‹ Traité d'hygiène publique et privée. v. 2Chapitre 42 sur 134 · ATMOSPHÈRE. — HUMIDITÉ · texte numérisé non relu

ATMOSPHÈRE. — HUMIDITÉ

quatre fois par an to Caire. C'est dans les hautes latitudes que les tirages sont le ptas rares; ib augmentent de fréquence à mesure qu'on s'approche de l'équatenr. La lone intertropicale est le théâtre de leur maximum de fréquence et de furie. Le bas Pérou fait exception à cette règle; et les habitants de Lima ne connaissent pas le bruit du tonnerre. On l'entend moins sou? eut en pleine mer que sur les continents ; les orages se forment moins aisément dans Tatmosphère océanique que dans celle des continents et des lies ; ils sont plus fréquents et beaucoup plus violents dans les montagnes que dans les plaines ; à la Jamaïque» les montagnes du Port-Royal sont couronoées de nuages tous les jours, entre eine heures et midi, du 1*' novembre au 15 avril : l'orage édate ensuite, et entre deux et trois heures la sérénité reparaît (Hutchinson). D'après Dili?ryn, la nature du terrain exerce une influence sur k production des orages; plus répétés, plus forts dans les pays calcaires, ils le sont d*autant moins que le sol est plus riche en mines métalliques. Ce serait, dit Arago, une grande découverte dans la physique du globe que la preuve d'une liaison intime et prononcée entre la nature géologique des terrains et le nombre ou la force des orages.

Ârago et Kaemtz ont réuni des documents à l'aide desquels a été dressé le tableau suivant^ indiquant le nombre moyen d'orages annuels :

Nertschintk (Sibérie, ôl^ ô' lat. N.) 2

Soendmer 3,9

Bergen (60* 20' lat. N.) 8

IrkottUk (Ô2« 16' lat. N.) 5,8

Stockholm (59* 20' lat. N.) 9,3

Kasan (55« àV lat. N.) 17,2

MoKou (55« AVUt. N.) 9

Sl-Pétenbourg (59« 56' Ut. N.) . . . 9,2

le Caire (SO» Ut. N ) 3,5

Pékin (40« lat. N.) 5,8

Loodret (51« 30'Ut. N.) 8,5

Attiénes (38« Ut. N.) 11

Leydc (52* Ut. N.) 13,5

Païenne (38» 6' 45" Ut. N.) 13,5

Paris(48<»50'14"Ul. N.) 13,8

Tubingue (48« 1/2 Ut. N.) lâ,6

Vtrecht (52« Ut N.) 15

TouUiue (430 1/2 Ut. N.) 15,4

Maestricht (51« Ut. N.) 16,2

Strasbourg (48» 1/2 Ut. N.) 17

Padoue (45 1/2 Ut. N.) ... 17,5

BerUn (52o 1/2 lat. N.) 18,4

Smyrne (38» 1/2 lat. N.) 19

Buénoi-Ayres (34<> 1/2 Ut. S.) 22,6

Québec (46« 3/4 Ut. N.) 23,3

Viviers (47 1/2 lat. N.) 24,7

Guadeloupe (16* 1/2 lat. N.) 37

Abystinie(13« Ut. N.) 38

Martinique (14» 1/2 UU N.) 39

MaryUnd (39» Ut. N.) 41

Rome (41* 43' Ut. N.) 42,4

Janina(39*30'Ut.N.) 45

Rio-Janeiro (23o Ut. S.) 50,7

Patna dans l'Inde (25o 37' Ut. N.). 53

CalculU (220 i/2 Ut. N.) 60

Sur les tempêtes tropicales (ouragans, typhons, cyclones) et sur celles de l'Europe, sur la loi des tempêtes par Dove, de Berlin, et sur le lien théorique de ces grands phénomènes avec les conditions de la circulation atmosphérique et des courants maritimes, le lecteur consultera avec charme et profit les belles expositions de Marié^Davy.

4® Les brouillards, nuages suspendus non loin du sol, proviennent du refroidissement subit de l'air au delà du degré nécessaire pour amener la vapeur qu'il contient au maximum de densité. Kaemtz et Gh. Martins admettent des brouillards secs dus à la fumée de vastes tourbières qui, depuis le

