‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 38 sur 134 · I. — Électricité · texte numérisé non relu

I. — Électricité

Fnsinleri a dit que tout rayonnement se fait au moyen du transport de molécules des corps, et Peltier, s'emparanl de cette idée, ■ bien éubll qbi les phénomènes électriques ne se manifestent jamais sans matière, et qae I. où il y a un phénomène électrique, il y a un corps pondérable [ 1 ). Les déno minations de fluide résineux ou oégatif, et de fluide vitré ou positiT, ne signifient que les degrés diUéreuis d'un même étal i partir d'un point d'équilibr privé de manifestation électriqne. L'état résineux représente le pbénoinèn réel, et l'éut vitré l'absence ou la diminution de ce phénomène. Les électro mètres n'indiquent donc que les différences d'un même état, non des état

(1) Peltwr, Rechoxhm nir la tmat rfw fMnomnm éi«elrique* de ralmoipUrv, tie Amutk* de chimie el df yAyi t^ar, •vril 1812, t. IV, p. A07).

nnÈÈ] ATMOSPHÈRE. ^ £LEGTRIGIT£« g6t

contraîrei ni des quantités absolaei. £it-ce la terre qui possède la cause des phénomènes qo'on a qualifiés, il y a plus d'un siècle, d'électricité résineuse? En est^elle le foyer! L'espace céleste, dit Peltier, n'étant point un corps roa« térid, n'a point la pnissance de la coercer ; aussi n'èst-il point dans le même état d'électricité hMneuse, et c'est cet état résineux en moins que l'on a nommé vitré. A ce résultat de la théorie s'ajoute l'expérience qui démontre que Télectricité disséminée dans Tair sec est toujours vitrée. La terre et l'atmosphère se comportent ainsi comme dcsux corps en présence dont les tensions électriques différent par leur signe ou du moins par leur intensité. Mais au** jourd'hui on considère l'espace comme rempli; la terre ne nous apparaît plus comme isolée dans son enveloppe atmosphérique, qui est à la vérité un des meilleurs isoUnts, mais qui ne va pas jusqu'à lui conserver une charge élec^ trique au milieu des espaces fdanétaircs. Avec William Thomson (1), la oon-i dnctibilité électrique, au lieu de constituer une puissanr^e de la matière, n'est plus k nos yeux que l'expression d'une non-résistance, et nous savons que, de même que l'air très-raréflé par la machine pneumatique oppose une très* faible résistance au passage de l'électricité et lui devient un corps conducteur plutôt qu'un corps isolant; ainsi, à de grandes hauteurs, Tslmosphère, môme par des temps sereins, ne conserve plus une charge électrique égale k celle de ses couches inférieures. Thomson admet qu'il y a toujours et esuntielltment dans les parties supérieures dm régions atmosphériques une distribution d'éleciricilé produite perdes décharges disruptives intérieures dues à la grande raréfaction de l'air : « Celte couche électrique doit constituer à peu près le complément élearo-polaire de toute l'électricité qui existe à la surface de la terre et dans les couches inférieures de l'atmosphère; en d'autres termes, la quantité totale d'électricité reconnue comme excédant de l'électricité positive sur l'électricité négative, ou de celle-ci sur celle-là, est à peu près nulle pour une grande portion de l'atmosphère et pour la portion de la surface terrestre qui se trouve au-dessous d'elle (2). »

Les recherches qui ont pour objet la mesure de l'électricité atmosphérique doivent être faites par un temps serein, dans un air exempt d'humidité, assez loin des arbres et des habitations. On constate alors que plus on s'élève dans l'atmosphère, plus l'électncité libre croît en intensité. Gay-Lussac et Diot, dans leur ascension aérostatique, ont trouvé qu'un fil métallique de 50 mètres de longueur, attaché à leur nacelle et tendu par une boule de cuivre, était électrisé résineusement; ce qui indiquait dans les couches supérieures de l'atmosphère une charge d'électricité vitrée plus furie que dans les couches infé* rienres. Les expériences de Becquerel et Breschet tendent à démontrer que la couche atmosphérique qui touche le sol ne contient pas d'électricité dans l'é-

(1) HT. Thomtoa, De nhcirieité aimoiphériqug, diicourt a l'instilution royale dt Loodras, traduit par Faltz^ Annales de physique et de chimie, 1866, 2* léria, t. VII^ p. 161.

