I?ÉS] BAPPOBTS DE LA FORCE AVEC LES IDIOSTNCRASIES. 19S
qnatre-Tingt-dooie ans, une remarquable énergie, la combustion de carbone s'élevait encore ^ près de 9 grammes (8^^8) par heure, quantité présentée d*autre part, dans quatre expériences successives, par un homme qui n*avait cependant que quarante-cinq ans, mais qui, à Tinverse des précédents, avait un système musculaire très-grêle, quoiqu'il fût en bonne santé.
Le d^é et la stabilité de la température traduisent le degré de perfection de rhématose; dans l'enfance et dans la vieillesse, c'est-à-dire à l'âge où la respiration s'établit et à l'âge où elle se rétrécit de plus eu plus, l'homme résiste le moins aux causes extérieures de refroidissement.
S*" La capacité respiratoire vitale est une donnée que nous avons fait valoir pour l'hygiène, dès la publication des travaux du docteur Hutchinson (1); dans la deuxième édition de ce traité, nous écrivions à ce sujet : Les résultats de l'expérimentateur anglais, conûrmés et continués par de nouYelles séries de faits analogues, conduiraient à déterminer, d'une manière certaine, la quantité d'air expiré à chaque époque de la vie, pour une taille et un poids donnés; l'hygiène y puiserait, comme la médecine pratique, de précieuses indications pour la mesure de la force des individus et la prophylaxie de leur mode d'imniinence morbide. Depuis lors, l'instrumeut inventé par Hutchinson a été adopté comme moyen de diagnostic par les médecins anglais AVaIsh, Pereira, Green, Davles. £n 18/!i8, le spiromètre est employé dans les cliniques allemandes, par Simon et Vogel à Giessen, par Steliwag, Haeser et Albers à Vienne. En 1851, mon ami le professeur Schutzenberger l'expérimente à Strasbourg, et, en 1854, AVintrich, professeur à Erlangen, qui l'a modifié beoreusement, fait connaître les importants résultats de ses expérimentations continuées pendant plusieurs années (2). La respiration, au point de vue seulement de ses phénomènes mécaniques, présente à considérer : 1^ une quantité d'air qui reste conGné dans les poumons pendant la vie et après la mort, et cfue les expirations les plus énergiques n'en sauraient expulser : c'est un résidu d'air; 2'' une quantité d'air qui reste dans les poumons pendant les expirations ordinaires, jusqu'à ce qu'il en soit éliminé par une expiration forcée : c'est l'air de réserve; 3^ l'air respiratoire proprement dit, ou l'air qui circule dans la respiration normale, à l'état de repos ; 4^ l'air qui pénètre, mais rarement, dans les poumons par une inspiration forcée, et n'y séjourne qu'un court espace de temps. La capacité respiratoire absolue comprend les quatre cat^ries d'air; la capacité respiratoire vitale, les trois dernières seulement, et se mesure donc par le volume d'air introduit dans la poitrine à partir de l'expiration la plus profonde jusqu'à l'inspiration la plus complète. Nous voudrions substituer, à cette expression un peu vague, celle de pouvoir respirateur.
(i) Hutchinson, Medicch chirurgical Transactions^ 18d6, t. XXIX, p. 138, et ^rcA. génér. de wefc/., février 1847, p. 2A0, et la 2« édition de ce Traité, t. t, p. 240 et suiv.
(2) L. E. Uecht, Esmi sur le spiromètre, thèse de Strasbourg, 1855, n<> 337. M. LÉVT. Hygiène, 5* édit. I, — 13
mk n U CONSTIÏBTKUI. Ifnn
L'emploi ui romèire n'exiiie, pour lesMijelsennpériinenUliiM.iii'ne seule coiidiliuu, cVsl qu'iU puiwi-iu exécuter uni; iiiïpiraliuii auM pràilt que pussibic, suiTie d'utHi cxpiraliou noti muin» compl«l& 1 ' On !«• [tem debout. llutchiDiu)ii a coosUté sur lui-m^e que sa capacité rapinun vitale esi :
Oui* la dation verticale •. 4S,S
Dai» lattalioa uaiie 41,8
Dans le défubitut donul 37,7
Dans le dicubilus abiltmiinil S9,0
2' Ils auront Noiii de rfRTerser l^gèrt^meut la l^lc en arrière, de ililim boBche et narines, d'elTicer icii ùpaulca, d'Écarier un peu [est bras du Iroiic a d'in^hirer leutetiicol, métbodiquL'nieni. 3" lU seront ii jeun et reposa ; ipm trois ou quBlre expirations à tiire d'essai, il faut eu faire exécuter trois autm h cinq miiiules d'intervalle ; en ditisaui par 3 la somme des chiiïm obimu, 00 obUeiU Aitisi la mesure réelle de U capacilf pulmonaire.
