‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 30 sur 111 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

On a confondu souvent le tempérament et la constitution : Il distinction de ces deux choses nous parait capitale; et sans regarder avec Royer-Collard (1) le tempérament comme essentiellement variable, nous admettons ce qu'il dit à l'appui de cette distinction : tout homme est doué, primitivement et originellement, d'une constitution propre, distincte du tempérament propre* ment dit, et à l'étude de laquelle se rattache essentiellement celle de l'hérédité dans la sauté et dans les maladies. La constitution peut être modifiée par le régime, mais non détruite. En un mot, la constitution est le fond de la nature individuelle; le tempérament en est la forme plus ou moins durable. Hais distinguer, ce n'est pas définir. Qu'est ce donc que la constitution? Elle résume tous les éléments organiques, toutes les différences individuelles que nous venons d'étudier : tempérament, idiosyncra* sies, âge, sexe, hérédité, habitude; elle est le produit de ces conditions fondues ensemble dans la même individualité. L'idiosvnerasie exprime la mesure d'activilé et le développement d'un organe, d'un viscère, d'un appareil ; le tempérament celle d'un des trois systèmes généraux. La constitution est la formule générale de l'organisation particulière de chaque individu, et dans cette formule entrent le degré de force physique, la régularité plus ou moins parfaite avec laquelle s'accomplissent les fonctions, la somme de résistance aux causes des maladies, la proportion de vitalité, et par conséquent les chances de durée. L'idiosyncrasie compare entre eux les organes; le tempérament, les systèmes généraux ; la constitution, les individus. Mais la mesure d'ensemble que fournit la constitution est variable d'une personne à une autre : les constitutions ne peuvent donc être spécifiées, groupées d'après leur essence et leurs propriétés ; elles se jugent, comme beaucoup d'autres causes, par leur résultat sommaire, qui est force ou faiblesse.

La force n'est point une abstraction, un entité ontologique; elle est la résultante de toutes les actions qui s'exécutent dans l'écono-

• 1) Mémoires de V Académie nationale de médecine. Paris, 1843, t. X, p. 168.

DS Là COWSTITOTION. 2M

mie. Comme la force du pouvoir social réside dans le concours de chacun de ses agents et dans l'observation des lois du pays, la ion» organique est dans la régularité des actes dont se compose chaque fonction, dans l'harmonie des fonctions entre elles; elle est dans la spontanéité, lo concert et la stabilité de tous les mouvements par lesquels la vie se manifeste, quand l'organisation obéit an Iota physiologiques. Quoique la force, produit des intensités fonctionnelles, nous apparaisse comme étant généralement répandue dans l'organisation! on ne doit pas la considérer abstraetitamant à la manière des vitalistes purs et en faire le principe d'une série de problèmes de dynamique (1). Ne perdons jamais de vos las conditions matérielles de tout ce qui relève de l'économie; telle- oi varia dans ses formes et dans les éléments qu'elle reçoit, soil de naissance, soit par introduction. Quelle influence ces formes, ses éléments divers exercent-ils sur la force humaine? Les matériau d'une solution complète de cette question n'existent point; tels qu'ils se présentent, ils ont leur importance : nous les brièvement.

Sa- - fi rajpsris et la force mite lee iee^riaam.

Tempérament tanguin. MM. Lecanu, Prévost, Dumas et Denis s'accordent à considérer la quantité des globules comme la mesure de l'énergie vitale. • Ce sont les globules, dit M. Andral, qui, par l'élévation ou l'abaissement de leur chiffre, marquent dans le sang la faiblesse ou la force de la constitution (2). » La proportion des globules est très considérable chez les oiseaux et chez les carnivores; elle est plus forte chez l'homme que chez la femme, dans le sang d'individus sanguins que dans le sang d'individus lymphatiques du même sexe. L'eau diminue dans le sang en raison de

(t) Nous admirons, uns la proposer en exemple, la subtilité arec laquelle Balle et ThiHêje (Dictionnaire des sciences médicales, t. LUI, p. 353 et lui vantes) se sont efforcés de ramener la question de la force organique aux termes d'un problème de dynamique ou d'algèbre ; la passion de l'exactitude en médecine ne date pis d'aujourd'hui ; niais autre chose est l'exactitude des faits, autre chose celte des raisonnements qui ont pourpoint de départ, quoi? une abstraction, une foffreoiton de l'esprit. Cette dernière méthode est une de celles dont les mathématiques tirant parti ; les sciences d'observation n'en tireront Jamais que des kytoifcèscs, d'ailleurs infénieuiement et logiquement déduites.