(X) IMem.

^U DKS MODIFinATRinS -~ r.IitCUMFUSA. [ilCltst

paJBseur de t à 2 mètres; elles unt ea même temps coofirmé l'accumula lion de l'électricité vitrée dans les couches supérieures Les appareils qu'ils tiut emi^oyés nedonnealaucmi résultat dans les lieux bas et abrités, dans les cours des maisons, dans les rues des villes, dans les vallées étroites. Sous l'iiifluetice de l'électricité positive de l'air, le sol est toujours électrisé négativement à sa surface avec tous les corps qui s'y trouvent et sur tous ses points en saillie, particulièrement sur les flancs et les sommets des montagnes.

L'électricité atmosphérique, faible au lever du soleil, augmente jusqu'à six ou sept heures du matin en été, huit ou neuf heures au printemps et en automne, dii heures ou midi en hiver. Après s'être élevée à ce maximum, elle baisse, rapidemeut d'abord, lentement ensuite, jusqu'à deux heures environ avant le coucher du soleil, époque de son minimum. Le soleil s'approchanl de l'horizon, l'élcclriciié croît de nouveau et atteint un second maximum deut heures après le coucher de cet astre, pour décroître encore jusqu'au lendeniiiin. Les oscillations diurnes de l'électricité atmosphérique sont donc parallèles k celles de la température ambiante. D'après Kaemtz, elle n'oiîre sur les montagnes qu'un maximum, le matin, et qn'uu minimum, le soir. L'induence des saisons est évidente : l'électricité positive des temps sereins est bien |)lus intense en hiver qu'en été. C'est en hiver que l'électricité de l'air se maiutient au maximum. Le tableau suivant résume les variations moyeimcs de l'électricité mensuelle pendant quatre ans (Turley, de Wurcesler) :

Janvier. . .

SepUmbre

Ociobre

Aïnl

lâl

Juin 47

fl«B

ludépcDdamment des flucluations périodiques que présente l'électricité de l'atmosphère, elle est susceptible de variations accidentelles qui dépendent de la température, de l'humidité de l'air, de la force et de la direction des vents ; aussi n'esi-elle pas la même sous toutes les latitudes. Ses variations se prononcent plus dans les contrées tropicales que dans la zone tempérée au on les observe particulièrement en été; elles deviennent d'autant plus rares que l'on s'éloigne davantage de l'équateur. Il en est de même pour les variations pério* diques. L'électricité décroît elle-même de l'équateur aux pôles; elle ne se manifeste guère au delà du 68° degré de latitude nord, et il parait que, passé le 65*, on n'observe presque çAas d'éclairs ; déjà rares en Scandinavie, comparativement b la France et à l'Allemagne, les orages vont diminuant de plus en plus vers le nord, oA la quantité de vapeurs qui remplit l'atmosphère devient plus petite : pendant un séjour de six ans en Groenland par 70* de latitude, Gisecke n'a entendu qu'une fois le tonnerre (1). Dans cette atmo-

(l) KaemU, Court complet de taéliorologie, Irsduil par Ch. Harlins. Paris, 1843,

nnril] ATMOSPHÈRE. — ÊLECTElCIYt. i6l

sphère deose el 8ècbe« l'électricité se con^nrfe et s'accumole ; peut-être Téooalement del'électridté d'une partie do globe vers les régions polaires donnet-il lien à ces aurores boréales qui consolent leurs habitants de l'absence de la lumière sdaire.

