Tempéraments, idiosyncrasies
« ISullum alimentum universali titulo salubre dici potest ; et qui rogat quodnam est salubre alimentum, idem facit acsi quœreret quisnam sit ventus secundus, non cognito itinere (1). » C'est aux individualités organiques que s'applique cet aphorisme si vrai : l'aliment qui convient à l'une nuirait à l'autre; la diète doit concorder avec les différents tempéraments; elle ne doit pas offenser les goûts instinctifs ni même les goûts acquis, car ils expriment toujours un rapport entre l'aliment et l'état actuel de l'organisme. On chercherait vainement à surmonter ces répugnances ; les substances ingérées contre le vœu de l'économie sont réfractaires aux forces digestives ou ne cèdent à leur action que d'une manière incomplète et laborieuse. Ce que nous avons dit des effets de l'alimentation végétale et animale nous dispense d'entrer dans de longs détails au sujet du régime qui convient aux différents tempéraments et idiosyncrasies. Plus le tempérament sanguin est prononcé, plus la diète doit être végétale, adoucissante (fruits , herbes potagères, viandes blanches, etc.). Les pléthoriques doivent éviter les aliments succulents. Les sanguins d'une nuance modérée peuvent
(1) Van Swiéten, Commentaires, 1. 1, p. 55.
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user plu» librement des différents genres de nourri tare, et c'est pour en que Celse a émis le précepte de ne s'astreindre à aucune règle particulière du régime, mais d'en suivre un très varié. Néanmoins tons les individus sanguins, à quelque degré que ce soit, ne doivent oser que très sobrement des stimulants, des assaisonnements acres et aromatiques, etc.: cette recommandation s'adresse également aux gens doués de l'idiosyncrasie hépatique ; ils trouveront, daus un régime ténu et végétal, le meilleur préservatif contre les affections bilieuses; les acides, tes mucilagineux leur conviennent ; mais point de substances grasses, point de viandes noires ni d'aliments doux, sucrés, mielleux. L'influence que ces dernières substances exercent sur la sécrétion du foie n'avait pas échappé à Hipporrate ; elle a été vérifiée expérimentalement par Chossat , qui a vu le sucre favoriser tantôt la formation de la graisse, tantôt celle de la bile: i! en est de même du lait que les bilieux doivent exclure de leur régime. Au reste, les personnes de ce type physiologique mâcher: t beaucoup, digèrent vite et ont le ventre serré. Le tempérament nerveux se tait remarquer par les caprices de l'appétit, l'irregularite de ses retours, ses anomalies, les alternatives de paresse et d'activité des orgaues digestifs; la facilité et la soudaineté de leurs perturbations, le contraste du resserrement habituel du ventre avec une disposition à la diarrhée accidentelle: il contre- indique l'emploi des aliments grossiers, des farineux non fermentes, des substances flatalentes : il repousse de même les forts assaisonnements, et eu général tout ce qui peut surexciter la sensibilité d^j.i trop exaltée. Chez es sujets nerveux, il faut relever les forces digesttves. favoriser l'hématose et la nutrition, solliciter le développement du système musculaire pour neutraliser, par un antagonisme d'actions vitales et plastiques, la prédominance des centres nerveux- La tibre rouge ..les bonnes viandes, le gibier non faisande. le pain bien fermente et bien cuit, le poisson à chair sapide et colorée, le lait riche *n globules, quelques végétaux amers etc.. concourent a ce but Les lymphatiques réclament une nourriture qui augmente les matériaux solides Je leur sang et rehausse la vitalité de leurs tissus : la diète pythagorique ne serait point leur affaire. Les viandes rôties, les aliments savoureux et nutritifs sous un petit volume leur conviennent le mieux: aux végétaux, leur régimn'empruntera que les plantes acres qui provoquent les urines et la transpiration crucifères , le persil, l'asperge, ies aromatiques; les viandes blanches, les farineux nou fermentes, les substances
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grasses, visqueuse», humectantes, en seront bannis; ils ne se priveront pas des assaisonnements stimulants.