Cl) Ustol, Mmà 4'hémmUgk ptkokçip». Paris. IS4S, p. tas.

l'augmentation des éléments solides, et réciproquement. Cette diminution de l'eau coïncide avec le développement des forces ; les constitutions débiles ou épuisées présentant au contraire Veau en plus grande quantité dans leur sang. Remarquons toutefois que des causes passagères, telles que l'alimentation (Kaspail), les pertes hémorrhagiques, etc., font varier les proportions des globules, des matériaux organiques solides et de l'eau du sang. Avec ces changements dans l'état du fluide nourricier coïncide sans doute une altération dans la constitution ; mais celle-ci n'est point détruite, et la simple analyse du sang ferait porter sur elle, dans un moment donné, une appréciation fausse. MM. Becquerel et Roriier n'ont obtenu aucune différence par l'analyse du sang provenant de deux séries d'individus, les uns très fortement constitués, les autres également de bonne constitution, mais moins forts. Toutefois les résultats qu'ils ont recueillis dans l'état do maladie les portent à admettre, dans le cas de constitution faible, que les globules et l'albumine diminuent, mais celle-ci dans une proportion très inférieure: Les caractères du sang ne sont pas liés nécessairement avec le développement des organes respiratoires et l'activité de l'hématose, deux traits ordinaires du tempérament sanguin: il m sera parlé plus bas [id iosyncrusie respiratoire).

Tempérament nerveux. Dans le langage d'une physiologie naguère florissante, le système musculaire est représenté par la contractai té qui donne la force matérielle et le système nerveux par la sensibilité, principe de la force active. La force effective ou totale de chaque individu résulte de la combinaison des deux forces précitées (Halle) , ou plutôt de ces deux éléments de la force. Pour nous, il y a lieu seulement d'examiner quel est le rapport de la force avec la prédominance de développement et d'activité du système nerveux, et ce rapport se déduit de ce que nous avons dit du tempérament nerveux. Une organisation très excitable comporte peu d'énergie du système musculaire : dans la limite d'un ordre de choses habituel, elle résiste, elle se maintient en santé; elle développe même, sous l'aiguillon de circonstances insolites, une puissance de réaction que Ton n'en espérait point, et dont la durée se proportionne à celle de l'intérêt qui l'excite. Une passion, un revers de fortune, une situation qui prolonge l'émotion de la pitié, suscitent aux femmes nerveuses, mais bien constituées, aux jeunes gens élevés dans les villes, un courage, une patience, une force physique qui manquent à des individus plus robustes. Dans

les vicissitudes de la carrière militaire, ce sont les hommes de la campagne, robustes et musclés, qui succombent à la nostalgie, aux privations; ce sont les citadins et notamment les Parisiens, grêles et nerveux, qui se soutiennent le mieux. Les constitutions où le système nerveux domine valent donc moins par leur force habituelle que par la force qu'elles savent développer en cas d'urgence. Que si la disproportion entre le développement et l'activité du système nerveux et du système musculaire est exagéré aux dépens de ce dernier, la matière manque en quelque sorte à l'excitation , les muscles, incités par une innervation excessive, se contractent avec violence ; mais flasques, minces et grêles, ils se refusent à une action soutenue, régulière, constante: il n'y a là que de la faiblesse contolsive, sans résistance efficace aux causes de perturbation. La volonté peut être forte, mais elle n'est point secondée par la puissance musculaire; elle avorte en contrariétés et en soubresauts : la santé est pour ces individus au prix du ménagement et de l'atténuation des influences extérieures; elle exige un triple rempart de prophylaxie raffinée.

Tempérament lymphatique. Nous ne répéterons pas ce que nous irons dit sur la composition du sang chez les lymphatiques. Des organes mous et peu impressionnables, des actions lentes, peu de mouvement et peu de chaleur, tels sont les signes de cette ingrate variété d'organisation. Faiblesse et apathie ; de force, point.

S a. — De» rapports de la force avec les Idlosyncrasle».