Les obsenratioos faites dans les temps de pluie et de neige donnent des indications très-irrégulières; cependant, si l'on fait la somme des jours pluvieux, on y trouve à peu près un nombre égal de jours où la charge de l'électromètre était résineuse, el de jours où elle était vitrée. Souvent l'électricité manifestée change (riusieurs fois de signe dans les vingt-quatre heures. Saussure a remarqué que, dans les jours sereins de l'été qui succèdent à la pluie, les périodes diurnes ont l'intensité de celles de l'hiver. L'eau météorique, qui est toujours fortement électrisée, surtout en été, est presque aussi souvent résineuse que vitrée quand elle tombe en pluie : k l'état de neige elle est vitrée quatre fois sur cinq. Les pluies douces et continues n'inOuent pas sur l'électricité de l'air; les fortes pluies l'augmentent notablement et la rendent tantôt négative, tantôt positive. On a constaté que sous le règne des vents du sud, du sud-est et du sud<ouest^ les pluies négatives sont beaucoup plus fréquentes que par les vents du nord, du nord-est et du nord-ouest. A l'approche d'un nuage de grêle, l'électromètre change souvent de signe et accuse de grandes inégalités dans la tension électrique de l'air.

Par un ciel calme et pur, l'électricité libre est peu marquée à cause de sa dissémination ; mais que, par un abaissement de température, les vapeurs aqueuses qui existent constamment dans l'air se condensent en nuages opaques, l'électricité se concentre autour de leurs vésicules, et se distribue dans ces nuages suivant leurs groupements et les influences ambiantes. L'action de la terre rend ces nuages plus résineux dans la partie supérieure que dans l'inférieure. On a, du reste, beaucoup à apprendre sur la distribution de l'électridté dans les vapeurs, et sur le rôle qu'elle joue dans leur condensation, dans leur agglomération et leur groupement. Peltier a toujours observé que les nuages fortement chargés d'électricité résineuse ont une couleur d'un bleu plombé, grise, ardoisée, tandis que ceux qui sont fortement vitrés sont blancs, roses, orangés. Il ajoute : a Lorsqu'on aura bien compris la série des transformations vaporeuses sous l'influence de la température et de l'électricité du ^be ; lorsqu'on aura vu avec quelle facilité les nuages opaques passent à l'état de nuages transparents, et vice versa, toujours en présence de la terre puissamment chargée d'électricité résineuse et de l'espace céleste ne possédant pas la même tension ; lorsqu'on aura fait une seule expérience pour s'assurer avec quelle promptitude la vapeur se produit sous l'influence électrique, alors seulement on comprendra les divers phénomènes qui peuvent résulter de ces masses de vapeurs opaques ou transparentes, chargées toutes à différents de»

iii-i2, p. 360, et la note E, p. à9à, Sur la distribution journalière de rélectricité dane Vatmotphère^ Hée à tévaporaUon du globe et au fumage de$ montagnes.

iM DES VOMnaTEURS. ^ GlRCOMFDSà. [iTOlÉn

grés d'électricité résineuse : lei unes possédant des tensions énonnes, les mties en possédant de moindree, toutes tendant k s*éqnillbrer et ne tronvent d*obstacto que dans lea distances maintenues par h difléreoce de leur pesanteur {loc. cit., page &25). h II sera question plus bas des météores aqofliii.

IL — Lumière.

