‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 106 sur 111 · NGE6TA. — DES ALIMENTS · texte numérisé non relu

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d'esprit. Au delà de trente-cinq ans, les bonnes nourrices sont rares, surtout en ville. La bonne humeur, l'enjouement, la sérénité du visage doivent être recherchés en elles. Joignons-y un certain degré d'intelligence, quoique le lait ne soit point le véhicule de l'esprit ; mais destiné à l'accroissement de tous les organes, resterat-il sans influence sur la constitution et le jeu de l'encéphale? Désormeaux ne pensait pas ainsi, et nous admettons l'influence générale de la nourriture sur le moral et l'intellect. Le lait doit être de bonne qualité, riche en éléments nutritifs, pur dans sa composition, et suffisamment abondant. L'analyse chimique peut seule faire connaître les proportions de beurre, de matière caséeuse, de sucre, etc., que ce liquide contient; mais les applications do* mestiques n'exigent pas une base aussi rigoureuse, ni ne comportent une recherche aussi longue et difficile. Le microscope, qui est un procédé d'exploration prompt, facile et sûr, suffit pour éclairer le médecin sur le choix d'un lait; lui seul permet d'ailleurs de constater les altérations morbides du lait, sa contamination par des substances muqueuses, purulentes, sanguinolentes, etc. Le nombre des globules exprime assez bien la richesse, c'est-à-dire la puissance nutritive du lait, le caséum et le sucre étant en proportion de la quantité des globules laiteux qui représentent la partie grasse ou butyreuse. La quantité de crème qui se sépare par le repos, et qui est constituée par la réunion des globules, est encore un moyen suffisant pour évaluer la richesse du lait. On peut mesurer l'épaisseur de la couche crémeuse en recueillant le lait dans les tubes éprouvettes de M. Donné, divisés en 100 parties. Le lait de femme de bonne nature marque 3 de crème, celui d'ânesse 1 à 2, celui de vache, très riche, 1 0 à 15 A la mesure de la couche crémeuse, Quevenne (1) a joint l'appréciation de la pesanteur spécifique du lait ; et ce double contrôle s'exerce à l'aide d'un instrument qu'il a imaginé sous le nom de lactodensimètre. Mais cette méthode ne permet pas de reconnaître les sophistications par l'eau (2), et elle a l'inconvénient de durer douze heures environ , alors que l'économie domestique exige le plus souvent des vérifications instantanées. C'est ce que l'on obtient au moyen du lactoscope de H. Donné. Cet instrument indique le degré de richesse et de pauvreté naturelle ou factice du lait, par le degré d'opacité au-

(1) Annales d'hygiène, 1841, t. XXVI, p. 5 et 257.