Idiosyncrasie génitale, « Le caractère de la constitution ne peut se déduire du développement d'un ou de plusieurs organes, ni de la manière dont s'accomplissent une ou plusieurs fonctions: témoin ce qui concerne l'appareil génital (1). » Cette proposition, quelque peu absolue dans sa généralité, s'applique rigoureusement à l'idioivncrasie génitale. Les différences de développement et d'activité de l'appareil sexuel ne présentent pas un rapport constant avec la prédominance d'un des éléments qui entrent dans la composition de tous les organes, ni avec la hauteur de la taille, ni avec le volume du système musculaire. Dans une constitution délicate, quelle que soit sa forme ou son tempérament, peut se rencontrer une grande puissance des organes génitaux ; ils ne déploient parfois qu'une

(IjUlleaafid, op. cit., t. 1, p. 160.

activité médiocre chez tel individu sanguin et robuste. La puissant* virile se manifeste de la manière la pKis inégale chez des individus du même âge, du même tempérament, de même stature, etc.

Jdiosyncrasie digestive. C'est une vulgaire façon d'apprécier la force des individus sur l'énergie de leur appétit, sur la quantité da substance alimentaire qu'ils ingèrent, sur l'activité de leur digestion, etc. Il est inutile d'insister sur le défaut de relation entre la prédominance fonctionnelle du système digestif et la force constitutionnelle; les gros mangeurs résistent peu aux influençai extérieures; s'ils tombent malades, ils s'affaiblissent rapidement, et pour peu qu'on les soumette au régime antiphlogistique, la prostration est imminente.

Jdiosyncrasie thoracique. 11 faut considérer ici trois choses, quoiqu'elles ne soient point subordonnées l'une à l'autre d'une manière constante, l'amplitude de la poitrine, l'énergie de l'hématose mesurée par l'exhalation de l'acide carbonique, et la capacité pulmonaire.

r Un certain développement de la poitrine, c'est-à-dire des diamètres de la cage osseuse et du revêtement musculaire, entre dans les conditions d'une bonne constitution; mais des énonciations exactes ne pourraient être q ue hasardées. M. Balfour a mesuré la circonférence thoracique sur 1 ,500 recrues ; il a obtenu pour moyenne = 32 pouces et demi (anglais) ; l'échelle de variations se trouve comprise entre 28 et 37 pouces. Ces recrues représentent une élite dépopulation; la moyenne, fournie par leur mensuration thoracique, pourrait donc être proposée pour l'un des éléments nécessaires à la force constitutionnelle. Un médecin anglais, H. Marshall, voudrait éloigner des cadres de l'armée, c'e*t-à dire reléguer parmi les constitutions débiles, les individus dont la poitrine ne donne pas 30 à 31 poucesanglais de circonférence, c'est-à-dire au moins 784 millimètres. M. Corbiua trouvé en moyenne, pour la circonférence tberacique de l'adulte, 30 pouces 6 ligues. Il semblerait plus important, d'après les recherches do M. Hirlz, d'apprécier comparativement la circonférence inférieureilu thorax (au niveau de l'appendice xiphoîde) et la supérieure (sous les aisselles); la première l'emporte en moyenne de 7 centimètres chez l'homme, de 5 chez la femme et de 2 seulement chez les enfants des deux sexes entre trois et douze ans ; le rapport devient inverse sous l'influence de la phthisie. Au premier et deuxième degré de cette maladie, la circonférence inférieure dépassait moyenne la supérieure de 2 centimètres chez 75 hommes; an troi

degré, la différence moyenne s'élevaitàOt061 ; chei 50 femmes degrés de la phlhisie, elle était de 0,02. On se demande iments ne sont point dus à l'amaigrissement des parties qui aurait pour effet de rapprocher le thorax de sa forme L'axe vertical du thorax est un élément essentiel de ition. La hauteur de la paroi postérieure, qui de la vertèbre cervicale s'étend à la limite inférieure du bruit rire, soit la proportion exacte de l'accroissement de la moyennes suivantes sont dues à MH. Rilliet et Barthex:

\t aas l/S à 5 ans Taille 0,88 de 6 à lOam

— Paroi antérieure. 0,12 —

— — postérieure. 0,13 —

— Circonférence... 0,55 —

Sot 236 adultes, M. Laveran (1) a trouvé en moyenne ;

— Taille 1,68

— Paroi antérieure. 0,16

— — supérieure. 0,29

— Circonférence. . . 0,80

forts ont donné : Taille 1 ,673

— Paroi antérieure. 17

— — postérieure. 80

— Circonférence... 83

Us bibles

Taille 1,626

Paroi antérieure. 16

— postérieure. 29

Circonférence... 77

&1L Woîllez (2) assigne à la conformation parfaite de la poitrine Caractères suivants : le diamètre transverse parait plus étendu fcil que l'antérieur ; la région sternaire est creusée d'un sillon