Parmi les corps célestes qui éclairent notre atmosphère et oomnraniqiMnt ans objets qui y sont pkmgte le caractère de la Yislbilité, le soleil et les éloMei seuls sont lumineux par eux-mêmes; les planètes le sont par réBexkm: c'est du soldl que \f terre reçoit sa plus grande lumière, probablement h cause de la proximité relatUe do cet astre. Grâce aux admirables eipérieaMSt de L Foucault, on est aujourd'hui fixé sur la valeur des deux théoriei q«i m disputaient l'explication des phénomènes de la lumière : celle de TémissioD mt à Jamais repoussée par la solution du problème posé en 1838 (3 décembre) par Arago, et attaqué pendant douze ans par des tentati?es sans sacoSi» médité laborieuseiDient et illuminé enfin par le génie de Foucault (i850}:e'iBt lui i}ui a démontré que ia lumière se meut plus vite dans Tair que dans i'eiv» Avec la mAroe rj|[ueur et à la suite d'une série de déterminations très-eonoor* dantes, il réussit dans les derniers mois de 1882 k démontrer que la lumière se propage dans l'air avec une vitesse de 998 187 kilomètres parseoonde et que ce ooitabre, à 500 kilomètres près, doit rester comme l'expression delavéïM: il n'a pas été contesté ; accepté par tous les physiciens et par tous les astronomes de quelque autorité, il a trois conséquences notables : 1* il réduit de 10 1&8 kilomètres la vitesse de propagation de la lumière. Jusqu'alors fixée à S08 3SS kilomètres par seconde ; 2° celte nouvelle donnée, combinée avec la constante de l'aberration 3",A/!i5, pour en déduire la parallaxe do soleil, donne, au lieu de 20", 57, la valeur notablement plus forte 8", 861 6; 3* la distance moyenne de la terre au soleil se trouve diminuée environ d'un tren«* tième, c'est-k-dire de plus d'un million de lieues (37 au lieu de 38 millions de lieues).* Outre ces sources permanentes de lumière, il en esl encore deux autres que nous pouvons créer à volonté et dont il n'y a pas lieu de parler ici: l'électricité et une température irès-élevée. Remarquons seuicmcni en pas-* sant que la propriété que les corps possèdent de devenir lumineux, quand ils sont chauffés au delà de 500 degrés, fait penser avec raison que la lumière et la chaleur sont deux phénomènes de môme essence.

L'air atmosphérique est le corps le plus transparent qui soit connu ; toutefois ses particules absorbent une portion de la lumière qu'elles reçoivent, en laissent passer une portion et réfléchissent la troisième : c'est ce qui explique l'éclairage de la voûte du ciel qui, sans ce dernier phénomène paraîtrait noire, l'illumination des objets terrestres que le soleil n'éclaire point direclement, et la transition ménagée entre le jour et la nuit Quelques-uns des météores lumineux qui se développent dans l'atmosphère doivent être mentionnés. Le cré^

nntB] ATMOSPHÈRE. •* LUmÈKt. S67

pytcule est h lamière qai précède le lever da soleil et qui sait son coucher i il provient de la rMeiion de la lomlère par les parties supérieures de l'atmosphère; il eouimence te matin (aurore), quand le soleil est encore k 18 degrés BOQS rborlaon, et Unit le soir, quand le soleil est descendu plus bas, vu que l'atmosphère écbaolBe est plus élevée le soir que le matin. L'inOuence des gouttes d'eau sur les rayons solaires produit l'arc^n-ciel, phénomène que fait naître aussi la lumière de la lune, mais avec des teintes faibles et sans éclat. On voit parfois des points lumineux se mouvoir avec* vitesse dans Tatmosphère et marquer leur passage par une traînée de lumière analogue à celle des fusées à baguettes ; ce sont des étoiles filantes considérées en général comme des aéro» Klbesqui s'enflamment en pénétrant dans l'atmosphère de la terre. La lumière communique aui couches supérieures de l'atmosphère la teinte azurée dont les variations d'intensité sont mesurables au moyen du cyanomètre de Saussure ; l'air en grande masse se comporte comme un verre laiteux, laissant passer plutôt les rayons da l'extrémité rouge du specnre et réfléchissant les rayons bleus.

