‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 28 sur 134 · MIVÉE] RAPPORTS DE LA FORCE AVEC L'HABITUDE · texte numérisé non relu

MIVÉE] RAPPORTS DE LA FORCE AVEC L'HABITUDE

avancée. Celte obflenration, faite aussi par Sainclair, a acquis force d*axiome, tant il est ordinaire de rencontrer la longévité comme fait commuu à plusieurs membres d'une même famille. Même influence de l'hérédité sur la durée totale de la vie à courte période : dans la famille Turgot, ou ne dépassait guère l'âge de cinquante ans; celui qui l'a illustrée est mort à cinquante-trois ans, malgré l'apparence d*nne grande vigueur de tempérament La race développe les conditions de l'hérédilé sur une large échelle ; nous verrons, en traitant de la mortalité suivant les races, que l'origine collective exerce sur la durée de la vie une influence, sinon aussi considérable, au moins aussi manifeste que l'origine individuelle (1).

§ ft. — De« rapports de la forée A¥ee l'haliltade.

L'habitude résume ce que l'éducation physique ou morale peut ajouter ou Oter à la constitution primitive ; elle représente la puissance que nous avons de la modifier ; elle exprime aussi les éléments plus ou moins morbides qui se greflent sur elle par l'action de la volonté ou qui s'y infiltrent par l'altération progressive des organes. xMais le fond de la constitution échappe à l'influence de l'habitude ; il est, à proprement parler, cette nature première que niait Fontenelle, et qui, surchargée de besoins* et de goûts factices, enveloppée du manteau que lui jette la société, disparaît derrière l'habitude, cette seconde nature, moins l'essence indestructible de notre individualité physique.

L'habitude produit, non la force réelle, mais l'équivalent, ou plutôt l'illusion de la force, en annulant des influences qui sont plus ou moins cflBcaces pour les autres ; endurcir, comme on dit, les organes par accoutumance, les mettre hors de l'atteinte de certaines causes, ce n'est point développer en eux la puissance de réaction, c'est les en dispenser, c*est leur procurer l'immunité par inertie. Pour ceux qui sont ainsi élevés, les influences qu'ils bravent n'existent pas réellement, ou n'existent que dans une proportion inoiïensive pour leur santé ; leurs conditions personnelles ne sont plus, en quelque chose, celles des autres hommes. Un exemple donnera l'évidence à cotte proposition : des personnes très-délicates, très-irritables, réussissent à faire un usage habituel de l'eau froide dans leurs ablutions de toilette ; j'en connais une (|ui se soumet impunément tous les jours à des aiïusions d'eau froide sur la poitrine, ce qui ne l'empêche pas de s'enrhumer facilement par les vicissitudes de température. Dira-t-on que ces habitudes supposent de la force? S'il en est ainsi, les personnes qui se sont fait d'un vêlement chaud un besoin doivent passer pour faibles. Ni l'un ni l'aulre : le degré d'insensibilité factice à l'influence d'un

(1) Voyci dans P. Lucas, Traité de thérédité, t. I, p. 254 et suiv., une longue série d'exemples de longévité commune à des familles entières. Au moment où nous écrivons cet lignes, le vétéran Golembiewski, né en 1744, et comptant quatre-vingt-quatre ans de service aclif, cité par Lucas, est en traitement au Val-de-Grâce (1844).

in DE u consTironon. [nnin

modiOutear Isolé ne UDinit meiarer le poaTolr de 11 comHtntioii ; eéUe^ peut étra perfflctlODQtfl, non lappléée par l'hibltade. Li oonstltntloa m oombora a la double condition de h fimlliafîRtr et ivec les degré* etlrtaMs dea iDfliiencei, et avec lenrs viciulindes, main nans les snblr trop fr6qneinm«aL Lei nuiiirefl moyennM «t lea innsltioni quelque peu ménagées lui sont plos utiles) dee épreuves trapnotenaflioii d'une tnutnilé dispn^tortlonnéfi I'^miIseat ; des TldasltudM tnp bmsqnei et trop répétées II fttigMAL

g •, — Mea rapporta de la tnr*c arec la taille «I le paMa 4a a^rpa.

Dans les couclusions auxquelles l'ont conduit ses recherches sur la taille de rbomme ea France, Villermé (l) dit que li taille des bommes devient d'autant plus haute et que leur croissance s'achève d'autant plus vite que, toutes choses égales d'alllenrs, le pays est plus riche, l'aisance plua générale, les logements, les tétements et surtout la nourriture meilleurs, les peines, les fatigues, les privaiimia éproiin'es dans l'enfance et la jeunesse, moins contidérables ; en d'aiitrci tf^rniEg. la niisAre prodoit les petites tailles et retarde l'époqae de l'évolution cnmplâic du corps. Cette conclusion, confirmée par les recherches de Qucielet (2) sur In popalatlon belge, est excessive; néanmoins elle mérite um attention spéciale quand il s'agit de constitution, de force constitutionnelle. Il eut évident, d'après la nature des causes qui infinent sur la ullle, qu'elle peut être prise d'une manière générale pour une mesure de force ou de Taiblesse, et il devient important de s'informer des rapports qu'elle prégenle avec, la constitution t mais ce problème est d'nne solution difficile. Sans nier la part que Villermé et Qnetelet attribuent !i l'aisance eu h la misère dans l'accrois* sèment de l'homme en hauteur, on aperçoit ici d'autres causes, race, climat, localités, dont la première semble prépondérante. On sait que le développement de la taille s'arrête plus tAt dans les pays très-chauds et dans les pays Irès-fhiids; que la moyenne de la taille s'abaisse dans les contrées moaugoeuses et dans les coutrées marécageuses, etc. Ensuite l'état constitutionnel des individus dont on a relevé la taille n'a pas été noté, c'est-îi-dire qu'on ne les a point parties en catégories plus ou moins homogènes par les caractères extérieurs de leur organisation. Qnetelet a eu l'idée de comparer deux quantités, le poids et la taille, aux diiïércntes époques de la vie et dans ki deux sexes; son travail est le seul qui puisse nous servir dans la question [H-oposèe, et quoiqu'il ne conduise pas à une notion exacte du rapport qui peut exister entre la force de constitution et la taille, Il suggère des inductions d'une certaine valeur. En effet, nous avons indiqué plus haut dans quelles proportions la force générale se montre suivant l'âge, le sexe, la prédominance du système musculaire et l'activité de la re^iration ; les tableaux dres.sés par Queielet

(1) Villermé, Annalei ifhyg. et rfe méd. Ugale, !'■ léii*. Pari», 1829, l. I, p. 886.

(2) Ibid., l. X, p. S elmlv.

PRiTti] RAPPORTS DE U FORCE ÀVSC LA TAILLl ET LE POIDS DU CORPS. 203

oppment les deux premiers termes a?ec la statare et le poids da corps ; d'autre part, nous connaissons les proportions de la force musculaire et de Ténergie respiratoire a? ec la sexe et Tâge : il y a donc pour nous une quadruple base de rapprochements et d'inductions dans les résultats obtenus par ce savant. Enfln^ le poids, envisagé comme une quantité physiologique, représente dans des limites moyennes le développement général des parties constitutives du corps humain, et Ton peut a£Brmer que jusqu'à un certain degré^ il entre conmie élément dans la force de constitution.

Échelles du développement de la taille et du poids.

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