Jfctt ou moins prononcé, plus marqué dans la région inférieure, Ifltavenl oui supérieurement, quelquefois même remplacé par une 1 stere saillie. La colonne vertébrale n'offre aucune incurvation an-

■taore ou latérale, et le sillon vertébral, médiocrement convexe

Il haut en bas, est plus ou moins profond ; les régions laté- ' Atas antérieures ou postérieures , exactement symétriques dans

fettos leurs parties, sont semblables dans leur forme ; enfin, les

médicale, 1845, p. 82.

pratique* sur Pmspasikm # la msnsuratkm de la poUhm* t

236 HYGIENE FHIVKE.

surfaces latérales externes de la poitrine paraissent à égale distance de la ligne médiane, ainsi que les mamelons qui sont situés à une même hauteur, au niveau de la quatrième côte ou du quatrième espace intercostal. Mais ii est très raie, suivant M. Woillez. de rencontrer cet ensemble de conditions : sur 197 sujets qu'il a examinés et dont les moins âgés avaient quinze ans au moins, 61 seulement ou environ le cinquième, le présentaient d'une manière évidente ; c'est de quinze à trente ans, c est-a-dire parmi les plus jeunes des sujets soumis à sou observation, que se trouvaient le plus grand nombre de poitrines bien conformées ; ce qui témoigne de l'influence lâcheuse que l'âge exerce sur la conformation thoracique. M. Woillez, eo i.mo M Coibin, insiste surli-s rapports de retendue circulaire de> deux portions latérales dans létal physiologique, et leurs recherches sur ce point les ont conduits a un résultat intéressant ; sur 133 sujets iiu-usurés par le premier, il y avait :

H '.fn il ne plus grande du c*Nir droil chez. 97. proportion 0.72 ^

Eiaie eU'ii-Jue des deui cuit* ■ • . 27 — n,20 \-\

Cote gauche prédomina Dt ^ — 0.06 Jj

Total... 133

Dans ce nombre sont compiis cinq gauchers, dont trois ont offert une différence de capacité de t a 2 centimètres eu faveur du côté gauche : les deux autres a\a;cut les deux co.es égaux : le tableau ci- dessus contint donc la preuve drecte et indirecte de U prédominance du cô:e dioit chez les droitiers. Ainsi duiic le côté droit p^ut remporter de 2 à 5 centimètres sur le a'.te gauche sans qu'il y ait étal pailu-Ucique : tout au unlntire. cette ii.égahie sera un indice de t>.»tme coi:torm.i!w«r. de la po tr.iiv : 1 égalité des deux côtés devra fixer Talent io:i du m*-dec:n I/ig^r-jnc* de ces faits, dont la coniK-i<>aiM e est due a M. Corbi:, tt a M. Wot.iez. frappe jusqu'à un certain po i<t .1- raî.ile ie> .k-uiicts f>.»un«ie» par des mensurations générales du thorax. sans :i.d.o.:io:i ies 'iiffeences des deux moitiés iaterahs ; su: des thorax .îefor!Ur> p*r le rachitisme, Riiliet et Rartkei ont constate par u i\i<u^rs:.<o:i une prédominance a>sei constante pour Je col:1 dro.t. t; pus \ rvr.%>..-:ce au s .tu met qu'a la base. Toutefois, e: lieii que iio.k> re; d.o::< jisticc a t'uilerêc de «mbiables recherches. .1 iivusia-aii .u^x^ss.t'.e de tixer une mesura ahso'ue de la pour ne . }e rt>ui:a:d-: .j m*csurahon thuraciqot do*t >uru>ut êtrv a>t-*îd-»-rf •* jprvs a bau:eur de .a u...«. d après la k»*ni*ttr et ie v^uua* iv> u *ribne». etv Lt conformation des Al-

Dt LA CONSTITUTION. 237

fe Bu-Rhin est en général remarquable par la largeur de ;mais ils ont les membres longs et grêles ; la phthisie les moissonne. Au reste, les expériences spirométriques i, de Wintrich (1), de Simon (2), ont démontré que la de la poitrine n'est pas en rapport constant avec la

(respiratoire vitale ; voici plusieurs séries de faits empruntés (avec réduction en mesures françaises) :

«Wbre de» est -

observés.