La lumière se réfléchit et se réfracte sur les surfaces de séparation des conciles atmosphériques ou dos veines d'air d'inégale densité ; les rayons, ainsi déviés de la direcibn des corps qui les émettent, s'ajoutent à tous les autres pour former la somme de lumière errante dans l'atmosphère ; celle*ci parait lumineuse par elle -môme, chacun de ses points étant traversé par un rayon dévié qui parvient jusqu'à nous. La lumière didiosée dans l'atmosphère a irois sources : l'^ une parlie est réfléchie par les grains de poussière ou les globules de vapeur condensée en suspension dans l'air; elle se renforce de celle qui se réfléchit ou se réfracte aux surfaces de séparation de. courants Inégalement bomides et chanfliés ; ce premier contingent de lumière est blanc ou coloré comme la kimière qui le fournit ; 2"* une seconde pc^ion de lumière qui est Ueoe astdiOuBée par les particules constitutives de l'atmosphère elle-même i S* une troisième portion est de hi lumière directement transmise ou peu déviée et i laquelle manquent des rayons Meus, d'où sa couleur orangée : « Seules 00 mélangées, ces trois sortes de lumière produiwnt les colorations variées qui donnent Unt de charmes à la contemplation du ciel, particulièrement aux bearcs de crépuscule ou d'aurore. Ces colorstions, liées i Tétat de l'atmo* spht're, fournissent d'utiles indications sur les changements qui s'y pré** 4iarent(i). »

Le faisceau solaire que l'on reçoit dans une chambre obscure par une ouverture pratiquée au volei produit trois e(Tets directs : une sensation lumineuse perçue par l'appareil de la vision, une élévation de la température ambiante, une aaion chimique constatée longtemps avant les découvertes photographiques qui opt utilisé la radiation solaire conim^ un réaaif d'une merveilleuse subtilité. Du chlorure d'argent, préparé dans, l'obscurité ^ sop* mis à l'action du spectre, noircit, et cette altération, qui débute dans la bande

(1) H. Marié Davy, Météorologie^ etc. Pari*, 1866, p. 67.

9U DES HOBinClTKURS. - CIBCiaDCU. [tinin

violetle, se propage d'an cùté jusqu'au rouge extrême, et de l'autre au deli de la bande f iulc[te ; d'où II suit que l'elTet chimique se produit au maiimum dans celle-ci et Trauchil les limites du spectre du côté des rayons les plus réfrangibles, tandis qu'il ne les dépasse poiui du càié des rayons les mmiis réfrangibles. Témoins de ces faiu, les cbimisles, les phyiiicieiis, sont amenés à supposer dans l'agent rayonné vers nous par le soleil trois espèces de radiations : lumineuse, calorifique, chimique. En médecine, en hygiène, ce serait abuser de l'analyse que d'étudier séparément les trois sortes d'eiïcts de la radiation solaire. Dans l'influence que la lumière exerce sur l'économie vivante, comment distinguer celle qui procède du spectre chimique de celle qni se rapporte au spectre luoiineui ? Nous dirons avec Sappey (1), que si l'on a isolé ces deux spectres dans les expériences physiques, on n'a pu constater les propriétés de chacun d'eux à l'égard des êtres vivants. II en est autrement du pouvoir calorifique du rayon solaire : il se manifeste dans l'honinie par une série de phénomènes identiques avec ceux que détermine un ^al degré d'élévation artificielle de la température ambiante ; et ces phénomènes ne sont pas nécessairement liés aux autres propriétés de la radiation solaire, ils fournissent à l'hygiène comme à la physiologie la matière d'iue élude spéciale.

IIL — Températurr:.

D'après les ex|>ériences et les calculs de Pouillet, la température des espaces planétaires doit être environ de l^U degrés au-dessous du point de fusion de la glace, et sans le bienfait de l'irradiation solaire, notre globe aurait sur tonte son étendue nne température uniforme de b9 degrés au-dessous de séro ; cette diSéreoce, dins la traDsitioa des espaces célestes dans notre atmosphère, exprimovjt l'elTet thermique total des radiations des étoiles qui parsèment le firmament ; Pouillet l'estime presque égal à celui da soleil et capable de fondre en nue année, i la surface de la terre, une couche de glace d'nne épaissenr uniforme de 26 mètres ; chaque étoile est un soleil ; leur DCHubre infini compense leur éloignemeot, et si leur action calorifique uoiu semble imperceptible, c'est qu'elle est permanente et dispensée dans nw ntcuirei peu près ^le sur tons les points de notre globe. Si la chaleur do* soleil nous était distribuée avec la même uniformité, elle serait capable de fondre une coocbe de glace d'une épaisseur de 31 mètres environ, et nons unit l'équivalent de la combustion d'une couche de charbon de 2âO railliotèlrea d'épaisseur enveloppant toute la terre, soit d'une trentaine de millions de métrés cubes de charbon par seconde de temps. Et pourtant, dans le ciel do soleil, la terre n'est qu'un point imperceptible 1 Mais toujoiu^ emportée

(1) Stppej, Dt Finfltimce de la lumiire sur la êtres vtvanU, llièM pour l'ofréfatiM. PwU, 18U.