(2) A. Donné, Cowrt de mkroscopie. Paris, 1844, p. 879*

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quel répond la proportion de crème. Nous renvoyons à l'ouvrage cité de M. Donné pour la description de l'instrument , le mode do maniement et les résultats étalons qu'il donne pour les différents laits. Le bon état du propre enfant de la nourrice dispense de toutes les investigations précitées, si l'on a acquis la double certitude qu'elle ne présente pas un enfant d'emprunt, comme cela arrive parfois, et que l'allaitement n'a pas été secondé par une nourriture accessoire. Le lait pauvre agit sur l'enfant nouveau-né, comme l'alimentation insuffisante sur les adultes; la diarrhée, les vomissements, parfois le muguet, toujours le dépérissement , voilà ses effets. Quand la richesse du lait est disproportionnée avec les besoins et les forces digestives de l'enfant, on observe des digestions pénibles, de l'engourdissement , de l'agitation, des vomissements et des coliques ; en un mot, chaque repas de l'enfant au sein d'une nourrice dont le lait est trop substantiel donne lieu aux accidents d'une mauvaise digestion. On sent combien il importe de distinguer ces deux causes de malaise et de langueur qui peuvent Frapper les enfants à la mamelle ; c'est M. Donné qui les a signalées judicieusement à l'attention des praticiens. Il est plus facile de corriger l'excès de globules que leur rareté; il suffit d'éloigner les repas de l'enfant, afin que le lait séjourne plus longtemps dans le sein. Cette circonstance a pour effet de le rendre plus clairet plus séreux, contrairement à ce qui se passe pour toutes les autres sécrétions du corps (Péligot). — Peut on déterminer l'abondance du lait? Le volume et la dureté des seins ne prouvent qu'une chose, l'affluence actuelle du lait, mais ne fout rien préjuger sur la marche habituelle de la lactation. Il y a d'excellentes nourrices dont le sein ne fournit, par pression, qu'une médiocre quantité de lait, mais chez qui la sécrétion s'active par la succion de l'enfant et s'opère eu quelque sorte au fur et à mesure de ses besoins. Pour juger une nourrice sous ce rapport, il faut la voir à l'œuvre, constater l'état des s**ins avant et après l'allaitement, le degré de satiété de l'enfant après chaque repas, etc. M. Devergie (1) distingue trois espèces de lait, suivant qu'il contient de gros globules, des globules très petit> ou en poussière, et des globules moyens. Le volume et le nombre des globules expriment le pouvoir nutritif du lait ; l'un est souvent, mais non toujours, en rapport avec l'autre ; le lait à gros globules

(1 1 Sur la valeur 4$ l'examfH microtcopique du lait {Mémoim de iAcadém* di médecine, t. X, p. 206).

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peut coïncider avec tous les tempéraments, mais s'allie plus souvent au tempérament sanguin lymphatique. On le trouve quelquefois (ft fois sur 17) chez des nourrices grêles, maigres, à clavicules saillantes. Le lait à globules en poussière appartient presque constamment à des constitutions faibles, et ne permet guère de compter sur un accroissement ultérieur de richesse. Les nourrices dont le lait tient le milieu entre les deux espèces précédentes sont les plus communes. Sur 59 nourrices, H. Devergie n'en a trouvé que 13 dont le lait n'ait pas augmenté de richesse par le seul fait de la reprise de l'allaitement Les seins de moyenne grosseur fournissent le lait le plus riche ; viennent ensuite les seins très gros, puis les seins très petits. L'âge du lait n'augmente ni le volume ni le nombre des globules. En somme, il trace le portrait suivant de la nourrice à choisir : Vingt-cinq à trenteans, constitution forte, poitrinelarge, tempérament sanguin lymphatique, cheveux bruns, dents blanches, non martelées et saines : lèvres et teint colorés, seins piriformes à mamelons nettement dessinés, sans veines trop dilatées ; les seins arrondis, bombés, à grosses veines, à aréoles très larges, sont très inférieurs aux précédents. Le lait tiré dans une cuiller doit être blanc, à léger reflet bleuâtre, d'une saveur sucrée; il ne doit pas être trop épais. Le microscope fera connaître s'il est plus ou moins riche en globules, si les globules sont plus ou moins gros, enfin s'il a subi quelque altération. — Le lait des nourrices peut être altéré par le mélange du colostrum ou par celui du pus. Le colostrum contient des globules laiteux plus ou moins bien formés, liés entre eux par petites masses au moyen d'une substance muqueuse et de particules d'une nature spéciale que M. Donné a décrites sous le nom ^corpuscules granuleux. Ce premier lait préexiste à l'accouchement; il ne change pas à cette époque, mais il augmente jusqu'à distendre les seins. Après la fièvre de lait et après plusieurs succions, il perd sa couleur jaune et sa consistance visqueuse pour devenir un véritable lait. Au bout de six à huit jours, il n'offre plus de corps granuleux ; leur persistance en très petite quantité, même au delà de trois semaines, ne lui communique rien de morbide ; mais quand ils s'y montrent indéfiniment et en abondance, le lait n'a point sa pureté normale; il est altéré. Cet état du lait, que le microscope seul décèle, est permanent chez les nourrices mal constituées, et se produit chez les bonnes nourrices sous l'influence d'une maladie générale ou locale; l'enfant subit alors les effets d'une mauvaise alimentation : diarrhée, maigreur, etc. Les abcès du sein qui soi-