Qrconf. thorac.

Moy. de la capacité retp.

rit a le en décilitre*.

fapértenee 11

hommes.

2e expër.... 11

3" eipér.... 14

L'épaisseur variable des muscles pectoraux chez l'homme, et de Dooche adipeuse sous-cutanée chez la femme, explique le défaut rapport entre la circonférence thoracique et la capacité respiraiv vitale. Le degré de saillie des épaules et des omoplates, le voie des mamelles, le rétrécissement de la base du thorax par ht do corset et des autres constrictions, sont autant de condi- 9 qui fausseront souvent les données delà mensuration. • L'énergie de l'hématose se mesure par la quantité d'acide tonique que le poumon exhale dans un temps donné ; cette Mité varie en raison de l'âge, du sexe et de la constitution ; ■ ne nous occuperons ici que du rapport de l'hématose avec la rtitution. Les faits suivants, dus aux recherches de MM. Andral âavarret (3), mettent en évidence l'influence des constitutions Mduelles sur l'exhalation de l'acide carbonique, et ils indiquent |v*àquel point elles peuvent contre-balancer, sans l'anéantir, henec des âges et des sexes ; disons toutefois que, pour ces exinentateurs, la force de constitution est surtout représentée par développement du système musculaire. Ainsi comprise, elle ne une influence notable sur la quantité d'acide carbonique qui skappe par les voies respiratoires ; mais les lois fondées sur l'âge leaexe, et que nous mentionnerons plus bas, n'en sont pas vio-

t) la Virchow, Ilandbuch âer Pathol. und Thérapie, t. V, p. 98.

I) CadftUU's Jahresb., 1843, t. I, p. 130.

I) Comptes rendus de V Académie des science** n* 3, 16 janvier 1843,

lVI,p. 117.

BM HYGIÈNE WUVÉE.

lées, de telle sorte que l'enfant le plus robuste n' tant d'acide carbonique que l'adulte; la femme la plusforiél constituée, si surtout elle est réglée, ne parvient jamais à autant d'acide carbonique que l'homme le plus débile du âge. Une exception se présente néanmoins, à savoir : un très vigoureux peut arriver à brûler autant de carbone qtfej brûle dans un àg»; moins avancé. Le maximum d'exhalation <fH carbonique a été fourni à MM. Andral et Gavarret par uujp homme de vingt-six ans, d'une structure athlétique, qui, 4 deux expériences successives, a brûlé chaque fois 13r\l 60 1 bone. Un homme de soixante ans qui, à son âge, conser constitution au moins aussi forte que le précédent, brûlait 13»' ,6 de carbone; un autre, de soixante- trois ans, constitué les deux précédents, brûlait 12"r ,ftde carbone ; enfin, chez un lard qui, dans sa jeunesse, avait été d'une force peu coin qui conservait encore, à l'âge de quatre-vingt-douze ans, marquable énergie, la combustion de carbone s'élevait près de 9 grammes (8'", 8) par heure, quantité présentée 4 part, dans quatre expériences successives, par un homme q vait cependant que quarante-cinq ans, mais qui, à 1 inv précédents, avait un système musculaire très grêle, quoiqu' en bonne santé.

3° Le degré et la stabilité de la température traduisent le (£ de perfection de l'hématose ; dans l'enfance et dans la vieilli c'est-à-dire à l'âge où la respiration s'établit et à l'âge oùfd rétrécit de plus en plus, l'homme résiste le moins aux cauiM térieures de refroidissement.

U° La capacité respiratoire vitale est une donnée que nousavom valoir pour l'hygiène, dès la publication des travaux du docteuf 1 chiuson (1); dans la deuxième édition de ce traité, nous écrivions sujet : les résultats de l'expérimentateur anglais, confirmés etc« nues par de nouvelles séries défaits analogues, conduiraient à à miner, d'une manière certaine, la quantité d'air expiré à cl* époque delà vie, pour une taille et un poids donnés ; l'hygiène y serait, comme la médecine pratique, de précieuses indications po mesure delà force des individus et la prophylaxie de leur mode à

(1)Voy. Afedico-chirurgical Transact., 1846, t. XXIX, p. (g8, K < génér, de «9*?., février 4847, p. 340, et la deuxième édition de ee TraUfp p. 240 et iniv.