PHITÉE] ATMOSPHÈRIi;. — TEMPÉRATURE. 269

aTec elle dans les espaces planétaires, nous ne résisterions pas à leur froid intense, malgré cette libéralité de calorique stellaire et solaire, sans l'enveloppe protectrice de l'atmosphère qui l'absorbe, le réfléchit, le réfracte comme la lumière et, TéritaUe écran entre la terre et les espaces célestes, en retarde la déperdition.

Marié Da¥y la considère comme une serre autour de la terre ; la chaleur solaire y pénètre dans la proportion sus-indiquée, Ix à 5/10 selon Pouillet; arrivée au contact des corps, elle les échauiïe et de lumineuse devient obscure, par un changement dans la vibration calorifique, qui devient moins rapide, moins habile à circuler à travers l'atmosphère pour se perdre dans les espaces; 1/10 seulement de la chaleur qui se présente à la sortie parvient à s'échapper de l'atmosphère. D'après Tyndall, c'est surtout à la vapeur d'eau que l'air doit sa faculté d'absorber la chaleur et de s'échauffer aux dépens des rayons solaires; or, toute la vapeur d'eau que retient l'atmosphère est confinée dans ses couches inférieures; plus on s'élève, plus l'air est pur et sec; les couches successives qui composent sa masse totale se recouvrent mutuellement, deviennent de plus en plus minces, en raison de leur densité décroissante, et par conséquent des abris de moins en nooins protecteurs.

La température atmosphérique est l'élément le plus eflBcace des saisons, des climats ; elle détermine la répartition géographique des espèces végétales et animales^ elle circonscrit le champ de la vie dans les limites de ses oscillations. Boussingault a démontré que la durée de la végétation est en raison inverse de la température moyenne du lieu où on l'observe; or, les végétaux fournissent par voie directe ou indirecte leur nourriture aui animani, la fécondité et la mortalité humaine sont donc liées étroitement aux conditions thermométriques da milieu ambiant, et il n'y a pas de modificateur plus général, plus énergique à étudier en hygiène que le calorique. L'air en contient à l'état libre et à l'état latent; il n'emprunte à la terre que 1/30** de degré environ de sa chaleur dont la source est donc presque toute entière dans l'irradiation solaire. L'influence de la chaleur solaire diminue de l'équateur au pôle : Herschell a constaté que l'effet thermométrique direct des rayons solaires est de 48 3/4 au cap de Bonne-Espérance, tandis qu'en Europe il ne dépasse pas 29"* 1/2, et qu'il est de — 8** au pôle boréal. La température moyenne se tient à l'équateur entre 27** et 28*; à Ténériiïe, elle est de 21^7 ; à Paris, de 10%8, et an cap Nord de 0^

La présence ou l'absence du soleil sur l'horizon, et la direction que suivent ses rayons aux différentes heures de la journée, rendent compte des variations diurnes de la température atmosphérique; les variations saisonnières dépendent du degré d!inclinaison de l'axe de la terre par rapport au soleil. Deux fois par jour le thermomètre fournit la température moyenne. La connaissance des températures moyennes des mois conduit à celle de la moyenne annuelle. La comparaison de ces deux séries de moyennes présente, dans les zones

970 DES MODtFIGATEimS. — URGOimilA. [iT«te

tempérées, une concordance frappante : depuis le miiieii de janTÎer, la tein* pérature s*élè¥e d*abord lentement, pois npidement en afrfl el mai ; eUe augmente moins vite josqu'à la fin de juillet, qui correspond à ioe oMiimum. Elle décroît insensiblement en août, plus npidement en septembre et en octobre, pour tomber au minimum vers le milieu de janvier; d'où ks résultats suivants :

Minimum de température •....»... ià janvier.