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vrent dans les vaisseaux lactifères altèrent ce fluide par le mélange du pus; quelquefois la suppuration est située sur un point asseï profond de la glande mammaire pour que le pus passe inaperçu dans le lait. Dans ces cas, lessuccionsde l'enfant ne peuvent qu'aggraver là inaladiedusein, bien loin de contribuer à son dégorgement, comme le vulgaire se l'imagine. En outre, un pareil lait ne peut qu'être nuisible. Les globules du pus, frangés, granuleux, légèrement opaques, insolubles dans I l'éther et l'alcool, se dissolvent dans l'ammoniaque, qui n'attaque pas les globules de lait, à contours nets, transparents au centre et solubles comme les matières grasses dans l'alcool et l'éther. — Nous indiquons plus bas (sexe) le régime alimentaire qui convient aux nourrices; il faut y joindre un exercice modère, surtout l'exposition à l'air libre; le bain d'air presque continu leur est aussi nécessaire qu'à l'enfant nouveau- né ; que leurs chambres soient vastes et aérées ; qu'elles ne soient point reléguées pendant la nuit entre le lit de la mère et le berceau de l'enfant, dans le mépltitisme d'un local étroit et hermétiquement Terme. Elles doivent redouter les vicissitudes trop aiguës de la température, surtout l'impression du froid ; dans les arrangements de leur toilette, elles éviteront les compressions sur le sein. Point d'émotions, point de lectures ni de spectac es qui agitent l'àme. Si les relations sexuelles ne peuvent être refusées aux nourrices mariées, quVles se gardent d allaiter avant l'apaisement des troubles que le cou détermine*

y t.ÏH.v.wïf sw <>* #ww.îwt. C'est la chevne que Ton préfère pour cet usage, a cause de la gmsse.-r et de la fouine de ses trayons due la bouche de \ entant saisi sans pêne. Oh iaore&s* facilement a ptvsentor sa ro*n*\»e a l'cuUn:. et e.ie ^rai: *u*c*-p;.ble de s attacher a u. l-e la:t .1 àucsm* a :ïu> d a .*i;i£jr a\t«c cel-j de la frmme , ro*i> >u a »i:ffi»'4i u *i x\* •.ju?-r i en* ..M * .m Li.afDe'.îc Je <<*l aeim*.. on *vserve mw i*.t pô.jr a ï«ôutt :;;r: *- î-.Ser ■■•«. Outre tes pnv*i.»,»'*r»> * zwîi.'.jv c.«t ;?y .. ;«■ u'aitfr ?•*. .3.;*!tri«ce de ) a? -ma , tar.; *iu« >.* i..'f < :« *iv ;:•*,: *t ». uri ' • '. . r: « j:»ci ti n*a- V\i*K*r. c»»» * ! ~»v* ^ m(" * niI> ****** ■'• s**- nr *-'■• i*fc> a sa i*rT*aji«*v iv^Tier Unit**'*: i:rr •«■: *"*as. »«' >a-; es:^- .. :.îv»n.:. :.:« I4Ti; j. u> l <: U\v *£** e f '."«.."i »rhi; . r. .*. ; siii-c. j- î? rit'i. yun: *..;? n*t\iixTr- I* coiïmi** iV *ï n,fc ••.riii. .i.Riuc *»i.* »*■ î-a.u't ..l .* :. rt-.i.. Sa thtwrs b.»prbr> ï. a {vun; £ aj<*«i: l..:viijt ôl a tv;»i«;« . s;.r "** <4h*t* m«»r*4A •"*• •*•'» ■ '»>iih»n«i.\.v. i:* ntt'mo ,ij»iin.»r> *jiu sut cr":u. 4» miimw L» «tf »laou* iwhht* tk^afo varia» ne nvamtnL