niinence morbide. Depuis lors, l'instrument inventé par Hutcliinsoit a été adopté comme moyen de diagnostic par les médecins anglais Walshe. Pereira, Green, Davies. En 1868, le spiromètre est employé dioi les cliniques allemandes, par Simon et Vogel, àGiessen, par Stellwag, Haeserel Albers.a Vienne. En 1851, mon ami le professeur SchuUenberger l'expérimente à Strasbourg, et, en 1856, Wintrich, professeur à Erlangen, qui Ta modifié heureusement, fait connaître les importants résultats de ses expérimentations continuées pendant plusieurs années (1). La respiration , au point de vue seulement de ses phénomènes mécaniques , présente à considérer : i* une quantité d'air qui reste continé dans les poumons pendant la vie et après la mort, et que les expirations les plus énergiques n'en sauraient expulser; c'est un résidu d'air; 2° une quantité d'air qui reste dans les poumons pendant les expirations ordinaires, jusqu'à ce qu'il soit éliminé par une expira lien forcée , c'est l'air de réserve ; 3° l'air respiratoire proprement dit, ou l'air qui circuledans la respiration normale, à l'état de repos ; Um l'air qui pénètre, mais rarement, dans les poumons par nue inspiration forcée, et n'y séjourne qu'un court espace de temps. La capacité respiratoire absolue comprend les quatre catégories d'air ; la capacité respiratoire vitale, les trois dernières seulement, et se mesure donc par le volume d'air introduit dans la poitrine à partir de l'expiration la plus profonde jusqu'à l'inspiration la plus complète. Nous voudrions substituer, à cette expression un peu vague, celle de pouvoir respirateur.

L'emploi du spiromètre n'exige, pour les sujets en expérimentation, qu'une seule condition, c'est qu'ils puissent exécuter une inspiration aussi parfaite que possible, suivie d'une expiration non moins complète : 1° on les placera debout. Hutchiuson a constaté sur lui-même que sa capacité respiratoire vitale est

Décilitre».

Dans la station verticale 42,6

Dans la station assise. 41,8

Dans le décubitus dorsal 37,7

Dans le décubitus abdominal 30,0

2* lia iiuront soin de renverser légèrement la léte en arrière, de dilater bouche et narines, d'effacer les épaules, d'écarter un peu les bras du tronc et d'inspirer lentement, méthodiquement; 3* ils seront à jeun et reposés ; après trois ou quatre expirations à titre

li) Voy. Essai iur le spiromètre, thèse de L.-E.Hecht, Strasbourg, 1865, n" 887.

2ftô HYGIÈNE PRIVÉE.

d'essai, il faut en faire exécuter trois autres à cinq minutes d'il tervalle ; en divisant par 3 la somme des chiffres obtenus, on 6b- ^ tient ainsi la mesure réelle de la capacité pulmonaire. j

Les résultats spiromélriques varient suivant l'âge, le sexe Ah L. poids du corps ; nous les indiquerons plus loin. Bornons-noM kH rappeler ici qu'ils ne sont pas modifiés par la circonférence th» j , cique, mais qu'ils peuvent servir à l'évaluation de la force de eofer stitution. Non-seulement ce rapport sera démontré par leseftHP spirométriques de l'Age, du sexe, de la taille, mais il trouve m T confirmation indirecte dans les données que le même iustramatr' fournit au diagnostic des diverses affections et particulièrement dt| ! laphthisie pulmonaire. Les recherches du docteur Hutchinson élt- ài blissent la marche décroissante du pouvoir respirateur chez les tuberculeux ; dans la première période, il diminue d'un tiers ; dus > la seconde de deux tiers. M. Hecht a dressé, avec les nombreuse expériences de Wintricli (1), le tableau suivant qui fait ressortir kl « diminutions de la capacité respiratoire vitale dans divers genres de » maladies : i

DimlMtio* I

Genres de maladies. d« la capacité resp. ritola.

Tuberculisation pulmonaire à ses différents degrés 8 à 85 7*

Emphysème pulmonaire (dans l'intervalle des accès dys-

pnéiques) 20 à 70 •/.

Catarrhe pulmonaire 10 4 20*/.

