‹ Traité d'hygiène publique et privée v. 2 (volume 3)Chapitre 57 sur 111 · EAU DE MER RECUEILLIE A · texte numérisé non relu

EAU DE MER RECUEILLIE A

Abcacbot

Tri* liapidc.

27965 3 785 0 325 indéterm.

CûtDOCAM.

Très cbire.

27 265 iodé terni.

Rot an.

Coached*

Foecilloa, «a

pcaopaliae,

25050 2 365 indéterm.

ichof a reconnu que les sels de chaux sont relativement plus its dans la Manche que dans la Méditerranée ; ce qui provient 0 de la prépondérance des côtes calcaires qui constituent le de ces bassins ; au contraire, l'eau de la Méditerranée conaplus forte proportion de sels magnésiens. nré a suivi, au moyen de vingt analyses, la marche de l'eau jusqu'à sa disparition complète dans la Garonne : 1 litre \ mer a laissé pour résidu sec :

Gram.

A Cordouan, haute mer 35,905

A la pointe de Grave, le même Jour 34,250

M8 HYGIÈNE Piivii.

de l'équaleur; elles augmentent au contraire à terre. Limon la région la plus basse du globe ; de là la densité de Vain et comme la capacité de l'air pour le calorique est en niai < densité, c'est une raison de plus pour que le froid se faste i sentir à latitude égale à la mer que sur terre. L'air miritwb! ferme-t-il un principe balsamique comme le pensait Gilchri substance délétère, comme l'admettait Walther? La chimie démontré rien de semblable, pas plus qu'elle n'a démontré kq risalion des matières salines, annoncée par Mead. Cette dqj erreur est sainement expliquée par M. Forget : « Lorsqu'on «j mène sur le pont d'un navire sous voile, on perçoit en separi langue sur les lèvres, une saveur salée; les objets enviroond couvrent d'une poudre blanchâtre, saline ; les phénomèe» l'on pouvait attribuer à la précipitation des molécules volatil sont dus simplement aux gouttelettes d'eau demerquelen les secousses du navire font rejaillir sur le pont. Toutefois, à l'observation de H. Boussingault (1), les vents impétueuifll des particules d'eau de mer à peine pondérables à la boéai vague, en se brisant, fait nattre sur les récifs ; ces molécules lif ces poussières de l'Océan, comme les appelait Arago, ne I pas à livrer à l'air, en se desséchant, des molécules de clilora ténues encore; c'est ce qui explique pourquoi la pluie qui loin des côtes, contient souvent, si ce n'est toujours, da très appréciables de sel marin. — Les qualités hygrométriq vents qui soufflent de la mer indiquent que l'air marit humide ; néanmoins beaucoup de localités terrestres le sont tage, notamment les vallées circonscrites par des montagnei qui arrêtent les vapeurs aqueuses et les condensent en pli pleine mer, la brise les disperse dans toutes les directioi répartit d'une manière uniforme dans l'espace , aussi la sér ciel est-elle la même au large que sur le continent, et l'hyg s'y maintient au même degré.

111. — Des eaux courantes (sources, rivières, torrents , can*

Les eaux pluviales, produits d'une sorte de distillation m se précipitent annuellement sur les continents dans une pn qui varie avec la latitude. En France, elles suffiraient pour

(I) Annales de chimie et de physique, 3* série, t. XL, 1854, p. 151.

J'une couche liquide de "2(1 pouces île bailleur. Pour les dissiper, la nature emploie Irais moyens : l 'évaporai ion, l'écoulement, l'infiltration. Repompées par l'atmosphère, ellt-s retournent grossir, sous forme de vapeurs, le trésor des provisions météoriques; dérersées par les pentes compactes et rapides du globe dans les inférieurs, elles forment des torrents plus ou moins éphémères, vont augmenter les cours d'eau el renouveler périodiquement le lléau des inondations ; absorbées par les couches perméables des lorrains secondaires et tertiaires qui se montrent à nu sur les flancs et les sommets des collines, elles en parcourent les déclivités et font marcher au-devant d'elles, par l'effet de leur pression, l'eau qui s'y est infiltrée antérieurement, comme elles seront chassées a leur tour, 'dans des direciions horizontales, par de nouvelles colonnes de liquide. Ce dérider mode d'épuisement des eaux météoriques donne lieu à la formation des rivières soulerrai nés: épanchées en nappes sur des étendues variables, élagées les unes sur les autres à différentes profondeurs, slationnaires ou courantes, isolées ou communiquant entre elles, ces colleclionsd'eaux occupent les intervalles que laissent entre elles les stratifications des massifs mînéralogiques; comprimées par les colonnes d'eaux supérieures qui agissent sur elles parfois avec nu poids énorme refoulées dans toutes les directions, elles se fraient des voies multiple* entre les couches de terrains impénétrables, s'insinuent par les tanin, et courent produire, à la surface du globe, cette infinie Ttriètésdesourcs dont les unes sont Iroidi's, parce que, issues d'une ■ ■ .. )tid< ui - elle- ■-' mi acquis que h température . - [iiéseiilnii lr,.,r,l(-[nï. ,!„.,. loriqoe aux couches plus cennt provoqué sur leur passage des terrains pyri- ' la température climat des contante. M. Thurplaines voisines, potnlremenl à la n raison directe chimique, elle iétnuil dans les cou- ■■'■ pluviales

