des produits qu'elle donne chez les différentes nations, progrès des connaissances physiques et médicales, tout cet immense labeur qui résume les influences morales et intellectuelles accroît l'aisance publique et multiplie les moyens de conservation. Les gouvernements arrêtent ou fa\orisent ce mouvement ascensionnel de l'espèce humaine, suivant qu'ils tendent au despotisme ou à la liberté. Quelle distance énorme entre les degrés de mortalité de l'esclave et du maître, malgré tous les excès que ce dernier commet l

700 DES MODIFICATEORS. ^ PERCEPTÀ. [iTOte

A New- York et à Philadelphie, il meurt 1 esclave snr 18^ tandis qae poar toos les habitants pris ensemble la mortalité n'est que de 1 sur 33 à 39 ! C'est an gDavemements d'aillears qu'appartiennent la surveillance sanitaire des peuples, la mission de propager les moyens de préservation et de conservation, tels que la vaccine, les secours publics, etc. ; c'est sous leurs mains que sont placés les hôpitaux, les prisons, les établissements industriels, etc., et tout» les mesures qu'ils appliquent au détail comme à l'ensemble de ces institudoDs donnent lieu à des oscillations dans les chiffires moyens de la mortalité. La \e%ét des milices et les guerres déciment la portion la plus saine et la plus précieuse de la population, celle qui, parvenue au terme de son développement physique^ s'apprête à solder la dette qu'elle a contractée envers la société par les soins prodigués à son enfance. Enûn la religion imprime aux esprits, suivant la nature de ses dogmes et le caractère de ses interprètes, un rhythme paisible ou véhément qui tempère ou précipite les mouvements de la vie. Le baptême et la circoncision suscitent un danger auxnouveau^nés; le carême et les abstinences réduisent les forces reproductives ; les cérémonies religieuses et les apprêts de mort, appliqués aux malades, leur causent une émotion périlleuse, et ont tranché brusquement plus d'une espérance de guérison, etc.

ARTICLE IL

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