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dit-on, ni la vivacité des mouvements, ni la gaieté d'esprit qu'on observerait chez les enfants allaités par des chèvres. L'hygiène de l'animal modifie la nature de son lait, et que l'enfant reçoive ce liquide par voie de biberon, ou indirectement au sein de l'animal, il faut placer ce dernier dans les conditions les plus favorables à sa santé; qu'il paisse en plein air et en liberté; qu'il couche sur la paille renouvelée chaque jour, dans une étable bien aérée; l'usage des végétaux verts, en rendant son lait plus séreux, l'appropriera mieux aux organes du nouveau-né. Les carottes produisent le lait le plus léger et le plus digestible ; les betteraves donnent naissance au lait le plus riche et le plus nutritif; les autres substances et les fourrages produisent un laitd'une richesse intermédiaire. L'étrillage favorisera l'action perspiratoire de la peau. S'il ne nourrit qu'un enfant, on devra le soulager du superflu de son lait; qu'on lui épargne les mauvais traitements, que Ton s'abstienne de l'effrayer, de l'irriter; sinon, l'excrétion du lait deviendra difficile, ou ce liquide changera de qualité; pour le même motif, il ne devra pas supporter trop de fatigues. Une chèvre qui a déjà nourri un enfant convient le mieux pour un nouvel allaitement; et comme les animaux ont aussi leurs idiosyncrasies, il faut s'en tenir à celui dont le lait réussit.

4* Allaitement artificiel. Désastreux dans les hospices consacrés aux nouveau-nés, funeste dans les grandes villes, proscrit par la plupart des médecins et condamné par les résultats de la statistique, l'allaitement artificiel, s'il est dirigé avec une sollicitude de tous les instants et le concours de bonnes conditions hygiéniques, peut réussir dans l'intérieur des familles, et particulièrement à la campagne; son succès est plus assuré s'il succède à un allaitement naturel de quelques semaines; mieux vaut aussi le faire alterner avec un allaitement même précaire, que de l'employer d'une manière exclusive. Le lait doitétre fourni parle même animal, nouvellement trait, non bouilli, mais chauffé au bain-marie à la température du lait de la femme. Quand le lait dont on se sert est beaucoup plus riche que ce dernier, comme le lait de vache, on l'atténue parle mélange d'un liquide aqueux, tel qu'une décoction légère d'orge, de gruau, d'avoine. D'autres préfèrent une décoction légère de mie de pain, parce que la fermentation a plus intimement combiné les principes de la farine. Désormeaux (1), préconisant pour les nou-

(1) Dictionnaire de méiecme, t. XXVIII.

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veau-nés l'usage d'une nourriture animalisée à un certain degré, d'après des analogies peu fondées avec d'autres espèces zoologiques, propose de couper le lait déjà trop peu animal i se des herbivores avec un liquide chargé de substances animales, par exemple, le bouillon de poulet. Cette manière de concevoir le régime du premier âge est parfaitement réfutée par les expériences que M. Donné a faites sur des chiens d'une même portée, de môme force, et dont les uns, nourris avec du lait, se sont développés plus rapidement que les autres, nourris avec du bouillon. Notre expérience nous porte à préférer tout simplement l'eau pour délayer le lait trop crémeux des vacheries; il convient de sucrer, mais sans excès, cette boisson, dans laquelle on fait varier les proportions relatives des deux liquides suivant l'aptitude digestive de l'enfant, dansli mesure progressive de ses besoins d'assimilation ; la seule règle est le tâtonnement; et c'est d'après les effets fidèlement observés que l'on pousse jour par jour ce régime. Plus tard, l'eau sera remplacée parles solutions amylacées, gommeuses, puis par le lait pur. On peut aussi, d'après le conseil de M. Donné, débuter par le lait de première traite, provenant de vaches alimentées avec des carottes : ce lait est le moins substantiel que l'on puisse obtenir. Dès le quatrième mois, chez les enfants nourris artificiellement ; à partir du sixième chez ceux qui ont le sein dune nourrice, on emploie des aliments mous, dont le meilleur est la panée ou panade faite avec de la mie de pain de froment séchée, réduite en farine grossière, et cuite ensuite dans l'eau jusqu'à ne plus former qu'une gelée homogène que l'on passe au travers d'un tamis de soie et que l'on sucre légèrement ; plus tard, on la prépare au lait, puis au bouillon de poulet, etc. La bouillie faite avec la farine de froment et le lait est encore uu aliment très convenable au premier âge. Si elle a encouru le blâme de Rousseau, elle a pour elle l'autorité de Halle et le suffrage de nos mères. C'est par l'artifice de ces gradations délicates du régime que l'on peut corriger les inconvénients de l'allaitement au biberon ; il est nécessaire d'y joindre le bienfait d'un air pur et de tous les autres soins hygiéniques. Même avec cette combinaison de moyens, il ne deviendra jamais une méthode sûre d'éducation physique, ni surtout applicable à un grand nombre d'enfants réunis dans une même habitation. La possibilité du succès n'existe que pour des sujets isolés.