■ •Iwtil. leur [M)ljvu;r

/|f)0 HYGIÈNE PRIVÉE.

dissolvant augmente avec leur force de pression et leur température; elles se chargent de carbonates terreux et métalliques, rendus solubles par l'excès d'acide carbonique; elles se chargent encore de chlorures, de sulfures alcalins, de sulfates, de silice même. Il faut tenir compte de la nature du véhicule qui permet à l'eau de se charger de certaines matières insolubles par elles-mêmes ; ainsi les carbonates terreux ne s'y dissolvent que par un excès d'acide carbonique ; aussi, pour apprécier la nature et la quantité des sels incrustants d'une eau, convient-il de recueillir séparément, à l'exemple de M. H. Deville, le dépôt obtenu après une ébullition suffisante pour chasser tout l'acide carbonique en excès. M. Ebelmen a démontré que l'acide carbonique des eaux pluviales ou de sources décompose lentement les roches silicalées, et en entraîne les bases à l'état de carbonates ou de bicarbonates. Les expériences directes de M. Damouronl fait voir que l'eau distillée dissout très sensiblement les silicates hydratés et chauffés, etc. Les azotates, plus fréquents qu'on ne l'a pensé dans les eaux, intéressent l'agriculture. Qji sait le rôle que M. Grange fait jouer, dans la production du goitre, aux sels magnésiens des eaux d'infiltration ; M. Chalin revendique pour la prophylaxie du goitre les iodures dont il a démontré l'existence dai s la plupart des eaux douces naturelles. Eu reparaissant à la su i face du globe, les eaux de sources restituent à l'air leur acide carbonique, et, par le triple effet du refroidissement, de la diminution de pression et de l'action chimique de Pair, une partie des sels terreux qu'elles contiennent se précipite en couches plus ou moins épaisses, et leur communique le caractère des eaux tluns ou st'/rnifrusrs (décomposant le savon et ne pouvant servira la cuisson des légumes) : elles se purifient par une exposition plus ou moins prolongée a l'air, à moins que les matières qu'elles tiennent en dissolution ne pu Usent être modifiées, quant a leur solubilité, par rabaissement de la température, par la diminution de la pression, par la puissance chimique de l'air : tels sout le carbonate le >omle, le sulfate de chaux, de magnésie ou de Soude, etc.

Le> sources, en se réunissant, donnent naissance aux ruisseaux et aux rivières : aussi ces derniers participent-ils, a leur origine, aux propriétés ,-i a la uatuie de> sources; mais, dans leur trajet, les eaux acquièrent un degie de pureté qui leur manquait a lelat de s.iiiHv ; ellis perdent les gaz acide carbonique et sulfurique, se dépouillent des cai boiiates terreux, absorbent de l'oxygène, se me-