Moyenne de température 2à avril et 21 octobre.

Maximum de température , 26 Juillet.

L^accroissement de la température après le solstice d*été s'explique par Paccumulation antérieure du calorique irradié sur le sol et par la briërecé des nuits, qui s'opposent à de grandes déperditions par ravonnement du globa Le cours du soleil détermine les saisons astronomiques, et la marcbe lanoeile de la température sert à les fixer en météorologie.

Pouillet a calculé que sur le total de la chaleur arrivant aux limites sopé* rieures de notre atmosphère, les 5 ou 6/10 seulement arrivent jnsqu*à noos : le reste est absorbé ou dilAisé dans l'air, même alors que celui-ci est d'une parfaite sérénité; la perte vraie est en rapport avec la longueur du trajet, die se réduit k 2/10, au lieu de 5 à 6/10 pour les rayons qui traversent l'atmosphère dans le sens de sa moindre épaisseur. La chaleur qui arrive jusqu'à la terre pénètre dans ses couches superficielles qui l'émettent ensuite, sous forme de rayons obscurs, dans les couches inférieures de Tair ; celles-ci, une fois échauffées, s'élèvent et sont remplacées par d*autres couches d'air plus froides. D'où il résulte que sous toutes les latitudes, et en tout temps, le maximum de la température atmosphérique existe dans les couches les plus inférieures de l'air, et qu'elle va diminuant à mesure que Ton s'élcve, sans que la variation de température avec la hauteur soit absolument régulière ; on rencontre presque toujours dans l'atmosphère des couches d'air relalivenicnt chaudes, d'une épaisseur de 300 à /iOO mètres, et dont l'excès de température peut aller de 1 à 10 degrés; ces rencontres ont lieu jusqu'à une hauteur de 5 à 6 kilomètres (Marié-Davy). Les ascensions des montagnes et les voyages aérostatlques ont fourni des données sur l'abaissement progressif de la température dans les hautes régions de l'atmosphère. On admet gènéraleniefit qu'elle baisse d'un degré par 191 mètres jusqu'à la hauteur de 3691 mètres, et d'un degré par l4l*°,6 au-dessus de cette hauteur. Ilumboldt a vu que dans les Andes le décroissement de la température est très-lent de 1000 à 3000 mètres, et qu'il devient plus rapide de 3000 à &000 mètres. Non-seulement la latitude, mais la saison, l'heure de la journée, la disposition du sol, influent sur ce résultat Le refroidissement de l'atmosphère, à différentes hauteurs, est plus rapide en été qu'en hiver, dans les pays chauds que dans les pays froids. Dans l'atmosphère même de Paris, Barrai et fiixio (20 juillet 1850) ont rencontré un froid de 39 degrés à la même hauteur, 1700"" environ, où Gay-Lussac

PÈïsiE] ATMOSPHÈRE. — TEMPÉRATURE. 271

n'avait troavé qu'un froid de 9 degrés. Les diiïérences entre les saisons diminuent toutefois à mesure que Ton s'élève davantage, et, diaprés de Saussure, elles doivent 8*eflacer à la bauteur de 12 à 13 000 mètres. A cinq heures du soir, la température décroît le plus rapidement ; vers le lever du soleil, elle diminue le plus lentement, et la différence entre ces deux instants égale le tiers de la hauteur eiprimée par un abaissement d'un degré thermométrique. Cette quantité de décroissement correspond à une ascension de 235 mètres sur un terrain en pente douce, à gradins successifs, et à une montée de 195 mètres sur le flanc des montagnes abruptes. Voici une série d'observations faites sur diverses montagnes :

DécfOimince de la température sur les montagnes,

Mèlres.

Au col du Géant • 1 degré pour 164,60 (de Saussure).