Dégénérescences diverses du poumon, œdème, épanchemenU

liquides ou gazeux dans les plèvres 10 k 80 •/•

Affections abdominales : tympanite, ascite, tumeurs, etc. 8 à 50 •/•

Idiosyncrasie musculaire. Ce qui précède prouve qu'il existe liaison entre l'énergie de l'hématose et la vigueur musculaire; celle-ci ne détermine pas à elle seule la constitution et n'en mesure pas la force. En représentant la constitution par le développement du système musculaire, MM. Andral et Gavarret ne lui ont p«s donné la signification qu'elle a en hygiène: ils ont pris le moi forte dans son acception triviale, qui le rend synonyme de puissance musculaire; celle-ci n'est point la force d'ensemble qui résulte de la constitution ; elle est partielle, relative à un système, à une fonction ; elle ne fait pas à l'homme son degré de résistance vitale. Cela est si vrai que les hommes d'une complexion athlétique ne se

(i; Voy. Virchow, Hanâb. der Pathnl., t. V, p. 104, Krankheiten derRespiratfoojorgaiie.

font point remarquer par la stabilité et la régularité de la santé. L'exubérance du système musculaire exclut le plus souvent une sensibilité vive et étendue ; elle produit ces constitutions massives doot le nord de l'Europe nous offre tant d'exemples et dont on a dit que, pour les émouvoir, il faut les écorcher; elles possèdent une valeur d'inertie, elles opposent aux influences extérieures une résistance passive, laquelle vaincue, elles s'affaissent et croulent Les médecins qui pratiquent dans les hôpitaux de l'armée ont appris à ne pas compter sur ces organisations charnues qui supportent presque sans douleur la torture des scarifications et des rétulsifs les plus aigus de la peau.

Sa-— Des rapports de la farce avec l'âge et le sexe.

En esquissant les phénomènes de l'évolution organique, nous avons marqué les phases de la constitution ; il nous reste à déterminer: 1° la force musculaire de l'homme aux différents âges; 2* l'influence de l'âge sur l'énergie de l'hématose et sur la capacité vitale de la poitrine. Ces deux éléments de la force constitutionnelle sont connexes et doivent être étudiés ensemble.

!• Force musculaire. M. Quetclet (1) a recherché, par des expériences faites avec le dynamomètre de Régnier, le moins imparfait des instruments de ce genre, comment se développe avec l'âge l'intensité de la force que l'homme peut déployer, soit avec les mains, soit avec les reins, sans l'assujettir à un travail journalier qui se compose d'éléments plus complexes. Le nombre des individus qu'il a observés a été de dix au moins ; ils appartenaient généralement à la classe aisée, et les individus au-dessous de vingtcinq ans^parmi les garçons, ont été généralement pris dans les collèges et à l'école de médecine de Bruxelles ; les filles ont été prises aussi dans les écoles et à l'hospice des orphelines ; il a eu soin de prendre la moyenne de plusieurs observations successives. Les résultats varient légèrement entre eux.

(1) Recherches sur l'homme et le développement de ses facultés, ou Essai de physique sociale. Pari*, 1835, 2 vol. in-8, fig.

3* *mt. — i. 46

ut

HYOIÏHI tilVlf.

Obiervationê de la force rénale etiimée au moyen du dynamoisièlre.

Chez tous les individus qui figurent dans cette table, la force 4# reins est suffisante pour soulever une charge ou pour vaincre m obstacle plus ^rand que le poids même de l'individu. La charge qo$ l'on peut porter relativement à so.» poids augmente jusqu'à la m* lurité, et l'homme formé peut soulever un poids plus que double de celui de son corps. La force rénale des (Vînmes, toujours inférieure à celle des hommes, eu diffère plus après le développement de la puberté que durant l'enfance. Dans ce dernier âge, la différence est d'un tiers environ ; vers la puberté, de la moitié; l'homme formé développe deux fois plus de force que la femme du même âge.

La mesure de la force manuelle présentait plus de difficultés; comme toutes les mesures prises avec le dynamomètre de Régnier, elle doit subir une correction préalable qui dépend de l'inégale

DE U WWITUTtox

iiwjeur dm mains. D'après toutes lei vérification* laites, M. Que- H croît pouvoir compter sur l'exactitude des résultats suivants, if une légère addition à faire aux valeurs notées pour les femmes loor les enfants qui forcés de donner à leurs mains une grande «rture pour l'usage du dynamomètre, ne peuvent plus presser s toute l'énergie dont ils seraient capables.

Observation* sur la fiirce manuelle estimée au moyen

du dynamomètre.

RE

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