5° Régime de l'enfant. Tant que dure l'allaitement, on rapproche les repas, et d'autant pi us que l'enfant est plus faible. En moyenne,

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le minimum des intervalles peut être fixé à une heure et demie, le maximum à trois heures, l'enfant buvant chaque fois jusqu'à sa* tiété, à moins d'une contre-indication particulière. Il est utile de préluder, dès ces premiers temps, à une distribution régulière de la nourriture. L'allaitement devra se ralentir avec les progrès de l'âge, qui se mesure par semaines et par mois ; on en viendra à ne lui donner le sein que de trois heures en trois heures, s'il y trouve à chaque prise une ration suffisante de lait. Jusqu'à six mois, le lait de la nourrice sera son unique aliment; tout au plus y joindra-t-on le lait des animaux, pur et coupé, comme il a été dit plus haut. La timbale d'argent est le moyen le plus simple pour faire boire les enfants. On a inventé beaucoup de biberons, dont le meilleur est dû à M. Charrière. Une alimentation prématurée est la source d'un grand nombre d'incommodités et de maladies. Disproportionnée avec les facultés digestives de l'enfant, elle occasionne des diarrhées, des indigestions, des empâtements abdominaux, des gourmes, des éruptions diverses ; c'est aussi là, comme l'a prouvé M. Jules Guérin, l'une des causes ordinaires du rachitisme, l'organisme ne pouvant élaborer convenablement les matériaux qu'il reçoit, ni pourvoir par leur moyen à sa nutrition dans le mode physiologique de cet âge. La nécessité de ménager la mère peut seule autoriser, dès le troisième mois, l'emploi auxiliaire du lait des animaux et des bouillies. En général, il faut l'ajourner jusqu'au sixième mois. A cette époque, on débutera par une soucoupe (six cuillerées) de bouillie claire, faite avec la crème de riz, s'il y a tendance a la diarrhée; avec la fécule de pomme de terre dans le eus contraire; l'arrow-root est léger, la farine de froment très nutritive. On alterne ces fécules pour satisfaire au principe de la variété dans le régime; on épaissit progressivement les bouillies, on en augmente les doses tout en consultant tous les jours l'état général des enfants et celui de leur tube digestif; de ces fécules, on passe à la semoule claire et bien cuite, au vermicelle, au bouillon gras, enfin aux potages légers, faits avec les mêmes farines. Cependant on a exercé leur appareil de mastication par des croûtes de pain sec qu'ils ramollissent et sucent; cet exercice favorise l'évolution des dents par la compression des gencives, et les dispose à manger des substances solides. L'époque du sevrage est alors venue.