CIRCUMFUSA. — DES EAUX. 651

langent avec les eaux d'autres rivières et se saturent réciproquement par la précipitation d*un certain nombre de leurs principes minéraux; l'écoulement superficiel d'une certaine quantité d'eaux pluviales contribue à les grossir et à les sanifier ; mais il ne faudrait pas admettre, avec M. Motard (tome I, page 666), que les rivières finissent par ne plus contenir que des traces variables de sels sol u blés ; Dupasquier a montré que si, grâce à l'agitation et au contact de l'air, les eaux de rivière contiennent peu de carbonate de chaut, elles peuvent retenir des quantités assez considérables de sulfate de ehaux et de chlorure de calcium et de magnésium ; d'après les analyse» de H. Colin, les eaux de la Beuvronne, rivière des environs de Paris, et celles de la Bièvre, avant son entrée dans cette ville, sont dans ce cas ; souvent même, lorsque deux rivières confondent leurs eaux, on y peut reconnaître encore sur un assez long trajet les éléments qui distinguent chacune d'elles; les deux rives de la Seine fournissent un exemple de ce fait ; sur la rive gauche les sels calcaires dominent ; sur la rive droite les sels magnésiens, mélangés avec une partie des matières que la Marne entraîne de sou lit formé pat un terrain meuble. La pioportion de matière terreuse que contiennent les' eaux varie suivant la nature des fleuves ; dans la Seine, h Paris, elle est d'enviroti 1 partie sur 2 000 ; ainsi, celui qui ingère dans son estotnac 3 litres de cette eau, le charge en même temps de 1 gramme 4/2 de limon. A Bordeaux, l'eau de la Garonne n'est pas encore clarifiée au bout de dix jours. Les recherches de Dupasquier [loc. cit. , page 185) prouvent que les eaux courantes sont plus chargées de sels terreux en hiver qu'en été, et qu'à Lyon, l'eau de source en contient une quantité plus considérable que l'eau du fleure. Au reste, les eaux courantes abandonnent dans leur parcours une partie de leurs matières salines ; il en est ainsi particulièrement des eaux de source qui, amenées de distances plus ou moins considérables, déposent insensiblement, dans les canaux où elles coulent, une matière calcaire qui peut devenir pour des conduits de très petit diamètre une cause d'obstruction totale. De là l'utilité d'examiner les eaux des rivières sur des points avancés de leur parcours, et surtout en amont et en aval des grands centres de population. L'eau de Seine, à Rouen, contient moins de sels minéraux qu'à Paris, particulièrement moins «l'acide silicique et de carbonate de chaux (Girardin et Preisser). Au sortir de Nantes, l'eau du la Loire s présenté à MM. Robierre et Morille moins de matières minérales, principalement moins d'acide silicique el d'alumine, et une augineh-

452 HYGlkNt PRIVÉE.

talion marquée de sels calcaires, alcalins et de principes orgtuvques. En passant sur des plaines marécageuses ou tourbeuses, ellet perdent la presque totalité de leur oxygène et contractent un gatft et une odeur désagréable. La proportion des sels solubles est modfc fiée par des influences périodiques : le Rhône présente en hiver sot minimum de volume et son maximum de transparence et de ad| minéraux solubles; la Saône et la Seine à Rouen offrent dans lg même saison une condition diamétralement opposée. Il importe  déterminer les gaz normaux et accidentels que contient Têtu da rivière ; selon de Humboldt et Provençal, elle renferme tout au pléj 0,0287 d'air ; mais cet air est plus riche en oxygène que celui if{ l'atmosphère, car il en contient jusqu'à 0,315 ; en général, l'air qp| est en dissolution dans l'eau, contient 32 pour 400 d'oxygène. Uf| réactions qui surviennent entre les gaz oxygénés et les maliènî hydrogénées et carbonées, peuvent donner naissance à un dégage ment d'acide carbonique, d'oxyde de carbone, d'hydrogène sulfori^ On connaît le fait observé par M. Berthier, d'une pièce de fer retufc| de la Seine et tapissée de cristaux de fer sulfuré. C'est que méfl| dans les eaux de rivière, la désoxydation des sulfates s'opère soq| l'influence des matières organiques qu'y épanchent les égouts d*in§ grande ville. Hippocrale attachait une grande importance à l'expssition des eaux ; pour lui, celles dont la source regarde le levof sont les meilleures ; les pires sont celles qui sont tournées au nui et celles qui regardent entre le lever et le coucher d'hiver ; les vente du midi, ajoute t- il, en augmentent les mauvaises qualités; les vepte du nord les atténuent (1).

Au demeurant, les circonstances qui influent sur la salubrité ds rivières sont la masse du liquide, la vitesse du courant, la qualilf des terrains sur lesquels elles roulent, le degré d'agitation qu'elle reçoivent des accidents de leur lit et du libre accès des vents, h disposition des rivages, les débris des végétaux qu'elles y balaient, les plantes qui croissent sur leur fond, les déjections qui les souillent dans leur passage par les centres des populations, leur aérage, leur insolation (2).

Sous le rapport climatologique, les cours d'eau, fleuves et rivières, agissent: 1° par leur température; 2° par leur surface d'évapon*

(1) Œuvres <V Hippocrale, tnd. de II. Littré, t. II, p, 31.

(2) Dupasquier, Des eaux de source et des eaux de rivière comparées, elf. Par», 1840, p. 65 et tuiv.

