IV. — Humidité
1« La quantité d*eau que ]*air peut contenir à l'état de vapeur est en rap- |X)rt constant a?ec sa température, elle varie de 0,0166 à 0,0033 de son volume, en sorte qu'il contient, terme moyen, 0,01/i2 de son poids d'eau en vapeur; mais cette évaluation ne s'applique qu'à la quantité absolue d'eau en vapeur qu'il tient en suspension dans son état habituel, et ce n'est point par sa quantité absolue de vapeur d'eau que l'air produit sur nos organes la sensation de rbumidité. De l'air très-chaud peut retenir beaucoup de vapeur d'eau sans nous paraître humide ; tandis que de l'air froid, contenant très-peu de vapeur, donne des signes évidents de sa présence. La raison est que l'air paraît sec, tant que la quantité de vapeur qu'il retient reste au-dessous du maximum de saturation dépendant de sa température ; mais aussitôt que le maximum est dépassé de la plus petite proportion de vapeur, la présence de l'eau dans l'air devient sensible pour nos organes. Il résulte de là que l'air deviendra souvent humide en se refroidissant et toujours sec en s'échauOant. L'évaporation ne provient pas de la faculté dissolvante de l'air pour l'eau, car elle a lieu dans le vide; la vapeur se forme à la surface des eaux par tous les degrés de température, et se répand dans l'air de la même manière que deux gaz se mélangent entre eux. Toutefois l'air se charge d'tme quantité de vapeur d'autant plus grande qu'il est plus échauffé, soit parce que le calorique agit directement sur l'eau, soit parce qu'il diminue la pression atmosphérique, et détermine, par sa répartition inégale, des courants d'air qui activent l'évaporation, en entraînant la vapeur d'eau déjà formée. Quoi qu'il en soit, on peut désigner par état hygrométrique ou par humidité de l'air le rapport entre la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air, et celle qui s'y trouverait au point de saturation» V. UVY. Hygiène, 5* ÉoiT. 1. — 18
274 DES MODIFICATEURS, «• CIRCdlFtlSA. [nota
SOUS la même pression et à la même température. Or, la quantité de Tapeur d*eau nécessaire pour saturer uu volume d'air donné est d*au(aut plus omiâdérabie que la température est plus élevée. L'humidité est dooc uue MiiiiaiioQ relative, qui pour Tliygiéniste a plus d'importance que la quantité lUioloe de vapeur d'eau répandue dans Fatmosphèrc; car dans les conditioiu ordinaires de l'air, cette quantité et le degré d'iiuihidité relative sont en raifon iaverse; plus lair contieutde vapeur d'eau d'une manière absolue, moins «si marquée sur nous l'impression de son humidité. Ainsi le mois le plus fruid de l'année, janvier, etit aussi le plus humide, quoique laquanité absolue de vapeur d'eau soit alors au minimum dans l'air; en juillet, le mois le plus chaud de i*aunce^ la quantité absolue d'eau e^t à son maximum, et l'humidité à sun minioiuiu. La valeur des résultats fournis par 1 hygromètre, comparée à cellj des ob* servations barométriques, a suggéré it Barbier d'Amieôs (1) uue réfleiioa très-juste : ils se rapportent à la couche d'air dans laquelle nous viToos; l'hygromètre révèle les qualités sèches ou humides de l'air qui eotovre notre corps, tandis que le baromètre accuse l'effet total de toutes les couches dont se compose l'atmosphère. Le baromètre, sensible aux vicissitudes des hautes régions de l'air, ne l'est point aux vapeurs qui roulent sur la surface de k terre et qui exercent sur nous uue iuûuence pénétranie; or, c'est l'air quibaigne nos organes que nous devons coimattre en ses conditions cbaugeauie»;letbermomètre et l'hygromètre répondent plus directement que le barométie k ce besoin de la pratique.