6 Du sevrage. Son opportunité correspond entre douze à dix-huit mois, plus vers ce dernier terme pour les enfants faibles ou suspects d'hérédité morbide. Mieux vaut l'avancer quand c'est la mère qui

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INiiESTA. — DES ALIMENTS. 869

de cette austérité populaire qui recommande d'endurcir de bonne heure les enfants pour les disposer aux privations de la vie. Il est reconnu que, dans nos climats, la plupart des affections morbides (scrofule, tubercule, etc.) atteignent les individus frôles et chétifs* et la plus sûre prophylaxie consiste dans l'augmentation de la puissance de réaction organique par la grâce d'un bon régime. L'eau rougie légèrement sucrée convient aux enfants; en y trempant un peu de pain, on en fait une espèce de soupe proposée par M. Donné et qui leur réussit bien ; comme lui, nous admettons quelque peu le vin dans le régime de cet âge : « Je soutiens qu'il faut donner de préférence aux enfants du vin aussi coupé d'eau qu'il est possible (1). »

Quant aux précautions nécessaires à la nourrice ou à la mère pendant et après le sevrage, elles se réduisent à diminuer et môme à supprimer les aliments durant un ou deux jours, à favoriser la transpiration cutanée par le séjour au lit et par des boissons chaudes, à dériver s'il y a lieu l'afflux sanguin qui s'opère vers les glandes mammaires, par l'administration répétée de quelques laxatifs (sels neutres). Loin de réveiller artificiellement leur appétit qui diminue ordinairement après la cessation de la sécrétion laiteuse, il importe de restreindre quelque temps encore la mesure de leur alimentation et de les assujettir à un exercice musculaire suffisant, afin de prévenir la pléthore générale qui peut succéder a la suppression d'une fonction aussi importante que la lactation.

Vieillesse. Les vieillards recherchent les aliments d'une consistance médiocre, à cause de l'imperfection de leur mastication et du défaut d'insalivation convenable qui en résulte; ces deux causes s'ajoutent à l'affaiblissement graduel de leur estomac et de leurs intestins pour leur rendre les digestions le plus souvent pénibles et lentes; aussi ont-ils besoin de substances éminemment digestibles. Leur appétit diminue avec le besoin de réparation ; beaucoup d'entre eux se contentent d'un seul repas par jour ; encore ne consommentils qu'une portion des aliments qui constituaient autrefois leur ration. Cette tempérance est la condition de leur bien-être; convenable à tout âge, elle est pour eux une nécessité qu'ils ne peuvent enfreindre saus péril : on peut dire qu'ils ne sauraient trop réduire la quantité de leur nourriture, s'ils désirent conserver les attributs d'une vieillesse paisible et valide. Tous les exemples de longévité

(1) Hippocrate, Œuvres trad. par E. Littré : Des airs, des eaux et des lieux t. Il, p. 12 et suiv.

sont fournis par des vieillards qui ont apporté dans leur régime une stricte et invariable mesure. Tous ne savent pas rompre en temps opportun avec les habitudes de bonne chère et les plaisirs de table: la vivace intégrité du sens du goût, qui est l'un des rares privilèges de cet Age, les entraîne au delà des limites que leur impose la médiocrité de leurs besoins : leur palais parle plus haut que leur estomac. Enclins à la gourmandise, ils s'exposent à tous les inconvénients de la surcharge gastrique; les éructations, les flatuosités, les diarrhées les fatiguent, et chaque indigestion les penche un peu plus vers leur ruine. Le régime de cette période de la vie n'admet rien qui soit de nature à précipiter les actes organiques, à exalter passagèrement les forces : il doit tendre à conserver, non à développer; il se composera de viandes peu riches en fibrine, légères, bien tendres, de pain bien fermenté et bien cuit, de végétaux nourrissants, de soupe, de panade (Lorry); point d'aliments farineux, visqueux, acides, salés, gras et pesants. Le principal repas sera pris vers le milieu du jour; celui du soir sera avancé et très léger : les assaisonnements énergiques seront exclus de l'un et de l'autre. Néanmoins, et surtout dans la vieillesse extrême, ii est nécessaire de réveiller l'énergie des organes digestifs par quelques stimulants savoureux : il convient alors d'augmenter le nombre des repas en diminuant la quantité des aliments qui seront à la fois mous et fortifiants.

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