Sur le Rigi . — 149,10 (Kaemti).

Sur le Faulhorn. . — 170,00 (Bravais).

Sur le Saint-Gothard et le Saint-Beroard. — 168,00 (Schow).

Sur le mont Ventoux — 144,00 (Marlins).

Sur les Andes — 187,00 (de Uumboldt).

Sur les Andes — 175,00 (Boussingault).

Sur les montagnes du Spitzberg — 170,00 (comm. du Mord).

Moyenne = 1 degré pour 166 métrés.

L'influence de l'altitude sur la température est un élément capital de la climatologie; elle est le principe du système des climats étages; elle est le correctif ou le compensateur des effets tbermométriques de la latitude. Dans les Cordillères, entre le 11*' degré de latitude boréale et le 50'' degré de latitude australe, on trouve pour température moyenne en degrés centigrades :

27^,5 k Cumana, au niveau de la mer.

23*,7 à Anserma Nneva à 105S* \

16%5 à la Tacunga à 2861 I ^^^j-^^ ^„ „. ^...

lOV iCombal.: à 3219 } •«-*»«• d« niveau

3«,4 à Antisana à 4072 I «•«™r.

— i%7 au glacier d'Antisana à 5460 )

C'est grioe à cette compensation de la latitude par l'altitude, qu'une localité pboé SOBS l'éqaatenr, Quito, à 2908 mètres au-dessus du niveau des mers, jouît de h même température moyenne que Rome, située au kH" parallèle ; que l'on trouve une température annuelle moyenne de -f* 3<>,5 à Saint* Pétersboarg par 59^ 5& de latitude et 0 mètre d'altitude, et à Antisana par i d^ré de latitude et ^000 mètres d'altitude.

La limite des neiges éternelles correspond :

DES MMFICinDRS. — f^USIimu. [nsrtn

Sou l'AquIenr, k KM

A 30* da Utitude ^... Ut9

A «6* daliUtuda 395*

l «&° da latitude 1600

Bomboldt i dooné, pour les denx hémisphères, le tableau rainnt :

Qoito. 000 ui.

SCem-Nenda de Herida 0 05 UU I

AbTMtnie 13 10'

Mexique 19 10

Himalajr», veraant «Eplenlrional 30 10

Hicnalaja, Yereant miridicnal 30 15

Cliili, volcan d« PeuquAnei. . 33 OD

Hindou-Kho 3A 30

Sicile, Elna 37 30

Ararat !9 42

Pïféo*«a 42 30

Canoate, Dbrain 43 31

ilpei 46 45

illaî 49 15

Dilroit de Magellan 4K 64

Kamichallui . GO 40

Sibérie, chatae d'Aldan 00 65

iRlande, Ooiterjockul 6& 00 936 4,6

INorvége, intérieur 70 70 1072 3,0

Norvège, lilloral 7115 720 0,2

La hauteur du soleil au-dessus de l'faoriion, la latitude et l'altitude sont les I^us énergiques, nuis non les seuls régulateurs de la température des localités et des climata. D'autres conditions la modifient qui dépendeut, l)S unes de la constitution du sol, de sa conGguration, de l'état de sa surlace, etc. ; les autres, des variations bf|{rométriques et baromélriques, de l'aspect du ciel, du Toisinage des mers, les courants ëquatoriaux et pobires, de la prédominance et de la direction des vents, des bydroméiëores, etc. Ces éléments de la topognphie 'hï^niqueseroDt examinés aux articles Pretsion, Humidité, Mert, iMcaiitét et C/imote; mats nous appelons dès mainienant l'attention du lecteur sur les données sui va u les que nous empruntons ï Kaemix, parce qu'elles montrent l'étendue des varialious de température que l'homme est apte à subir : elle n'eiit pas moindre de 10& d^rés.le maximum, observé i Ifsné (Egypte), étant de + ^^'fi% ^t le minimum, pris au fort Iteliancc (Amérique du Nord), de 56',7.

4S1B métrea.

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