Quatre méthodes principales peuvent servir ï déterminer la quantité 4*Imi* midité de l'air : i*" La méthode chimique, qui consiste à chercher l'air* an mojen d'un long tube, en un point donné, et à l'amener par aspiration dans dts tubes desséchants. Elle ne donne que la quantité moyeune d'hunûdiié que l'air contenait pendant l'expérience; elle permettra aux voyageurs de vérifier la proportion d'eau contenue dans les biouillards et les nuages orageux qui enveloppent les sommets des liautes montagnes. T Le psycliromèlre, fiNidé sur l'observation des températures données binmitanément par deux thermomètres, l'un à boule sèche, l'autre à boule mouillée. 3"* L'hygromètre k condensation, dont le meilleur a été proposé par liegnault (2j. U^ La méthode basée sur Us indications des hygromètres formés par dcé substances organiques qui s'allongent par l'humidité. Celui de Saussure (hygromètre à cheveu ou par absorption) suffit encore aux recherches de la météurologie médicale, surtout si l'on lient compte des corrections et des observations suivantes, suggérées à Reguault par de nouvelles expériences faites avec cet instrument : 1" Les hygromètres construits avec des cheveux de même es|)èce, dégraissés dans hi même opération, ne marchent pas rigoureusement d'accord, mais ne s éloignent pas assez pour que, dans la plupail des observations, on ne puisse les regarder
(i) Barbier, Hygiène appliquée à la thérapeutique» Parii, 1811, 1. 1, p. 40, (8) Eafpault, Ànnaies de chimie^ 3« s^rie^ t, XV, p. 196.
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comme compirablef ; 2° construits avec des cbeveui de nature diiïérente, et préparés de diverses manières, ils peuvent présenter des divergences trèsgrandes dans leun indications, lors même' qu'ils s'accordent aux points fixes; 3"" montés avec des cheveux identiqu^, s'ils ne sont tendus par des poids égaux, ils peuvent D*être point comparables. Regnaull conseille de faire directement la table de chaque hygromètre à cheveu, et de la vérifier le plus souvent que possible; on conservera le point 100 correspondant à Thumidilé extrême, mais on rejettera pour la graduation le point de l'extrême sécheresse, et Ion commencera léchelle à partir de ia fraction de saturation |, que Ton aura déjà rarement occasion de noter ù Tair libre. Si Ton se contente des résultats tels que Tiûstrument de Saussure les a donnés jusqu'à présent, les tables dressées par Gay-Lussac, et que l'on trouve dans les ouvrages de physique, permettent de déterminer le poids de la vapeur renfermée dans un volume d'air donné, lorsque l'on connaît la température et le degré de l'hygromètre ; mais le médecin n'a pas besoin de connaître le rapport précis qui existe entre la force éla»tique de la vapeur et les degrés de l'hygromètre. Quoique celui de Saussure ré\èle seulement L'humidité ou la sécheresse relative de l*air, c'e»t« à-dire combien l'air s'éloigne de son maximum d'humidité ou de sécheresse à la température sous laquelle on fait l'observation, il fournit des indications suflQsantes pour le but des recherches de notre art Dans les régions inférieures de l'atmosphère, l'hygromètre marque rarement 100°, même par les jours de pluie ; l'indication moyenne de l'hygromètre dans toutes les saisons de l'année est 12° : ainsi, la quantité moyenne de vapeur que contient l'air est la moitié de son point de sataration. La limite de sécheresse à la surface de la terre est de ûO'».
La quantité de vapeur va en diminuant dans l'atmosphère de l'équateiir au pôle, l'altitude agit comme U latitude ; mais c'est ici surtout qu'il faut faire la part de l'homidité relative, et de ses variations sous l'influence des vents, des nuages, des brouillards, des densités inégales de Tatmosphèra Si Deluo, de Saussure et de Humboldt admettent que l'air est plus sec dans les hauteurs de Tatmosphére, Kaemtz leur objeae qu'ils ont expérimenté par un beau temps, avec des vents d'est ordinairement très-arides. Les observations faites par Kaemii pendant deux et trois mois sur les montagnes élevées de la Suisse, celles de Martins et Bravais à Zurich et sur le Faulhorn, tendent à faire croire que rbumîdité des couches supérieures de l'air égale celle de ses couches inférieures : l'hygromètre marquant 74'*,6 0/0 à Zurich, a indiqué 84^,3 sur le Rigi ; sur le Faulhorn on a observé IS*',^ quand il y en avait 72^,9, à Zurich. Gay-Lussae, qui, dans son voyage aérostatique, s'est élevé à près de 7000 mètres, a recueilli avec l'hygromètre de Saussure les indications suivantes :