iLei résultats spirométriques TarienI ^uivaut l'âge, le scie et le poid« du corpa; nous les iiidiijueroDs plus loin. Buraons-nuus â rappeler ici qu'ils w; sont pas iiiudiGËs par la circouférence tboracitpie, mais qu'ils peuvent servir i l'évaluation de la force de constitution. Non-seulement ce rapport sen dénwniré par les efTels spirométriques de l'âge, du scie, de la taille, mai* i trouve une confirmation indirecte dans les dount^es que le mSme instrunicat fourait uu diagnostic de» diverses afTectioiis, el particulièrement de la phihiaia pulmonaire. Les recherches de Hutchinson établissent la marche décniisunte *^ du pouvoir re.spiratcnr chez les tuberculeux; dans la première période, H diminue d'un tiers ; dans la seconde, de deux tiers. Hecht a dresaé, avec la nombreuses expériences de WinU-ich (1), le tableau suivant, qui bit naortir les diminuiioiu de La capacité respiniloire vitale dans divers geom de maladies ;
Diniloaduii G*Dni dt maUdiM. da U «paiiU rup. ntilr,
Tubcrcullialion pulmonaire à lei différenla degré* S à 8S p. 100.
EmphyièiiM puhnaaaiM (dant l'intervalle des accii dji-
puèiquei) 30 h 70
Catarrhe pulmonaire 10 à 30
D^nèretcence* diverte* du poumon, cedème, épaachementi
liquide! on f aïeux dan» le* pltvrei 1 0 à 80
Aflecliona abdominale* : tjinpBnila, atcite, huneun, stc S t fiO
IdioByncrasie rtwtculaire. — Ce qui précède prouve qu'il existe une liaison entre l'éuei^ie de l'hématose et la vigueur musculaire ; mais celle-ci ne dëtermitie pas à elle seule la constitution et n'en mesure pas la force. £u représentant la constitution par le développemwl du système musculaire, Andral et
(1) Winlrich in Virchow, Uandb. der Pathologie, Erlangen, t. V, p. 101, Krankheiien der KeipmtUauarffane,
mvÉi] RAPPORTS DE LA FORCE AVEC L'AGE ET LE SEXE. i95
Gavarret ne lui ont pas donné la signification qu'elle a en hygiène : ils ont pris le mot force dans son acception triviale, qui le rend synonyme de puissance musculaire ; celle-ci n*est point la force d'ensemble qui résulte de la constitution ; elle est partielle, relative à un système, à une fonction ; elle ne fait pas à rhomme son degré de résistance vitale. Gela est si vrai, que les hommes d*une complexion athlétique ne se font point remarquer par la stabilité et la régularité de la santé. L'exubérance du système musculaire exclut le plus souvent une sensibilité vive et étendue ; elle produit ces constitutions massives dont le nord de l'Eurc^e nous offre tant d'exemples et dont on a dit que, pour les émouvoir, il faut les écorcher; elles possèdent une valeur d'inertie, elles op[K)sent aux influences extérieures une résistance passive, laquelle vaincue, elles s'affaissent et croulent. F^s médecins qui pratiquent dans les hôpitaux de Tarmée ont appris à ne pas compter sur ces organisations charnues qui supportent presque sans douleur la torture des scarifications et des révulsifs les plus aigus de la peau. Nous ajouterons, avec Vincent [loc. cit.), que la force musculaire n'en est pas moins une qualité du premier ordre pour l'homme de guerre, comme pour toutes les classes d'ouvriers, et l'emploi opportun du dynamomètre de Régnier révélera au médecin l'une des données fondamen* taies de la constitution individuelle.
§ s. — Des rapports de la fferee mwee Vàge et le sexe.
En esquissant les phénomènes de l'évolution organique, nous avons marqué les phases de la constitution; il nous reste à déterminer : l"* la force muscu* laire de l'homme aux différents âges ; 2^ l'influence de l'âge sur l'énergie de l'hématose et sur la capacité vitale de la poitrine. (]es deux éléments de la force constitutionnelle sont connexes et doivent être étudiés ensemble.
1» Force musculaire, — Quetelet (1) a recherché, par des expériences faites avec le dynamomètre de Régnier, le moins imparfait des instruments de ce genre, comment se développe avec l'âge l'intensité de la force que l'homme peut déployer, soit avec les mains, soit avec les reins, sans l'assujettir à un travail journalier qui se compose d'éléments plus complexes. Le nombre des individus qu'il a observés a été de dix au moins; ils appartenaient généralement à la classe aisée, et les individus au-dessous de vingt-cinq ans, parmi les garçons, ont été généralement pris dans les collèges et à l'école de médecine de Bruxelles ; les filles ont été prises aussi dans les écoles et à l'hospice des orphelines; il a eu soin de prendre la moyenne de plusieurs observations snccessivesL Les résultats varient légèrement entre eux.
(f ) Quetelet^ Recherches sur t homme et le développement de ses facultés ^ ou Essat de physique sociale. Paris^ 1835, 2 voL in-8, fifres. '
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