Mf DES HODIPICATEUBS. — ClRCDUrOSA. [OTCttsE

Zaydenée JuSqu'b l'enibnuchuré An l'EIbi, occupeitl une ^rendue cle 1 00 mjrtanièires «rr^i, et re[K*.»eiilcnt sur les bords de l'Eim le tiers du pays, dli» la Frlit^ oriraulo et k' ducM d'Oldenbourg le <|iiart, sur \t territoire de BrSmc et do Vei-den le siïi^ine. Puur y Berner du Mrrasin ou de t'avolne. ra retnurno la inrre en aiiioinup; rpiand les inolleit de terre 61 les K'g^laiis vpi f idli^rcni »iint bieu deiwédiAt, on y met lo feu. Cette combustion, i|Ul Mmiiieuce en moi, juin ou juillet, se conlinur tout lïti? dani qiieiriuiis eauloi»; M durée ordinaire eit d'un niotR, Do lii dm nua;;e( de fumée épaisse, d'abord inolÉs, piits cmifondus eu uti vente brouillard d'Une odeur spéciale. Lei inéléorolngistes adincllent que le bi-ouillard des tourliK^rra de Wcstf^tic peut dituiniier ta transparence de l'air de Bâle, de l'orii et du Brt^st vpre It nid, do Onpenbaguc vers le nord. Les volcans en <$rupti()n f-itiellent parfoit tin brouillard sec, Tormé par une pousiiiërG eicetsivement ténue. Du 21t Rili ■u 8 fli-.iobre 1783, pendant rfrupllon mémorable de lllfc!», en Isltnde, Mil (nimeiisc brouillard s'élendil de la h'orvége jusqu'en Syrie, d'Angleterre Jiuqil'i râHal, c'eM-ii-dirc sur un espare de 35 degn^d en latitude el de 130 degrés en longitude. La f;a//imi des pays cliauds est une Iroisi^nic variété de liniuillBrd »ec ijui a l'apparence d'une Aim^e griM ou muaae eniouiiiii Tbarizon sansalTeclert'bygiomHret le» objets paraissent indbtincis, plus éloigOtt de l'œil; Iq soleil communique une leiuic rougcâlre k l'air, et son dtsqiio, moins édatititl, nage dans des cercles concenlriques qui semblent douât iI'hb motttcinent vibraluire; plus fréquente el plus intense dans le midi qu« 4aiU le nord de l'Europe, la callioa se montre apri^ une longue série de bfautJOOts. Â ces liruuillards secs on pourrait ajouter celui que produit le simoun. £n octobre lH5t, au moment où je quittai Guelma [proiiuce de ConMaiiline), vers midi et par un très-beau temps, llioriiun prit subitement une teinte terne et rougeâire, le soleil nous ajiparut comme voilt! par un bi'ouillunl : c'étill It vent du sud qui projetait au loin, dans l'attnosplu'TP, les sables bnilanis et fin» du désert.

Les brouillards aqueux se ferment au-deeetis de la terre ou des masses à'eàv, i ta faveur d'une différence de lemi)éruture entre celles-ci et l'air atmosphérique. Darvé a constati^ eipérimeulalemeut ce faiL Un brouillard de 5 pîedi flottant sur un ruisseau dont il suivait le Courant et dessinait les contours, 11 a relevé les températures suivantes :

Tmipëralure ds I'nU + 1B°,3

— (le l'air Bu-deïBUB de l'eau + 8°,6

— du lol sur le ri»age + 7',2

— ds l'air sur le «ol +' 9*,*

L'iRtetlsIlfi ia brouillard est en raison directe de la diiïérenre de température ante l'air atmosphérique et ta sm-lace qu'il recouvre. 1.(^5 brouillards se mod^ trent surtout le soir et le matill; presque tuujnitrs ils sont dus !i l'évaporatiot) des liëlit ofl (m les observe, mais ta vtpeur d'eau est quelquefois poussée par

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les vents dans des régions plus froides, et ne se condense visiblement que plus ou moins loin de sa zone d*origine. Les brouillards des grandes villes conltennent des particules carbonacées et de Tacldc pyroligueux qui leur communiquent une odeur particulière et des propriétés irritantes pour les yeux et la muqueuse bronchique. De Saussure n*a jamais vu de brouillard sans un développement considérable d'électricité ; celle-ci est eu raison directe de Tépaisseur du brouillard.

5* Pour ce qui concerne les pluies, nous renvoyons à Tartlcle II de ce chapitre [Des eaux).

6' Le phénomène de la rosée est le môme que celui de la précipitation aquease sur un verre froid porté dans uno chambre chauiïée : elle est duc à la condensation de la vapcurd'eau produite par l'abaissement de température qui résuhe du rayonnement nocturne des plantes CWelIs] ; aussi tombe-t-cllo par les nuits calmes et sereines qui activent l'émission du calorique terrestre vers Tespace. D*après Melluni, la rosée doit être attribuée au séjour prolongé de l'air rendu plus ou moins humide autour de surfaces rayonnantes. Elle est d'autant plus abondante que la température est plus basse et l'air plus humide. Comme elle se forme près du sol, elle mouille moins les objets élevés. C'est sur les côtes qn'on l'observe au maximum; clic est plus forte en rase campagne que sons les arbres ou des abris quelconques .qui, faisant oflicc d'écrans, interceptent le rayonnement de la terre. Toutes choses égales d'ailleurs, elle humecte plus les plantes que la terre, le sable plus qu'un sol battu, le verre plus que les métaux, les corps organisés plus que te verre.

7"" La ros4'*e, en se congelant pendant sa formation, produit le givre, qui est formé de cristaux de glace trés-déliés et réunis en masses floconneuses sur les parties supérieures des tiges et des feuilles, parties qui sont le mieux disposées i)our se refroidir par le rayonnement. Sous une température inférieure •I 0 degré, la vapeur se condense et ses molécules d'eau se crislalliscnt en étoiles à six branches, dont les formes sont ti èb-^ ariées : c'c^t la neige, dont la densité varie de 1/3 à i/8. Elle est appelée grésil^ quand elle présente des cristaux compctes serres autour du centre ; le grésil tombe ordinairement dans nos climats à l'entrée du printemps.

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