CIICUM rUS A. — DES EAUX. ft53

lion ; 3* par leurs inondations; km par les effluves qui s'en dégagent; 5* par la direction qu'ils impriment aux vents accidentels ou de localité; 6* enfin, par leurs rapports avec la fertilité du sol et les genres de culture.

On a défini les torrents des cours d'eaux à crues violentes et subites qui affouiltent dans une partie de leur cours, qui déposent dans une autre partie et qui divaguent par suite de ce dépôt (1). M. Surell admet trois genres de torrents : 1° ceux qui partent «l'un col et coulent dans une véritable vallée ; ils ont un canal d'écoulement long et profondément encaissé et un vaste bassin de réception ; 2* ceux qui, descendus d'un faite suivant la ligne de la plus grande pente, ont un bassin de réception peu étendu, formé par une ondulation de la cime des montagnes et creusé sur les revers; 3" enfin, ceux qui, nés au-dessous d'un faite et sur le flanc de la montagne, n'ont pour bassin de réception qu'une large fondrière creusée par quelques ravins. Nés de la fonte des neiges ou des pluies périodiques, ils roulent des eaux dont les qualités diffèrent suivant les Ueux qu'ils ravinent et dégradent ; descendus des montagnes, ils entraînent avec d'immenses laves de cailloux stériles, la terre végétale qui recouvre les pentes, surtout si leur impétuosité n'est pas amortie, brisée par les tiges des arbres et des arbustes qui servent encore à fixer le sol par l'entrecroisement de leurs divisions radicellaires. Le limon, charrié par les torrents, se dépose sur leur passage à travers les champs ; ils sèment ainsi sur leur route des foyers de décomposition putride. Quand ils se versent dans les fleuves, ce limon va former à leurs embouchures des atterrissements successifs qui finissent par constituer des Ilots, des barrages au milieu desquels les eaux sont retenues et se changent en véritables marais ; même phénomène le long des rivages de la mer qui se laisse envahir, à ses bords, par le dépôt croissant des eaux bourbeuses que lui envoient des côtes en pente, naturellement arides ou dévastées par le déboisement ; de là ces plages par alluvion, entrecoupées d'eaux croupissantes, qui forment une partie de notre littoral sur l'Océan et sur la Méditerranée, et dont la côte de Naples à Gênes déroule aussi de fonestes échantillons. Les ravages que font les torrents, l'affouillement de leur lit, le transport des matières qu'ils en arrachent, les débordements qu'ils occasionnent, sont toujours le produit de leui

'1) Recherches sur les causes géologiques de V action des torrents (Comptes rendus de V Académie des teiences, t. XXIV, p. 100).

masse multipliée par leur vitesse combinée avec la friabilité du là sur lequel ils coulent (Gras). Toutes les fois, dit le même ingénieur, qu'un torrent charrie beaucoup de débris, on trouve, en remontai à son origine, qu'ils proviennent de la dégradation d'un grapj rocher escarpé dont la base tendre et friable n'est protégée ni pif des amas de débris ni par la végétation. Et réciproquement, tout* les fois qu'un grand escarpement facilement destructible n'est p* recouvert par des débris ou par la végétation, il se forme des torrents à lit de déjection dont les ravages sont proportionnels à l'étendue du bassin de réception taillé dans les Hancs de l'escarp* ment. Le déboisement, les défrichements et la dépaissance sout kl causes du la formation des torrents (voy. Sol) ; mais l'orientation ffaf cimes et des bassins de. réception influe sur le régime des eauxplo* viales:de doux entonnoirs de montagne de môme capacité, awc mêmes pentes et creusés dans le même terrain géologique, l'un dort les parois sout opposées à la direction des vents pluvieux, arrêta les nuées dont la condensation donnera lieu à des pluies diluvienne à des crues soudaines et dangereuses; l'autre qui regarde la direor tion opposée, aura le bénéfice des pluies calmes, prolongées 4 réglées.

Les canaux marquent en quelque sorte la transition entre les cm courantes et les eaux immobiles. Ce sont des cours d'eau artificiels, creusés par la main des hommes pour faciliter à des distance plus ou moins considérables les échanges du commerce et de l'industrie. Prolongés dans une direction à peu près horizontale, ils sout alimentés par l'eau d'une ou plusieurs rivières, laquelle ne tarde point à y perdre son impulsion initiale et se rapproche, quoique incomplètement, de la condition des eaux stagnantes ; de plus, tout canal reçoit les substances en suspension ou en solution dans les eaux qni y affluent; de là l'exhaussement graduel de son fond, de là des envasements et des atterrissements qui finissent par porter obstacle à la navigation ; les crues des eaux, charriant une quantité considérable de terre, accélèrent ce résultat ; l'exploitation commerciale; contribue à son tour par le mouvement des bateaux qui apportent avec eux des matières propres à augmenter l'envasement, par la déchirage des trains, par le lavage des bois, par le déchargement des tourbes, houilles, charbons de terre, pierres, etc. A ces causes d'engorgement des canaux, il. faut ajouter les déjections des mari- Jiiers pendant le trajet, et qui se composent des cendres provenant de la cuisine, du détritus dos chargements appelés fonds de ba-

CllCUl|FfjpA. — PUS EAUX. 455

i, f^c.Jkf. fttevfrtlier (1) et M. H Gaultier ((eClapbry (2) se sont | 0ea recherches fort exactes sur l'état et la nature des envadu canal Saint-Martin et de ses différents bassins. Ce derp otâipiné en détail les substances extraites au moyen de lp s; plies se partagent en substances grossières formées de gravier, charbon de terre, coquillages, fragments de bois, de etc. ; en substances végétales et en matières divisées, noires, tf exhalant une forte odeur, quelquefois celle de marécage pgfflaiii de 8 à 30 pour 100 ppr calcination. M. Chevallier a ivé en plusieurs endroits du canal une boue noire très fétide, jupiquant à Veau une couleur noirâtre et une odeur des plus lorsqu'elle est mise en mouvement soit par le passage des iu$, soit paf l'agitation "des orages et des pluies ; ayapt fait une partie de cette matière, il y reconnut une odeur doraid'hydrogène sulfuré. Il n'hésite point à considérer cet état du il comme dangereux pour la santé publique, et il attribue l'imdes paux à l'amoncellement des boues qui recouvrent le fond <joi9 par leur fermentation, laissent échapper des gaz infects; le inaçe du linge qui s'effectue sur le bord, à défaut de lavoirs lUies, et la putréfaction des cadavres d'animaux qui sont jeté* les eau?, concourent à les rendre délétères. Tous les canaux ^'offrent point ces causes d'insalubrité qui se produisent ordinairesur leur trajet à travers les villes ; et le même canal, s'il se déroule sur une étendue de plusieurs lieues, peut en être exempt dans une grande partie de de son parcours. En général, il faut confjjléjçr la nature de leur lit, la masse des eaux, le degré d'impulfioo qui leur est communiqué, la proportion de leur renouvellement l'V* te moyen des écluses. Une couche sableuse transforme le fond d'un' canal en une sorte de lit de rivière; il importe que, sous la Mqcbede &ftbleou de gravier, le radier ait un revêtement assez ttmpaotti pour résiater au choc des instruments de navigation ; le M|QPQ4fe wployé pour le canal Saint-Martin prévient les dégradations, qui seraient promptement suivies de l'infiltration des eaux. U attention de$ eaux favorise I? décomposition des matières animales et végétale? qui y sont immergées, et, par suite, le dégageait d'émanations qui exercent sur l'économie une influence morbide sp&iGque ; o^is s'il existe un courant assez rapide, les

(1} 4«fl4te4r*W{èn*4<fe méfaine légale, t. Vil, p. 59. (2; Ibid., t. XXI, p. 295.

substances en question sont entraînées, ou les produits de leur altération putride, dispersés incessamment dans une grande masse de liquide, perdent de leur activité délétère : or l'eau se renouvelle dans les écluses, et Ton peut calculer l'opération de telle manière que la totalité de l'eau se trouve remplacée dans un nombre déterminé de jours. Enfin, la situation plus ou moins élevée des canaui relativementaux lieux qu'ils traversent influe beaucoup sur la nature de leurs effets hydrologiques ; creusés à mi-côte, ils dominent la partie la plus basse des vallées et n'ont avec elles aucune solidarité; mais si leur cours a été tracé dans la partie la plus déclive des terres, aux dépens du sol des prairies, il peut arriver que les eaux naturelles qui submergent celles-ci se trouvent de niveau avec les eaux du canal, circonstance qui se rencontre en beaucoup de localités; et quand le canal est mis à sec, les eaux qui couvrent le sol circonvoisin, n'étant plus retenues par la pression latérale des eaux du canal, affluent dans sou lit et laissent à nu des champs vaseux, couverts de tous les éléments d'une fermentation putride qui n'attend que le rayon incitateur du soleil ; il survient alors ce que Ton observe en abaissant les eaux des étangs, en laissant évaporer des flaques d'eaux croupissantes : la production d'une cause spéciale de maladies se manifestant avec rapidité sous forme d'endémie.

Page 1